‹ Traité des essais par la voie sècheChapitre 108 sur 141 · COMPOSÉS MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

COMPOSÉS MÉTALLIQUES

Bulfurique el muriatique le décomposent, surtout à Taide de la chaleur. Les alcalis fixes caustiques le dissolvent ; au bout de peu de temps les dissolutions laissent déposer des groupes do cristiiux en feuillets minces ^ qui sont du sous-chrômate. L'ammoniaque Tamène à Tétai de chrômate basique rouge. Les carbonates alcalins le décomposent complètement par voie humide et par voie sèche,

t° Lorsqu'on le fait bouillir avec 1 atome de carbonate de plomb, ou lorsqu'on le triture , après l'avoir humecté « avec 1 atome de litharge, il se change en sel basique qui est d'un beau rouge. — On obtient encore ce sel en précipitant une dissolution de plomb par nne dissolution de chrômate de potasse rendue alcaline. — Selon MM. Wohler et Liebig, on peut encore le préparer en faisant fondre du sulfate à une chaleur rouge, y projetant par petites portions du chrômate ordinaire , tant qu'il y a effervescence , et lavant rapidement avec de l'eau la masse noire refroidie. Les acides enlèvent immédiatement à ce sous- sel la moitié de Foxide de plomb qu'il contient, et le ramènent à l'état de chrômate neutre.

Les deux chromâtes de plomb sont composés comme ii suit :

Sel neutre. Sel baaique,

Proloxide de plomb. 0,682—108 — 1«'0,8I0-100 — Si« Acide chrômique. . 0,S18-^ 46,7—1 0,190— 28,8—1

On emploie ces sels pour colorer les verres et les émaux^ ainsi que dans la peinture et dans la teinture.

Molybdate. — Le ntolybdate de plomb est pulvérulent , blanc ou légèrement jaunâtre^ insoluble dans Teaii, soluble ou décomposable par les acides forts, soluble dans les alcalis fixes caustiques , et décomposable par les carbonates alcalins.— Il est fusible, et facilement réductible par le charbon et par tous les flux qui contiennent des matières combus^ tibles ; le plomb et le molybdène sont amenés l'un et l'autre à l'état métallique.— Ce sel est composé de :

Protoxide de plomb. 0,608 — 100 — !•' Acide molybdique . 0,392 — 64,4 — I Tungstate, — Le iungstaie de plomb est analogue au molybdate.— Il contient :

Protoxide de plomb . 0,502 — 100 — !•* Acide tungstique. . 0,498 — 99,2 — I

§ 2. — Alliages.

Potassium ou sodium, — M. Yauquelin a fait voir que toutes les fois qu'on chauffe fortement de l'oxide de plomb T. II. S8

iivee un fluK réductif alcalin, le plomb qu'on obtient ooDtieiil une petite quantité de potassium ou de sodium. — Selon M. SéruliaSy on peut préparer un alliage très^ehorgé de po* tauiun en chauffant fortement un mélange de 100 de lî^ tbarge, et de 60 de crème de tartre charbonnée. Cet alliage est d'un bianc^argentin et cassant. Il ne s'ëchaufFe pas â l'air, mais il décompose l'eau lentement ; lorsqu'on le laisse au contact de Tair sur du mercure , le potassium s'oxide et le plomb so dissout. *** L'alliage préparé directement^ et qui contient le quart de son Ttflume de potassium ^ est cassant et â cassure grenue. -^ L'alliage qui renferme le quart de son volume de sodium est bleuâtre et malléable.—* Celui qui renferme un tiers de sodium est cassant.

Chrome, — L'alliage qui contient 0,S5 de chrome est fusible à 150® en un culot bulleux , grenu, à grains Uns cristallins, d'un gris-cendré, plus blanc que le plomb. Il s'aplatit . sous le marteau en feuilles assez minces , mais ces feuilles sont très-fragiles. L'acide nitrique et l'eau régale l'attaquent sans dissoudre ni oxider le cbr6me.

