‹ Traité des essais par la voie sècheChapitre 44 sur 141 · I-iO TITANB · texte numérisé non relu

I-iO TITANB

coiilitiut qu*uue tré$-pelite quanlité d'oxide : aussi ce caractère est-il très- propre à faire reconnaître ta présence du titane dans un silicate, etc.

ABTicLB vu. — Compotes carbonés.

Carbonate. — Le carbonate n'existe pas.

Ojcalate. — Vosalate obtenu en versant de Tacide oxalique dans une dissolution muriatique de titanate de potasse est insoluble dans Tesiu, mais soluble dans les acides forts, et même dans Tacide oxalique. 11 est composé , selon M. H. Rose, de :

Protoxide de titane. . . . 0,7377 1

Acide oxalique 0,1056 1,0000

Eau 0,1567 \

Lorsqu'on précipite le titane de la dissolution muriatique du titanate dépotasse par Toxalate d'ammoniaque, après avoir neutralise la liqueur, autant que possible, par l'ammoniaque, le précipité qui se forme est très-gélatineux; et il est composé, selon M. Laugier, d'oxalate de titane et de muriate d'ammoniaque. On peut très-aisément le ûltrer et le laver sur le filtre; mais si on le fait digérer dans l'eau chaude, même après qu'il a- été desséché, il se dissout, et donne une liqueur louche , comme de l'eau de savon : en rapprochant cette liqueur, elle devient gluante comme de Tamidon, et il n'est plus possible de Téclaircir par la filtration.

Tartrale. — Le tartrate est analogue à l'ozalate : il donne par la calcination en vase clos une poudre noire métalloïde dont on n'a pas examiné la nature.

SECTIONS II FT III

Minérauw et produits darts.

Les espèces minérales qui renferment du titane, sont :

l** Vanatase ou oisanite;

2° Le per^oxide ou ruihile;

8** Les titanates de protoxide de fer et de manganèse;

-i» Le titanate de per-oxide de fer ou crattonite ;

5*» Le polymignite ou titanate de zircône , etc ;

6« Vœscfiinite , autre titanate de zircône ou cérium;

7° Et le spKène ou sitico-titanate de cfiaux .

Toutes ces espèces se rencontrent dans les terrains primitifs et intermédiaires : les titanates de fer y forment souvent des couches puissantes et dune grande étendue.

niflÉRAUX. 121

On (rotive du per-oxide detiUiM en beaux crUiaux dans tes masteft de fer carbonate argileux des houillères. Les rainerais de fer en grains de toutes les époques reufenuent Kooveot de petits cristaux disséminés de titanate de fer. Nais c'est surtout dans les roches volcaniques que le titane abonde; il y est toujours couibiné avec le fer et le mangaDèse.

1"* Anatasey oisaniie, — Ce minéral, est excessivement rare; on le trouve dans TOisans et dans quelques autres lieux, disséminé dans des roches primitives et accompagné d'aibite» — 11 est en cristaux dont la forme principale est un octaèdre à base carrée, très-allongé, dont les faces s»nt inclinées de part et d'autre de la base de IX6<^47\ ^ Il estd'un bleu-indigo^ brun-rougeâtre ou jaunâtre, et l'on observe souvent ces diverses nuances de couleur dans le même cristal. II est presque toujours transparent ou du moins fortement translucide , très-éclatant^ assez dur pour rayer le verre; sa cassure est lamelleuse. — Sa p. s. est de 3.857. — H ne contient que du titane, et tout porte à croire que ce métal y est, du moins fiour la plus grande partie, h fétat de protoxide ; cependant il est essentiel de faire remarquer que les formes de Tanatase peuvent se dériver , par des lois simples, de celles du ruthile, qui n'est que du per-oxide de titane.

