ASCENSION DE N.-8. JÉSUS-CIRIET
leurs yeux; alors deux Anges leur apparurent, et leur apprirent que le Seigneur descendrait un jour du ciel de Ja même manière qu’il venait d’y monter.
2. On dit que Jésus-Christ est assis à la droite de Dieu son Père, par une image sensible empruntée des choses humairies, pour faire concevoir que l'humanité sainte de Jésus-Christ est élevée dans le ciel au plus haut degré de gloire et de puissance, et qu’elle s'y repose après ses traaux comme sur le trône éternel ‘le son empire, Quand un roi associe son fils à la royauté, il le fait asseoir sur le trône à côté de lui, pour marquer qu’il veut qu’on le regarde comme son égal, et que tous les ordres de l'Etat lui rendent le respect et l’obéissance comme à lui-même.
Or l’Ecriture représente Dieu assis sur son trône, comme Roi du ciel et de la terre: ainsi, quand on dit que Jésus-Christ est assis à la droite de Dieu son Père, on doit entendre qu’étant, comme Dieu, égal à son Père, il est, comme homme, par la grandeur de sa gloire et de sa puissance, au-dessus de toutes les créatures, parce que son humanité sainte a le glorieux avantage d’être unie à la personne du Verbe.
3. Le Fils de Dieu, au sein de sa gloire, s'occupe de nous, il est attentif à tous nos besoins ; il exerce l'office de médiateur et présente à son Père les cicatrices des plaies qu’il a reçues dans sa Passion, pour implorer sa miséricorde en faveur des hommes. Il y est notre avocat et notre défenseur; la voix de son sang sera toujours plus puissante pour nous obtenir miséricorde, si nous travaillons à nous appliquer ses mérites, que celle de nos crimes pour attirer sur nous les châtiments de la justice divine.
4. Jésus-Christ est dans le ciel comme notre Roi et notre Seigneur; il a sur nous un souverain empire, nonseu.2ment parce qu’il nous a créés et qu’il nous conserve, mais encore parce qu’il nous a rachetés. Nous sommes donc à Jésus-Christ comme son héritage, sa conquête et le prix de son sang.
5. Jésus-Christ dans le ciel est notre pontife; il a exercé la fonction de pontife sur la croix en s’offrant luimême à son Père comme une victime de propitiation
2. Que signifient ces paroles, est assis à la droite de Dieu ?—3, Que fait J.-C. dans le ciel, et quelles fonctions y exerce-t-il ? 4. Quels droits J.-C. a-t-il sur nous comme Roï et comme Seigneur ?—5. Comment J.-C, est-il notre Pontife dans-?e miel ?
pour nos péchés : il l’exerce encore dans le ciel, où étant assis À sa droite, il se présente pour nous devant lui: et comme il possède un sacerdoce éternel, il peut toujours sauver ceux qui s’approchent de Dieyn par son entremise. Ayant done pour pontife Jésus, Fils de Dieu, qui est monté au plus haut des cieux, présentons-nous avee confiance deyant son trône, afin d’y recevoir miséricorde et d'y trouver le secours de sa grâce dans tous nos besoins ; ‘ar le pontife que nous avons n’est pas tel, qu’il ne puisse compatir à nos faiblesses, puisqu'il a voulu être éprouvé, comme nous, par toutes sortes de maux, quoiqu'il fût sans péché.
6. Enfin Jésus-Christ dans le ciel est notre chef, c’està-dire qu’il est à la tête d’un corps dont nous sommes les membres, Ce corps, c’est l’Eglise, et Jésus-Christ est à son Eglise ce que la tête est au corps : il lui communique la vie et il l'anime de son esprit; toute grâce, toute bonne pensée, tout saint désir, toute bonne œuvre, toute vertu découle de cette plénitude, qui est en Jésus-Christ notre chef.
EXEMPLE.—$aint Bernardin de Sienne et saint François de Sales racontent le fait suivant :—Du temps des Croisades, un pieux gentilhomme français, nommé Lethbald, né dans les environs d’Autun, entreprit, ainsi que bien d’autres, le pèlerinage de la Terre-Sainte. A peine fut-il débarqué sur les rives asiatiques, qu'il courut à Nazareth, où demeurait la très-sainte Vierge quand l’archange Gabriel vint lui annoncer de mystère de l’Incarnation. De là, il partit pour Bethléhem, et visita avec amour et avec foi la grotte où Notre-Seigneur vint au monde. Puis il parcourut successivement les différents autres lieux qui avaient été sanctifiés par la présence du divin Sauveur: le Jourdain, où il fut baptisé par saint Jean ; le désert, où il passa quarante jours dans le jeûne et la prière ; la mer de Galilée, près de laquelle il opéra tant de miracles. Mais il s'arrêta surtout aux endroits qui lui rappelaient les souffrances et la mort douloureuse de son bon Maître. Il fut témoin, en esprit, de son Agonie au jardin des Olives, de ses ignominies chez Caïphe, de sa flagellation et de son couronnement d’épines chez Pilate. Il le suivit pas à pas sur le chemin du Calvaire, essayant dans le fond de son cœur de lui aider à porter sa croix, Arrivé au sommet, il se prosterna la face con-