Molybdène, *— L^alliage qui renferme environ 0,16 de molybdène se fond à 150® en un culot caverneux et acoriforme ; on peut le pétrir sous le marteau et le réduire en feuilles minces au laminoir. Il a absolument la même cou* leur que le plomb pur. L'acide nitrique en sépare le plomb et laisse le molybdène pur — On le prépare en chauffant au creuset brasqué un mélange de litharge et de molybdène métallique : il se volatilise beaucoup de plomb,

Tungstène, — Les alliages de plomb et de tung$iène ont absolument les mêmes propriétés que les alliages de plomb et de molybdène.

flfanganèêe, ^ On a chauffé dans un creuset brasqué , à ISOo,

Protoxidedemangasèse. WJi -- 3^' 8f,9i — l*' Litbarge VJ fi9 — l 37 ,89 -* 1

Le premier mélange a donné un culot pesant 41^,059 d'un gris de plomb, tendre, s'aplatissant un pieu sous le marteau, mais oassant. Il était mélangé d'une petite quantité d*une matière pulvérulente noire qui paraissait être de t'oxide non réduit; pour éviter cet inconvénient, on i^ ajouté un peu de charbon au second mélange. Celui-ci a produit un culol pesant 34^,7 homogène, compacte et bien ductile; on a pu le réduire au laminoir on feuilles Irès-minces ayunt beaucoup d'éclat; mats ces feuilles se brisaient lorsqu'on voulait les rouler sur elles-mêmes; leur cassure était grenue et d'un gris très-foncé. — • L'alliage devait contenir :

ALUAÛES. 595

Plomb. . . . 0,791

Mangattèse. . . 0,208 c'est-à-dire un peu moins de 1 atome de manganèse pour I atome de plumb. Dans chacun de ces essais il s'est volatilise beaucoup de plomb.

Cobalt ou nickel, — . Quoique te plomb ne forme pas de ▼éritables alliages avec le cobalt et le nickel , il peut dissoudre une quantité très-notable de chacun de ces métaux* — Quand on chauffe très-fortement dans un creuset brasqué un mélange de litharge et d*oiide de cobalt ou d'oxide de nickel on obtient un culot de plomb qui renferme à son centre un bouton de l'autre métal ; celui-ci est très^cassant, et tout porte à croire qu'il est mélangé d'un peu de plomb. Quant au plomb , il est parfaitement ductile, mais très-ft>rtement magnétique, et Tanalyse fait voir qu'il renferme 0,04 â 0,05 de cobalt ou de nickel. On obtient également du plomb chargé de 0,04 à 0,05 de ces métaux , en chauffant au creuset brasqué, à ôO"*, de l'oxide de cobalt pu de nickel avec vingt fois son poids de litharge^

jdntimoinem — Le plomb et Vaniimoine s'allient en tontCA proportions. — L'alliage fait à parties égales est cassant. -^ Celui qui contient :

Plomb. . . 0,762 — 2«* Antimoine. • 0,288 — l

est ductile et beaucoup plus dur que le plomb pur : on s'en sert pour fabriquer les caractères d'imprimerie. Quelquefois pour cet usage on y ajoute un peu de cuivre ou un peu de zinc ou de bismuth. — Lorsqu'on tient les alliages de plomb et d'antimoine à Tétat de fusion au contact de Tair il y a oxidation rapide ^ et Tantimoine ayant plus d'affinité pour Toxigènequele plomb, se scorifie plus tôtquecelui-ci{ en sorte qu*il vient une époque où le bain métallique n'est plus que du plomb pur, mais la scorie contient toujours beaucoup d'oxide de plomb. ^ Les antimoniures de plomb sont décomposés par le fer métallique, mais non pas dételle manière qu'on puisse en séparer le plomb à l'clat de pureté. Lorsqu'on chauffe, même très^fortement, l'anlimoniure com-^ posé de 2 atomes de plomb et de 1 atome d'ami moine, avec 2 atomes de fer, on a un culot dont la partie inférieure est demi-dnctile et lamellaire , et dont la partie supérieure est très-cassante^ à cassure grenue, d'un gris cendré, et magnétique. Il semble que l'autimoîne se partage entre te plomb et le fer, et que les deux antimoniures ne se séparent qu'im* parfaitement. — Les antimoniures de plomb chauffés avec des flux alcalins réducUfs prennent une plus forte propor' tion de potassium ou de 8odium que le plomb pur^

