‹ Traité des essais par la voie sècheChapitre 140 sur 141 · DI · texte numérisé non relu

DI

j;'«j( Total. .

Carbone libre.

Carbone combiné Silicium. .

Soufre ...

Phosphore .

Manganèse. .

Laitier et sable.

La fonte n" 1 est la fonte de première qualité; elle est très-recherchée pour le moulage, et cite se soutient toujours à un haut prix dans le commerce ; elle est très-grise et à grains brillnnts. On n'y a pas recherché le manganèse.

La fonte no 2 est encore bonne pour le niouloge; elle est d'un gris-noir et à grains uns. On n'y a recherché ni le soufre ni le phosphore.

La fonte n"" 3 est employée seulement pour la fabrication du fer ; elle est grise , à grains moyens médiocrement brillants.

La fonte n** 4 ne se produit qu'en petite quantité , et ne sert qu'à la fabrication du fer; elle est d'un gris clair, a grains extrêmement uns , très-luisants. On n'y a recherché ni le soufre ni le man'^anèse.

32 PONTBS

Tes laitiers , qui accompagnent les fontes n^ 1 et 4 , sont composes comme il suit :

Silice 0,S88 0.458

Chaux 0,266 0,240

Magnésie 0,087 0,070

Protoxide de fer. . . 0,000 0,009

Oxide de manganèse . 0,028 0,055

Alumine 0,215 0,104

Soufre 0.016 0,007

Le laitier n^ I est compacte, à cassure inégale , presque unie, un peu luisante, présentant quelques indices de lamelles , de couleur blonde , complètement attaquable par /es acides avec dégagement d*hydrogène sulfuré et dépôt de soufre.

Le laitier n° 4 est vitreux , à cassure conchoîde luisante , d'un vert bouteille pâle et opaque; il a Taspecl porpbyrique, parce qu'il renferme une multitude de petits cristaux empâtés. Les cristaux sont presque incolores et mats , et présentent en général une cassure rectangulaire. Lorsqu'on analyse le laitier par le moyen des acides ^ comme on l'a fait , il reste 0,056 de matière non attaquable.

On exploite dans le terrain hoiiiller de la Clyde une argile qui passe pour être très-réfractaire, et que Ton eiuploîe pour fabriquer les briques avec lesquelles on construit la chemise des hauts-fourneaux. Cette argile est complètement attaquable par l'acide sulfurique , et elle contient :

Silice 0,464 Oxigène. 3

Alumine 0,S54 — 2

Oxide de ièr. . . . 0,008

Houille et eau. . . . 0,170

Les briques se composent d'un mélange à peu près à parties égales d'argile crue et de la même argile cuite.

Usine de Firmy { Aveyron. ) Parmi les variétés de fer carbonate que l'on exploite dans les houillères de Firmy, on en distingue particulièrement deux qui viennent de la raine de Combes : Tune parce qu'elle est d'excellente qualité et riche ; l'antre parce qu'elle a la propriété de pouvoir être grillée sans addition de combustible , et de se itindre en grande partie pendant qu'elle subit cette opération.

La première est en gros morceaux qui ont conservé la forme de tigea de végétaux , à cassure compacte et d*un gris trèsfoncé ; mais sa poussière est d'un gris pÀle. Elle contient :

PHOSPHOKéBS. 33

Protoxide de fer 0,^90

— de manganèse. . , 0,007

Chaux 0,020

Magnésie , . 0,030

Argile 0,084

Acide carb. et houille. . . 0^419

Carbonate de fer 0,795

— de manganèse. • . 0,0) I ~ de chaux. . . . 0,086

— de magnésie* . . 0,062

Argile 0,084

Bouille 0,062

10^ minerai cru = minerai calciné et grillé. . . 6,70 fondus sans addition , onl donné :

L°S. : : ; Va \ t»-'- • ■ ^^

Oxigène. . 1,70

La fente était truitée et un peu malléable ; la scorie bien fondue était pierreuse , compacte et grise.

