SPATH FLUOR
reiiz , à cassure inégale et matte , blanc et opaque , qui laissait sur la langue la saveur de la chaux , et qui , mis dans Tacide acétique , se gunflait , tombait en déliquescence , et laissait dissoudre une grande quantité de chaux.
Spath fluor 9,79 — 1«
Protoxide de manganèse. . 9,12 — 1
ont donné (S.) un culot très-bulleux, à cassure grenue et matte , présentant çà et là quelques indices de cristallisation, d*un vert d'oxide de manganèse; il y avait^à sa surface un grand nombre de petites grenailles de manganèse métallique ^ et il exhalait sous Thaleine Todeur de Thydrogène. On distinguait visiblement dans quelques parties qu'il n'y avait eu que mél/inge entré les deux matières.
Sulfates^ — C'est surtout avec les sulfates que le spath fluor a la propriété de former des combinaisons extrêmement fusibles , et cette propriété est mise à profit dans quelques usines à plomb d'Angleterre , notamment à Lea , près de Matloc , à Grassîngton , dans l'Yorkshire , etc.
Nous avons chauffé les mélanges suivants dans des creusets de terre au simple fourneau de calcination , pouvant donner une chaleur de 50 à 60'' p.
Spath fluor 19^,74. 1«* — 19^,74. 2«'
Sulfate de soude anhydre. . S5,68. 1 — 17,84. 1
Le premier s'est fondu très-facilement, et est devenu aussi liquide que de l'eau. La matière a pris un très-grand retrait parle refroidissement ; elle était compacte, à cassure grenue, cristalline et fortement translucide , mais elle ne présentait pas de cristaux isolés.
Le deuxième mélange s^est fondu avec un léger bouillonnement , mais il n'est pas devenu extrêmement liquide. La matière ressemblait à la précédente , mais elle était plus tenace et plus dure.
Spath fluor. ... 19,74. 2«'— 4,93. l«— 2,47. U» Sulfate de chaux. . 21,64. 1 —21,64. 2 —21,64. 4
Le premier mélange s'est fondu à l'aide d'un coup de feu un peu fort. La matière était compacte , à cassure inégale , et ne présentait que de faibles indices de cristallisation.
Le deuxième s est complètement liquéfié , et est devenu très- fluide à l'aide d'un coup de feu. La matière était compacte, sans bulles, blanche, légèrement translucide , à cassure grenue laminaire , à lames très-éclatantes.
Le troisième « quoique très-fortement chauûe , ne s'est pas complètement fondu ; mais il s'est ramolli. La matière
440 rONDARTS.
était très-bulleose , jblaDche , opaque, à caiture ^reone et à grains fina ; la sur&ce intérieure des bulles était polyé« drique.
Spath flaop • 9,87. — 1**
Sulfate de chaux cristallisé. . . 21,64. — 1 ou
Fluorure de calcium* . • 0,S65
Sulfate de chaux anhydre. 0,635
sont entrés très-:promptement en pleine fusion , et sont de* venus extrêmement liquides. La matière était d'un blanc an peu nacré , translucide , cristalline , composée de grandes lames entrecroisées en divers sens ; il y avait dans les cavités quelques cristaux déterminables. C'est le composé de fluorure et de sulfate de chaux le plus fusible.
Spath fluor. . . . 9,87, 1»' — 19,74. S»* Sulfate de baryte . • 29,16. 1 — 29,16. 1
Le premier mélange s'est fondu ; mais ^ quoique chauffé très-fortement , il n'est pas devenu parfaitement liquide. La matière refroidie était très-boursouflée dans quelques parties , à cassure grenue cristalline ; les parois des cavités étaient polyédriques , et Ton apercevait çà et 1^ quelques petits cristaux prismatiques.
Le deuxième , fortement chauffé , s'est complètement liquéfié. La matière était compacte, à cassure légèrement cristalline ^ un peu translucide , incolore , mais elle ne présentait aucun indice de cristaux. <
Spath fluor. . , 9,87. 1«— 4,98. 1«' 4,98. !«' Sulfate de plomb , 87,91. 1 — 37.91. 2 — 75,82. 4
avec
T r, /Fluorure. 0,21 \ , , *. j
Le premier. mélange (s„|f,,^ç q'^qJ s'est fondu
la plus grande facilité, et est devenu liquide comme de l'eau. La matière était compacte , à cassure pierreuse inégale , an peu luisante , opaque et légèrement grisâtre , sans indice de cristallisation.
Le deuxième mélange L 'îc'?!'^^' o'884) *'®®*^<*°^" •"•«* facilement que le précédent , et il est devenu aussi liquide. La matière était semblable à la précédente, mais d'un blanc jaunâtre.