Éiain, — SeloD M* Kupfer, dans les alliages du plomb avec Vétain il y a en général dilatation ; cependant l'alliage coraposé de 2 p. d'étain et de 1 p. de plomb ne présenta ni contraction ni dilatation ; sa p. s. est de 8^6275, & 17*. — Les alliages d'étain et de plomb sont beaucoup moins blancs que rétain , lors même qu'ils ne contiennent que peu de plomb; mais ils sont plus durs. Les uns sont cassants ou demi-ductiles, d'autres sont plus tenaces que l'étain. — L'alliage qui est à la fois le plus tenace et le plus dur est celui qui est composé de :

Plomb. . , 0,25 - !•* Étain. . . 0,75 — S

— On fait souvent usage , pour fabriquer des ustensiles destinés à contenir des liquides , de l'alliage qui contient 0,17 de plomb ou 1 atome pour 8 atomes d'étain. — La soudure des plombiers renferme environ les deux tiers de son poids de plomb, et la soudure des ferblanteries environ moitié. — On se sert en Suède de l'alliage qui contient 0.39 de plomb pour faire des miroirs , parce qu'il a beaucoup d'éclat. ^

La plupart des alliages de plomb et d*étain sont plus fusibles que l'étain. M. Kupfer a déterminé les points de fusion de quelques-uns de ces alliages, et il les a trouvés tels qu'il suit: Sn*Pb 194^ Sn*Pb 189% Sn'Pb 188% Sn'Pb 196% SnPb 241% et SnPb*, 289% — Les alliages de plomb et d'étain sont remarquables par leur grande combustibilité, surtout celui qui est employé par les ferblantiers, pour souder; il s'enflamme à la chaleur rouge et continue ensuite à brûler sans qu'on le chauffe. L'uxide qui se forme est un stannale blanc ayant l'aspect de végétations semblables à des choux -fleurs. On connaît cet oxide dans les arts sous le nom de potée^d* étain ; on lemploie pour polir et pour préparer les émaux. Quand le plomb domino beaucoup dans un alliage , à une certaine époque du grillage, il reste pur, et tout l'étain passe à l'état d'oxide dans les scories.

Zinc, — Le zino donne au plomb de la dureté et la propriété de prendre un beau poli, sans diminuer sa malléabilité. — Les alliages que forment ces deux métaux sont décomposés en totalité à la chalenr blanche ; mais le zinc en se volatilisant entraîne du plomb en quantité très-considérable. En fondant à 150% dans un creuset brasqué , 1 p. de plomb avec 1 p. de zinc , il se volatilise les 0,1 1 du plomb ; si l'on double la proportion du zinc il se volatilise 0,U5 de plomb. — L'alliage composé de :

Plomb . . 0,45 Zinc. . . 0,55

MINÉEAUX. 597

a a peu près le même aspect que le une pur ; il esi cassant , à cassure cristallioe ; on peut le réduire eo feuilles minces au laminoir; mais ces feuilles se brisent après deux ou trois plis.

Bùmuih, — Selon Muschenbroeck , l'alliage composé de S p. de plomb et 2 p. de bismutH est dix fois aussi tenace que le plomb pur. — L'alliage qui contient :

Pîomb. . . 0,66 — 2«* Bismuth. . 0,34 — 1

a une couleur intermédiaire entre le blanc d'étain et le gris de plomb. Il est parfaitement ductile, et l'on peut le réduire au laminoir en feuilles extrêmement minces, sans qu'il éprouve la moindre gerçure. Il se fond à environ 166° cent.