La seconde variété est schisteuse , et veinée de bandes noires et de bandes d*un rouge paie. On la considère comme très-chaude : elle tend à élargir le fourneau , et elle donne de la fonte blanche. Elle contient :

Protoxide de fer 0.859

— de manganèse. . . 0,040

Chaux 0,028

Silice 0,110

Alumine 0,056

Acide carb. et houille. . . 0,399

Carbonate de fer 0,554

•^ de manganèse. . . 0,058

— de chaux. . . . 0,046

Argile 0,186

Houille et eau 0,168

10^ minerai cru = minerai calciné et grillé. , . 6,32

Ont donné à Tessa

34 PONTBS

ai :

Fonte, . . . 2j^,64 ) « * i k 9tjs,

Scorie. . . . ^ \ ^^**'' • ^

Fondant ajouté. . . 0.31 Okigène. 1,29

Matières viirifiables. . 2,39 = 0,239

La fonte était blanche , lamellaire et extrêmement cassante; la scorie était vitreuse, transparente , presque incolore , *^t ayant à peine une légère teinte vineuse.

On n*a pas trouvé de phosphore dans ce minerai , et l'on ne sait pas ce qui rend la fonte aussi cassante ; la propriété qu'il a de fondre au grillage, vient de ce qu'il renferme un mélange intime de combustible qui le transforme aisément en scorie à base de prutoxide de fer.

Les fourneaux de Firmy allant à Tair froid produisent dans quelques circonstances de la fonte de si mauvaise qualité, que le fer que Ton en obtient ne peut pas être étiré et tombe comme de la buue sous les marteaux. Cette font est d'un gris-blanc , très-boursouflée , et elle se réduit aisément en poudre aussi fine que l'on veut. Elle répand des vapeurs sulfureuses très-fortes au moment où elle sort du fourneau. Elle ne s'oxide au contact de l'air et de Peau qu'avec une extrême lenteur , et pendant cette oxidalion , il se forme une quantité très-notable de matière huilensc ; elle contient :

Carbone libre. . . . 0,0018

Carbone combiné. . . 0,0100

Silicium 0,0130

Phosphore 0,0038

Laitier et sable. . . . 0^0080

Les 0,0B75 de soufre équivalent à plus de 0,100 de sulfure.

Lorsqu'un la fond à 150^ dans un creuset brasqué , cette fonte ne diminue ni n'augmente de poids. Le culot est compacte, à texture cristalline, en feuilles de fougère, blanche avec une certaine teinte bronzée, très-cassaute ; et çà et là il y a sur la surface quelques globuh s de laitier transparent et jaunâtre. Le sulfure de fer reste par conséquent intimement mélangé avec la fonte.

J'ai obtenu en petit une fonte presque identique avec celle de Firmy, en fondant ensemble au creuset brasqué,

PHOSPHORÉBS. 35

20 gr. Je f^j, e„ ^^^ cluiis , ^ de proto-sulfure de fer, ^ de verre terreux*

Le cnlol iiiélallique a pesé 22 gr. 20; îl devait donc contenir :

Carbone. . 0,010 Soufre. . 0,0«4

Il était d'une couleur un peu bronzée à Tcxlérieur, trèsc.issanl, et d*un blanc de plaline à Pintérieur. Sa structure était entièrement cristalline, mais non lamelleuse; la masse semblait comme formée d'une réunion réticulée d'une multitude de très-petites pyramides aciculaires, et elle présentait des cavités arrondies dons quelques parties ; elle était d'ailleurs parfaitement boroogcne.

Une fonte très-blanche, très-ca^santc^ et facile à pulvériser, provenant aussi des fourneaux de Firmy, a donnée Tunalyse :

Carbone. . . 0,014

Silicium. . . 0,044

Soufre. . . - 0,008

Phosphore. . . 0,023

Laitier et sable . 0,015

Cette fonte s'est oxidée au contact de l'air et de l'eau avec une très-grande rapidité.

