‹ Traité des caractères physiques des pierres précieuses, pour servir à leur détermination lorsqu'elles ont été tailléesChapitre 9 sur 58 · DISTRIBUTION MINÉRALOGIQUE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION MINÉRALOGIQUE

Be Mépuv les D répandues dans le commerce, parmi celles que le lapidaire taille comme objets d’ornemens, et auxquelles on a donné le nom de pierres précieuses, sont des variétés de quatorzeespèces de minéraux, dont chacune est distinguée par une forme primilive ; qui, le plus souvent, suffit pour la carac- ‘ériser, et par des propriétés physiques qui offrent des moyens pour la reconnaître, lorsque cette forme et celles qui en dérivent ont

a TRAITÉ DES CARACTÈRES PHYSIQUES

disparu, et sont remplacées par les formes arbitraires que le travail de l'artiste a fait naître. Les propriétés physiques relatives à chaque pierre étant indiquées sur le tableau de la méthode, j'aurais pu me borner, dans cet article, à faire l’énumération des diverses espèces dont je viens de parler et des variétés que chacune d'elles fournit au commerce, avec les noms sous lesquels on les débite ; mais j'ai espéré que ceux en faveur desquels j'ai travaillé, me sauraient gré d’une addition qui dépasse les bornes que semblait me prescrire la nature de cet ouvrage.

| Une partie des objets qui ont été travaillés par le lapidaire étaient des cristaux que larüste a transformés en des corps d’une figure toute différente pour remplir le but de son opération, qui est de multiplier les jeux de lumière par le nombre et les diverses inclinaisons des facettes, et de faire ressortir les couleurs par la vivacité du poli. Ces formes originales que l’art fait disparaître, sont cependant ce que les corps -dont il s’agit peuvént offrir de plus intéressant aux yeux du minéralogiste, parce qu’elles lui montrent, dans la diversité des arrangemens réguliers dont les particules d’une même substance sont susceptibles, un des sujets d'étude

DES PIERRES PRÉCIEUSES. 3 et de méditation les plus propres à lui faire admirer la fécondité des lois auxquelles la puissance et la sagesse du Créateur ont soumis toutes les parties de la matière. Il ma paru que la connaissance des formes dont il s’agit ne devait pas être étrangère même aux artistes, qui ont souvent entre les mains des corps marqués de leur empreinte. Parmi ces formes, il en est une qui est indiquée par les divers sens suivant

lesquels se fait l’opération queleslapidaires dési- gnent sous le nom de chivage(: ) en sorte qu’ici les observations qui tiennent à la pratique de l'art ont un point commun avec celles qui ont pour but l'étude de la nature. Cette considération m’a engagé à insérer, dans l’énumération que je donnerai des espèces minérales qui fournissent la matière des pierres précieuses, une courte description du solide qui fait dans chacune d’elles la fonction de forme primitive, en y joignant un dessin en projection propre à en faciliter la conception. Cette même forme

(1) C’est pour me prêter au langage de ces artistes que j'ai substitué partout dans ce Traité le mot de chvage à celui de division mécanique, qui en est le synonyme dans le langage de la Cristallographie.

4 TRAITÉ DES CARACTÈRES PHYSIQUES est susceptible de diverses modifications secondaires, qui sont autant de variétés de l'espèce à laquelle elle appartient, et ces modifications sont le sujet d’une théorie qui sert à les lier, soit entre elles, soit avec leur forme primitive. Le développement des résultats auxquels conduit cette théorie sortirait de mon plan; MAIS J'ai cru devoir en donner, du moins dans une simple ébauche, une idée générale, et y joindre lesidescriptions et les figures de deux ou trois variétés prises parmi celles que présente leplus communément chaque espèce (1). Les amateurs de pierres précieuses jugeront par là.de ce qu’elles étaient lorsqu'elles sortaient de leur lieu natal, belles des caractères de symétrie dont les avait marquées la géométrie de la nature, et cette connaissance ne peut qu’ajouter une jouissance de plus à celles qu’elles font naître après avoir passé par les mains de l’art. Quoique les descriptions dont je viens de parler n’exigent, pour être bien conçues, qu’une connaissance très élémentaire des principes de la Géométrie, je vais, en faveur de ceux qui