Élain , bUmUih, — Ces deux mélaux se combinent en toutes proportions avec le plomb , et donnent naissance à des alliages extrêmement fusibles. On se sert de ces alliages pour prendre des empreintes et pour faire des rondelles fusibles a des degrés de chaleur déterminés ; on adapte ces rondelles aux machines à vapeur à haute pression , comme moyen de sûreté. — Il est en général difficile d'obtenir ces alliages dans un état d'homogénéité parfait, parce que pendant qu'ils sont en fusion ils tendent à se décomposer par le repos ; de telle sorte que le plomb s'accumule à la partie inférieure de la masse. — L'alliage formé de 6 p. de plomb, 2 d*étain et 8 de bismuth^ fond dans l'eau b* ; il a été découvert par Newton ; lorsqu'on y ajoute un seizième de son poids de mercure il devient encore plus fusible. On se sert de cet alliage quadruple pour étamer intérieurement des globes de verre, etc. — L'alliage composé de 1 p. de plomb, 1 p. d*étain et 2 p. de bismuth fond à 98o,75 cent.

Mercure. — Le plomb se combine aisément avec le mer^ cure. Il y a en général contraction dans tons les amalgames de plomb. La dilatation qu'ils éprouvent par la chaleur est moindre que celle que l'on trouverait par le calcul , d'après la dilatation du plomb et du mercure. — L'amalgame composé de I p. de plomb , 1 p. de bismuth et 8 p. de mercure , est très fluide à la température ordinaire , et passe à travers la peau de chamois comme le mercure pur.— L'amalgame à parties égales cristallise.

SECTION U

Minérauw.

Le plomb ei^ste dans tous les terrains , depuis les plus anciens jusqu'à la craie inclusivement \ il se trouve parti-

Minëraux oxigénës ;

Minéraux sulfuré* , séJëniés ' et lellurés :

culièrement et en abondanoe daos les grès et dans les calcaires qui recouvrent immëdiatement le terrain houiller.

Les espèces minérulei qui contieoRent du plomb sont en grand nombre , et peuvent être classées comme il sait ?

1*^ Le maisicot ,

2<* Le minium ,

3** L'oxi-chlôrure ,

4"" Valuminatê ;

1*" Le êul/ure simph ou ga"

lène , i^ Les êuîfureê doubles, 8" Les iulfurei multiples ^ r Le sulfate, 5^ Le séléniure simple ^ 6° Les séléniures doubles , 7** Les tellurures simples , 8<> Les tellurures complexes ;

l*^ Les €âlorO'pâospâ€Ues ^ ^<* Les cfiloro-arséniates , 8** Varséniure ;

1^ Le carbonate ^

2** Les sulfato-earbonates ,

3* Le chloro'carbonate ;

!• Le cHrômate sintp'e , 2® Le cHrômale cuivreux , Z** Le vanadate , 4* Le tungstate , 5"* Le molybdate ^

Minéraux

phosphores et ar-i sëniës : j

Minéraux carbonés : . •

Minéraux à acides métal- j liqoes :

ARTiciB FRkxiBB. — 3finéraux oxigénés,

A. Maisicot. — Ce minéral est très-rare. Il est d'un jaune de soufre , doué d'un certain éclat mélatlique à Textérieur , mat à l'intérieur , opaque , à cassure laraetleuse dans un sens , et terreuse dans les autres. Sa p. s. est de 8»0. — Cest du protoxide de plomb qui contient , selon M* John , environ 0,0345 d'acide carbonique.

B. Minium. — On n'a encore rencontré cette espèce qu'en très-peti(e quantité en Angleterre et en Allemagne. Elle est pulvérulente et absolument semblable au minium artificiel, et presque toujours elle se forme accompagnée de carbonate de plomb.