Lorsque l'on fond , au feu de mazerie ou a la finerie, la fonte ordinaire de Firmy, pour la puddier ensuite, il se forme à la surface de la matière métallique en fusion, au moment où on la coule, des plaquettes que Ton croyait être essentiellement composées de sulfure de fer, mais qui sont d'une toute autre nature. Ces plaquettes sont comme formées de noyaux lenticulaires enveloppés dans une substance métallique, mais écailleuse comme le graphite; le tout est trèscassant et aisément pulvérisable , et la poussière renferme nne infinité de petites écailles d'apparence graphiteuse; la cassure des noyanx est d'un blanc un peu gris et grenue.

Quand on traite cette foute par l'acide muriatique, il se dégage un gaz extrêmement désagréable, et il se forme des huiles qui se déposent en gouttelettes dans rintérieurdu col delà fiole; la fonte se divise en particules écailleuses, qui vers la fin ressemblent absolument à du graphite. Cependant tout se dissout^ et il ne reste pas trace de carbone; et si l'on rapproche la liqueur à siccilé, on n'obtient qu^lne inice insignifiante de silice.

3*1 POKTES

L*ana1yse a donne :

Carbone. . 0,01 10 au moins

Silicium. . 0,0015

Soufre. . . 0,01 40

Phosphore. 0,0 ISS

ô;ôS97

Le carbone séparé par le moyen de Tiode était extrêmement combustible.

5 grammes de cette fonte, ayant élécbauffésà 150°dans un creuset brasqué, n*ont ni augmenté ni diminué de poids. Le cnlot était bomogèue, très-cassant, à cassure cristalline lamellaire, et d*un blanc un peu gris. Il avait l'aspect d*une mauvaise fonte ordinaire, et ne conservait aucune apparence de structure feuilletée. Il est donc probable que les plaquettes ne doivent leur structure écailleuse qu*à quelques circonstances particulières de refroidissement.

Usine de SalUê (départemeni du Finùtère,) Quoique le fourneau de Salles ne soit chaufie qu'avec du charbon de bois , il ne produit que de la fonte très- cassante, qui ne donne à TafiQuage que du fer de la plu^ mauvaise qualité* Cette fonte est blanche , et facilement pulvérisable : elle s oxide promptement au contact de Tair et de l'eau ; elle contient :

Carbone. . . 0,0301

Silicium. . • 0,0060

Phosphore. . 0,0122

Laitier et sable. 0,0100

Elle ne renferme ni soufre ni manganèse.

Le minerai qui contribue le plus aux mauvaises qualités de cette fonte vient de Guernafroulo, et se trouve par petits lits dans des argiles superGcielles qui reposent sur le terrain de transition; il est en morceaux amorphes, compacte, et d'un jaune-brun; il contient :

Per-oxide de îtt. . 0,668

Oxide de manganèse. 0.038

Acide phosphorique . 0,054

Argile 0,078

Eau 0,184

10 minerai cru = minerai calciné. 8,26

1 verre terreux 1,00

0>5 carbonate de chaux = chaux . 0.27

PHOSPHORJÈES. 37

Ont donne à Tessoi :

Fonte. J^«'\H^iT..é i n .q

Fondants ajoutés. 1 ,27 Oxigène. 2,40 Matières vitrifiables. 1 ^04 = 0,104

La fonte était blanche et très-cassante ; la scorie était vitreuse et transparente.