2* Per-oxide , rutfiUe , scHorl rotige, — Celte espèce se troave le plus souvent cristallisée en prismes à quatre ou six faces ^ qui dérivent d'un octaèdre à base carrée, ou d'uD prisme droit carré dont la hauteur et le côté sont à peu près ^ * 21 : -46. — Il est rougeâtre ou brun, le plus souvent opaque, mais quelquefois transparent. Il est lamelleux dans un sens et conchoïde dans un autre sens^ éclatant dans sa cassure, aigre, assez dur pour rayer le verre, mais rayé lui-même par le quarz. Sa poussière est d'un rouge de grenade ou d'un blond sale. — Sa p. s. varie de 4, 18 à 4,28. — On l'a rencontré quelquefois, à Moutiers en Savoie par exemple, en aiguilles fasciculées ou tricotées, tantôt d'un rouge-hyacinthe, tantôt d'un jaune d'or très-éclatant ou d*un jaune de paille. — Lorsqu'on chauffe le ruthile en poudre avec de l'acide sulfurique concentré il se dissout lieaucoup de fer et un peu de litnne, et le résidu devient d'un beau rouge de grenade.

Toutes les analyses qui ont été faites prouvent que c'est du per-oxide de titane mêlé de 0,015 à 0,020 d'oxide de fer, don peu d'oxide de niungauése et quelquefois d'une trace d'oxide d'étain.

'à'^ TUanates de fer ei de manyonè^e, ( f^oy. le chapitre Fkk.)

4» Craitaniie. {yoy, le chapitre Fb«.) 5*^ Polymigniie, — Ce minéral vient de Frideriksnern en Norvège; il se trouve dans une syénite. — Il est en cristaux prismatiques rectangulaires très-minces, et longs de l à 4 lignes , noir, opaque^ très-éclatant , presque métallique. (1 raie le verre. — Sa p. s. est de 4,808. — Au chalumeau^ il est inaltérable et infusible sans addition. Il fond aisément avec le borax en un verre jaunâtre qui devient opaque au flamber, et qui prend une couleur rouge avec Tétai n. Le sel de phosphore le dissout aisément, et donne un verre qui devient rouge au feu de réduction , et qui n'éprouve aucun changement par Tétain. Avec la soude, le polymignite se change en une masse d'un gris-rouge&tre sans se fondre — Ce minéral est attaquable par l'acide sulfurique. — Une analyse faite sur une très-petite quantité a donné à M. Berzélius :

Acide titanique. . . . 0,4630

Zircône 0,1414

Yttria 0,1150

Oxide de cuivre. . . . 0,0500

Oxide de fer 0,1220

Oxide de manganèse. . 0^0270

Chaux 0,0420

Magnésie , potasse , silice, trace

6^ Vœschinite a été rapportée des environs de Minskdans rOural. C'est un minéral extrêmement rare. M. Hartwall y a trouvé approximativement :

Acide titanique. 0,560 ]

Zircône . . . 0,200/

Oxide de cérium. 0,150\ ^0,0

Oxide de fer. . 0,0â6\

Oxide de zinc. . 0,005 }

7o SpHène, tUaniie , silico-titanate de cKaux. — Le spâène se trouve fréquemment répandu en petits grains dans les roches primitives; on ne le rencontre que rarement en cristaux un peu gros. — Les formes variées sous lesquelles il se présente peuvent dériver d'un pri.sme oblique rhomboîdal d'environ 138,80' et 46°,80', dont la face est inclinée sur les pans d'environ I21<»,50'. Il offre fréquemment des hémitropies. Il est ordinairement d'un blanc-jaunàtre ou d'un jaune-isabelle ; mais quelquefois il est brunâtre, violâtreou verdâtre. Il a beaucoup d'éclat. Sa cassure est scapîforme dans un sens et conchoïde dans l'autre. Le plus souvent il est translucide , quelquefois opaque. Il raie le verre. — Sa

p. 8. est de 3,S3 à 3,51 . — Au chalumeau il se fond sur les bords en un yerre sombre , avec une légère tuméfoclion. Il se dissoul assez facilement dans le borax , el donne un verre d*Qn jaune plus ou moins brun. Il se dissout moins facilemeot dansie sel de phosphore^ et produit un verre qui prend la couleur caractéristique du titane lorsqu'on le chauffe au feu de réduction , surtout avec de Tétain . La soude le convertit en un verre opaque. ~ Il est attaquable par les acides forts à Taide d*une longue digestion» — Les analyses qui en ont été faites ne s'accordent pas entre elles. M. H. Rose y a trouvé :

Chaux. . . . 0,19)

Silice 0,83 [ 1,00

Acide titanique. . 0,48 \

composition qui est représentée par la formule C*S'T'.