C. Oxicfilornre, — Voxi-cfilorure a été trouvé à Mendip- Hill en Angleterre. — Il est d'un jaune de paille , fragile. Il offre deux cHragcs qui font entre eux un angle de 103 h

MINERAUX SULFURCS. 599

]03o. Il se dissout âan$ Tacide inuriaiique en prodaisaoi une légère efFerveseence. --* Il a dt^naé à Tonalyse :

Oxide de plomb. . . 0,9018 1

Acide muriatique . . 0,06881

carbonique . . 0,0103) 1,0000

Eau , . 0,0054

Silice 0,01 «'

En faisant abstraction d'une petite quantité de carbonate dont il est mélangé, il peut être considéré comme composé de 1 atome de chlorure , et 2 atomes de protoxide de plomb , Pb CI' + 2Pb.

D. Aluminate^ plomb-gomme, — Ce minéral ne se trouve qu*au Huelgoelh (Finistère) , et Ton ne Ty a encore rencontré qu'en très- petite quantité. — 11 est amorphe, et il ressemble à de la gomme. Au chalumeau il perd de Teau et éclate ; sur le charbon il devient opaque, se boursoufle, et ne se fond qu'à demi y il se dissout bien dans le borax » et donne un verre incolore ; avec la soude il se réduit sans qu'il y ait fusion ; avec le nitrate de cobalt il donne une belle couleur bleue pure. — Il est attaquable par les acides forts. — M, Berzélius y a trouvé :

Oxide de plomb. ,.•••• 0,4014

Alumine 0,S700

Acide sulfurenx 0»0020

Sable 0,0060

Oxide» de fer et de raongafièse 0,0180

Sa formule est Pb Al^ -('OAq. Il est mêlé d'une très-petite quantité de sulfite de plonb et de sulfite d'aloHHoe.

ARTICLE 11. — Minéraux sulfut^és , êèlèniéê et telluréa^

A. Sulfure^ galène, — De foutes les espèces de la famille plomb, la galène est la plus commune, et c'est elle qui fournit la plus grande partie dn plomb à la consommation.

— La galène est d'un gris de plomb bleuâtre ; elle a beaucoup d'éclat. — Ses formes cristallines dérivent du cube* Le plus souvent elle est lamellaire^ d'autres fois écailleuse. et quelquefois mais rarement compacte et à cassure lisse ou grenue. Elle a peu de dureté , et elle est très-fraglIe,

— Sa p. s. est de7,2iî à 7^785. — Au chalumeau elle se fond peu à peu en se changeant eii plomb pur, avec dégagement diacide sulfureux. Dans le* tube ouvert elle dégage du soufre, et donne un sublimé blanc de sulfate de plomb ; quand elle eontient du sélénium elle répand l'odeur qui

caractérise ce corps , et vers la fin du grillage elle donne un sublimé rouge; lorsqu'elle renferme de rarsenicetie donne un sublimé rouge de réalgar qu'on peut confondre avec le sélénium si Ton n'y fait pas grande attention. — — La galène est facilement attaquée par Tacide nitrique, même faible; elle ne l'est pas par l'acide muriatique ordinaire à froid ; mais l'acide muriatique concentré et bouillant l'attaque assez facilement et complètement , avec dégagement de gaz hydrogène sulfuré. — Il est extrêmement rare que la galène soit absolument pure; elle contient presque toujours un peu de sulfure d'antimoine et de sulfure d'argent , et quelquefois de l'argent métallique. — La proportion de l'argent varie communément de 0,0001 à O^OOSO; elle s*élève assez souvent jusqu*à 0,0050 , et même , mais trèsrarement^ jusqu'à 0,0100. — L'antimoine ne s'y trouve pas ordinairement dans une proportion plus forte que l'argent ; souvent même sa présence ne peut pas être découverte par l'analyse ; mais elle est rendue évidente par Texamen de certains produits qui proviennent du traitement de la galène, et dans lesquels l'antimoine se concentre. — Il y a aussi des galènes qui renferment de l'arsenic; mais il parait que cela est fort rare. — £nGn on y trouve assex fréquemment des traces de séléniure de plomb. — La^ galène est accompagnée de gangues très-variées ; celles qu*on observe le plus ordinairement sont la pyrite commune, le cuivre pyriteux, et surtout la blende.