Usine de Sava en Carintfiie, Cette usine est alimentée par des fers spathiques, qui produisent des fontes manganésées, que l'on affine pour acier par la méthode bresciane. La fonte de première qualité est d*un beau blanc d^argent, à «^assure radiée et à grains très-fins. On la réduit aisément en poudre sous le pilon ; elle contient :

Carbone combiné

Carbone libre. . . 0,005

Silicium 0,007

Manganèse. . . . 0,045

Laitier et sable. . . 0,007

Usine de Malapane [Haute-SUèsie). Le fourneau de Malapane est chauffé avec du charbon de bois. En le surchargeant de scories de forges , on obtient une fonte qui prend une grande fluidité, et dont on fait des cloches très-sonores et solides. Cette fonte est blanche, mais peu éclatante, cristalJine, mais non lamellcuse, et elle ne présente ni bulles ni cavités. Elle est si dure , qu'il est impossible de la limer; mais on peut^'la réduire en poudre et la tamiser : elle ne s'oxide qu'avec une extrême lenteur au contact de l'air et de l'eau, et il ne se produit presque que de l'oxide magnétique pendant l'oxidation. Son analyse a donné :

Carbone combiné 0,036

Carbone libre trace.

Silicium 0,007 au plus.

Manganèse 0,005

Cobalt trace notable.

C'est donc une fonte très-pure , mais très-chargée de carbone.

Le laitier qui accompagne cette fonte est vitreux , huileux, transparent, et d'un beau vert bouteille. L'acide muriatique concentré et bouillant l'attaque complètement ; il est com-

Silice 0,556 Oxigène 290

Chaux 0,428 U

Magnésie 0,036 14

Ppotoxide de fer ... 0,125 28

Protoxide de manganèse. 0,004 1

Alomine 0,U!> 65

c'est par conséquent nn bt-silicate.

ChaiifFé dans un creuset brasqué saas addi(if>n , il donne 0,087 de fonte et 0,885 d'une scorfe vitreuse , transparente, et d'un Vert clair ; mais quand on le fond avec addition de moitié de son poids de carbonate de chaax « il produit 0,10 de fonte , et la scorie est vitreuse et tout à fait incolore.

Il est évident que dans cette opération mëtallnrgîque la surcharge en scories de forges a introduit dans les laitiers de l'oxide de fer qui a rendu ceux-ci très-fusibles , ce qoi a permis d'abaisser la température du fourneau , et que c'est h raison de cette circonstance que la fonte s'est surchargée de carbone.

Uiine de JoinvHîe[Etauie- Marne), Les fontes de la Haute- Marne sont truilées en général; mais on en obtient quelquefois de blanches. On a trouvé dans une pareille fi>nte provenant du fourneau de Joinville :

Carbone combiné 0,024

Carbone libre 0,004

Silicium 0,008

Elle ne contenait ni soufre ni manganèse; on n'y a pas recherché le phosphore.

Cette fonte était d'un blanc pur. maî^pen éclatant, i cassure inégale et grenue , et ne présentait aucun indiee de cristallisation. Elle était très-difficile à casser, et elle recevait sensiblement l'empreinte du marteau.

Analyse des hitien qui accompagnent kê fonies photphorèes. On saitque la chaux exerce une action désulfuranle assez forte sur les minerais de fer à la température des hauts-fouraeaux, et qu'il résulte de cette action que les laitiers se chargent d'une proportion plus ou moins grande de sulfure de calcium. Il n'était pas vraisemblable que\a chaux donnât naissance à du phosphure de calcium avec les minerais phosphores, mais on pouvait croire qu'elle s'opposerait à la réduction de facide phosphoriqoe , et qu'elle retiendrait une portion de cet acide dans les laitiers. Halheureusement l'expérience montre au contraire que ceux-ci nVo contiennent jamais In plus petite trace, lors même

PHOSPnORÉKS. ^*9

qu*n$ accompagnent des fonlestrès-chargi*es de phosphore. Je Tai recherche avec les soins tes plus ininulieux dans phiKÎeurs de ces laitiers , et particulièrement dans un laitier de Firmy et dans un laitier d*4laîs que l'on soupçiinnait ffouvoir en contenir beaucoup^ etje n*en atpaa trouvé (race. J*ai fait cette recherche de plusieurs manières, et cola ni*a mis dans la nécessité d'étudier avec attention les propriétés de quelques phosphates.

