‹ Traité des essais par la voie sècheChapitre 77 sur 141 · II, SO · texte numérisé non relu

II, SO

ont

donné. . Fonte. .

Scorie. .

Total.

Perte.

La fonte était d'un gris-clair et tenace. La scorie était fitreuse , transparente , un peu bullense et d'un beau vertémeraude* Elle devait contenir 0^,40 de soude , ou environ là pour 100.

5° Minerai oligiate de la RocRe- Bernard, (IlIe-et-Vilaine.)

10^ minerai cru = minerai calciné. . 10^,00

1,5 carbonate de chaux =chani. . 0,85

I chaux. . 1,84

6^ dolomie ont donné. . Fonte. . 4^,10

Oxigène. i ,95 Fondants ajoutés. . 3,98 Matières vitrifiables. S, 95

La fonte était blanche , lamellaire. La scorie était bien fondue , pierreuse , incolore , opaque , cristalline , et présentant dans les cavités des aiguilles prismatiques. Dans un autre essai cette scorie était vitreuse , transparente , d*un jaune de miel.

EKPLOl DBS FLUX. 291

6' Minerai Rydratè zinciftre d^Anglour , près de Liège.

10^ minerai cru = minerai calciné. . 8^,S0

1 argile 1,00

0,8 carbonate de chaux = chaux. . 0,45

Perte. 3,60

Fondants ajoutc^s. . . 1,45 Matières vitrifiables. 0,18

La fonte était d*un gris-clair. La scorie était vitreuse , transparente , d'un yert-olive pâle. Tout le zinc s'est vola* tilisé.

§ -4. Maiièret firrugineuteê de la troiêième elasêe.

Les matières ferrugineuses qui appartiennent à cette classe sont les plus communes. Elles fondent toutes trèsbien en y ajoutant du carbonate de chaux en proportions comprises entre la moitié et les trois quarts du poids des matières mêlées à Toxide de fer. On peut aussi les essayer avec le carbonate de soude ; mais alors on est privé de la possibilité de vérifier Texactitude de l'opération. Nous allons rapporter un grand nombre d'exemples présentant des cas variés.

h Minerai hydraté compacte d'Ernée (Mayenne). On se plaint qu'il engorge le fourneau l'orsqu'on l'emploie en trop forte proportion.

Il perd par calcination 0,106 d'eau. Il laisse dans l'acide muriatique 0,066 de quarz et d'argile.

10^ minerai cru = minerai calciné . 8s, 94 0,44 carbonate de chaux = chaux. . 0,24

ont donné. . Fonte.

Scorie.

S!S.;j Total. . 6^ Oxigène. 2,42

Fondant ajouté • . . 0,24

Matières vitrifiables. . 0,71 Matières insolubles . • 0,66

Matières solubles. • . 0,05 (c'était de l'alumine.)

La fonte était gris-clair , et assez tenace. La scorie était vitreuse, transparente et couleur de quarz enfumé.

^n FER.

Ce minerai engorge le fourneau , parce qu'ëtaot fort riche lorsqu'on ne diminue pas la proportion de casiioe qui convient aux minerais ordinaires il se forme des laitiers trop calcaires pour être bien fusibles.

2^ Minerai dit e^'alluvion des Bruèret ^ près de Ne?ers Il est qualifié de mine chaude.

Il perd par calcination. • . . 0,092 d*eau ; il laisse dans Tacide muriatique . 0,400 d*argile. 10^ minerai cru = minerai calciné. . . 9^,08 4 carbonate de chaux = chaux . . . 3,24

o„tdo»né. . Pont^ . . f,'OJTo.,l. ^88

Oxigène. 1,44

Chaux ajoutée. . . S,!24

Matières vitrifiables . . 4,54 Matières insolubles . • 4,00

Matières solubles • • . 0,54

La foute était d*un gris-'clair et tenace , la scorie était vitreuse et d*un gris très-foncé.

3** Minerai en grains d'un brun-jaunâtre de DampierreêUT'Fingeanne (Côte-d'Or.)

Il perd par calcination.

eau;

il laisse dans Tacide muriatique.

10^ minerai cru s= minerai calciné • •

S carbonate de chaux

== chaux . . .

ont donné. . Fonte. . .

Scorie. . .

Total. .

Oxigène.

Chaux ajoutée. . • .

Matières vitrifiables. •

Matières insolubles • .

Matières solubles. . .

La fonte était blanche. La scorie était bteii fondue j mais opaque et d*un noir-verdâtre.

4*> Minerai des environs de Dàle (Jura) rouge , en graÎDS arrondis , très-petits , disséminés dans une argile de même couleur. On dit que les maîtres de forge emploient souvent ce minerai comme fondant.

EMPLOI DBS FLUX. t93

Il perd par ca Ici nation. . . • 0,130 d'eaa; il laisse dans Tadde muriatîque* 0,166 d*argile. 10^ inineraicru = minerai calciné . • 8^70 2,5 carbonate de chaux = chaux. . . 1,40

ont donné. . Fonle. . . f ÛO | ^oul. . 8,»l Scorie. . . 4,31 \ '

Oxîgène. 1,79 Chaux ajoutée. • . . 1,40 Matières vitrifiables. . 2,91 Matières insolubles. • 1,66

Matières solubles. . . 1,25 (alumine.)

La fonte était gWse et un peu malléable. La scorie était huileuse, d'un gris-clair, translucide, a cassure inégale, et elle contenait beaucoup de grenailles a la surface.

Comme le fer est dans ce minerai a Tétat de per-oxide anhydre, Teau doit être combinée avec l'alumine, qui s'y trouTe ainsi pour la plus grande partie à Tétat d'hydrate, et à cause de cela soluble dans les acides. C'est la grande proportion d'alumine que contient le minerai de Dùle qui lui donne la propriété de servir de fondant , sans doute parce que les minerais que l'on traite habituellement sont très-siliceux.

S* Minerai en grainn de BoRême.

IQs minerai cru = minerai calciné . . 9^.63

on. donné. . Fon.e J.4. J ,„.,, , ,^,,

Oxîgène. 1 ,78

Fondant ajouté . . . 1,01 Matières vitrifiables. . 8,44

la fonte était d'un gris-clair, et tenace. La scorie était vitreuse, translucide et d'un gris de silex. Le résultat de l'essai lait voir que tout le manganèse est resté dons la scorie.