La galène pare est le proto-sulfure Pb, composé de :

SSV.:: ffi ('•"»«'•

B. Sut furet doubies, — On connaît deux sulfures doubles qui se composent Tun et l'autre de sulfure de plomb et de sulfure d'antimoine, Vun a^peUjametonite^ et l'autre istnciéntte. Selon M. H. Rose, ces minéraux contiennent:

La jani«Mnit«. La EinokéDÏle.

Plomb 0,407 — 0,818

Antimoine. . . 0,S44 — 0,444

Soufre 0,222 — 0,225

Fer 0,023 —

Cuivre 0,001 — 0,004

Sulfure de plomb . . . 0,507 — »•' -^ 0,868 — !•' Sulfure d'antimoine. . 0,493 -^ 2 — 0,61 0 — l

La jame$onite est d'un gris d'acier et cristallise en prisme rhomboïdal de 10l^20'. Sa p. s. est de 5,56. ^ On la

MINÉRAUX SULFURÉS. 601

trouve dans les mines du Cornouailles. — Sa forinule est

La zinckénite a ëtë dëcouverle au Hartz par M. Zincken, directeur des mines de la principauté d*AnhaU-Bernbourg. — Elle est cristallée en prismes ^ six pans , terminés par des pyramides à six faces placées sur les arêtes : les angles que font les faces du prisme sont de 102° 6%' : les cristaux hexaèdres présentent des groupes analogues à ceux de Faragonite. Elle a un grand éclat métallique ; sa poussière est d'un gris d*acier. Elle est un. peu plus dure que le spath-fluor. — Sa p. s. est de 5,31. — Elle est aussi fusible que le sulfure d'antimoine.

Indépendamment de ces deux espèces , le sulfure de plomb et le sulfure d'antimoine constituent une multitude de minéraux dans lesquels la galène est la substance trèsdominante, et qui contiennent le sulfure d'antimoine en proportions extrêmement variables. Ces minéraux ont ordinairement la structure fibreuse du sulfure d'antimoine; ils sont souvent riches en argent. On en trouve de cette nature à Alsan sur la rive droite du Rhin, en Suède , etc. Les galènes antimoniales sont plus facilement attaquables par Tacide muria tique que la galène pure.

€. Sulfurée multiples. -. On trouve le sulfure de plomb combiné en une multitude de proportions avec les sulfures de cuivre, d'antimoine^ de bismuth, d'argent et de fer. On doit distinguer : P la boumonite; 2"" le nadelers ; 3» le toîêniuikbleierz; eti*" le wismutfigultigerz. {Fùy. Argent.)

D. Sulfate Le sulfate de plomb ne se rencontre jamais

qu'en petites quantités. 11 y en a dans l'Ile d'Anglesey , à Badenveillers sur les bords du Rhin, etc. — 11 est incolore^ d'un blanc-jaunâtre ou d'nn gris-brun; il a l'éclat diamantaire. — Il cristallise en octaèdres rectangulaires à pyramides obtuses dërivantd'un prisme rhomboïdalde 103^,48' et 7&»IB\ et dans lequel la hauteur et les côtés sont à peu près ; ; 165 : 162, — Il est tendre: on peut le rayer par Pongle, cassant, à cassure compacte. — Sa p. s. est de 6,80. — Au chalumeau il décrépite; à la flamme extérieure il fond en une boule transparente qui devient laiteuse en se refroidissant; à la flamme intérieure il se réduit avec efier- ▼escence ; avec la soude et la silice il prend la couleur de foie de soufre. — Il est inattaquable par l'acide nitrique, décomposé et dissous par l'acide muriatique concentré et bouillant , soluble dans les alcalis fixes caustiques , et décomposé par les carbonates alcalins, soit par voie sèche, soit par voie humide. — C'est le sulfate neutre anhydre, et il est