Produits d'arts, — Les seuls produits d*arts dans lesquels on trouve du titane sont des scories qui s'amassent dans les creusets de quelques hauts-fourneaux , principalement de ceux qui sont alimentés par des minerais des houillères. Il est disséminé en grains critallins à Tétat métallique dansées scories. — On avait observé ces cristaux métalliques il y a fléjà longtemps; les métallurgistes tes désignaient sous le nom de pyrites des fourneaux. C'est Wollaston qui a fait coonaitre leur véritable nature.

SECTION IV

Moyensdessai.— Préparation.

Essais. — Nous avons vu que les oxides de titane purs ou combinés avec des silicates ne sont pas réductibles par cémentation , et qu'on ne parvient pas même à les réduire complètement en les mélangeant de charbon ; il suit de là qu*it n'est pas possible de doser le titane à l'état métallique parla vote sècÂe, et qu'on ne peut pas non plus par ce moyen le séparer des terres et des oxides irréductibles: mais comme il a la propriété de ne former aucun alliage, toutes les fois que Toxide do titane n'est mêlé ou combiné qu'avec des oxides aisément réductibles, on le dose aisément par la vote sècâe en fondant la matière , au creuset brasqué , avec une proportion de verre terreux suffisante pour fbrmer un composé fusible avec lui : l'augmentation de poids que le Terre a acquis après Tessai donne exactement lu proportion de cet oxide. (Voy. Fer.)

Dans les hauts-fourneaux qui sont alimentés par des minerais qui renferment du titane, on trouve au fond du creu-

1>1 TITAWF.

set , quand oa met hors, des masses scoriformes dans lesquelles il y a çà et là des grains cristallisés de titane métallique. La production du métal a probablement Heu auprès de la tuyère, à la surface des gouttes de scories qui dans ce lieu traversent une masse de charbon excessivement échauffée ; puis au Fond du cr<;nset les pellicules métalliques qui sont irifnsibles nagent au milieu de la masse vitreuse, s'agglomèrent , sont poussées par le vent dans les angles, et s'y fixent avec les amas de fer ductile qui se forment toujours dans quelques parties du creuset. — Il est probable que si l'on traitait des minerais très-titanifères, on trouverait des cristaux de titane mcfallique disséminés dans les laitiers mêmes, mais que cependant lapins grande partie de loxide ne serait pas réduite , et resterait combinée dans ces laitiers.

Préparation , titane métaUique. — Nous allons indiquer ici les différents moyens que Ton peut employer pour se procurer le titane métaUiqye et le per-oxidede titane purs.

] <> Le moyen le plus commode de se procurer le titane métallique^ est de l'extraire des scories titanifcres des hautsfourneaux^ qui ne sont pas très-rares. Ces scories se composent de fonte douce affinée etde silicates attaquables par les acides. On les concasse grossièrement , et on les traite par l'acide muriatique ou par l'acide sulfurique jusqu'à oe qu'il ne se dissolve plus rien ^ puis on lave. Si le résidu contient de la silice gélatineuse on enlève celle-ci au moyen de la potasse liquide , qui la dissout; et si ensuite il reste quelques grains pierreux on les sépare aisément par un lavage fait avec soin à l'augetle à main. On a ainsi du titane absolument pur et bien cristallisé.

â<> On peut obtenir aussi du titane cristallisé ^ mais en grains beaucoup plus petits ou en poudre microscopique violacée , par le procédé que nous avons donné pour préparer le sulfure. On peut se servir pour cela de l'oxide de titane natif et impur. On le réduit en poudre très-fine , on le mêle avec environ \ de carbonate de soude anhydre , I de soufre et \ de charbon ; on tasse ce mélange dans un creuset brasqué , et l'on chauffe à la plus forte température d'un fourneau d'essai pendant deux heures environ. On obtient un culot compacte noir, pénétré de lamelles jaunes de laiton de sulfure de titane et de grains cristallins rouges de titane métallique. On le concasse grossièrement , et on le délaie à grande eau. 11 se dégage une petite quantité d'hydrogène sulfuré , et la liqueur est colorée en vert par une petite quantité de sulfure de fer ; mais elle ne contient pas de sulfure de titane. On traite la matière lavée par l'acide sulfurique concentre à froid^tout le fer se dissout avec une

