JE SUIS LE BON PASTEUR
est propre à tous les pays et À tous les temps. Lorsqu'on examine cette morale de près, on est forcé de convenir que Celui qui en est l’auteur a dû avoir la connaissance la plus profonde de tout l’homme, de son esprit, de son cœur, de ses passions, de ses faiblesses, de tous ses maux, et des remèdes qu’il y fallait appliquer aussi bien que de sa véritable fin et des moyens qu'il doit employer pour y parvenir.
3, Ilest évident que si les hommes se conformaient à cette morale, ils seraient aussi bons et aussi heureux qu'on peut l'être en ce monde: et, en effet, qu’on se représente un peuple de vrais Chrétiens, c’est-à-dire d'hommes qui aiment Dieu comme leur père, qui s’entr'oiment comme des frères, et qui n’aient tous qu'un cœur et qu'une âme, qui tendent tous à la même fin, qui marchent tous vers le même terme, le ciel; aucun d’eux ne faisant jamais céder le bon droit à la passion, l'intérêt général à l'intérêt personnel; mais chacun faisant au contraire son bonheur de celui de ses semblables, prenant part à leurs peines et les aidant à les supporter : un tel peuple sera certainement un grand spectacle dans l'univers! Et tel serait cependant un Etat composé de véritables Chrétiens : la paix, qui est le plus doux fruit de la charité, règnerait au milieu de ce peuple, jamais le cri de la discorde ne s’y ferait entendre, parce qu’il n’y aurait jamais ni injustices, ni violences, ni jalousies, ni rivalités. Là on ne trouverait pas de vrais malheureux, parce qu’on n’y verrait point de méchants. Les biens seraient des biens purs, et les maux ne seraient plus des maux, parce que la charité rendrait communs tous les biens et tous les maux. Quelle tranquillité dans les évènements divers! quelle résignation dans les pertes !.... La vieillesse, l’infirmité, la maladie seraient consolées par l'assurance d’un avenir plus heureux, et la mort même ne serait regardée que comme le passage d’un bonheur temporaire à un autre qui doit être éternel.
Oui, tels seraient les fruits que produirait la morale de Jésus-Christ mise en pratique ; “ L'univers ne serait peuplé que d’amis, et le monde entier deviendrait un paradis terrestre.??
4. Citons seulement quelques-uns de ces enseignements divins : “ Ne craignez pas, dit le Sauveur, ceux qui ne
3. Que seraient les hommes s'ils observaient fidèlement la loi évangélique ?—4. Citez quelques-uns des préceptes de l'Evangile.
peuvent tuer que le corps; mais craignez Celui qui peut précipiter l'âme et le corps dans l'enfer, Aiïmez Dieu de tout votre cœur, et souvenez-vous que nul ne peut servir deux maîtres, Ne rougissez pas de moi devant les hommes, étje vous reconnaîtrai devant mon Père céleste. Gardez-vous de faire vos actions pour être vus des hommes, Si votre œil, votre main, votre pied vous sont un sujet de scandale, arrachez-les, coupez-les et les jetez loin de vous, Les regards, les désirs, les paroles inutiles même sont condamnés, Ne vous mettez pus en peine d’où vous aurez de quoi manger et de quoi vous vêtir; considérez les oiseaux du ciel, votre Père les nourrit, dit-il encore ; voyez aussi comme il pare les herbes des champs. Faites du bien à tous, aimez même vos ennemis; pardonnez et l’on vous pardonnera ; ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés. Un verre d’eau froide donné en mon nom ne restera pas sans récompense, Si vous avez des peines, réjouissezvous; si vous souflrez pour la justice, soyez ravis de joie, car une grande récompense vous est réservée dans le ciel,”
Quelle sublimité, quelle sainteté dans cette morale !
Les mystères que la Religion enseigne sont sans doute au-dessus de notre portée, mais les motifs de crédulité qu’elle donne sont plus que suffisants pour contenter tout esprit raisonnable.
EXEMPLE.—Diderot, faisant réciter l'Evangile à sa fille, fut surpris par un de ses amis, qui lui en témoigna son étonnement : ‘ Après tout, iui répond ce philosophe, que puis-je lui enseigner de mieux ?” Le fameux Biron, si ennemi de la vraie piété, voulut aussi que sa fille fût élevée dans les principes de la Foi. Et combien d’autres qui auraient admiré la sublimité de l'Evangile, cru et adoré ses mystères, si l'Evangile n'avait pas commandé la fuite de tout mal et la pratique de toutes les vertus!
ARTICLE V
Vie de N.-S. Jésus-Christ, ses miracles.
1. Jésus-Chrit a prouvé la divinité de sa mission non-seulement par laccomplissement exact des prophé-
ties qui, pendant quatre mille ans, avaient annoncé sa venue, mais encore par un grand nombre de prodiges
1. Jésus-Christ n’a-t-il prouvé sa divinité que par l’accomplissement des grophéties qui l’avaient annoncé
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