Si Ton ajoute à une dissolution de phosphate de chaux dans un acide un excès de muriate d'alumine , et que Toq sature ensuite la liqueur avec de l'ammoniaque , Talumine se précipite en entraînant tout l'acide phosphorique , et la chaux reste en tolahté dans la dissolution. I p. d'alumine est plus que suffisante pour décomposer de cette manière I p. de phosphate de chaux des os.

Le phosphate de magnésie en dissolution est décomposé aussi par l'ai u mine , lorsque Ton précipite cette terre au moyen du carbonate d'ammoniaque dans une dissolution étendue.

Le per-oxîde de fer se comporte avec le phosphate de chaux et le phosphate de magnésie de la même manière que l'alumine.

Si au contraire on versait de Thydro-sulFate d'ammoniaque dans une dissolution qui contiendrait du phosphate de fer et un excès de chaux ou de magnésie , tout l'acide phoSphorique se trouverait dans le précipité à l'état de phosphate de chaux^ ou de phosphate ammoniaco-magnésien.

Ayant mêlé une dissolution murinticj^ue de 0^,5 de phosphate de fer et de 0^,5 d'oxide de fer, avec une dissolution de 6^ d'alun ammoniacal contenant environ 0^,6 d'alumine , j'ai fait successivement trois précipités dans la liqueur au moyen du carbonate d'ammoniaque : le premier était d*un blanc-blond comme le phosphate de fer pur ; le second et le troinième étaient d'un jaune d*ocre , et devaient se composer essentiellement de sous-sulfate de fer. La liqueur décolorée ne contenRÎt que de l'alumine, et les deux premiers précipités n'en renfermaient pas du tout. Cette expérienre portait a croire qu'il serait possible de décomposer le phosphate d'alumine par le per-oxide de fer ; mais cette décomposition n'a pas lieu.

Si l'on dissfmt ensemble du phosphate d*alumine et du phosphate de fer dans de l'acide muriatique , et que l'on verse du carbonate d'ammoniaque goutte à goutte dans la liqueur étendue , le précipité est homogène depuis le commencement jusqu'à la fin. Il est d'un rouge moins f\>ncé que l'hydrate de fer pur, et presque transparent ; il ne se Gltre qu*avec une extrême lenteur, et la liqueur ne se décolore qu'au moment où elle ne contient plus rien.

40 FONTEi»

Lorsque Ton précipite par rammoniaque une dissolution d'alun à laquelle on ajoute du phosphate de soude en excès,

le sel qui se dépose est le sous-siilfale ^ I* P' + 18H, identique avec la wawellite. Ce sel est gélatineux et d'un blanc d'ivoire; il est incomparablement plus soluble dans l'ammoniaque que l'alumine , et quand il est calciné il se dissout rapidement dans l'acide muriatlque, tandis que l'alumine pure s'y dissout à peine.

Lorsque l'on fait digérer du phosphate d*alumine dans de l'ammoniaque en excès , il est décomposé de telle sorte qu'il se dissout un phosphate acide, et que le résidu, devenu irès-basique , est composé de :

Alumine 0,7-42 — 4'««

Acide phosphorique. . 0,258 — l

Le phosphate d^aluraine A^P^ est décomposé par le charbon , niais non pas complètement , du moins à la température de 50 à 60° p. : P de ce sel ayant été mêlé avec ts de sucre en poudre et chauffé dans un petit creuset de platine, il est resté une masse pulvérulente noire , qui par grillage est devenue blanche et a pesé environ 0^,58. Il s'en suit que les deux tiers à peu près de l'acide phosphorique se sont dégagés dans l'expérience , et que le résidu devait être le phosphate A'*?'^ comme le précédent. Les parois du creuset étaient devenues raboteuses; elles avaient été sensiblement attaquées parla vapeur du phosphore qui s'en était dégagé. La décomposition serait peut-être complète à la chaleur de 150«. . ,