PRÉPARATIOIf. 125

certaine quantité de titane qui se trouvait à 1 elat de prti* toiide. Après ce traitement le résidu est un mélange de sulfure de titane, de titane métallique et de protoxide. On le fond une seconde fois avec du carbonate de soude et du soufre pour convertir la plus grande partie du protoxide en sulfure et en métal ^ etc.; puis par un lavage sur Taugette OD parvient à en extraire séparément du titane métallique etda sulfure pur. Il se produit d'autant plus de titane métallique que 1 ou chauffe plus fortement et pendant plus longtemps; mais il ne semble pas possible d'éviter qu'il y reste du sulfure. Â la chaleur blanche le mélange d'oxide de titane et delà matière sulfurante donne une masse noire semblable à du jayet , qui doit être un composé de titanite et de per-snlfure alcalin. Â une température plus élevée le per-sulfure alcalin réagit sur le titanite , et il se forme du sulfure de titane; puis, quand le sulCure alcalin a perdu tout son excès de soufre , il réagit sur le sulfure de titane, ei une partie du métal devient libre. Comme le fer se sulfure à une basse température y et que ce sulfure se dissout dans les acides faibles, en traitant la matière fondue à la chaleur blanche seulement , par de l'acide sulfurique affaibli, on peut enlever tout ce métal, et obtenir en résidu de loxide de titane bien pur.

3^ On peut réduire Toxide de titane par le potassium ; mais il V a toujours une certaine portion de Toxide qui échappe à faction du réductif.

•4^ fl. Berzélius a obtenu du titane métallique en chauffent du fluo-titanate de potasse sec avec du potassium : il J a vive ignition.

5<» Mais M. H. Rose a trouvé que le meilleur moyen d'obtenir ce métal pur est le suivant: on triture ensemble avec précaution de l'ammoniu -chlorure de titane avec du sodium, dans un mortier d'agate; on introduit le mclan^^e dans un uialras de verre un peu grand ; on ferme celui-ci avec un bouchon à travers lequel on fait passer un tube de ^erre recourbé , et Ton chauffe â la lampe. La réaction est très-forte, mais le matras ne casse jamais; il se produit une fumée noire épaisse qui se dépose daus le vase et dans Ui tube. On lave avec de l'eau fortement acidifiée avec de Tncide muriatique , et à la fin avec de l'eau presque pure ; mais on ne peut pas se servir d'eau absolument privée d'acide, parce que le titane passerait à travers le filtre. On d<Ml préférer le sodium au potassium pour cette préparation , parce que celui-ci agit trop fortement, et qu'on ne pourrait pas sans danger le triturer avec l'aramonio-chlorure.

Oxide, — Pour préparer l'oxide de titane pur on se sert du per-oiide ou des minéraux appelés /èrlt/aiié natif. Dans

lâC TITANE.

tous les cas la difficulté consiste à séparer jusqu'aux dernières traces de fer. Voici les différents moyens que Ton peut employer.

1° On fait fondre an creuset de platine du ruthile porphyrisé avec 8 p. de carbonate de potasse ; on lave pour enlever l'excès d'alcali ; on dissout le résidu à froid dans l'acide muriatique on peu étendu, et Ton fait bouillir ; on recueille l'oxide de titane qui se précipite , et on le lave avec de l'eau aiguisée d'acide muriatique ; mais comme il retient encore un peu d'oxide de fer, il faut pour le purifier le faire digérer avec de l'acide muriatique concentré, ou bien avoir recours à l'un des moyens suivants.

2^ On salure autant que possible avec de l'ammoniaque la dissolution muriatique préparée comme ci-dessus , puis on y verse de l'oxalale d'ammoniaque tant qu'il s'y forme un précipité. Le dépôt , bien lavé , donne , par la calcination , de l'oxide de titane pur , mais il en reste beaucoup dans la liqueur ; en y versant du carbonate d'ammoniaque goutte à goutte on peut en précipiter encore du titane exempt de fer ; puis en sursaturant d'ammoniaque on précipite le reste du titane avec le fer , et en traitant le dépôt par l'acide muriatique bouillant on en sépare la plus grande partie du fer ^ sinon la totalité.