Le troisième , fortement chauffé , s'est fondu ; mais il n*a pas acquis une liquidité complète. La matière était bollease a petites bulles, cequi lui donnait l'apparence d'une pierre-^
SPATB FLUOH. 441
police , grenwe et «'égrenant §o«s rtMijfle , an pe6 jaunâtre, i «Idiee de tristatKsaUon^
Spath fluor. • . 6,t81 — 1« Sulfate de plomb. t),690 — 1 Chaux 0,129 — !
sont proraptement devenus très'fluides. La matière refroidie était lameileuse et cristalline. La plus grande partie était d*an gris pAle et opaque ; mais fa partie inférieure du culot était jaune , ce qui semble indiquer séparation d'oxide de plomb , et par conséquent formation de sulfate de chaux. Phosphates :
Spath fluor 10^,7* — 4«'
Phosphate de chaux des os. 27,67 — 1 (g-f>) h» sont contractés de msnière à ne plus toucher les parois do creuset, et se sont ramollis, mais sans se fondre. La matière était très-cohérente, huileuse, snrtont à la partie inférieure, à cassure matte et pierreuse.
Sulfures. — Le spath fluor n*a aucune action sur les sulfures : quand on le fond avec ceux-ci , il y a ordinairement simple mélange ; mais lorsque le sulfure est très-fusible et pesant , il se sépare et tombe au fond du creuset.
Spath fluor. . . . 20^^ — !«'
Sulfure de barium . 42,S2 — 1 ( 58,32 sulfate )
chauffés dans un creoset brasqué (S.), ont donné an culot bien fondu , rempli de petites bulles arrondies , d'un rouge de chair pâle, opaque, à cassure un peu luisamie présentant une multitude de petites lamelles cristallines ; îl exhalait une forte odeur sulfureuse.
Spath fluor 10^ l«*
Sulfure de calcium . . 9,08— I (17,14 àulfete)
chauffés dans un creuset brasqué (g. f.), ont donné un culot pesant 19^,03 bien fondu , à grandes bulles , blanc , légèrement translucide , à cassure grenue cristalline , ou plutèt composé de grains cristallins brillants et microscopiques. Traité par Tacide mnriatique, il a laissé dégager beaucoup de gaz hydrogène sulfuré.
Spath fluor 20^^ — 1«*
Proto-sulfure de fer. . 21,6—1
chauffés dans un creuset brasqué (S.) ont donné un culot pesant 89 9,5. qui secomposiait: l*de fluatedechavix fondu, inoolore , transparent dans lei fragments minces ^ composé de gros grains crîstaHins , et 2«> d'tm culot métallique pt-
OP jze^v^'OOgk
^AL]FORN\^'
449 FOUDANTS.
satU 19^,6y formé lui-même de deux subâtancea différeotes : l*uDe qui était du «ulfiire fondu , et Tautre , occupant la partie inférieure , et qui était de la fonte : le poids de celleci était de 2^,6 environ. Il y a donc eu une certaine quantité de sulfore de for décomposée par le charbon.
On voily d'après ces expériences, que le spath fluor serait un bon flux pour faire une fonte crue à une haute température.
ABTicLi viii. — Carbonate de potasse , carbonate de soude.
Nous avons déjà fait connaître les propriétés oxîdante et déauiforante des carbonates alcalins ; nous allons considérer maintenant ces réactifs comme fondants, On a vu comment ils se comportent avec la silice et avec les silicates à une baute température ; nous n'aurons donc à examiner ici que les effets qu'ils produisent dans les essais qui se font à une chaleur moyenne , cl qui s'élève tout au plus à 60<» p.
§ 1"'. — Caractères et propriétés.
Propriétés générales. — Le carbonate de potasse et le carbonate de soude ont une réaction alcaline très-forte ; leur saveur est acre et caustique. Ils sont extrêmement fosibles: au rouge naissant ils deviennent aussi liquides et aussi transparents que de l'eau , et en se refroidissant ils se prennent en masses blanches translucides très-cristallines. Ils sont indécomposables par la plus forte chaleur , mais ils sont très-sensiblement volatilsi même à la chaleur rouge.
La silice et les silicates les décomposent par voie eèehe; l'acide carbonique s'en sépare en produisant une vive ébullition , et souvent avec un boursouflement considérable : la présence du charbon facilite beaucoup cette décomposition ; alors ce n'est plus du gaz acide carbonique , mais du gaz oxide de carbone qui se dégage. En se substituant dans les silicates aux oxides métalliques par leur forte affinité , ils facilitent la réduction de ces oxides par le charbon.
Ils peavent former des combinaisons fusibles avec la plupart des oxides métalliques: dans ces combinaisons Foxide métallique remplace une certaine partie de l'acide carbonique , mais ces sortes de composés sont peu stables ; ils sont presque tous détruits par le charbon, qui réduit Foxide métallique ^ ou par l'eau , qui dissout l'alcali.
