‹ Traité des essais par la voie sècheChapitre 136 sur 141 · ANALYSES · texte numérisé non relu

ANALYSES

BE 0VB0TA1VCE8 M11VÉBAI.B8.

(Travaux de 1835. )

Eyamen de uivbrs bois desséchée pour le service des hauts* fourneaux.

Depuis que Ton a eu connaissance en France du succès des expériences qui ont élé entreprises à Sargan (Suisse ) , pour remplacer toutou partie du charbon employé dans les hauts-fourneaux par du bois en nature, plusieurs maîtres de forges de France ont essayé d*inlroduire cette innovation dans leurs usines ; mais la plupart ont bien senti que le point essentiel était de dessécher le bois convenablement avant de l'employer, afin de ne pas occasionner un trop grand refroidissement dans la partie supérieure des fourneaux , et c'est là ce qui fait maintenant le principal sujet de leurs recherches. M. Duplessis (de la Haule-Saône) et ÎVIM. Dollin de Fresnel et Feauveau (des Ardennes ) m'ayant envoyé des bois desséchés dans leurs établissements , j*ai soumis ces bois à l'examen chimique. Voici quel a été le résultat de cet examen.

M. Duplessis a d'abord essayé d'employer le bois brut dans son fourneau do Séveux ; mais ayant remarqué qu'il en résultait des dérangements notables dans le travail, il a pris le parti de le faire dessrcher préalablement dans un fourneau provisoire construit à cet effet. Ce fourneau avait la forme d'un four à chaux ovoïde, et pouvait contenir 80 à 90 pieds cubes de bois, fendu et coupé en bûchettes de 5 à 6 pouces de longueur , et cubant de 5 à 8 pouces. On lançait à travers ces bûchettes^ par la partie inférieure du four , un courant d'air échauffé à la température de 100 à 150*^ pendant 9 à 15 heures. Il a paru que la températurela plus convenable était 110°.

On a remarqué que le bois n'éprouvait aucune diminulion dans le sens de sa longueur ; mais qu'il se contractait trèsnotablement dans toutes les perpendiculaires aux fibres. La première période de la dessiccation a été marquée par un dégagement de fumée très-humide , puis au bout de deux ou troii» heures cette fumée a disparu , et alors , pendant trois ou quatre heures , il s'est manifesté , à 25"*, une odeur nromalique et sucrée qui attirait les abeilles, et qui a été ensuite remplacée pur une odeur pénétrante d'acide pyroligneux. A cette é])oque la température s'est élevée rapidement à 90 ou 1 lOo, et au bout de 12 heures Topération a été terminée. Aussitôt que Ton a arrêté le courant d'air , la température est descendue à 50** dans Tinlérieur du fourneau.

Dans un mélange de bois de diverses essences ^ les uns flottes et les autres non flottés , la masse du poids de 1 ,003 kilog. 8*est réduite à 751 ; d*où Ton voit que la perte a été d'un quart. Mais le degré de dessiccation a été très-différent dans les diverses parties du fourneau. Ainsi on a trouvé que la perte en poids était de 0,26 à la partie inférieure , 0,24 au centre et 0,06 seulement h la partie supérieure.

Divers morceaux de bois^ desséchés comme il vient d'être dit, ont été renfermés tout chauds dans des bocaux que Ton a ensuite goudronnes et envoyés au laboratoire de l'école des mines , où ils ont été examinés.

1° Du bois de charmillclte u donné 0,16 de charbon par la calcination et 0,00-4 de cendres par la combustion ;

2<* Du bois de verne flotté et très-léger a donné par la calcination 0^ 17 de charbon, et il a produit avec la litharge 14,6 de plomb , d'oii il suit qu'il équivalait à 0,4S de carbone ;

8® Du bois de chêne non flotté et très-pesant a donné 0,19 de charbon par la calcination; ce qui prouve que Je bois flotté ne se dessèche pas plus facilement que le bois neuf.

Le bois n* 2 équivalant à 0,43 de carbone et ayant perdu un quart de son poids par la dessiccation , il s'ensuit que le bois d'où il provenait n'équivalait ,qu*à 0,32 de carbone : or le bois ordinaire , conservé dans des bûchers , équivaut , terme moyen , à 0,38 de carbone; il faut donc que les bois employés à Se veux se soient trouvés très-humides, ou bien que^ par l'effet d'une application trop rapide de la chaleur , !e^ vapeurs qui se sont dégagées pendant la dessiccation nient entraîné , outre Teau , une quantité très* notable de mnticres combustibles , quoique ces bois n'euasent éprouvé d'ailleurs aucune altération dans leur couleur.

Ayant laissé pendant dix jours du bois n^ 2 et du bois

DK DIVERS BOIS.

n** 8,oonpés en rondelles très-minces , exposés a Tair, dans une chambre sans îeu par un temps très-humide , ils ont absorbé peu à peu de la vapeur d'eau , mais lentement et en proportion assez faible. An bout de iO jours, le poids du bois n® 2, trés-lcger, avait augmente de 0,09^ et celui du bois n° 8 , très-dense , n'avait augmenté que de.0^056 ; d*où Ton voit que les bois fortement desséchés ne sont que très'peu hygrométriques.