8^ Le titane est précipité de ses dissolutions avant le fer par les alcalis et par les carbonates alcalins ; mais lorsque le fer est ou maximum d'oxidalion , on ne peut pas séparer exactement les deux métaux Tun de l'autre par ce moyen , tandis que quand il n'est oxidé qu'au minimum , la séparalion peut en être très-netle. On ramène le fer au minimum d'oxidation de trois manières. 1® On introduit la dissolution des deux oxides , très-étendue d'eau , dans une cornue tubulée placée sur le feu ^ on y fait passer un courant d'hydrogène sulfuré ; ou bien on y ve^se une certaine quantité d*un bydro-sulfate alcalin ; puis on fait bouillir pour chasser l'excès d'hydrogène sulfuré ; après quoi l'on précipite dans la cornue même le titane sans fer , par le moyen d'un carbonate alcalin employé en quantité suffisante ; on laisse le dépôt se former dans la cornue bien bouchée, on décante^ et on lave de nouveau par décantation avec de l'eau bouillie ; on peut aussi ajouter à Teau de l'acide acétique, qui ne dissout pas Toxidede titane, et qui dissoudrait le protoxide de fer, s'il y en avait eu de précipité. 2® L'acide sulfureux peut exister pendant quelque temps dans une même dissolution avec le per-oxide de fer; mais cette co-existence est de courte durée à froid , et si l'on chauffe , le per-oxide passe presque instantanément à l'état de protoxide ; l'excès diacide sulfureux maintient le fer a cet état sans avoir d'in-

PRÉFARATION. 137

coDvénient. Ce réactif est donc plus commode que Thydrogène sulfuré. S"* En mèlaent à la dissolution des deux oxides un sel de protoxide de titane pur ou ferrugineux , tout le fer est ramené au minimum d'oxidation par le protoxide de titane^ qui lui enlève de Tozigène, et Ton peut faire la séparation des deux métaux comme il vient d*étre dit.

4o M. H. Rose a donné un procédé qui a beaucoup d'analogie avec le précédent. 11 consiste h précipiter les deux oxides de leur dissolution par Tammoniaque , à les faire digérer, encore humides , avec de Tliydro- sulfate d'ammoniaque, qui change Toxide de fer en sulfure, et à les traiter ensuite par une petite quantité diacide muriatique étendu , qui dissout ce sulfure et laisse l'oxide de titane pur. Si le titane contient de Tétain , ce qui a lieu assez souvent , ou sépare ce métal en lavant bien le dépôt mis en digestion avec de Thydro- sulfate ^ avant de le traiter par Tacide muriatique.

5o On mêle 1 p. de minerai de titane en poudre avec 1 à 2 p. de carbonate de soude, et 1 à 2 p. de fleur de soufre ; on introduit le mélange, à petites doses et à mesure qu'il s'affaisse , dans un creuset brasqué chauffé à 50 ou 60o p. seulement^ et l'on obtient un culot compacte , d'un beau noir, et luisant comme du jayet , dans lequel le fer est à Tétat de sulfure , et le titane pour la plus grande partie à letatde protoxide. On pulvérise le culot, on le délaie dans une grande quantité d*eau , et l'on décante : la liqueur est Terte et entraîne une quantité notable de sulfure de fer. On traite le résidu à froid par l'acide sulfurique; il se dissout beaucoup de titane ^ et du fer s'il en reste ; et comme ce métal est alors dans la liqueur à l'état de protoxide, oo en sépare le titane comme il a été dit plus haut. Ensuite on fait chauffer le résidu à une douce chaleur, avec de l'acide sulfurique concentré , et l'on obtient une dissolution de protoxide de titane à peu près pur. Enfin en grillant la partie insoluble pour en séparer le charbon dont elle peut être mélangée, on a de loxide de titane blanc et parfaitement pur.

6o M. H. Rose fait fondre du ter titane avec du soufre, dans un creuset de terre , et traite la masse fondue par de l'acide muriatique concentré qui enlève la plus grande partie du fer; mais il en reste encore une petite quantité dans l'oxide de titane. Pour purifier celui-ci , il l'introduit dans un tube de porcelaine qu'il chauffe à une température bUache, et il fait passer à travers un courant de gaz hydrogène sulfure, jusqu'à ce que la quantité d'eau qui se produit commence h diminuer sensiblement ; ensuite il traite la matière par Tacide muriatique concentré , qui dissout tout le

tous les cas la difficullé consiste à séparer jusqu'aux dernières traces de fer. Voici les différents moyens que Ton peut employer.