6* Minerai d^Euchy^ près d*Épinac (Saène-et-Loire) ; grains ronds de diverses grosseurs, d*un brun-jaune, contenant beaucoup d'oxide de manganèse»

llperd parcalcination. • . 0^,1 66 d'eau et d'oxigène.

Il laisse dans Tacidemuriatique. 0,485 d'argile. 10^ minerai cru = minerai calciné. . . 8^,34 % rarbonate de chaux = chaux ... 1 ,68

ont donne. . Fonte. . . 1^,55

Oxig;ène. 0,63 Chaux ajoutée. . .

Matières vitrifiables.

Matières insolubles.

Matières iolubles. • . 1,81

La fbote était blanche, et assez tenace. La scorie était tîtreuse , transparente et brune.

V Minerai en grains magnétiqueê de CMtiilon (C6te-d*0r).

1 0^ minerai cru = minerai calciné • . 9^,d6 0,S carbonate de chaux = chaux. . . 0>17

9,33 f;5Jl Total. . 7,36

ont donné. . Fonte.

Scorie

Oxîgène . 2,17

Chaux ajoutée . . . 0,17 'Matières vitrifiables. . 1,15

La fonte était cristalline ; mais elle s*aplatissait un peu soas le marteau. La scorie était bien fondue , mais boursouflée , opaque , d*un vert presque noir. Sa surface était plissée et d un rouge de cuivre , indice de In présence du titane. La quantité d*oxîgène indique que les minerais renferment beaucoup de protoxide de fer , ce qui est conGrmë par Fanalyse.

8*» Minerai de Faverollee (Corrèze.)

i09 minerai cru = minerai calciné. . . 8^,66 0,3 carbonate de chaux =s chaux. • . 0,17

ont donné. . Fonte. . . 5^,S6 ) m > i a Aa

Scorie . . 1 ,1S \ ^^•'^"- ' ^

Oxigène. ÎB,34

Fondant ajouté. . . 0,17 Matières vitrifiables. . 0,96

La fonte était blanche , à cassure unie ou a grains très-fins. La scorie était vitreuse, transparente et d'un gris-clair.

9® Minerai pho$pfioreux et arsenical du Gro$-Boinats près de la Lixolle (Puy-de-Dôme.)

EMPLOI DBS FLUX. 395

Il perd par calcinalion. . . . 0,046 d*eaii. Il laisse^ dans l'acide iiiuriu tique. 0,030 d*argile. lO^ minerai cru = minerai calcÎDë. . 0,24 carbonate de chaux c= chaux . .

ont donné. . Fonte. . . 5^,4S

Scorie . . 0,50

Fondant ajouté . . . 0,13

Matières vitrifiables. • 0,46

ToUl. .

Oxigène. 2,65

La foute était blanche , cristalline et très-fragile. La scorie était bien fondue, opaque et de couleur blonde.

10° Fer carbonate argileux qui se trouve dans les mines de huille do département de la Vendée ; gros rognons , compactes, d*un gris- foncé, parsemés de petits grains pyriteux.

Il perd par calcination et grillage. . 0,330 de son poids. Il laisse dans Tâcide muria tique. . 0,142 d'argile. 10^ minerai cru s= minerai calciné. ... 6^,70 I carbonate de chaux = chaux. ... 0 ,56

ont donné. . . . Fonte.

Fonte. . . 8^6S |rp . , ^ -^ Scorie. . . 2 ,07 P^^^*' ' ^ '^^

Fondant ajouté. . . . 0 ^56

Matières vitrifiables. . I ,51 Matières insolubles. . . 1 ,42

Matières solubles. ... 0 ,09

La fonte était huileuse , grise , lanielleuse et très fragile ; elle devait contenir du soufre. La scorie était vitreuse , transparente et d'un gris-foncé.

11° Fer carbonate argileux de la mine de Rouille du Galtier- Cransac^ près d'Aubin (Aveyron) ; schisteux , gris nuancé de brun , rempli de paillettes de mica.

Il perd par calcination et grillage. . 0^310 de son poids.

Il laisse dans l'acide muria tique. • . 0,250 d'argile , etc.

10' minerai cru = minerai calciné. . . . 6^,92 2 carbonate de chaux = chaux 1 ,10

ont donné. . . . Fonte. . . f^l^luial . 7,15 Scorie. . . 4 ,00 <

Oxigène. 0 ,87

296 FSE.

Fondants ajoutés. ... 1 ,12

Matières vilrifiables. . 2 ,8B Matières insolubles. . . 2 fiO

Matières soliibles. ... 0 ,38 La fonte était grise ^ à grains fins cristallins , dure et assez facile à casser. La scorie était vitreuse , transparente et d*Dn brun-€lair«

1 2* Fer carbonate argileux des minée de Houille de Dour (pays de Mous) ^ compacte , gris-foncé.

Il perd par calcination et grillage. . 0,34 de son poids.

Il laisse dans Facide muriatique. . . 0,S6 d*argile«

10^ minerai cru »= minerai calciné. • • 7^,60 8 ,6 carbonate de chaux 2= chaux. • • • 2 ,03

ont <loo.é Fonte. . . 2^J7 ,. , 3 5,

Scorie. . . 6 ,20 '

Oxigèoe. T,06

Fondant ajouté. ... 2 ,03 Matières vitrifiables. . 4 ,17 Matières insolubles. . 3 ,60

Matières solubles. ... 0 ^57

La fonte était grise , a^sez tenace. La scorie était vitreuse, transparente et d*un gris très-foncé.

\t^ Fer carbonate argileux des mines de Rouille des Vsrcâères , près de Saint-£tienne. Grès micacé.

Il perd par calcination et grillage 0,165 de son poids. 10^ minenii cru = minerai calciné. . • 8^,35 4 carbonate de chaux = chaux. ... 2 ,24

ont donné. . . . Fonte. .. 0^,831 «, ^ , ,a a-ï

Fondant ajouté 2 ,24

Matières vitriûables. . . 7 ,00

La funte était en grosses grenailles. La scorie était vitreuse, transparente et grise.