€0% PLOXB.

presque loujours à peu prèf pur. — Celui de Badenvillers est mêlé denvirun 0,15 d*argile un peu ferrugineuse. Il est compacte , à cassure inégale , d'un rouge d'ocre pàle^ opaque , mftlé de parties cristaUines bUnclies et de parties grenues d'un jaune de soufre. Il est accompagné de carbonate de plomb, de galène , d^arséaiate et de phosphate de plomb , etc«

Sulfate cuivreux^ — On a trouvé dans les mines de Lead^ Hill en Angleterre du sulfate de plomb cristallisé d*»n beam bleu d'azur, translucide, éclalaot, d'une densité de 6,30 à 5,43, qui, soumis à l'analyse par M. Brook^ lui a donné :

Sulfate de plomb . . . O;?^^ ) Deutoxide de cuivre . . 0,l80 } 0,971 Eau 0,047 ]

On regarde ce minéral comme un composé de sulfate de plomb et d*hydrale de cuivre PbS' -^ Cu Aq; maison pourrait aussi le considérer comme «n sous-sulfate double dont la formule serait Pb^S^ + Cu^^ -j- 2Aq.

Ë. Séiéniur^. — On a trouvé le tèléniure de plomb à Tétai isolé, et combiné avec lé êélèniure de cobalt , le sé/éftture de cuivre et le êélèniure de mercure. Ces quatre espèces ont été découvertes par M. Zincken-, en 18^. Elles sont accompagnées de chaux carbonatée magnésienne, et elles se recontrent ensemble dans deux endroits différents, 1** à Zorge , dans des Glons de minerai de fer qui traversent le schiste argileux et la diorite; 3<> à Tilkerode ^ dans des filons métallifères. Elles contiennent quelquefois de l'or natif et du palladium.

1** Le «é/é«ttireptir ressemble tellement à la galène, qu'on* a peine à Ten distinguer. — Au chalumeau, dans le matras, il ne fond pas, et ne donne aucun sublimé* Dans le tube ouvert il se sublime une petite quantité de sélénîure , et il se forme de l'acide sélénieux ; la matière s'entoure d*oxide de plomb. Sur le charbon il fume et colore la flamice en hleu ; le charbon se couvre d*un sublimé d oxide de plomb ; mais il ne se forme pas de plomb métallique si l'on n'ajoute pas de soude.

2^ Le êélèniure cohaltique a le même aspcot que le séléniure pur. — Au chalumeau^ dans le tube ouvert, il donne un sublimé de sélénium, et il produit la réaction du cobalt avec les flux.

S"* Il y a deux variétés de êélèniure cuivreux. La preoiière est amorphe, d*un gris de plomb pinsclair que le se* téniurc pur , avec une faible teinte de jaune de laiton et une couleur violette superficielle. — Sa p. s. est de 7,00. — Au chalumeau , dans le matras^ elle ne donne pas do su-

MinéaAtX SULFURÉS.

eo3

blimë ; dans le tube ouvert elle donne du êéléoiutn et de Tacide sélënieux. «— D*aprés sa composition ( «ay. le ta« bleau), M. H. Rose pense que le cuivre y ^^t contenu partie à Tétatde séléniure Cu Se, et partie à letat de bi-sëléniure Cu Se', quoiqu*en général il ne se perde pas de «ëléttium par la chaleur ; mais M. H. Rose s'est convaincu qu'on peut ajouter aux séléniures de plomb et de cuivre fondus une assez grande quantité de sélénium sans qu*il s*en sublime par la chaleur.

La seconde variété de séléniure cuivreux est d'un gris plus foncé que la première; dans U cassure cette couleur tient le milieu entre le gris et le violet , ou elle est même toul-à-fait violette. — Ce séléniure est tendre et demi-duotile. — Sa p. s. est de 5,80.