A raison de leur grande fusibilité , les carbonates alcalins ont encore la propriété de pouvoir tenir en suspeoaioa , sans perdre toute leur fluidité, une proportion assez grande
GARBON&TBS AtCALINS. 443
d*uD corps infusible réduit en poudre très-fine , tel qu'une terre , du charbon , du fer métallique à Tétat naissant, eto. « Carbonate de paiaê$e, — Le carbonate de potasse est trèssolubledans Teau et déliquescent ^ mais il ne se dissout pas dans Talcool; il contient 0,33 d'eau de cristallisation. A l'état anhydre il est composé de
Potasse 0,681 100 ^rX
Acide carbonique . 0.319— 46,67 Son atome pèse 866,35.
Carbonate de soude — Le carbonate de soude hydreux est efflorescent , il se dissout dans 2 parties | d'eau à 12% et il se fond dans son eau de cristallisation à une chaleur peu différente de celle de rébullilion de Teau ; il renferme 0,63 d'eaa de cristallisation. A l'état anhydre il est composé de
Soude 0,586—100 jj^* -
Acide carbonique . 0,414 — 70,6 Son atome pèse 667,88.
Préparation, — Les carbonates alcalins destinés anx essais doivent être privés de toute leur eau de cristallisation par la calcination, il vaudrait même mieux qu'ils fussent fondus; on les réduit ensuite en poudre que l'on passe au tamis de soie , et on les conserve dans des flacons bien bouchés. On peut employer indifféremment le carbonate de potasse ou le carbonate de soude ; cependant la propriété déliquescente du premier fuit qu'il est beaucoup moins commode que le second.
Les carbonates alcalins du commerce renferment toujours une certaine quantité de rauriate et de sulfate. Dans les cas les plus ordinaires la présence de ces sels est sans inconvénient; mais il y a des circonstances dans lesquelles le sulfate pourrait être nuisible ; il est donc nécessaire de se pourvoir d'un carbonate pur.
On se procure aisément du carbonate de potasse exempt de muriate et de sulfate, au moyen du nitre et du charbon : pour cela on pulvérise grossièrement 6 parties de nitre de troisième cuite , et I partie de charbon choisi ; on mêle bien les matières, et l'on projette le mélange , cuillerée par cuillerée^ dans une chaudière de fonte que l'on a fait un peu chauffer. Il y a déflagration très-vive , et c'est à cause de cela qu'il ne faut pas réduire les matières en poudre trop fine , car alors le torrent de gaz qui se dégage en projetterait en l'air une grande partie. Il se produit une chaleur très-forte , et le carbonate de potasse se prend en masse
441 FOMDARTS.
frittée au fond de la chaudière ^ on eu sépare arec soin les parties qui sont encore mélangées de charbon , et Ton p«lvérîse le reste.
On prépare souvent aussi du carbonate de potasse pour les essais, en faisant détoner un mélange de 1 à 2 parties de nitre, et de 1 partie de tartre brut ou de crème de tartre; le carbonate alcalin qui en résulte contient quelques centièmes de carbonate de chaux provenant du tartrate de chauiK que le tartre renferme toujours : mais il est rare que cela ait de rincoiivcnient. On remarque aussi que lorsque Ton chauffe très-fortement il se prodoit une quantité très-notable de cyanure de potassium. Le carbonate de potasse préparé par ce procédé était connu des anciens docimasistes , sous le nom de flux blanc.
On trouve toujours du carbonate de soude artificiel par ohez les marchands d(* produits chimiques. Si Ion n'avait que du .carbonate ordinaire , il serait aisé de le purifier en le faisant dissoudre à chaud , de manière à obtenir une dissolution saturée, et en laissant cristalliser par refroidissement. En réitérant cotte opération deux ou trois fois sur les cristaux , tout le muriate et tout le sulfate resteraient dans les eaux-mères.
§ â. — Action fondante,
Terrei. — Les terres (chaux, magnésie, alnmine) nont pas, comme la silice , la propriété d'expulser Tacide carbonique des carbonates alcalins , lors même qu*il y a présence de matières combustibles; elles ne contractent aucune combinaison avec ces carbonates , mais elles s'y disséminent comme une poussière inerte , et elles y sont retenues en mélange par adhérence : ce mélange diminue beaucoup la fluidité des carbonates fondus. A cet égard, un même poids de chaque terre ne produit pas le même effet : pour obtenir un degré égal de fluidité^ il faut une proportion d'autant plus grande de carbonate alcalin, que la terre est plus légère. Un mélange de 1 partie de chaux caustique et de 8 parties de carbonate de soude ^ chauffé au rouge vif, devient assez liquide pour qu'on puisse le couler. La magnésie provenant de la calcination de Thydro-carbonate du commerce, et qui est presque aussi légère que de la farine, ne forme, avec dix fois son poids de carbonate alcalin, qu'une scorie matte qui reste adhérente aux parois du creuset ; il faut plus de quinze parties de carbonate pour que le mélange puisse se liquéfier.