1 4** Scorie dite laitier clair de la grosse forge de Gnérigny (Nièvre).

10^ scorie 10^00

0,5 carbonate de chaux = chaux. . . 0,28

EMPLOI BBS FLUX. S97

Foote.

Scorie.

onl donne. . . . Fonte. . . fl^,44* x^tal 8 41 rie. .. 1 ,97 * * ' '

Oxîgène. 1 ,87

Fondant ajoute. . . , . 0 ,28 Matières tilriGables. . 1 ,69

La fonte était blanche , mais un peu malléable. La scorie était vitreuse , opaque et grise. L'essai aurait pu réussir sans addition de chaux.

15** Scorie des anciennes forges à bras de Saint- Martial (Dordogne.)

10^ scorie 10^^,00

oot donné. ... J-;- . ; f ;« JToU.. M6

Oxigène. 1 ,48

Fondant ajouté 0 ,84

Matières TÎtrifiables. • 8 ,77

La funte était blanche, truitée et un peu malléable. La scorie était vitreuse , transparente et d'un beau vert.

16** Scories de mazéage de la forge de Gui d'Heuiilon , prés de Ne vers (Nièvre.)

10^ scorie (0^^,00

I ,5 carbonate de chaux = chaux. • . 0 ^84

10 ,84 oot donné Fonte. . . 4^00* ^^^^^ ^ ,^

Scorie. . • 0 ,15 V

Fondant ajouté 0 ,84

Matières vitrifiables. . 4 ,81

La fonte était blanche et dure. La scorie ctuit vitreuse , translucide et grise.

17^ Scorie de finerie de DudUy.

\(Ss scorie 10^,00

S carbonate de chaux ii= chaux. ... 1 ,12

11 ,12 ont donné Fonte. . . 5.,05} ^ ^ ^

Fondant ajouté 1 J^

Matières vitrifiables. . 8 ,81

206 FBR.

La foole était blaDcke, crUtalline et exlrémement fragile; elle devait contenir beaucoup de phosphore. La scorie étail bien fondue et pierreuse.

18* Scorie de la forge catalane d^A» (Àrriége.)

\^9 scorie 105^,00

1 carbonate de chaux = chaux. ... 0 ,56

10,16 ont donné. . . . Fonte. . . 2^50| ^^^j ^ ^^

Scorie. . . 7 ,35)

Oxigène. 0 ,71

Fondant ajouté 0 ,56

Matières vitrifiables. • 6 ,79 La fonte était blanche et assez tenace. La scorie était compacte , vitreuse , parfaitement transparente et d*un jaune de succin. Elle devait contenir plus du tiers de son poids d*oxide de manganèse.

IQo Scorie de la forge à la catalane de Pinsot (Isère.)

ont donné Fonte. . . »^,;45( Total. 10,19

Scorie. . . 4 ,74*

Oxigène. 0 ,65

Fondant ajouté 0 ^64

Matières vitriiiables. . 3 ,90

La Fonte était grise. La scorie était vitreuse , translucide et gris-clair. On voit par la faible quantité d*oxigène dégagée dans Tessai , que la scorie devait contenir une grande quantité de fer à Tétat métallique.

20° Minerai magnétique du P^igan (Hérault.)

10^ minerai cru = minerai calciné. • 10^,00 2^5 carbonate de soude 2 ,50

ont donné. . . Fonte. . 5^,20/t, , , ^ ka

Scories. . S ,30j^^'*'- ^ ^^"

Perte. . . 4 ,00 La fonte était grise et douce. La scorie était vitreusoi parfaitement transparente et d'un très-beau vert-bouteille : elle ne présentait aucun indice de titane. Elle devait contenir O^^S de soude ou 15 pour 100.

21"* Minerai hydraté argileux en graine de Frénoy, près de Chaumont (Haute-Marne.) Grains ronds de la grosseur

EMPLOI DBS FLUX. 399

d'un pois et plus petits, mêles de quelques fragments pierreux.

Il perd par calcination. . • 0,lSd*eau. 10^ minerai cru == minerai calciné. . 8^,50

2 ,5 carbonate de soude 2 ,50

11 ,00 ont donné. . . Fonte. . 2^'9jj Total. 8,15

Perte. 2,85

La fonte était blanche, médiocrement tenace. La scorie était vitreuse, transparente et d*un vert pâle.

22<' Argile ferrugineuse rouge de Lanvauy près de Brest; composé de :

Argile blanche. . . . 0^.88) Per-oxide de fer. . . . 0 ,09 1 1 ,00 Eau 0 ,05J

10^ minerai cru = minerai calciné. . • 9,50 A carbonate de soude 4,00

"73:50 ont donné. . . Fonte. 0^,60/

Fonte. . 0^.60|tj, .q.ç.

Scorie. . 9,80) ''''"• ^^'^^

Perte. 8,10

La foote était disséminée en grenailles à la surface dn culot. La scorie était vitreuse , boursouflée , translucide et d*un beau vert bouteille. Elle devait contenir 1^,20 de soude , eoriron 0,12.

23<> Fer earbanaié argihuas du J^igan. (Hérault.^

11 perd par calcination et grillage. 0,S05 de son poids.

10^ minerai cru =s. minerai calciné. . 6^,9S

2 ,5 carbonate de soude 2 ,50

ont donné. . . Fonte. . 3^^,73,^,. , « -,

Scorie. . 2,00r^^*'- ^ '^*

Perte. 3 ,72

La fonte était d'un blanc-grisâtre. La scorie était vitreuse , transparente et d'un gris-clair.

24'' Fer titane de il/aûcion ( Loire-Inférieure.) IO9 minerai cru =3 minerai calciné. . 10^,00 0 carbonate de chaux e= chaux. . . 2 ,80

ont donné. . . Fonte. • 3,J0i,r . i ,, .^ Scorie. . 8,40i^^**^- ^^ -^^

Oxigèno. 1 «SO

Pondant ajoQlë. . . . 2 ,80 Matières vitriGables. . . 5 ,60

La fonte était en grosses grenailles, blanche et cassante. La scorie était bien fondue, compacte, à cassure inégale, présentant quelques indices de structure lamelleuse, d'un noir un pea bleuâtre et opaque.

§5. — Matières ferrugineuB0ê de în quatrième cicmt.