Le sulfate d'alumine et le sulfate de per-oxide de fer avec excès d'acide , se dissolvent très-bien l'un et l'aulro dans l'alcool ; mais lorsque ces sels sont combinés avec le sulfate d'ammoniaque , ils sont tout à fait insolubles dans ce réactif, même affaibli au point de ne marquer que 25'' à l'aréomètre. On peut se 'servir de cette propriété pour analyser le phosphate d'alumine et le phosphate de per-oxide de fer, en procédant à peu près comme M. Berzélius l'a fait le premier pour analyser le phosphate de chaux. On mêle le phosphate avec environ le double de son poids de sulfate d'ammoniaque , on dissout le tout dans de l'acide suifbrique , on rapproche la dissolution à chaud jusqu'à pellicule , on la laisse refroidir, on la mêle avec à peu près son volume d'alcool ordinaire , on OItro le dépôt , et on le lave avec de l'alcool à 25''. Ce dépôt contient tout l'oxide de fer ou toute l'alumine à l'état de sels doubles et complètement séparés de l'acide phosphorique. Pour doser cet acide , qui se trouve dans la liqueur, un étend celui-ci avec un peu d'eau , on la fait bouillir, puis on y ajoute de l'ammoniaque

PIIOSPHORKEÎÎ. 41

el une dissolution de sulfate de chaux ; ou bien encore on en précipite Tacide phosphorique en y ajoutant un poids déterminé d'oxide de fer dissous dans racide muriatique et ensuite de Tnaimoniaque.

On sait que Ton analyse ordinairement le phosphate d*alumine en le fondant avec de la silice et un carbonate alcalin, lavant dans Tean pour séparer le silicate double d'alumine et d*alcali qui s*est formée et précipitant ensuite Tncide phosphorique contenu dans la liqueur. Au lieu de cela on peut dissoudre le phosphate dans la potasse caustique^ précipiter Taluinine de cette dissolution à Tctat de silicate potassique, au moyen d'une dissolution de silicate de potasse ; mais alors la liqueur restant fortement alcaline retient presque tou* jours une certaine quantité de silice et d'alumine en dissolution. On évite cet inconvénient en substituant lasilice pure au silicate alcalin. On prend pour cela de la silice préparée chimiquement; par exemple^ de la silice qui provient de l'analyse des silicates, et on la fait bouillir avec la dissolution de phosphate. De cette manière l'alcali s'en sature, et il ne reste pas du tout d'alumine dans la liqueur. 3 p. de silice sont plus que suffisantes pour précipiter complètement ] p. d'alumine.

Le laitier do Firmy dans lequel j'ai recherché l'acide phosphorique, accompagnait une fonte de mauvaise qualité. Il était compacte , sans la moindre bulle , à cassure luisante, d'un gris-oli^âlre très- pâle et opaque ; il ne renfermait pas de soufre, et il a donné à Tanalyse :

Silice 0,400 Oxigène. 208

Alumine 0,155 — 72

«:haux 0,300 — 84

Magnésie 0,070 — 26

Protoxide de fer. . . 0,0-^0 — 7

Prot. de manganèse. . 0,036 — 8

Pour y rechercher l'acide phosphorique, on l'a traité par l'acide muriatique, on a séparé la silice, et l'on a précipité la dissolution par l'ammoniaque. Le précipité ayant été lavé et calciné, on l'a partagé en deux parties égales : la première a été fondue avec sept fois son poids de potasse à l'alcool , puis on a délayé dans l'eau ^ à laquelle on a ajouté un peu d'alcool pour séparer le fer et la totalité du manganèse, et l'on a ensuite fait bouillir avec 3 p. de silice: touteTalumine a été ainsi séparée , et l'on n'a trouvé dans la dissolution qu'une trace de silice sans acide phosphorique. L'autre portion du précipité alumineux a été dissoute dans l'acide sul*

4i FONTES

furique , puis traitée par le sulfate d'ammoDÎaqiie , Talcali , etc.^ et le résultat a été le même.

