‹ Traité des essais par la voie sèche (volume 2)Chapitre 95 sur 111 · MÉT4L · texte numérisé non relu

MÉT4L

chaque corps se trouvât place entre les deux autres corps avec lesquels il a le plus d^analogie, il fallait introduire les alcalis et les terres au milieu des métaux proprement dits. Il a divisé les corps simples en quinze genres formant trois ordres ; mais les connaissances acquises depuis seize ans obligent de modifier un peu ^on arrangement. Dans Téut des choses , et sans s*écarter des principes de ce savant , nous pensons qu'on peut ranger les cinquante-cinq éléments connus comme il suit :

Cloêêificaiion êy$iématique. — V' ORDRE. — gaxolitis ou ■tTALLOïoEs ; corps formant par leurs combinaisons mutuelles un ou plusieurs gaz permanents qui peuvent subsister avec le contact de Tair ; en général éleciro-négatifs par rapport aux corps des deux autres ordres.

1*' GEiiRK. ^ Bondes (silicium , bore) ; forment des gaz permanents acides avec le fluor; ne forment pas de gaz avec rhydrogènej produisent des composés acides avec Tozigéne.

2° GBifRE. — Carbone; ne se combine pas avec le fluor ; forme des combinaisons gazeuses, neutres avec Thydrogène, et acides avec Toxigène.

3" GKifRS. — Hydrogène; toujours électro-positif par rapport à tous les autres gazolites ; forme un grand nombre de composés gazeux , acides , neutres ou basiques.

4' GiifRK. — Chlorides (fluor ^ chlore ^ brame , iode) ; ne se combinent pas directement avec Toxigène; forment des composés gazeux acides avec Thydrogène, et des composés neutres avec les métaux les plus électro-positifo.

S" aERRi. — Oxigènides (oxigène^ soufre, sélénium ^tellure)] ce sont les sedls qui forment des combinaisons basiques avec les métaux éleetro-positifs. Le premier forme avec rhydrogène un composé neutre « et les trois autres des gax acides. Les trois derniers se combinent directement avec I *oxigène , et les composés qui en résultent sont acides.

6* GENRE. — jérsénides (phosphore, arsenic ^ axote)^ forment des composés gazeux et basiques avec l'hydrogène , et des composés acides avec l'oxigène.

11" ORDRE. — lEucoLïTEs; corps ne formant de gaz permanents avec aucun autre corps ; fusibles au dessous de 25o p.^ et ne donnant en se dissolvant dans les acides incolores que des sels sans couleur.

7** GEREE. — Cassiiérides (antimoine , étain , sific , cadmivm); leurs oxides sont déconiposables par le carbone au

CLASSIFICATÏO.^S. 471

ronge , et indécomposables par l'iode ; forment avec les chlorides des combinarsons volatiles acides ; Facilement oxidables : oxides peu basiques ou acides.

8' GEI1RB. — ArgyrideH [bismuth, mercure, argent, plomb) ; oxides réductibles par Fiode et par l'hydrogène ; ceux des deux derniers métaux sont très-basiques.

Q'^geurb. — \Théphralideê ^ {potassium , sodium^ lithium) ; oxides très-basiques décomposés par l'iode , non par l'hydrogène ; très-légers , formant avec l'azote et l'hydrogène des composés solides.

10" oKrrai. — Calcides (barium^ strontium , calcium , magnésium) ; oxides décomposés par le chlore , mais non par l'iode et par le carbone j pouvant former des sels neutres.

11" GBNRK. — Zirconides {yttrium, glucinium^ aluminium, thorinium, zirconium) ; o xi des indécomposables par le carbone, l'iode et le chlore ; ne formant aucun sel neutre.

III" ORDRE. — cRoïcoLiTBs ; corps ne formant de gaz permanent avec aucun autre , iufusibles au dessous de 25** p., formant, la plupart, des sels colorés avec les acides incolores.

12* GfcRRi. — Cérides (cérium , manganèse) ; protoxides donnant des sels incolores; per-oxides donnant des sels co-^ lorés et du chlore avec l'acide hydrochlorique.

13" GKifRi. — Sidérides {fer, cobalt, nickel^ cuivre) ; fusibles au dessous de 150<> p.; oxides facilement réductibles par le charbon , donnant tous des sels colorés ayant une grande tendance à former des sels doubles» per-oxides non acides.

14" GBiiRE.— «• Chrysides {palladium^ platine , or, iridium, rhodium, osmium)\ métaux électro-négatifs , excessivement difficiles à fondre, excepté l'or; inattaquables parles acides oxigénants, excepté le palladium, qui se dissout dans l'acide nitrique ; oxides réductibles par la chaleur , excepté les oxides d'osmium* Les trois derniers métaux s'oxident par le grillage; les trois premiers ne s'oxident pas. Ils sont tous attaqués par le chlore ; leurs chlorures ont grande tendance à se combiner avec les chlorures alcalins.

15" GBNRB. — Chràmides {chrome, vanadium^ molybdène , tungstène, urane, titane ^ tantale) 'j métaux infusibles, électro-négatife. La plupart de leurs oxides jouent le rôle d'acides. Les oxides de tungstène, de molybdène et d'urane sont réductibles par cémentation ; ceux des autres métaux ne le sont pas.

472 nÉTAUX.

A^es tnctaui des 12<> et 13'' genres sont électro-positifis ; ceux des 14* et 15* genres sont électro-négatif^. 11 y a de ]*analogie entre les chrdmides et plusieurs chrybides , et particulièrement entre le molybdène et Tosmium.