Pour essayer les matières ferrugineuses qui ne peuvent pas fondre à défaut d'une quantité suffisante de silice, il faut toujours y ajouter une certaine proportion de quarz en poudre; mais en outre il est presque toujours nécessaire d*y ajouter en même temps , soit de la chaux, soit une autre base, et quelquefois même deux bases à la fois. Les fers spathiques très-manganésiens fondent avec addition dequarz seul; ceux au contraire qui sont très-magnésiens exigent en même temps Faddition d*uue certaine quantité de chaux. Lorsque les fers spathiques sont mélangés de gangues pierreuses , on détermine la proportion de celles-ci en traitant le minerai par Teau régale ; et comme ces gangues sont presque toujours quarzeuses^ on ajoute d'autant moins de silice que celies-ci sont en plus forte proportion : quant au carbonate de chaux, il convient d'en employer à peu près un poids égal a celui des gangues et du quarz ajouté. Pour les minerais alumineux il faut un mélange de silice et de chaux. Pour les fers titanes, quoiqu'on puisse à la rigueur n'employer que de la silice et de la chaux, il vaut mieux y mélanger une petite quantité d'alumine ou de magnésie, parce que la présence de ces terres rend les souries plus fusibles. Enfin les minerais très-calcaires sont souvent rendus fusibles par la silice seule , parce qu'ils renferment presque toujours une certaine quantité d^alumine ou d'une autre base; mais le succès est plus certain lorsqu'on emploie pour fondant une argile blanche très-siliceuse.

Exemple: — l. Fer apathique de Pierre-Rousie , près de Vizille (Isère.)

Il perd par calcination et grillage. 0,345 de son poids.

10^ minerai cru = minerai calcine. . . &,6â 1 quari en poudre. ...... i ,00

ont donné. . . Foni|,. . 4,,00j^^^„, ^ ^^

Oxîgène. 1 ,69

Fondant ajouté. ... 1 ,00 Nattères viiriâables. • 0 ,86

La fonte était d^Qii gris-clair. La scorie était bien fondue ^ pierreuse , cnstallioe, à peine translucide sur les bords, et d*aii Tort-îaunàtre pâle.

2° Fer tpat/iique très-magnémn de la Grande-Fotse^ près de Vizilte (Isère.)

11 perd par calcinatioo et grillage. 0,356 de son poids.

10^ minerai cru = minerai calciné. . 6^,4-4

3 ,5 quarz en poudre â ,50

2 ,5 carbonate de chaox ssz chaux. . 1 ,40

10 ,84 ont donné. . . Fonte. . 3^,52]

Scorie.

Oxigéne. l ,87

Fondants ajoutés. . , 8 ,90 Matières yitrifiables. . 1 ,35 La fonte était d'un gris-clair. La scorie était vitreuse, transparente , un peu jaunâtre.

%• Fer epatfiiquê trh-mamganéiien de Bendorf, 11 perd par calcination et grillage. 0,8S5 de son poids.

10^ minerai cru = minerai calciné. . 6^|65

2 ,5 quant en poudre 2 ,80

3 ,S carbonate de chaux = chaux. . 1 ,90

H ,05 ont donné. . . Fonte. . f'0^( Total. 9,59

Oxigène. 1 ,46

FondanU ajowlés. . . 4 ,40 Matières vitriGables. . 1 9^6

La fonte était d'un gris-clair. La scorie était vitreuse , transparente, d'un jaune de topaze oa peu verdâtre,

4* Fer êpaiRique magnésien très-ric^e (TE scourleguy, près de Baigory (Basses-Pyrénées.)

Il perd par calcination et grillage. 0,317 de son poids.

10^ minerai cru = minerai calciné. . . 6,63

8 quarz en poudre 3,00

2 carbonate de chaux = chaux. . . Ud

ont donné. . . Fonte.

Scorie.

10,76 J^;»ÎJTotaI. . ^

Oxigènc. 1,55

Fondants ajoutés. . . 4,13 Matières vitrîGables. . 0 ,S8

La fonte était d*un gris-clair. La scorie était vitreuse , transparente , et d*un blanc perlé.

S<> Minerai oxidé alumineua trètt-rieRe^ du FofUa-DiMw^ dans le Haut-Sénégal.

Il perd par calcination. . . . 0^114 d*eau.

î6^ minerai cru = minerai calciné. . . 8^,86

1 quarz en poudre • 1,00

i, 3 carbonate de chaux = chaux. . . 0 ,78

ont donné. . Fonte. . . 5^,50 ( « ^ ,

Scories. . . 2,80^ ^^***-

Oxigène. 2,Î9

Fondants ajoutés. . . 1 ,73 Matières vitrifiables. . 1,07

La fonte était très-grise et demi-ductile. La scorie était vitreuse, d*un gris-foncé et faibleraeut translucide*

6° Minerai oxidé alumineux pauvre de$ Beau^ (Bouchesdu-Rhône).

Il perd par calcination. . . . 0,204 d'eau. 10^ minerai cru = minerai calciné. . . 7^,96

20 quarz en poudre 20,00

12 corbonate de chaux => chaux.

ont donné. . Fonte. . .

Scorie. .

Fondants ajoutés. . . 26,77 Matières vitrifiables. . 5,65

La foBte-était disséminée en grosses grenailles. La scorie était vitreuse, transparente et d'un gris un peu verdàtre. Elle devait contenir environ 0^,85 d'oxide de fer.

7" Minerai magnétique de Saint-Brieux ( alumino-silicate.j

BMPLOI DBS FLUX. 303

Il perd par calcination et grillage. 0,035 de son poid». 10^ minerai cru = minerai calciné . . 9^,66

1 ,5 quarz en poudre I , 50

2,5 carbonate de chaux = chaux. . . 1 ,40

ont donné. .Fonte. . . f^M ^^j^, ,q .q

Scorie. . . B,loV

Oxigëne. 3,15

La fonte était d'un grts-clair, et assez tenace. la scorie était Tjtreuse, transparente , et d'un vert d'éineraude peu foncé, mats très-beau. — Ce minéral peut aussi être essayé aveo du carbonate de soude.

