BO
EffetB de /a tempéra hfre, — Les produits de la distillation du bois soutires-diflereDts, selon que Ton opère rapidement, ou lentement à une chaleur d*abord très-basse, puis graduée successivement. Dans le premier cas les produits sont beaucoup plus riches en combustibles que dans le second : aussi par la distillation rapide n*oblieiU-on ordinairement que les deux tiers du charbon que donne la distillation lente, et souvent même moitié seulement. D*aprés M. de Saussure, le bois de chêne distillé à une température graduée donne les produits suivants sur 100 grammes : ,
litrcf
Gaz hydrogène carboné. . -.. ,^^ j m
Gaz acide carbonique. . . 6,42 y
Eau contenant un peu d'huile, d*acide acétique
et d*acétate d*î»mmoniaque 40,04
Huile empyreumatique. ^fi^
Charbon îjl'OI
Cendres Q>'^^
On admet en général que dans la distillation que Ton opère par la méthode de M. Mollerat , on obtient 0,30 à 0,87 de gaz, qui est conduit sous les foyers pour être brûlé ; 0,18 à 0,20 d'eau acide ou acide pyroligneux , dont oii extrait 0,011 d'acide acétique pur ; 0,15 de goudron ,^qui ne commence à se vaporiser qu'à la température de 256* , et 0,23 a 0,27 de charbon.
Stollz a trouvé que tous les bois , lorsqu'ils ontété bî en lessivés et débarrassés des résines qu'ils peuvent contenir , donnent à peu près les mômes produits à la distillation. Voici quels sont ces produits pour 100 p. d'un certain nombre de bois bien desséches à l'air :
Dois.
Acide pyroligneux.
Huile
empyreuma-
tique.
Charbon.
Gaz.
Bouleau
Hêtre
Chêne
Frêne
Peuplier blanc. . .
Prunier sauvage..
Genévrier
Sanin
DISTILLATION. Sd5
L*acîde pyroiigaeux que fournit chacun de ces bois a un pouvoir saturant qui est représenté par ^^ , 50 , 50 , 44, S9, 37,29,29 et 28.
Dans la fabrique de produits chimiques de Than (Haut- Rhin) j le mètre cube de hêtre produit 69 kilogrammes de charbon et 4 kilogrammes d'acide acétique pur.
Produits liquide*. — Les produits provenant de la distiU latioD du buis ont été examinés par plusieurs chimistes , et principalement par H. Berzélius. Les huiles empfreumatiques sont, comme nous l'avons déjà dit, des combinaisons d'huiles volatiles qu'on appelle pyrélaïdes, de résines qu'on appelle pyré/tnes , et d'acide acétique. Lorsqu'on distille ces huiles sans addition , leur point d'ébuUition s*ëlève graduellement, et elles fournissent les mêmes produits que le bois, en laissant un résidu de charbon ; mais si un les distille avec de Teau , les huiles volatiles ou les pyrélaîdes se dégagent seules , et les pyrétines restent dans la cornue , toujours combinées aveo de l'acide acétique.
Le goudron est le produit de la distillation du bois rêsi« neux. Il se compose de plusieurs résines, d'huiles empyreuuiatiques, de colophane et d'acide acétique. U est brun el visqueux , fortement odorant , et est soluble dans 1 alcool , l'ether, les huiles grasses et les huiles volatiles, et même un peu soluble dans l'eau. Quand on le distille aveo de l'eau , il s'en dégage de Thuile de térébenthine et des huiles pyro* gênées : te résidu , connu sous le nom de poix , se compose de colophane et de résine ; il est mou à 38<^ , fusible dans l'ean bouillante, soluble dans Téther , les alcalis et les carbonates alcalins.
Les pyréiineê sont en général incolores on légèrement jaunâtres , d*une odeur forte et très-désagréable , et d'une •afeur acre et nauséabonde. Elles brûlent avec flamme claire et fumée ; elles se vaporisenC^à Tair. Les unes sont inaltérables par Tair et par le protosulfate de fer; les autres sont icapidement converties en résine par ces substances. Elles sont (rès-solubles dans lether, les huiles grasses et les huiles volatiles ; mais il y en a qui sont peu solnbles dans Falcool. Elles dissolvent très-aisément le isaoutchouc. Elles forment avec l'acide suifurique concentre des composés analogues à l'acide snlfovinique. L'acide nitrique les convertit en résinoïdes. Les unes se dissolvent et les autres ne se dissolvent pas dans les alcalis. Elles forment des émuU sioDs avec l'ammoniaque.