1<> On fait fondre au creuset de platine du ruthile porphyrisé avec 8 p. de carbonate de potasse ; on lave pour enlever l'excès d'alcali ; on dissout le résidu à froid dans l'acide muriaiique on peu étendu, et Ton fait bouillir ; on recueille l'oxide de titane qui se précipite , et on le lave avec de Tcau aiguisée d'acide muriatique ; mais comme il retient encore un peu d oxide de fer, il faut pour le purifier le faire digérer avec de l'acide muriatique concentré, ou bien avoir recours à l'un des moyens suivants.

2^ On sature autant que possible avec de l'ammoniaque la dissolution muriatique préparée comme ci-dessus , puis on y verse de l'oxalate d'ammoniaque tant qu'il s'y forme un précipité. Le dépôt ^ bien lavé, donne , par la calcination , de l'oxide de titane pur , mais il en reste beaucoup dans la liqueur; en y versant du carbonate d'ammoniaque goutte à goutte on peut en précipiter encore du titane exempt de fer ; puis en sursaturant d'ammoniaque on précipite le reste du titane avec le fer , et en traitant le dépôt par l'acide muriatique bouillant on en sépare la plus grande partie du fer , sinon la totalité.

8^ Le titane est précipité de ses dissolutions avant le fer par les alcalis et par les carbonates alcalins ; mais lorsque le fer est ou maximum d*oxidation , on ne peut pas séparer exactement les deux métaux Tun de l'autre par ce moyen , tandis que quand il n'est oxidé qu'au minimum , la séparation peut en être très-nette. On ramène le fer au minimum d'oxidation de trois manières. 1® On introduit la dissolution des deux oxides , très-étendue d'euu , dans une cornue tubulée placée sur le feu ^ on y fait passer un courant d'hydrogène sulfuré ; ou bien on y vei*se une certaine quantité d'un bydro-sulfate alcalin ; puis on fait bouillir pour chasser l'excès d'hydrogène sulfuré ; après quoi l'on précipite clans la cornue même le titane sans fer , par le moyen d'un carbonate alcalin employé en quantité suffisante ; on laisse le dépôt se former dans la cornue bien bouchée, on décante^ et on lave de nouveau par décantation avec de l'eau bouillie ; on peut aussi ajouter à IVau de Tacide acétique , qui ne dissout pas Toxide de titane, et qui dissoudrait le protoxide de fer, s'il y en avait eu de précipité. 2"* L'acide sulfureux peut exister pendant quelque temps dans une même dissolution avec le per-oxide de fer; mais cette co-existence est de courte durée à froid, et si l'on chauffe, le per-oxide passe presque instantanément à l'état de protoxide ; Texcès d'acide sulfureux maintient le fer a cet état sans avoir d'in-

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convéDient. Ce réactif est donc plus commode que l'hydregène sulfuré. 3** En mèlaent à la dissolution des deux oxides un sel de protoxide de titane pur ou ferrugineux , tout le fer est ramené au minimum d'oxidation par le protoxide de titane , qui lui enlève de l ozigène , et Ton peut faire la séparation des deux métaux comme il vient d*étre dit.

4o M. H. Rose a donné un procédé qui a beaucoup d'analogie avec le précédent. Il consiste à précipiter les deux oxides de leur dissolution par Tammoniaque , à les faire digérer, encore humides , avec de Thydro-sulfate d*ainmo- QÎaque, qui change Toxide de fer en sulfure, et à les traiter eosoite par une petite quantité d*acide muriatique étendu , qui dissont ce sulfure et laisse Toxide de titane pur. Si le titane contient de Tétain , ce qui a lieu assez souvent , on sépare ce métal en lavant bien le dépôt mis en digestion avec de Thydro- sulfate ^ avant de le traiter par Tacide muriatique.