10^, minerai cru = minerai calciné. . . 9^,65

2 carbonate de soude ^,00

11,65 ont donné. . Fonte. . . 5^,25 J ^^^^^ g ^^

Scorie. . . 2,»oJ

Perte. â,l4

La scorie était vitreuse, translucide et grise. Elle devait conteoir 0^,56 de soude, ou environ 19 pour 100.

^ Fer cRràmé de Baltimore.

10^ fer chrémé 1(V,00

5 battitures de fer 5 ,00

6 sable quarzeux 6 «00

""*'""'• JS. : : Kh»-'- »^.

Oxigène. â,08

Fondants ajoutés. • . 8,80 latières vitrifiées. . . 5,04

La fonte était blanche , cristalline et très>cassante. La scorie était vitreose , un peu huileuse , à cassure luisante , d*un beau noir tirant sur le vert bouteille et opaque. Elle devait contenir 0,874 d*oxides de fer et de chrome , et probablement beaucoup plus de chr6me que de fer. Le minerai n*a produit que 0,S0 d'alliage au lieu de 0,60 qu'il aurait donné si les deux métaux se fussent réduits en totalité ; mais on n'obtient pas de résultat plus avantageux en variant la proportion des fondants , et pour en faire l'essai exact , il faut absolument avoir recours au borax, à cause de l'extrême difficulté avec laquelle se réduit l'oxide de chrome.

d04 FEB.

9« F%T titane de Baltimore.

10^, minerai cru 3=s mmeraî caloiaé. . 10^,00

5 argile siliceuse blanche . . • • 5 ,00

S, 5 carbonate de chaux Ks chaux* , . 1,97

.„t donné. .F^ont». . . 6^,00 j,^,,, ,^

Oxigène. 2,16

Fondants ajoutés . . 6,97

Matières vitrifiables. • 1,84 Matières insolubles

dans Tacide sulfurîque . 0,20

Matières solubles . . f^

Les matières étrangères se composent de titane à Tëtat d'oxide noir et de quarz* La fonte était blanche , un peu cristalline, mais très-tenace y et elle s*aplatissait sous le marteau avant de se rompre. La scorie était vitreuse j à cassure luisante , noire , opaque , et recouverte à la surface d'un enduit métallique rouge de cuivre.

lOo Fer iiianè de Vile des Sièeloê.

10^^ minerai cru = minerai calciné • • 10,00

15 argile siliceuse blanche 15«00

10 carbonate de chaux = chaux. . . 5,60

ont donné. • Fonte. • . S'^SO Scorie. . • 27>S0

Total. .

Ozigène.

Fondants ajoutés . . 20,60 Matières vilrifiabfes. . 6,60

La fonte était grise et malléable. La scorie était vitreuse , à grandes bulles, opaque, d*un neir-foncé nuancé de bleu de lavande, et recouverte d'un efiduit métallique rouge de cuivre.

W^Minerai de fer caieaire de MornoM^e , arrondissement de Dàe (Jura) ; amorphe , jaune d*ocre , mêlé de calcaire compacte grisâtre.

Il perd par calcination . . 0,2S6 d^eau et d'acide carb. L'acide acétique lui enlève • 0,995 de carbon. de chaux. Il laisse dans l'acide mnrîat. . 0,1 16 d*argile,

10^, minerai cru = minerai calciné. • . 7^,64 4 argile siliceuse blanche 4,00

ont donné. .Fonte. . . J^f^j Total. . 10^2

Oxîgène. 1 , 1% Foodanl ajouté . . . -4,00 Matières yitrifiables. . 3,76 llatières insolubles. . 1J6 Ratières sol ubles. . . 2,60

La fonte était blanche et dure. La scorie était vitreuse , translucide et gris de silice.

12** Minerai de fer calcaire de Santosse , près d'Épioac , (Saône-et-Loire); compacte, terreux, d'un jaune d*oore, mêlé de quelques grains pyriteux.

Il perd par calcination. . . 0,230 d'eau et d'acide carb. L*acide acétique lui enlève. . 0,367 de carbon. de chaux. H laisse dans l'acide muriat. . 0,221 d'argile.

10^, minerai cru = oiinerai calciné . . 7^,70 8 argile siliceuse blanche 3 , 00

ïô;7ô

ont donné* . Fonte. , . 1^,88) rp^. , ^ q^.

Scorie. . . 7,94P^^**- ' ^

Oxigène. 0 ,88 Fondant ajouté ... 3 ,00

Matières vitrifiables. . A ,94 Matières infusibles . . 2,21

Matières solubles. . ^ 2 ,73

La fonte était blanche , cristalline et très-fragile. La scorie était vitreuse, transparente et brune.

]3o Fer carbonate compacte calcaire et bitumineux des mines de Rouille du Soleil , près de Saint-Etienne. Il perd par calcination et grillage. 0,445 d'acide carbonique et de houille.

II laisse dans l'acide muriatique. 0^020 d'argile.

10^, minerai cru =s minerai calciné. . 5^55

2,0 quarz en poudre 2,00

0,5 alumine 0,50

ont donné. . Fonte. . 2^^,60 Scorie.

Oxigène. 1,16

Fondants ajoutés. , . 2,60 Matières vitrifiables. . 1,80

tw

La foote était gris-clair et assez tenace. La scorie était vitreuse, translucide et grise.

On ne peut pas faire fessai sur le minerai cru, parce qne la houille dont il est mélangé, et qui serait entièrement brûlée par Toxide de fer , laisserait du coke disséminé dans le culot , d'où il résulterait que celui-ci serait scorifurme , et que la foute ne pourrait pas en être séparée d'une manière exacte.

§ 6. — Matières ferrugineuses de la cinquième datée.

Voici quelques exemples de matières ferrugineuses fusibles sans addition.

1° Minerai hydraté des environs de Longwy ; amorphe, tantôt compacte , tantôt criblé de cavités , d'un brun d'ocre plus ou moins foncé, mélangé mécaniquement de fragments de pierres calcaires.

Il perd par caleination. • . 0,196 d'eau et d'acide carb. L'acide acétique en sépare. . 0, 148 de carbon. de chaux. Il laisse dans l'acide muriat. 0,145 d'argile.

10^, minerai cru = minerai calciné. . . 8^,04

ont donné. • Fonte. . . 4,20

Scorie.