Les pyrétines qui proviennent de la distillation du bois renJRerment toujours de Tacide acétique en combinaison ,
et rougissent le tournesol. Celle que donne le bouleau ressemble à la poix ordinaire ; elle est solide , noire, éclataote, à cassure vitreuse, pins pesante que Peau ; elle se ramollit à la cbaleur de la main. Quand on la distille, elle se gonfle et laisse dégager de Tenu acide , puis elle se fond , bout tranquillement, et se charbonne en abandonnant de l'huile empyreumatique. Si Ton distille avec de Teau cette huile empyreumatique, il reste une pyrétine molle et visqueuse complètement soluble dans l'éther, Thuile , la tërébeathioe , et en partie soluble dans Thuile d*oItve et dans la potasse caustique. Qtiand on fait bouillir pendant longtemps avec de Teau Inpyrétîné du bouleau , et en renouvelant ce liquide, on obtient une liqueur jaune acide qui laisse déposer de la pyrëtine par refroidissement, et en outre un résidu pulvérulent noir jaunâtre , soluble dans Tacide acétique , et eo partie soluble dans Talcool : la portion insoluble dans ce réactif a les plus grands rapports avec la substance que Ton nomme géine ou ulminé.
Les py rétines sont fixes par elles-mêmes ; mais les pyrélaïdes , qui les dissolvent facilement, les rendent plus ou moins volatiles.
Les jt>yré/a»^09 , produites par une première distillation des huiles, sont jaunes ; mais on peut les décolorer complètement par distillation ; elles varient de nature , selon l'espèce de bois dont elles proviennent. La plupart sont liquides , mais il y en a de solides : on nomme celles-ci pyrontéarines .
M. Reichenbach a extrait des huiles eropyreumallques provenant de la distillation de divers végétaux , et principalement du bois de hêtre , deux pyrélaîdes particulières , l'une solide , qa*il a appelôe paraffine , et Tautro liquide , qu'il a nommée eupion. Celte dernière s'extrait en plus grande abondance des huiles animales.
La paraffine est d'un blanc pur , cristalline , tendre , mate, mais prenant l'éclat gras par le frottement ^ sans odeur ni saveur ; sa densité est de 0,870. Elle se fond à 43® j, en un liquide incolore, transparent, oléagineux; elle entre en ébullition à une température un peu plus élevée , et se distille sans altération. Elle brûle sans odeur et avec une flamme blanche, comme la cire. Elle est remarquable par sou indifférence chimique ; elle est inattaquable par le plus grand nombre de réactifs, et à peu près insoluble dans l'alcool ordinaire ; elle se dissout bien dans l'éther et l'huile d'olive , mais seulement à chaud ; l'huile de térébenthine, Thuile de goudron , la dissolvent au contraire farilemenl à
froid. Selon M. Jules Gay-Lussac, elle ne renferme pas d*oxîgène ^ et elle a exactement la même conipositton que le gaz oléGant. L'acide salfurîqiie concentré la décompose lentement , sans qu*il se produise d*acîde sulfovinique. On peut s'en servir avec beaucoup d'avantage pour mastiquer les bouchons.
Veupion est liquide même à 20o, incolore et limpide comme de Feau , sans saveur ni odeur ; sa densité est de 0J40. Elle bout à I69<>, et se distille sans se colorer ; elle brille facilement au moyen d*une mèrbe, et c'est, de toutes les huiles connues , celle qui produit le plus de lumière. Elle est absolument insolnhle dans Tean, et très-peu soluble daos Talrool ordinaire ; mais elle se dissout bien dans Talcool absolu , dans Téther , Thuile de térébenthine ou de naphte. Elle dissout à chaud le soufre, le sélénium , le phosphore et la naphtaline; elle dissout à chaud , et sans s*al* tcrer, le chlore, le brème et Tiode. Les acides, les alcalis, le peroxide de manganèse , etc., sont sans action sur Teupion , et l'on peut s'en servir pour conserver le potassium. La liqueur acide que donne le bois par la distillation (acide pyroligneux), consiste en une dissolution dans Teau ^ d*un composé d'acide acétique , d*huile empyreumatique ^ et d'une matière eztraclive. Suivant Stoltx , elle contient environ le seizième de sou poids de ces deux dernières substances. Quand on la rapproche beaucoup , elle laisse déposer par refroidissement une pyrétine acide , et Teaumère relient toute la matière eztraclive. En y ajoutant de racétale de plomb, il s*en précipite du pyrétale de plomb; et si , en rapprochant au bain-marie pour chasser la plus grande partie de l'acide acétique , on reprend par Teau , la liqueur ne contient plus que Textractif , qu'on peut en séparer â l'état de pureté en précipitant le plomb par Thy* drogène sulfuré , et en évaporant ensuite jusqu'à siccilé , à la chaleur de lOOo. L'extraclif est jaune brunâtre, limpide à chaud, dur et friable à froid , d*une saveur amère faible , et d'une odeur qui s'approohe de celle de l'extrait de viande; lean et l'alcool le dissolvent en partie; les liqueurs sont acides. La matière extractive soumise à la distillation , donne de l'acide acétique , des huiles pyrogënéps , et un résidu composé de pyrétine végétale et d'extrait soluble.