Les laitiers d'Alais renferment une forte proportion de chaux. Le plus ordinairement ils sont d'un brun de résine, homogènes , compactes , et à cassure conchoîde vitreuse; mais souvent ils sont marbrés de parties qui sont colorées d'un beau bleu. Ces deux laitiers diffèrent peu de composition Tun de Tautre ; ils contiennent :

Laitier brun. Laitier bleo.

Silice 0.414 ~ 0,465

Alumine. . . . 0,094 — 0,100

Chaux 0,870 — 0,M0

Magnésie. . . . 0,057 — 0,040

Protoxide de fer. . 0,086 — 0,030

Soufre 0,014 — 0,0U

lis renferment en outre environ 0,002 de baryte qui pro* vient du sulfate de baryte dont le minerai est mélangé , et îl y a dans le laitier bleu un oxide métallique auquel il doit sa couleur.

J*ai recherché Tacide phosphorique dans ces laitiers^ par les moyens décrits ci-dessns , sans en trouver la plus petiie trace. De plus j*en ai fondu 5^ au creuset d'argent avec lo^ de potasse caustique; j'ai délayé dans l'eau , filtré, etjai séparé la silice et l'alumine contenus dans la liqueur; j'ai trouvé 0^,8 de la première et 0^,1 de la seconde. J ai rhaufie res deux substances avec 0^.6 de carbonate de soude, et après avoir lavé j'ai examiné la liqueur, mais elle ne contenait qu'une trace de silice et d'alumine, et ne renfermait pas d'acide phosphorique.

La matière métallique qui colore le laitier d'Alais n'y est que disstminée mécaniquement et non combinée, et il est facile de l'extraire et de l'obtenir à l'état de pureté. Pour cela, il faut délayer dans une grande quantité d'eau le laitier pulvérisé et tamisé , et ensuite verser dessus de l'acide murialique jusqu'à ce que l'action commence à avoir lifu, ce que l'on reconnaît à l'odeur d'hydrogène sulfuré qui se manifeste. De cette manière la plus grande partie de la silice reste en dissolution avec les buses. On décante et on traite de nouveau le résidu par l'acide rouriatique en agitant fréquemment ^ on le lave après cela par décantation , puis tn» le fait digérer à chaud avec de la potasse caustique , pour enlever la portion de silice qui a pu se déposer à l'étNt gélatineux, et on lave par décantation ; enfin on le traite encore une fois par l'acide muriatique étendu, et on achève le lavage. Lorsque Ton euipluic de l'acide du commerce pour

PHOSPHORBES. 43

Faire cette prëparation , le dépôt noir^b!euâtre qui reste se trouve contenir plu» des deux tiers de son poids de sulfate de baryte, et il faut alors le purifier en le faisant bouillir alternativement avec une dissolution de carbonate de soude et avec de l'acide muriatique.

La matière colorante ainsi purifiée est noire et matte. Quoiqu'elle ne se trouve dans le laitier que dans la propor* lion de un millième ou un peu plus, elle le colore eu un bleu très-intense. A la chaleur sombre il s'en dégage ordinairement un peu de soufre qui provient du sulfure contenu dans Je laitier , mais elle ne change pas d'aspect ; à la chaleur rouge elle pâlit peu à peu , et elle finit par devenir d'un blanc un peu blond. L'acide sulfurique bouillant ne l'attaque que faiblement ; l'acide fluorîque la dissout; quand on la chauffe au creuset avec de la potasse, et qu'on lave avec de l'eau , on trouve que la liqueur alcaline ne renferme presque rien ; le résidu se dissout ensuite aisément dans les acides, et il se comporte absolument comme de Toxide de titane qui contiendrait une petite quantité d'oxide de fer.