: (n)J’ai ajouté aux descriptions les indications des principaux angles que font entre elles les faces des cristaux.

n’ont pas cultivé cette science, donner l’explication de divers termes qui pourraient leur paraître nouveaux, en sorte qu’ils n’auront-besoïn que de lire pour tout comprendre sans être arrêtés.

Notions préliminaires.

Toutes les notions qui vont suivre se rapporteront à des corps que lon désigne en général sous le nom de solides ; et qui ont trois dimensions appelées longueur, largeur et pro fondeur. Chacun de ces solides est terminé par des plans, c’ ‘est-à-dire par des faces dont tous les points sont de niveau, et leur assemblage compose ce qu’on appelle la surface du solide. Les faces, à leur tour, sont limitées par des lignes droites dont le nombre et les positions déterminent leur figure.

On donne le nom de cristaux aux solides naturels produits par l'arrangement symétrique qu'ont pris les particules d’un grand nombre de minéraux, en vertu des lois auxquelles elles ont été soumises pendant leur réunion (1). sd

(x) La plupart des cristaux ont été formés dans les eaux, où leurs particules, d’abord suspendues et sépa-

Je vais reprendre les trois espèces d’étendue dont. j'ai parlé, en commençant par la ligne

droite’, qui est-comme l’élément des deux Ka 4

rées les unes des autres, se sont ensuite rapprochées, en s’attirant mutuellement ; et comme elles ont des formes régulières, terminées par des faces planes , elles se sont appliquées les unes contre les autres, par ces mêmes faces, et leurs assemblages ont produit ces solides que leur aspect symétrique fait quelquefois prendre par ceux qui ont des yeux encore neufs, à l’égard de ces sortes d’objets, pour des corps travaillés par la main du lapidaire. Il n’y a personne qui, au moyen d’une expérience très simple, ne puisse se rendre, pour ainsi dire, témoin de la manière dont naissent et s’accroissent les cristaux. On verse de l’eau dans un verre de montre , et l’on y. fait dissoudre quelques grains de sel commun, puis on la laisse reposer, Au bout de quelque temps on voit paraître , à la surface de cette eau , de petits corps blancs, au augmentent peu à peu de volume, et finissent par se précipiter; et l’on ‘pourra remarquer qué: chacun de ces corps a uñe figure régulière, qui est celle d’un cube. C’est ainsi qu’ont été produits les cristaux naturels, qui, suivant les circonstances dans lesquelles ils, sé trouvaient, sont saillans à la surface des masses qui leur servent de support, et se sont formées en même temps à ouengagés dans l'intérieur de ces masses, ou adhérens.aux parois des cavités qui en interrompent la continuité. sf "

DES PIERKES PRÉCIEUSES. 7 1. Des Lignes.

On dit de deux lignes qu’elles sont parallèles, lorsqu’en les supposant tracées sur un même plan, elles ne PROpAL jamais se rencontrer, quelque loin qu’on les prolonge : tels sont les deux bords d’une règle.

Lorsque deux lignes droites se rencontrent, comme bc et ac (pl. I, fig. 1), l'ouverture qu'elles laissent entre elles s’appellé angle. Supposons que l’on prolonge l’une des deux lignes prise à volonté, par exemple, la ligne ac (fig. 2), suivant la direction cd, et que la ligne cb ne penche pas plus d’un côté que de Pautre sur la ligne totale ad; dans ce cas, l’angle bca où bcd que font entre elles les deux lignes se nomme angle droit, et l’on dit de chacune de ces lignes qu’elle est HARDCORE sur l’autre.