Vacide pyroligneux possède au plus haut degré les propriétés antiputrides. On le traite en grand par différents procédés pour en extraire de Xacide acétique pur. Stoliz dit qu en le distillant on peut en séparer les sept huitièmes de son poids d'acide incolore ; mais cet acide n'est pas pur et
jaunit à l*air. Pour détruire les substances huileuses , etc. , on peut , ]o Iff chauffer à 90^ avec du peroxide de manganèse , et le faire difrérer ensuite avec du charbon de bois calciné , et le distiller ; 2® le traiter par Pacide sulfurique concentré ; S<* le chauffer avec un mélange de sel marin , diacide sulfu risque et de peroxide de manganèse ; 4<* le combiner avec de Thydrate de chaux en excès , puis le griller à une chaleur ménagée, laver le résidu et le distiller , etc.; 6° le combiner avec de la chaux , dessécher et laver; puis décomposer rarëlate de chanx par le sulfate de soude , griller Tacétate de soude et le décomposer ensuite par Tacétate de plomb, puis décanter ou distiller ; 6o le filtrer à travers du charbon de bouleau calciné, à travers on filtre à la Dumnnt , etc.
V esprit pyroligneux a été découvert par P. Taylor. Il ne se trouve qu'en très- petite proportion dans Ips produits de la distillation du bois ; il a beaucoup d'analogie avec Talcool , mais sa composition est différente. Pour l'obtenir on distille Tacide pyroligneux à une faible chaleur , en arrêtant l'opération dès que la liqueur qui se condense cesse d'être plus légère que Teau ; puis l'on concentre cette ii* queur en la distillant avec du carbonate de potasse, etc., absolument de la même manière que pour l'alcool. Cet esprit est très-fluide , incolore , d'une odeur éthérée un peu analogue à celle des fourmis , d'une saveur brûlante ; sa pesanteur spécifique est de 0,828. Il bout a 65® ^. Il brûle facilement en répandant une flamme bleue qui n*est pas accompagnée de fumée. Il est soluble dans l'alcool et l'éther, un peu soluble dans Teau , et insoluble dans l'huile de térébenthine et dans Thuile d'olive. L'acide sulfurique le noir cît et l'altère , mais sans produire d'éther. L'acide nitrique le transforme en un autre liquide volatil ; il transforme le chlore en acide muriatique ; il dissout la potasse caustique, le camphre, les résines et les gommes-résines. U est composé , selon Macaire et Tonnant , de
Carbone 0,4427 — IS atomes.
Hydrogène. . . . 0,0940 — 18
Oxigène 0,46S8 — 4
ou de 4 atomes d*eau et 5 atomes d'hydrogène carboné.
§3, — Carbonisation.
Contraction. — Le bois diminue de volume par la carbonisation. Cette dimmution est différente selon les espèces , et varie selon que la carbonisation a lieu plus ou moins ra-
pidement : elle est moios conaidérable dans la Varbonisatioii brusque que dans la carboniHation lente. On Tevalue , pour les espèces communes ^ du tiers aux (rois cinquièmes. Elle est moins grande pour les branches que pour le corps des arbres , pour les bois tendres que pour les bois durs, pour les vieux bois que pour les jeunes.
Résuiiaiê, — Selon M. Karsteli , les bois communs, ameués au même degré de dessiccation , donnent chacun à peu près la même proportion de charbon. Cette proportion est, pour le bois desséché à Pair, de 0,133 par la calcina tion brusque, et de 0,251, c'est-â-dire a peu près le double, par la distillation lente et graduée.
U. Harcus Bull a complètement desséché différents bois, et les a soumis ensuite à une calcination rapide dans un creuset, après les avoir enveloppés de poudre de charbon, pour les préserver de la combustion ; il en a retiré les proportions de charbon ci-dessous :
Noyer à écorce écailleuse. . . 0,2622
Chêne blanc, châtaignier. . . 0,3276
Frêne d'Amérique 0,2295
Hêtre des bois 0,2574
Charme 0,1900
Orme d*Amérique 0,2485
Pin jaune 0,2S75
Bouleau à feuilles de peuplier. 0, 1 900
Châtaignier d'Amérique. . . . 0,2529
Peuplier d'IUlie 0,2500
L'analyse immédiate fuite par calcination rapide au creuset de platine, de différents bois communs et de quelques autres matières ligneuses, a donné les résultats suivants, auxquels nous joignons pour plusieurs l'indication du produit de la carbonisation en grand.
Fil bUno.
Coton bUao.
Chéae.
B«tr«.
Aulno.
IToito- Uer.
Bouleau.
Charbon
Cendrei.... ....
Matières volatiles
Bourdenne.
Bvi«.
SapiB.
Pin.
(il)
Aoajoa.
Abène.
Charbon
Cendres
Matières volatiles