On a observé des laitiers bleus dans plusieurs usines , et l'on a toujours cru qu'ils devaientcette couleur à un phosphate métallique. Il est très-probable qu'ils sont tous colorés par de Toxide de titane, comme celui d'Alais. Ce dernier laitier étant aisément attaquable par les acides , il sera facile d'en extraire une certaine quantité de la matière bleue^ et de l'examiner ()0ur savoir si elle ne renferme pas autre chose que du titane : c'est ce que je me propose de faire lorsque j'aurai pu me procurer une masse suffisante de ce laitier.

Préparation des fontes phospkorées^ Le phosphate de chaux se fond très-bien avec l'argile et la chaux ^ et augmente même la fusibilité du mélange à la faveur de l'acide sulfurique qu'il contient.

SOs'- d'argile calcinée, ... 20

20 de marbre =£ chaux. . Il

8 os calcinés 8

chauffés à 160^ dans un creuset nu , ont donné un verre compacte , homogène , parfaitement transparent , et d'un vert olive pâle : les parois du creuset avaient été fortement attaquées.

Lorsqu'on fond un mélange semblable dans un creuset brasqué, une partie de l'acide phosphorique est décomposée par l'action du charbon, et le verre que l'on obtient exhale l'odeur phosphoreuse sous le choc du marteau. Enfin, quand on ajoute du poussier de charbon h ce mélange , la décomposition de Tacide phos}ihoriqiie est à peu près complète , et la matière perd de sa fusibilité.

1 0»'- argile combinée. = 1 Ok' ,00 7 marbre = chaux 3 ,95

5 os purif. et calcines chaax 2 ,58

1 charbon en poudre 16 JT- ,53

chauffes dans un creuset brasqué a 1 50**, ont donné un culot qui pesait lô^'^SS ; augmentation Os*^, 30. Ce culot était extrêmement caverneux , et il restait dans les cavités une quantité notable de charbon, ce qui diminue Taugmeiitation de poids portant sur les matières terreuses. Il était d*un blanc tirant sur le gris-bleuÀtre , à cassure grenue , matte et opaque. La grande proportion de chaux contenue dans la matière (0,40), et l'absence de l'acide phosphorique, sont la cause de son opacité.

On sait que lorsque Ton chauffe , dans un creuset brasqué , du fer ou de l'oxîde de fer avec un mélange d*argile ou de silice et de borax , et de phosphate de chaux , on obtient des fontes phosphorées ; mais pour que tout Tacide phosphorique soit réduit, et pour qu'il ne reste pas d*oxi(le de fer dans les scories , il est indispensable d'opérer dans de certaines circonstances déterminées. Un mélange de

20^ os calcinés, 1 0 sable quartzeux , 10 borax vitreux, 40 fer en très- petits clous.

chauffé dans un creuset brasqué à 150®, a donné 42^,5 de fonte compacte, cassante, mais dure et tenace; à cassure inégale et presque unie , non cristallisée , semblable , pour l'aspect , à une fonte blanche commune ; et une scorie compacte, à cassure vitreuse , mais d'un gris-noir et opaque ; et qui , par conséquent , devait contenir beaucoup d'oxide de fer.

L'expérience répétée , en ajoutant 2 de charbon en pondre au mélange , a produit de la fonte semblable à la précédente ; et une scorie vitreuse , transparente et incolore , dans laquelle il n'y avait pas d'oxide de fer.

4^,5 argile calcinée, 8 ,0 sable quartzeux , 5 ,0 os purifiés et calcinés, 10 ,0 fer en petits clous.

21t ,5 chauffés au creuset brasqué , ont donné :

Fonte. . . . 10^,67 ( rr. , , n,„ k Scorie. . . . 10 ,8^ T^^^»' ' ^1^5;

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