4° Le sélénmre de plomb mercure est d'un gris de plomb passant au gris de fer , doué d*un éclat métallique prononcé ; il présente quelquefois les couleurs de l'iris. 11 est lamelleux, et il a trois clivages presque rectangulairea. — Sa p. s. est de IfiO à 7,87. *— Au chalumeau, danslo inalras, il donne un sublimé cristallin de séléniure de mercure , et lorsque ce séléniure s'y trouve en proportion coasidérable le minéral fume et entre en ébullition. Si l'on y ajoute du carbonate de soude ou de Tétain il se sublime du mercure métallique. Dans le tube ouvert il produit un sublimé de séléoite de mercure en gouttes jaunâtres^ et qui a le même aspect que Toxide de tellure.

Les séléniures sont en général beaucoup moins attaquables parles acides que les sulfures. L*acide nitrique n'attaque le séléniure de plomb que très-lentement , même lorsqu'il est concentré et bouillant: la portion de sélénium est tout entière convertie en acide sélénieux. — M. H. Rose a analysé six échantillons de séléniures du Hartzquiiui ont donné les résultats suivants :

Plomb

Cobalt

! Cuivre

Mercure. . . .

ô.'leo

Sélénium. . . .

Argent . . . .

Fer

Gangue ....

(4) Séiéninre iimpie Pb Se.

(2) Séléniure cobaltique. — Sa formule est CoSe^ -f- 6Pb

Se. M. Zincken admet, d'après une analyse de M. Hauss-

mann, qu'il y a une autre espèce dont la formule est Co Se^ ^- 2Pb Se. Cette espèce est d'un gris clair peu éclatant , à grains 6ns et à clivage triple. Elle est accompagnée de cobalt arsenical , de pyrites de for et de spath brunissant.

(8) (4) Séléniureg cuivreux,

(5) (6) Séiéniures merouréë. — Les deux sélëniures Pb Se et Hg Se paraissent pouvoir se combiner entre eux en toutes proportions à la manière des corps isomorphes.

F. Tellurures, — Le tellure de plomb se trouve à peu près pur dans la mine de Sawodinski en Sibérie, et il existe combiné avec les tellurures d'or, d'argent etc., en Transylvanie et ailleurs. (Voy. Argent et Or,) — Le tellurure êimple est amorphe ; mais il offre trois clivages qui paraissent conduire au cube. Il est d'un blanc d*étain très-ériatant. Sa dureté est à peu près la même que celle du spath calcaire. On peut aisément le réduire en poudre. -~ Sa p. s. est de 8,159.— Au chalumeau , sur le charbon, il colore la flamme en bleu ; il se fond et se réduit peu à peu en un petit bouton d'argent entouré d'un sublimé de tellurure de plomb et d'un dépèt jaune-brun. Dans le tube ouvert il fond, s'entoure de gouttes blanches , et produit un sublimé blanc, et fusible en gouttes. — L'acide nitrique l'attaque aisément et le dissout même à froid. — M. G. Rose y a trouvé approximativement:

Argent. . . 0,0128 1,0000 Tellure.. . 0,8887 \

ARTICLE III. — Minéraux pRosptiorés et arséniéB,

Les minéraux pâoepHorés et arfènièe se rapportent à trois espèces , savoir , le cfHoro-pfiosprkate , le câloro-anéniate et Varaéniure,

A . Le cfHoro-pfiosp^aie et le cRioro-arséniate sont isomorphes entre eux et avec Vapatite. Ils ont la même constitution atomique et ils se rencontrent combinés en toutes sortes de proportions. Ils sont essentiellement composes de chlorure et de phosphate ou d'arséniate de plomb ; mais, de plus, M. Kerslen a découvert qu'il y en a des variétés qui contiennent du fluorure de calcium et de l'arséniate ou du phosphate de chaux ; et l'on doit conclure de l'ensemble des analyses qui ont été faites et que nous rapportons dans le tableau ci-dessous , que ces deux espèces ont pour formule générale (Pb Cl, CaF) + 8 ^Pb^Ca•) V\ As*). - M. Vernon

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