MYSTÈRE DE LA RÉDEMPTION
encore: Voilà vo^re roi / mais ils répondirent qu'ils n'avaient point d'autre roi que César, et que selon leur loi Jésus devait mourir, parcequ'il s'était dit Fils de Dieu. Pilatc encore plus effrayé de ces dernières paroles, cherchait quelque autre expédient pour sauver Jésus : mai.s les Juifs ne pouvant plus souffrir de délai, criaient luuitement que s'il le délivrait il se déclarait ennemi de César. Cette parole acheva d'intimider Pilate, qui s'étant fait apporter de l'eau, se lava les mains en disant ((u'il était innocent du sang de ce juste. Les Juifs, voulant le rassurer, répondirent : Que son nang reto)iibe aur nous et sur nos enfants ! Alors le faible gouverneur abandonna Jésus à la fureur de ses implacables ennemis, qui, l'ayant dépouillé de sa robe de pourpre, lui remirent ses habits, le chargèrent de sa croix et l'emmenèrent pour le crucifier. Epuisé de fatigues et de souffrances, le Sauveur succomba plusieurs fois sous le poids de cet énorme fardeau : ce qui fit que les soldats, rencontrant un homme appelé Simon, qui revenait des champs, l'obligèrent à porter la croix. On ignore le motif d'une telle conduite, mais il est probable que ce fut plutôt par la crainte de le voir mourir en chemin et de ne pouvoir le crucifier, q^^ie par quelque sentiment de compassion qu'ils agirent ainsi.
12. Ce fut en un lieu nommé Calvaire et proche de Jérusalem que Jésus-Christ fut crucifié. On mit pour inscription au haut de la croix : Jésus Nazaréen^ roi des Juifs. Les passants le blasphémaient en branlant la tête et en lui disant: "Toi qui détruis le temple de Dieu, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même ; '' et : " Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix." Les princes des prêtres, les scribes et les anciens, se moquant aussi de lui, disaient: " Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même.*' Deux voleurs qui avaient été crucifiés avec Jésus-Christ, Tun à sa droite et l'autre k sa gauche lui faisaient les mêmes reproches : l'un deux cependant se convertit, et pria Jésus de se souvenir de lui lorsqu'il serait dans son royaume ; ce qui fit que Jésus l'assura que dès le même jour il jouirait avec lui de la gloire du paradis. Jésus pria ensuite son Père de pardonner à ceux qui le faisaient mourir ; puis s'adressant à sa sainte Mère, qu'il vit au pied de la croix, il lui dit, en lui montrant saint Jean : Femme ^ voilà votre fils : et à saint Jean : Voilà votre mère. Il dit ensuite : J'ai soif ! et on lui pré-