^ On mêle 1 p. de minerai de titane en poudre avec 1 à 2 p. de carbonate de soude, et 1 à â p. de fleur de soufre ; on introduit le mélange, à petites doses et à mesure qu'il s affaisse , dans un creuset brasqué chauffé à ëO ou 60o p. sealemenl, et Ton obtient un culot compacte , d'un beau noir, et luisant comme du jayet , dans lequel le fer est à Tctatde sulfure, et le titane pour la plus grande partie à 1 état de protoxide. On pulvérise le culot, od le délaie dans aae grande quantité d'eau , et Ton décante : la liqueur est verte et entraîne une quantité notable de sulltire de fer. On traite le résidu à froid par Tacide sulfurique; il se dissout beaucoup de titane ^ et du fer s'il en reste ; et comme ce métal est alors dans la liqueur à l'état de protoxide, on en sépare le titane comme il a été dit plus haut. Ensuite on fait chaufffr le résidu à une douce chaleur, avec de l'acide sulfurique concentré , et l'on obtient une dissolution de protoxide de titane à peu près pur. Enfin en grillant la partie insoluble pour en séparer le charbon dont elle peut être mélangée, on a de loxide de titane blano et parfaitement pur.

6<> M. H. Rose fait fondre du ter titane avec du soufre, dans un creuset de terre , et traite la masse fondue par de l'acide muriatique concentré qui enlève la plus grande partie du fer; mais il en reste encore une petite quantité dans loxide de titane. Pour purifier celui-ci , il l'introduit dans an tube de porcelaine qu'il chauffe à une température blanche, et il fait passer à travers un courant de gaz hydrogène sulfuré, jusqu'à ce que la quantité d'eau qui se prodoit commence à diminuer sensiblement ; ensuite il traite la matière par Tacide muriatique concentré , qui dissout tout le

fer amené à l'ctat de sulfure , et il calcine Toxido de lilane pour brûler le soufre dont il peut être mélangé. Pour que i'oxide de titane puisse se filtrer aisément ^ il est nécessaire de chauffer le tube de porcelaine à une température trèsélevée.

7^ Le sulfure de titane se transforme par le grillage en per-oxide d'un blanc perlé.

80 On dissont de Thydrate de titane ferrugineux humide dans de Tacide tartrique , ou du titanate de potasse dans de l'acide nmriatîque ^ ou enfin du fer titane dans de Tacide sulfurique , en ajoutant aux deux dernières dissolutions de Tacide tartrique en quantité suffisante pour qu'elles ne se troublent pas par rauuiioniuque ; on sursature les liqueurs par cet alcali , puis on y verse de Thydro-sulfale d'ammoniaque, qui précipite tout le fer à l'état de sulfure, sans aucun mélange de titane. On laisse déposer , et l'on docante sans laver le précipité , parce qu'il pourrait se di:$soudre un peu de fer ; on évapore les liqueurs h siccité , on calcine le résidu au contact de l'air, pour brûler le charbon que produit l'acide tartrique , et l'on a de Toxide parfaitement pur quand les dissolutions ne contiennent pas de matières fixes. Si elles contenaient un dcali fixe , il faudrait pour avoir l'oxide pur, le précipiter par une décoction de noix de galle , et griller le précipité.

9® Selon M. Dumas , les chlorures de titane et de fer ne se combinent ni ne se mélangent ensemble ; en sorte qu'en faisant passer du chlore sur un mélange d'oxide de titane ferrugineux et de charbon chauffé au rouge , et abandonnant au repos la liqueur qui résulte de la condensation des chlorures , le chlorure de fer tombe au fond . et qne par décantation on peut avoir du chlorure dn titane pur : en décomposant ce chlorure par l'eau, el par l'ammoniaque ou a de l'hydrate, etc.

10® Lorsqu'on chauffe dans un creuset brasqué^ à la ti^mpérature de 150'', un mélange d'oxide de titane ferrugineux et de carbonate de soude, le titane passe à l'état de pro»oxide , et le fer s'y trouve disséminé en grenailles plus ou moins grosses : en pilant la matière et la passant à travers un tamis fin , on sépare la plus grande partie de ces gri nailles, et l'on peut enlever tes plus petites à Taide du barreau aimanté ; mais il en reste toujours une certaine quantité qui adhère à Toxide. En traitant celui-ci par l'acide muriatique concentré , le fer se dissout avec une certaine quantité de protoxide de titane; la partie non attaquée se dissout dans 1 acide sulfurique concentré et bouillant^ et le sulfate, évaporé et calciné, donne du per-oxide pur ou qui ne relient que des traces de fer.