J;20 j Total. 6.40

Matières insolubles. 1,4S Matières solubles. • 0,75

Oxigène 1,64

La fonte était un peu bullease , blanche , à grains fins , un peu ductile. La scorie était vitreuse , transparente , vertbouteille et boursouflée.

2<» Minerai oolitique calcaire de p^illebois.

Il perd par caleination. • . 0^20 d'eau et d'aeide carb. L'acide acétique en sépare. • 0, 1 80 de carbon. de chaux. Il laisse dans l'acide muriat. . 0,820 d'argile.

10^, minerai cru == minerai calciné. . 8^,00

Oxîgène. 1,11

Matières insolubles. 3, 1 0 Matières solubles. 1,43

La fonte était blanche et cassante. La scorie était vitreuse , translucide et grise.

^^ Ftr earhoiutU argileux de CRailUnd (Mayenne). Il perd par calcinalion et grillage. 0,296 d*acide carbon.

^0», minerai cru = minerai cftioîné. . 7^,04 ont donné. . Fonle^ . 4^28 j ,.^,^, jj^^^

Oxigcne. 1 ,61

La foote était blanche et cassante. La scorie était vitreuse , translucide et d'un vert olive.

4' Fer carbonate compacte pHospfioreux des mines de Souille du Craui , près de Saint-Etienne.

Il perd par calcination. . . 0,214 de son poids.

10^, minerai cru = minerai calciné. . 7^,86

ont donné. . Fonte. . 8*.2â | ^^,^,^ g ^ Scorie. . o,3<é )

Oxigène. 1,29

Ln fanle était très-blanche , très-fragile , et pouvait même être réduite en poudre sous le pilon : on a trouvé qu'elle contenait 0,07S de son poids de phosphore. La scorie était compacte, à cassure conchoide, d'un blanc un peu bleuâtre, opaque et semblable à un émail : on y a recherché Tacide phosphoriqne avec soin , et Ton a reconnu qu'elle en contenjit 0,064 ou moins.

Il résulte de cette expérience que , quoiqu'il y eÛJt dans le minerai beaucoup plus de fer qu'il n'en fallait pour absorber la totalité du phosphore de l'acide phosphorique , plus de la moitié de cet acide est restée dans la scorie, probablement combinée avec la chaux. De là on doit conclure, contrairement à l'opinion de M. Karsten , que lea laitiers (les hauts-fourneaux peuvent renfermer de l'acide phospho- . rique, et que lorsqu'on traite des minerais phosphoreux , le phosphore qu'ils contiennent ne passe pas nécessairement eo totalité dans la fonte.

5* Mine noire de la GargouBe (Aude.) 10^ minerai oru= minerai calciné. . . 9^03

ont donne. . Fonte. . &',22 j ^^^^j Q^^ DCorie, . , 0,5Z )

Oxigéne« 2,29

La fonte était gris-clair et tenace. Elle devait contenir du manganèse. La scorie était bien fondue , pierreuse , opaque

^UNIVERSITTy

et grisâtre. Pour éviter que la fonte ne contint du manganèse^ il aurait fallu ajouter au minerai une certaine quantité de verre terreux, par exemple un dixième de son poids. 6" Minerai bleu de Hayangee (Moselle.) Un échantillon contenant 0,08 de silice, plus de 0,02 d*acide phosphorique, et 0J97 d*acide carbonique et d*eau , essayé sans addition, a donné les résultats suivants :

10^ minerai cru = minerai calciné. . . 8^,03

ont donné. . Fonte. . 4^,80 > ^^^j ^ gg

Scorie. . 1 ,8d

Oxigène. 1,40

Matières insolubles. . 0,08 Blatiéres solubles. . . 1 ,65

La fonte était blanche , et tellement cassante qu*on pou* vait la réduire en poudre impalpable. La scorie était vitreuse , transparente et d*un gris-lîlas.

7° Chamoisite du Valais, La cfiamoisite pure ne pourrait pas fondre sans addition ; mais celle que Ton exploite pour la traiter en grand , étant toujours mélangée de carbonate de chaux , est ordinairement fusible par elie-méme. Un échantillon perdant 0,160 d*eau et d'acide carbonique par calcination, et contenant 0,085 de chaux, a donné les résultais suivants à Tessai.

10^, minerai cru = minerai calciné. . 8^,40

ont donné. . Fonte. . ^,90 j ^^,,, g gg Scorie. . 2,78 )

Oxigène. 1 ,7S

Chaux 0,85

Autres matières. . 1,93

La fonte était blanche , assez tenace. La scorie était vitreuse, transparente et d'un gris-clair.

8® Grenat deFramonU

10^ minerai cru =s minerai calciné. . 0^,50

""""'""'■ • IS. : 'e:^ !"■»'■ j£^

Oxigène. 0,76

La fonte était grise , à cassure grenue. La scorie était vitreuse, transparente et de couleur améthiste claire.

9° Laitier des fourneaux à la PVilkinson de C/iarenion, près de Paris (10.)

Essayé sans addition il donne 0,0S à 0,04 de fonte disse-

minée en grenailles, et une scorie TiCreuse, transparente et d*un gris-verdâtre.

10* Scorieê des forges catalanes de F'icdessos (Ârriége.)

ont donné. . Fonte. . . S^.OO ( rp . i a nn Scorie. . . 6,00 \ T^**'' ' ^»®°

Oxigène. 1,00

La fonte était gris-clair , et devait contenir du manganèse. La scorie était vitreuse, transparente et d'un jaune d*ambre.

Le traitement des minerais d'étain, de cuivre et de plomb, fournit un certain nombre de produits , tels que les scories des fourneaux à manche , les scories d'affinage du cuivre , etc. , qui peuvent quelquefois être essayés pour fer ; mais comme on les essaie toujours en même temps pour étain , pour cuivre et pour plomb , nous ne nous en occuperons que lorsque nous parlerons de Tessai de ces divers métaux.

