CHAPITRE V
Da Visage. (Suite.)
Dans la Sainte Ecriture, les yeux sont appelés les miroirs de l'âme, parce qu'ils en expriment presque toujours les sentiments et les agitations ; il est donc bien important de veiller à ce qu'il n'y paraisse J'ien de déréglé. Les rv^gards de l'homme modeste et humble sont toujours doux, calmes et réservés; ceux, au contraire, de l'homme superbe et arrogant sont insolants et hautains.
C'est la marque d'un caractère étourdi et inconstant que de tourner précipitamment les yeux de côté et d'autre sans les fixer à aucun objet; la sagesse et la politesse condamnent éiralement cette faute.
i»r vi>.\(.i:. ii
Il \\\'h\ pji^ iar«' <|ih- m laiiirs |M'i'hoiimvH lixMit ^/tIi'II- Hfinciit Itvs yeux sur un ohjrl, huiih qiir polir ri'hi vUvh y portent leur attention ; Houvont. vWvh Hont ulmor)>/'4*H par un*' all'airr ^ni\ <• : pluHsou\rnt «'ncon* cIN'h ont reprit si niolMli', <pril nr s'arrrtr it n»- >r <l«''trrhiin«* janiai .
II y a «Irs jrtMiH <pii, lorsqu'ilM nont duim ranilrtion, rvKar«l«'iit lixénn-nt Ir >«i| rt snnhlrnt i«:non'rentirr«*in<*nt er qui se passr autour «{'«'Ilrs. (^urllr (|Uc puisse être la «•ausr <lr Irur rliaiiriu, ils iloivrnt é\itrr ilr le fairr paraître d'une manière aussi ine(»nvenante : a^ir de la sorte dénott» un i»xec\s d'aliatteiiuMit et de fail)lesH<» cIVkprit, l)ien indii!:ne des ])ersonnes (pii ont le bonheur d'être instruit<'s i\rs vérités et «les maximes de la Keliuion.
Il est très-in(i\il de regarder pardessus l'épaule, d'érailler les yeux iWii- les d<Muts, pour l'aire lire, et de regar- <ler eiriontément «l'autirs prison nés ; mais il est trèseontraire, non-seulement à riionnêti'té, mais aussi A, l'esprit <lu Christianisme et à la miKJestie reli^i<*use, de les iixer sur des objets propres à souiller eettc^ j>ureté d'esprit et di^ (Meur (jui l'oiine le plus précieux trésor du chrétien.
i'elui (pli est véritablement reconnaissant (hi don <ie hi vue, et (pli nanlite souvent sur sii sublime destinée future, et eu particulier, sur le bonlieur (pril aura de voir Dieu '* l'ace à l'ace et tel (pi'il est.'' sera bien éloiu:né de faire usa^e d'un organe aussi ])récicux ])our olfenser Celui qui l'eu a jxï'iitilié avec tant de tendresse et de bonté. Il s'en servira, au contraire, comme d'un moyen propre à le servir avec la plus exacte lidélité et à élever son esprit i\ la contem})lalion de cette vision glorieuse et éternelle (pii lui i^st prt)mise. La viu^ du cit"^), de la terre, de la mer, d'une simple tleur, lui rapi)ellera son «énéreux Bienfaiteur, et élèvera son âme vers Un dans (les transports d'aniour, de gratitude et d'admiration. Heureux celui qui, dès ses tendres années, s'est exercé à faire de chacun des objets de la création autant de moyens de s'unir })lus étroitement avec son Créateur.
CIIAPITKK VT.
Observations finales sur le Visage.
Les enfants doivent être ponrvns d'un mouchoir de poche, dès qu'ils sont à même de s'en sei'vir. On leur
1 8 POL1TK.S.SE CH RKTl KN N K.
fera ainsi éviter, outre le nasillement, \ine foule cî'autres ineonvenanees aux(|uelleK leur âge et leur légèreté les rendent si sujets.
Il n'est pas raie de voir bien des personnes manquer à la bienséanee, d'une des manières suivantes: les unes gesticulent avec leur mouchoir, d'autres le tiennent continuellcnicnt dans les mains cl le laissent tomber à terre ; <ranlrcs cnlin le ]K)Hcnt sur une chnise, sur une table ou sur un autre meuble. Tout cela est de très-mauvais ton et doit être évité avec soin. Jl faut ne faire paraître le mouchoir que le plus rarement ])ossible ; on doit le tenir dans sa poche et ne l'en retirer qu'au besoin.