Si, après le prolongement , la ligne cb (fig. 3) penche plus d’un côté que de l’autre sur la ligne totale ad, elle fera avec celle-ci deux angles inégaux, dont l’un, savoir, bed, qui sera plus ouvert que l’angle droit, ‘appellera argle obtus, et l’autre bca, qui sera moins oùvert, portera le nom d'angle aigu. |

Pour juger de la grandeur d’un angle obtus

ou aigu, il faut avoir une manière de le mesurer. Voici en quoi consiste celle quia dû s’offrir naturellement à l'esprit des géomètres. Représentons-nous la ligne cb (fig. 1) comme étant d’abord couchée sur la ligne ca, et supposons qu’elle ait tourné autour du point € comme l'aiguille d’une montre autour du centre ducadran ;il est aisé de voir que quand elle sera par- . venue à la position cb qu’elle a sur la figure, son extrémité b aura décrit un arc tel que ak (fig. 4), prissur la circonférence d’un cercle qui aurait pour centre le point c (fig. 1) et pour rayon une ligne égale à ca. Get arc indique donc la quantité dont les lignes ca, cb sont écartées l’une de l’autre ; d’où il suit qu’il donne la mesure de l’angle que ces lignes font entre elles. Si l’on suppose que la ligne cb continue de tourner autour du point c, de manière que son extrémité b passe successivement par les points m, n, etc. (fig. 4), l'angle qu ’elle fera avec la ligne ca, et en même temps l’are compris entre les extrémités des deux lignes, croîtront proportionnellement l’un à Pautre. 11 y aura un terme indiqué par le point r, où l’anglequijusqu’alors était aigu deviendra droit. Passé ce terme, il sera obtus en devenant, par exemple,

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DES PIERRES PRÉCIEUSES. Ô l'angle zca, jusqu’à ce que le point & ayant parcouru la demi-circonférence ary, la ligne cb se trouve sur la direction de la ligne ca.

Il est facile de concevoir que la grandeur d’un angle ne dépend pas de la longueur des lignes cb, ca (fig. x ), que l’on appelle les côtés de cet angle, parce que, si l’on suppose ces côtés plus longs ou plus courts, il en résultera seulement que l'arc parcouru par l’extrémité à du côté mobile, fera partie d’une circonférence plus grande ou plus petite; mais son rapport avec la circonférence entière sera toujours le même, c ’est-à-dire, par exemple, que s’il est un sixième de telle circonférence, il sera également un sixième de toute autre circonférence dont le rayon serait plus long ou plus court.

Pour avoir une expression commode de la mesure des angles, on a divisé la circonférence en 360 petits arcs égaux que l’on 'a nommés degrés, et chaque fiers a été sous-divisé en 60 minutes (1). On voit, à la seule inspection de la figure 4, que l'angle ach est de 30°, l'angle

(1) On a poussé plus loin cette sous- division ; mais les indications relatives aux angles des cristaux qui seront décrits dans cet article, n’iront pas an-delà des minutes.

10 . TRAITÉ DES CARACTÈRES PHYSIQUES acm de 4o* et l’angle acn de 60°. L’angle acr; qui est droit, doit être nécessairement de 90’, c’est-à-dire qu’il a pour mesure un quart ar de la circonférence; car puisque la ligne crne penche pas plus d’un côté que de l'autre sur le diamètre ay, il est évident que l'arc ar est égal à Varc yr, d’où il suit qu'il est la moitié de la

demi-circonférence ary, qui se termine depart et d’autre à ce diamètre.

Dans le mouvement de la montre, l SEtle des heures, que je prends pour RAT et que je suppose être partie du point de midi, fait,;avec la direction qu’elle avait alors, des angles qui vont en croissant suivant le rapport du temps. Nous avons transformé la mesure de ces angles en celle du temps lui-même, Ainsi, dire qu'il est une heure, c’est dire, en d’autres termes, que la direction actuelle de l'aiguille fait, avec sa direction primitive, un angle de 30°, égal à la douzième partie des 360% qui gous-divisent la circonférence (1).

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