Emploi du spath-fluor. — Nous avons dit que Ton pouvait quelquefois se servir de spath-fluor comme flux pour essayer les minerais de fer. Ce flux ne peut être employé que pour les matières ferrugineuses qui renferment beaucoup de silice proportionnellement aux autres éléments étrangers au fer, par exemple pour les minerais à gangue de quart ou d'argile , et pour les scories d'affinage. Comme pendant la fusion une partie de la silice forme avec une certaine quantité d'acide fluorique une combinaison gazeuse qui se dégage^ il n'est pas possible de vérifier l'exactitude de Tessai en prenant le poids du culot. Cet inconvénient, joint à ce que l'on n'est pas toujours sûr d'obtenir avec le spath-fluor des scories qui aient la liquidité convenable, Tait que ce flux n'est presque jamais employé. La proportion qu'il faut en ajouter est d'autant plus grande que les matières étrangères au fer sont plus siliceuses \ elle doit ▼arier en conséquence entre 1 p. et 1 p. et demie pour i p. de ces matières (Voy. T. 1.)

§ 7. — Influence des diverses substances qui se trouvent avec toxide de fer.

Terres. — Dans la plupart des essais de fer les scories sont composées de silice, de chaux et d'une ou plusieurs autres bases. On a vu par tous les exemples que nous avons cités, que ces éléments peuvent former entre eux une multitude de composés divers bien fusibles. La proportion de chacun d'eux ne doit pas cependant dépasser certaines limites. L'expérience a appris que pour qne ces composés

nient le degré de fiuibilité nécessaire , il faut qu'ils rni> ferment de 0,45 a 0,60 de silice, de 0,20 à 0^S5 de chux et de 0,13 à 0,25 des autres bases. I^a nature de cellet-ci influe beaucoup sur la fusibilité de la scorie : l*aloiQiDe est la moins fondante^ il faut tâcher qu»le ne dépassées beaucoup la proportion de 0,15 ; la magnésie est beaucoup plus fondante, et peut atteindre la proportion de 0,23 sans inconvénient; elle communique ordinairement aax scories la propriété de prendre Taspect pierreux et la texture cristalline.

Manganèêe. — Voxide de munganète est beaucoup plos fondant encore que la magnésie ; mais lorsqu'il se iroore en grande quantité , il s'en réduit une certaine portion, et Ton a une éyaloation exagérée de la mbesse du minerai. puisque la fonte contient dn manganèse. Pour éviter celte cause d'erreur il faut faire en sorte que les scories ne contiennent pas beaucoup plus de 0,15 à 0^20 de cet oiidt.

Titane, — Voxide de titane étant peu fendant^ lorsqu'on fait l'essai d'un fer titane , on doit le mélanger avec uoe proportion de fondant telle , que la scorie ne renferme que 0,15 à 0,â0 d'oxide de titane.

Les minerais de fer sont souvent mélangés de phosphate de fer on de chaux ^ d'arséniate de fer et de pyrites ferragineuses , et quelquefois cuivreuses. Quoique nous ayons déjà fait connaître les propriétés de ces substances , nou^ croyons devoir indiquer ici en peu de mots l'effet que leur présence produit, soit dans les essais, soit dans le traitement en grand.

Phosphate de fer. — Le pRospflate défèrent compIctemcDl réductible en phosphurc ; mais non pas très-facilement. Il se peut donc que la chaux que l'on emploie comme rondasl le décompose en partie avant qu'il ait eu le temps de se réduire , et qu'ainsi il résulte, du traitement des minerais phosphoreux , de la fonte qui contienne du phosphore, et des laitiers qui renferment de l'acide phosphorique. L'expérience prouve que la plus grande partie du phosph^^ passe dans la fonte ; mais l'on ne sait pas encore s'il reste ou s'il ne reste pas d'acide phosphorique dans les laitiers; c'est un sujet de recherches très-important. Peut-être obtiendrait-on cet effet en mêlant intimement la chaux, à l'état caustique, avec le minerai , aGn que cette terre pût exercer son action décomposante sur le phosphate avant que l'action lente de la cémentation eût pu réduire celui-ci'

Phosphate de chaux, — Le pRosphate de chaux pur e»t absolument irréductible par le charbon , même à la température la plus élevée : il peut se combiner avec les silicates

ElIPLOI OBS FLUX. 3U

sans se décomposer ; mais quaed on le chauffa au milieu du charbon avec de la silice ou avec ud silicate conlenant beaucoup de silice, il arrive qu'une partie du phosphate se combise avec cette substance ou avec le silicate^ et que lautre partie est décomposée de telle sorte , que la chaux entre dans la combinaison terreuse, et qne Tacide phosphoriqiie , mis à nu , est réduit par le charbon sans qu'il se forme jamais de phosphure de calcium* La quantité d*acide qui se décompose est d'autant plus grande que la propor« tioD de la silice est plus grande elle-même. Si le mélange contient nn métal ou un oxide métallique réductible, le phosphore qui se serait volatilisé se fixe sur ce métal : la présence de celui-ci parait même faciliter la décomposition da phosphate de chaux par la silice, (k'oy, T. 1.) Il suit de là que les minerais qui contiennent du phosphate de chaux produîaent de la fonte phosphoreuse ; mais qu^'l doit rester d'autant plus d'acide phosphorique dans les scories, que celles-ci renferment une proportion moindre de siliee. Lors donc qu^on a à faire l'essai ou à traiter en grand un minerai phosphoreux, il est avantageux d'y ajouter autant de carbonate de chaux que les laitiers peuvent en prendre sans cesser d'avoir la fusibilité convenable.

La fonte qui contient du phosphore est très- cassante, et sa structure est très-cristalline.

Les scories qui contiennent une proportion notable de phosphate de chaux sont opaques et ont l'aspect d'un émail .

Anéniate9 de fer. — Les arséniates de fer sont très facilement réductibles en arséniures. L'arséniate de chaux est facilement réductible aussi , même sans le contact des ma« lières siliceuses; tout larsenic qu'il contient se dégage à l'état métallique ^ et la chaux reste pure ; s'il y a présence d'un métal , 1 arsenic de l'arséniate de chaux se 6xe sur ce métal au lieu de se dégager. On voit d'après cela que tout l'arsenic des minerais qui contiennent des arséniates doit se trouver dans la fonte, et qu'il ne peut pas en rester la plus petite trace dans les laitiers.