Il faut éviter avec soin de faire trop de bruit en se mouchant, et remettre aussitôt son mouchoir dans sa })oche.
Il ne convient pas de toucher le mouchoir d'une autre personne; celle-ci vient-elle aie laisser tomber, il faut l'en avertir, mais non le ramasser et le lui donner. Il serait bon de se bien moucher avant d'entrer dans un appartement, pour une visite, afni de n'avoir pas à le faire pendant son séjour, à moins (ju'il ne soit d'une certaine durée.
On ne saurait faire trop d'efforts pour ne point bailler en compagnie. Néanmoins si on en éprouvait un trop violent besoin, il vaudi-aiL mieux se retirer, que de faire croire aux gens qu'on s'ennuie en leur société.
Quand on éternue ou que l'on tousse, il faut avoir soin de se servir de la main ou de son mouchoir de poche, afin de ne laisser rejaillir la salive sur aucune personne ou sur les meubles. 11 est tout à fait grossier de cracher par terre, ou dans le feu, ou sur les trottoirs dans les rues. Se permettre de cracher à terre dans l'église est une iri'évérence non moins ({u'une grossièreté. Ces fautes néanmoins se commettent assez souvent par des l)ersonnes qui, vu leur âge et leur position, devraient être plus soigneuses à les éviter.
Il faut prémunir avec le plus grand soin les enfants contre la déplorable habitude de fumer, habitude qui n'est que trop commune de nosjours, dans les réunions de jeiuies gens. Il ne convient pas non plus qu ils s'accoutument à priser. Dételles habitudes, surtout celles de fumer, outre qu'elles se perdent difficilement, sont nuisibles à l'individu lui-même, et occasionnent souvent de grandes
MANI^.UK hi; rVUlKll KT l»K U^.I'ONhUK. \U
incouuiKxlitA^ pour toim ceux (|ui, f>iir devoir il^ bifii- Héuiict', nr penvfiil n'i-loi^ncr «le Hiwcoiiipa^nii*.
11 faut tenir la lioiiclit» (laiiM une pando t)r()[)reté «t <Iaiisla toriiu^ (pli lui est iiatiir<'llc, et ne point 1 ouvrir av<-<: alïi'ctation <t siins sujrl : il r-t donc ini|»ortant dr la lavrr rluuph' matin, rt «II* n'y |M)rt<r aurunr rlioyr (pii piii^-s** <lonn('r nnuivaisi* haleine et la rendre nndpropn*.
On se p\te inlailliMenienl les lèvres en se les niordiinl avi'c h'S dents, ou v\\ les r<niuant a\ee contorsion, les resserrant, les élevant trop et h'S tirant avee les <Ioi>{t>. (juant aux <1ents, on se les ^âte frétpu'nnnent ou cmi ne les nettoyant pas, ou en lo faisant avee des choneM (pii leur nuisent. Il est né<'essair<' de nettoyer eliaipiejour ses dents avee de l'eau et une hrosse douée, vl non avee une épiuîile ou la pointe d'un couteau ; après le repas, (»n se sert ordinairement d'un bout de plume, mais il faut observer de ne le point faire à tal>l<*. Les enfants doivent éviter avec soin de se servir d<' leurs dents pour se ronger les oncles, couper certains objets, non plus (pie l>our plier ou soulever (pu'lque chose (pie (^e soit.
Il ne sera pas sans utilit(', îiva!it de clore ce chapitre, de sii»na!er un défaut dominant chez les enfants. Ie«piel les accompagne souvent jus(prà un â^e assez avancé, c'est celui de se remplir avec avidité la bouche d'une trop urande (|uantitéde nourriture, au point de ne pouvoir parfois ])rcs([ue plus respirer. Ce défaut est tout à la fois opposé à la politesse et nuisible à la santé.
Il est un autre défaut ({u'il n'importe pas moins de faire remanpier, c'est celui de certaines personnes qui, en buvant le thé, le café ou tout autre liquide, font avec les lèvres un bruit aussi désagréable qu'inutile. Cette urossièreté est une manque certaine d'une mauvaise éducation.