Caractère des métaux, — Dans lacception vulgaire, tout corps opaque et doué d'un éclat particulier dont tout le monde se fait une idée, et que l'on désigne par l'expression à'éclat métallique^ est un métal. D après cette définition, le tellure, l'arsenic, etc., seraient des métaux, et cette classe renfermerait des corps qui diffèrent extrêmement ies uns des autres par Tensemble de leurs propriétés ; on ne saurait même oiî en fixer la limite. Effectivement on sait que plusieurs métaux , lorsqu'ils sont réduits en feuilles trèsminces, laissent passer la lumière , For par exemple : Tor et le sélénium sont en même temps transparents et doués de Féclat métallique; Tiode jouit aussi de cet éclat ; le phosphore ^ habituellement transparent , prend dans quelques circonstances de l'opacité et l'aspect métallique ; le carbone , tantôt transparent et limpide , et tantôt d'un noir foncé et opaque , se présente quelquefois avec l'éclat métallique, et il est conducteur de l'électricité comme les métaux ; enfin il y a des pierres qui ont l'apparence des métaux , par exemple les micas, les diallages.

Lorsqu'on étudie les corps simples d'après Tensemble de leurs propriétés , on est bientôt conduit à reconnaître que l'éclat métallique n'est pas propre à caractériser une classe, et que c'est une propriété accidentelle que des circonstances ^ qui ne sont pas encore toutes connues , font naitre ou détruisent , exaltent ou affaiblissent. Néanmoins il y a une classe de corps à laquelle on peut conserver le nom de classe den métaux ^ parce que tous, ceux qu'elle renferme sont doués de l'éclat métallique : elle comprend les leucolifhes et les croîcolites ; mais il ne faut pas perdre de vue que plusieurs des corps qui ne font pas partie de cette classe possèdent aussi cet éclat.

Classification vulgaire. — On divise généralement la classe des métaux en deux sections :. 1* c^le des métaujt alcalins et terreux; et 2o celle des métaux proprement dus. C'est des corps métiilliques de cette seconde section que nous avons à nous occuper.

Ces corps sont à peu près opaques^doués de l'éclat métallique,beaucoup plus lourds que l'eau : ils ne forment pas de gaz permanents avec l'oxigène; leurs oxides sont réductibles par le charbon à la faveur d'une température plus ou moiiu

GLASSIFiCATIONd.

i^levée : ceux des oxides dont la réduction complète e«t difficile sont de la classe des croicolithes.

Clû89ification 90U$ h rapport deê eisaiê par la voie sèdié* — Les métaux proprement dits sont au nombre de vingt»- Kept. Sous le rapport de la manière dont ils se comportent dans les essais par la voie sècke, on peut les classer comme il suit :

Chrême.

Palladium.

Tantale.

Titane.

Cérium.

Irréductibles par cémentation.

Infusibles.

OxîdablesJ et Gxes.

Fusibles,

Réductibles par cémentation.

Irréductibles au L contact de la silice.

Réductibles au [contact de la silice.

iNon / Distiliables.j' ) Oistillables. /.

Molydbène.

Tun^tène.

Urane.

I Mang;anése.

Fer.

Cobalt.

Nickel.

Cuivre.

Euin.

Plomb.

Bismuth.

Antimoine.

Non .

Oxidabies /

ou peu i

oxidabies. \

Fusibles.

Infusibles

l Zinc.

.| Cadmium.

( Mercure.

Argent.

Or.

Platine.

Palladium.

RhuUrum.

J Iridium.

f Osmium.

11 n'y a réellement possibilité de doser, d*une manière directe, par la voie êèche, que les métaux oxidabies, fusibles et réductibles au contact de la silice , volatils ou non, et les métaux r\on oxidabies et fusibles, c'est-à-dire le fer, le cobalt^ le nickel, Tétain , le cuivre , le plomb, le bismuth, Tantimoine, le linc, le t*admium, le mercure^ l'argent ei;

T. 1. 4iJ

l'or, Néanmoîns nous iraîterons de tous les métaux , parce qiril importe au ducîinaaiste et au métallurgiste de connaître leurs propriétés ; nous indiquerons la manière dont se comportent dans les essais ceux que Ton ne peut pas doser par la ro(6 êècke^ et nous donnerons les moyens de les obtenir a rétat de pureté.

Considérons d'abord les métaux dans leurs propriëtës générales.

AiTicLs II. — Propriété physiques. Atomes.

État, — Les métaux sont tous solides à la température ordinaire de l'atmosphère, à l'exception du mercure.

Éclat, — Us jouissent de l'éclat métallique , mais à des degrés très différents. Par rapport à celle propriété, M. Leslie les range dans l'ordre suivant :

Platine , Acier, Argent , Mercure , Or, Cuivre , Etain , Plomb ,

Lorsqu'ils ont été réduits en particules très-ténues , soîi par trituration , soit à l'aide de la lime ; lorsque leurs vapeurs ont été subitement condensées , ou lorsqu'ils ont été tumultueusement précipités d^une dissolution , ils perdent souvent leur éclat , mais ils conservent toujours leur couleur : les métaux ductiles reprennent leur éclat par le frottement. Il y a aussi quelques pierres qui sont douées de l'éclat métallique, mais elles le perdent par la trituration , et en même temps leurs couleurs deviennent beaucoup plus claires ou disparaissent même lout-à-fait.

Opacités — Tous les métaux sont opaques ^ même lorsqu'ils sont réduits en feuilles très-minces ou lorsqu'ils sont fondus; cenendanl l'or battu, et amené à n'avoir que aoo'>o», de pouce d épaisseur, laisse passer la lumière verte, et il y a lieu de penser que tous les métaux colorés seraient éga* lement transparents, si l'on pouvait les obtenir en parti* cules excessivement minces.

Couleur. — La couleur du plus grand nombre des métaux est le blanc-gris. L'argent est d'un bUnc'pur; l'étain^ Je cadmium, le platine, le palladium, le mercure , l'iri-

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