PRÉPARATIODÎ. 129

1 i* Quoique les procédés de préparation que nous venons df décrire puissent réussir quand un les exécute aveo quelque soio , nous allons encore en faire connaître un autre qui est infiniment préférable et qui produit de Toxide aussi blanc que de la farine. Le titane et le fer ayant été dissous flans un acide quelconque , on étend la liqueur de beaucoup deàu et on la sursature d'hydrogène sulfuré , aÛn de préot* piler la petite quantité d'étain , etc. , qui peut s'y trotiver ; puis,en y versant de raromoniaque en excès, on en précipite lotit Toiide de tiinne coloré en noir par le fer qui se trouve à l'état de sulfure. Où laisse le dépôt se tasser ; on décante la liqueur surnageante, et on la remplace immédiatement {)arde l'acide sulfureux liquide employé en quantité suHisante pourqti*il conserve une forte odeur. Tout le sulfure de (^r se dissout immédiatement en donnant naissance à de Thypo-sulfite, et Toxide de titane devient d'un blanc parfait; 00 lelafe avec de Teau aiguisée d'acide sulfureux, on le des* »éehe, etc. Il y h deux moyens principaux de rendre le nuhile soluble dans les acides. 1^ On le fond au creuset d'argent avec 2 p. de potasse ou de soude Ciiustique, ou au creuset brasqiié avec 2 p. de carbonate alcalin ■ I on délaie la matière dans une ires-grande quantité d'eau froide ; ou laisse reposer, et on lave par décantation : de cette manière on se débarrasse d'une grande quantité d alcali , et lon!consorome moins d^lcide pour opérer la dissolution. iVlais il est très- essentiel d'opérer le lavage à froid, parce que &i Ton chauffait . la matière lavée ne serait plus qu'incomjiièteuient soluble dans les acides ^ et produirait des liqueurs qu'il serait impossible d*oblenir limpides et de filtier. On fiiit digérer te résidu du lavage dans de l'acide niuriatique de force moyenne à Froid; Ton étend d'eau , et ordinairement tout se dissout. Mais ce procédé a l'inconvénient d'in> Iroduireen combinaison dans loxide une certaine quantité d'aicali qu'il est presque impossible d*cn séparer oomplctemeut ensuite. ^° Le moyen suivant est préférable sous ce rapport. On mêle le ruthile pulvérisé et tamisé avec son puids de chlorure de barium, et Ton chauffe le mélange dans un creuset brasqué . à la température d'un e^rsai de fer. Oo obtient un culot noir bien aggloméré , mais qui se délaie promptenient dans feau et s'y rédoit en une boire noire ; on lare complètement cette boue , et l'on met h part les liqueurs qni contiennent du chlorure de barium parfaitement pur. La boue insoluble est un mélange d'oxide noir de titane, de titanale de baryte et de fer métallique. On la fait chauffer dans une fiole avec de Tacide sulfarique concentré «mployé en excès ^ et jusqu'à ce qu'elle soit compicteinent déculorée , et on laisse ensuite reposer et refroidir. Le sel

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de titane se prend en masse au fond du vase ; on décante Tacide qui surnage , et qui ne contient que très-peu de titane , pour s*en servir dans une autre opération; on traile après cela le résidu par l'eau , dans laquelle il se dissout Crès-facileinent , et il ne reste en déCnitive que du sulfate de baryte provenant de la décomposition du litanate de baryte qui se produit dans l'opération de la voie $èche, La production de ce litanate est due à ce qu'il se forme une certaine quantité de chlorure <ie fer, qui se volatilise à la faveur du chlorure de barium : aussi remarque-l-on que la perte de poids que les culots éprouvent est d'autant plus grande que le minerai renferme plus de fer.

Si pour fairo la préparation on se servait d'un oxide trèsferrugineux , il faudrait , après avoir lavé dans Teau , traiter le résidu par une petite quantité d'acide sulfurique concentré à chaud, bien laver, etc. : de cette manière on dissoudrait la presque totalité du fer avec une quantité de titane négligeable , et l'on achèverait de traiter le résidu comme il a été dit plus haut.

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