A Séveux on a essayé de remplacer le charbon dans le haut-fourneau , par du bois desséché volume pour volume, dans la proportion de ^. Après deux charges il s'est manifesté une vapeur blanche , susceptible de brûlis avec une flamme violacée. Après 10 à 14 charges La flamme de lu tympe a blanchi et la tuyère est devenue brillante ; à Uk coulée la fonte a paru plus vive; le travail ét«at lrcs-£'icile, mais les laitiers étaient un peu vertn. Ce résultat prouve évidemment que dans la substitution du bois au charbon , il y a une économie considérable dans la consommatûm du combustible ; mais quant à Téconomie dans la dépense, elle est évidemment relative aux frais de transport et aux frais de dessiccation. L'expérience ne fournit «l'ailleurs pas les données nécessaires pour que Ton puisse rechercher par le calcul dans quels cas celte économie est réelle, el dans quelles circonstances elle est compensée par les frais de transport, etc.

A Maurourt (département des Ardennes). on dessèche le bois dans des fours qui sont planés au dessus du haut-fî)urneau et qui sont échauffes par la flamme du gueulard. Le bois est débité en petits morreaux de S pouces de longueur et de 12 h 18 lignes d'équarrissage. On le laisse deux heures dans les fours, on le retire ronge , on Tarroso avec de l'eau et on l'éteint dans des étoufibirs. Les morceaux sont dans un état très-variable : en général ils sont charbonncs à la surface , mais dans l'intérieur, tantôt ils sont couleur de buis, et tantôt d'un brun de café clair. Terme moyen ils perdent 0,40 do leur poids.

Le mètre oube de bois vert pèse. . . . 328 kil. Le mètre cube de bois desséché pèse. • 291 Le mètre cube de charbon pès«. . . « 250

Le bois vert (hêtre), employée Maucourt, est très-humide, il graisse la scie et la sciure se pelotonne entre les doigts. Chauffé à environ 100*», il perd le cinquième de son poids en 48 heures. Il donne 0,1 S8 de charbon par la calcination et il produit \\,7 de plomb avec la litharge , d'où il suit qu'il équivaut à 0,845 de carbone. Le bois desséché le moins altéré donne 0 15 de charbon par la calcination et

produit 19,2 de plomb avec la liiharge , d'où il résulte qu'il équivaut à 0,40 de carbone. Les morceaux devenus coulear café brûlé pâle, produisent 0,26 de charbon à la calcinatîon et équivalent à 0,476 de carbone. Le mélange d*un grand nombre de morceaux à différents états a donné 0,àS de charbon à la calcinatîon et s'est trouvé équivaloir à 0,43 de carbone.

Lorsque Ton a commencé à employer le bois desséché à Maucourt, en remplacement d'un volume égal de charbon , le premier effet a été une diminution sensible dans le produit journalier. On a remarqué que , toutes choses égales d'ailleurs , on améliorait alors le rendement en élevant moins la température de l'air , et l'on a Gni par ne la plus porter qu'à 100 ou 120*. Pour remplacer 20 kilog. de charbon , sans changer la charge en minerai , il a fallu employer 46'', 5 de bois desséché , ou le double en volume , quantité de bois qui représente 79 kil. de bois vert. Or comme celui-ci , quoique très-humide, pourrait donner 14 à 15 kil. de charbon au moins , on voit que Téconomie est peu considérable. Du reste, on a remarqué que la fonte obtenue était constamment très-grise , très>chaude , très-liquide et très-propre à confectionner des objets de moulerie.

Dans Tusine de Bièvre (département des Ardennes) , on dessèche aussi le bois a l'aide de la flamme qui sort du gueulard ^ mais on pousse la dessiccation plus loin et Ton procède d*une manière un peu différente. Le bois est d*a* bord desséché dans des fours placés au dessus d*autres fours plus échauffés ; on l'introduit ensuite dans ceux-ci par une trappe, on Ten retire pour le faire tomber dans des étouffbirs et on le jette encore chaud dans le haut-fourneau.

Le bois complètement desséché (chêne) est couleur chocolat et bien homogène ; ses fibres sont trcs-resserrées , et çà et là on voit interposée entre-elles une substance nuire, brillante, qui provient vraisemblablement de la carbonisation de la sève ; il ressemble beaucoup au bois fortement altéré que Ton rencontre dans les dépôts de lignite. Quoiqu'il ait assez de ténacité, on peut le casser sans qu*it plie , et ses fragments peuvent être porphyrisés comme du charbon. Il n'est pas sensiblement hygrométrique. Lorsqu'on le chauffe dans une cornue de verre, il s'en dégage immédiatement, et à une température peu élevée , une petite quantité d'eau très-acide , et presque aussitôt les huiles et le bitume que le bois fournit ordinairement. L'ammoniaque ne l'altère pas; mais la potasse caustique le fait devenir presque noir et elle le colore fortement en brun, en dissolvaot

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