Pyrites* — Les pyriies ferrugineuses et cuivreuses perdent du soufre par la chaleur ^ et sont amenées à un certain degré mnimum de sulfuration. Lorsqu'on les fond avec de Toxide de fer au milieu du charbon , elles se mélangent intimement «rpc la fonte , qu'elles rendent cassante ; mais s'il y a présence d'une matière alcaline^ telle que la chaux, ces sulfures sont en partie décomposés, et il se produit du sulfure de calcium. Si , au lieu de chaux pure, il y a présence d'un silicate de chaux très-basique, le même effet à lieu; mais la proportion de sulfure de calcium qui se forme est d'aulant moindre^ et par suite la proportion de pyrite non dé-

composée est d'autant plus grande que ie silicate contient plus de silice. La portion de pyrite non décomposée se mêle avec la fonte, et la portion de sulfure de calcium qui s'est formée se mélange avec la scorie. Lorsqu'on traite des minerais de fer purs avec des combustibles pyriteux , ou des minerais pyriteux avec un combustible quelconque , il est donc essentiel d'y ajouter la plus forte proportion possible de carbonate de chaux, tout comme nous venons de voir que cela doit se faire lorsqu'on a à fondre des minerais phosphoreux.

Par un grillage en petit, îaii avec soin, on peut expulser tout le soufre des pyrites et les transformer en per-oxide ; Fessai fait ensuite sur la matière grillée donne de la fonte pure , et dans laquelle se trouve tout le fer qui était contenu dans la pyrite ; mais cette opération ne donnerait point un résultat utile ; au contraire elle induirait en erreur en faisant croire qu*un minerai qui de sa nature serait de mauvaise qualité, serait propre à donner de bonne fonte. 11 convient donc de faire toujours l'essai sur un échantillon de minerai cru. Le grillage opéré en grand sépare bien une certaine quantité de soufre, mais non pas à beaucoup près la totalité. On a reconnu par expérience qu*en laissant les minerais pyriteux exposés pendant plusieurs années à Tair humide , après avoir été grillés , ils s'améliorent considérablement ; c'est effectivement le moyen le plus efficace que Ton puisse employer pour en séparer le soufre : les pyrites transformées en proto-sulfure par le grillage, s'effle unissent a fair et se transforment en sulfates que Tenu entraîne. Si les minerais renferment des bases plus fortes que Toxide de fer ^ par exemple de la chaux ou de la magnésie, c'est du sulfate de chaux ou du sulfate de magnésie et non du sulfate de fer que l'eau dissout. Les mailres de forge éclairés conservent ainsi pendant plusieurs années les fers spathiques grillés , avant de les employer. A Allevard on remarque que dans les temps secs les tas de minerais se recouvrent d'efflorescences blanches que Ton a reconnues être composées de sulfate de magnésie mêlé d'un peu de sulfate de chaux.

La fonte mêlée de sulfure de fer est cassante ^ sa couleur peut être grise ou blanche. Les scories qui contiennent du sulfure de calcium présentent ordinairement des veines ou des taches d'un blanc de lait, qui contiennent plus de sulfure que le reste de la masse ; elles exhalent l'odeur sulFureuse sous rinsufflation de Thaleine, et elles donnent de Thydrogène sulfuré avec les acides.

Galène et biende, — Lorsque les minerais de fer renferment de la galène ou de la blende , ce qui arrive quelquefois, ces sulfures sont décomposés , et le fer en absorbe tout le

soufre, à moins que les scories ne soient (rès-chargées de chaux. Le plomb forme un culot séparé de la fonte, et le zinc se volatilise en totalité.

Fer cRràmé, — Les minerais de far cflrômé ne sont pas réductibles par cémentation , et font exception à la règle générale. Lorsqu^on chauffe du fer chromé dans un creuset brasqué, il s'agglutine, devient d'un gris-foncé, et il acquiert la propriété magnétique ; mais il perd rarement plus de 0,05 à 0,06 de son poids, et il ne produit qu'une petite quantité d alliage qui s'étend à la ifurface du culot , sous forme d'une pellicule cristalline d*un blanc brillant, dont une partie reste disséminée en particules trcs-Bnes dans la masse. La perte de poids provient de Toxigène de la portion des oxides qui est réduite, et de la portion de l'oxide de fer que retient la scorie , et qui est ramenée à l'état de protoxide. Cette scorie est pierreuse , d'un gris-noir un peu verdâtre, opaque, et à peu près inattaquable par les acides. Ce résultat montre combien est grande ruiCnité du chrome pour l'oxide de fer. Il n*esl pas possible de séparer ces deux métaux l'un de l'autre par la roie êèche , et il est très-difficile de tes réduire en totalité l'un et l'autre lorsqu'ils sont mélangés avec des matières terreuses : les scories retiennent presque toujours une certaine quantité d'oxide de clirùme ({ui empêche la réduction d une quantité proportionnelle d'oxide de fer.

Avec addition d'un p(»ids égal au sien de verre terreux le fer chromé ne produit qu'une scorie demi- vitreuse d'un grisfoncé un peu verdàtre , opaque, et enveloppée d'une pellicule métallique cristalline d'un gris-blanc. Avec addition de son poids de verre à vitres ou de 0,30 de i^haux et 0,70 de quarz en poudre , il donne une scorie semblable à la précédente, et 0,16 à 0,20 d*alliage de fer et de chrome en grenailles. Il se réduit une plus furie proportion d'oxide de chrome lorsqu'on mcle le minerai avec de l'oxide de fer. Enfin on détermine la réduction presque totale des deux oxides, en ajoutant au minerai , indépendanimenl des fondants que nous venons d'indiquer , une quantité suflisante do poussier de charbon. Nous avons déjà dit qu'on peut aussi obtenir une réduction totale saus qu'il soit nécessaire d'employer la poudre de charbon , en se servant pour fondant de borax vitrifié, dans la proportion de 0,30 à 0,<40 , et mieux encore en y ajoutant de Toxide de fer.

fVolfram, — Le wolfram pur( lungstale de fer et dcmanganèse j se réduit en totalité , au contact du charbon ^ à lu température de 150°, et il produit un alliage de fer, de manganèse et de tungstène difficile à fondre. Lorsqu*on y ajoute de l'oxide de fer il se forme un alliage plus fusible : quand on le mélange avec un verre icrreux ou avec du borax tout

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