Par qui et quand a été institué le Mariage
indissoluble, et pour sanctifier ceux qui la contractent : il l’a rendue l’image et le signe d’un grand mystère, de son union intime et éternelle avec l'Eglise : par là le Mariage est devenu une source de bénédictions spirituelles pour ceux qui le reçoivent avec les dispositions chrétiennes,
2. Le Mariage est donc un sacrement qui sanctifie et rend légitime l’union de l’homme et de la femme, C’est une vérité certaine que ceux qui se marient après avoir consulté Dieu, et avec des vues chrétiennes, reçoivent, par la vertu de ce sacrement, des grâces pour se sanctifier en remplissant fidèlement les obligations de leur état. Avant dese décider à embrasser cet état, il faut donc adresser à Dieu des prières ferventes pour connaître s’il nous y appelle ; sans cela on contracterait témérairement, et peut-être contre l’ordre de Dieu, un engagement irrévocable, qu’il ne bénirait pas, et où le salut serait exposé à un grand danger. Dieu ne manque jamais de faire connaître sa volonté à ceux qui l’invoquent de tout leur cœur. On doit aussi prendre conseil de ses parents : ils désirent l’avantage de leurs enfants, et ils savent mieux qu'eux ce qui peut le leur procurer ; on doit suivre leur avis plutôt qu’une inclination aveugle dans une affaire si importante et d’où dépend le bonheur pour le temps et pour l'éternité
3. Il y a trois principales dispositions pour recevoir le sacrement de Mariage : la première est de le recevoir avec une conscience puiifiée de tout péché mortel, parce que le Mariage est un sacrement des vivants, qui suppose la vie spirituelle de la grâce dans ceux qui le reçoivent. Le Concile de Trente exhorte les personnes qui veulent entrer dans cet état à s'approcher de la sainte Eucharistie, pour attirer sur elles les bénédictions du Ciel. La seconde disposition est de le recevoir dans l’intention de faire la volonté de Dieu et de le servir dans cet état. C’est un principe que nous devons nous proposer de plaire à Dieu dans toutes nos actions, même les plus communes: à plus forte raison dans un engagement qui dure toute la vie. ‘ Nous sommes les enfants des Saints, disait le jeune Tobie à Sara son épouse, et nous ne devons pas nous marier comme les païens, qui ne connaissent point Dieu.” Que celui qui se croit appelé à
2. À quelle dignité J.-C. at-il élevé le Mariage ? Qne faut-il fairenvant d'emhrasser l'état du Mariage ? — à. Combien de dispositions doit-on apporter à la réception @o ce sacrement, et en quoi consistent-elles ?
l’état du Mariage n’y entre donc que dans la vue de se sanctifier ét d’en remplir toutes les obligations. La troi- .sième disposition pour le sacrement de Mariage est de le recevoir avec la modestie, la pudeur et les autres vertus convenables à la sainteté de ce sacrement, en évitant avec soin tout ce qui pourrait s’écarter des règles de la plus exacte bienséance. Recevoir la bénédiction nuptiale avec un extérieur contraire à la modestie, ce serait offenser Dieu au pied même des autels, et profaner un sacrement dont on ne doit s'approcher qu'avec beaucoup de piété et de religion.
-4, Les personnes mariées ont quatre obligations à remplir : elles doivent vivre ensemble dans une sainte société et une parfaite union, se garder réciproquement la foi conjugale qu’elles se sont promise à la face des autels, s’assister mutuellement dans leurs besoins, et enfin donner à leurs enfants une éducation chrétienne, en les accoutumant de bonne heure à prier Dieu et à faire avec piété les autres exercices de religion, en leur apprenant et leur répétant souvent les maximes de l'Evangile, en leur donnant bon exemple en toutes choses, et en veillant sur leur conduite pour les éloigner de tout ce qui pourrait les porter au mal.
EXEMPLE.—Un jeune médecin habitant la capitale y reçut au mois d'octobre 1829, le sacrement de Mariage avec des circonstances bien édifiantes.
Un de ses amis l’introduit dans une maison recommandable par ses vertus, en lui faisant espérer la main d’une fille unique, aussi pieuse que le reste de la famille, La jeune personne est bientôt promise au docteur, dont l’aimable modestie égale la science.
Bientôt la cérémonie nuptiale allait avoir lieu, lorsque celui-ci vient seul trouver la mère de sa future épouse, et lui demande à parler en particulier à mademoiselle Emilie.—Ce n’est pas possible, Monsieur, repond-elle d’une manière obligeante ; ma fille n’est pas bien depuis deux jours, et elle a besoin de tranquillité.—Mais, madame, il m'est bien pénible de ne pouvoir m'’entretenir un instant avec votre demoiselle ; à peine ai-je eu la satisfaction de la voir trois ou quatre fois dans la société ; jusqu'ici je n’ai point trouvé l’occasion de lui exprimer à mon aise mes sentiments et de connaître les siens.—Vos