‹ Traité des essais par la voie sècheChapitre 93 sur 141 · trace · texte numérisé non relu

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Fer

Arsenic

: Cobalt

Tungstène

' Charbon et scories. . .

(1) (2) (S) (4) (5) (6) DifiFérents étaim résaltant du traite, ment du minerai de Piriac au four à réverbère. — (1) Étain le plus pur, produit au commencement de la liquation; d*un beau blanc et très-malléable. — ^ (2) Etain provenant de la fin de la liquation , et qu'on n*a pu faire écouler qu'en augmentant beaucoup la chaleur; d*un blanc-grisâtre, trèsdur , susceptible d*être laminé , mais peu flexible , et se gerçant facilement ; très-magnétique. — (8) Etain provenant de la fusion an fourneau à manche des scories du four à réverbère ; très-magnétique. — (4) Étain provenant de la fusion au fourneau à manche des résidus de la liquation; gris , dur et peu flexible ; très-magnétique. — (S) Alliage qui reste sur la sole do four à réverbère après la liquation. Il contient à peu près 2 atomes d*étain pour 1 atome de fer. On voit par ces résultats que presque tout le plomb que renferme Talliage primitif s'écoule à la fin de la liquation. Le plomb <{ui se trouvait dans les minerais de Piriac provenait des balles lancées par les chasseurs d'oiseaux de mer, et que les vagues avaient accumulées sur le rivage avec le sable riche. — (6) Alliage ferreux qui surnage le bain d*étain qu*on obtient en fondant an fourneau a manche les scories du four a réverbère.

(7) Étain qui reite sur la sole du fourneau de liquation à AUenherg, Il est scoriforme, noirâtre et oxidé à la surface^ mais d'un blanc pur à l'intérieur.

(8) Loups qu^on trouve autour du bassin de réception inté» rieur des fourneaux à mancRe d^Altenberg en Saxe , après chaque fondage. Ils ont l'aspect d'une fonte grise , et ils sont si fragiles qu'on peut les réduire en poudre impalpable.

(9J Résidu de la liquation de Pétain brut à St-Austle (Cornouailles) ; d'un gris-métallique semblable à de la fonte blanche , très-cassant , susceptible d'être porphyrisé. Lors-

PRODUITS DARTS. 481

qu*uD le traite par Pacide muriatique Thydrogène qu*il dégage répand une odeur qui annonce la présence de l'arsenic, et il reste une substance noire pulvérulente qui est de Farséniure de fer contenant un peu de tungstène. La perte porte sur Tarsenic.

Z"* Minerais. — Les minerais d'étain sont bocardës et soumis au lavage avant d*étre fondus. Gomme Toxide d'étain a une très-grande densité . il ne s*en perd presque pas dans cette opération. Les expériences faites à Piriac ont prouvé que les sables que Teau entraîna dans le lavage ne contiennent que 0,01 à 0,02 d*étain.

On lave les minerais d'étain soit immédiatement , soit après leur avoir fait subir un grillage. On grille les minerais qui contiennent des pyrites arsenicales cuivreuses, etc.Cetto opération a pour objet de décomposer ces pyrites, et de les transformer en oxides friables et légers que le lavage sépare ensuite très-facilement, tandis qu'il ne pourrait enlever qu'incomplètement les pyrites crues , et non sans qu'il en résultât une perte considérable d'oxide d'élain. Le sulfure de molybdène est décomposé par le grillage^ comme les pyrites, et se transforme en acide molybdique que l'eau doit entraîner en totalité ; mais le wolfram n'est point altéré ; et comme il est fort lourd, il reste tout entier dans le schlicb lavé : aussi trouve-t-on presque toujours beaucoup de tungstène dans différenls produits qui résultent du traitement des minerais d'élain.

Il n'a pas été fait d'analyses complètes de minerais d'étain préparés pour la fonte. On sait seulement, d'après M. Manès, que la richesse des sclilichs traités en Saxe et en Bohême varie de 0,40 à 0,64 ; et d'après MM. Dufrénoy et de Beaumont, que les minerais de Cornouailles contiennent de 0,50 h 0,75 d'étain. Les minerais de Piriac qui ont été fondus à Poulaouen en donnaient à l'essai de 0,4S à 0/75.

4^ Scories, — Lorsqu'on fond les minerais d'étain , soit au four à réverbère, soit au fourneau à manche , il en résulte des scories qui retiennent beaucoup d'étain, on les repasse une ou deux fois dans les mêmes fourneaux ou dans des fourneaux à manche appropriés à cet usage , pour en extraire encore une certaine quantité de métal. Celles que l'on rejette ne sont pas stériles ; mais on n'en tire aucun parti , parce que jusqu'à présent on n'a pu en extraire que de l'étain tellement ferreux , qu'il n'est propre à aucun usage. Nous verrons cependant qu'il serait possible d'en retirer une certaine quantité d'étain presque pur.

U n'a été fait qu'un petit nombre d'analyses de scories dont voici le résultat.

Silice

Protoxide d'étain,

— de fer. .

— demangan Oxide de tungstèn Chaux. . * .

Magnésie. . .

Alumine. . .

ooiMiUw

Produit de fessai.

AlteBbwg.

(1) (2) (S) Seorien provenant du traitement de$ minerais de Piriac à Pouiaouen. — (1) Scories résultant de la fusion des minerais riches au four à réverbère ; bien fondues, trèsboursouflées, d'un noirun peu métalloïde, très-magnéliques. — (â) Scories résultant de la fusion des sables pauvres au four à réverbère ; semblables aux précédentes. — (S) Scories ré* sultant de la fusion au fourneau à manche des scories (f) et (2). Elles sont vitreuses , d*un noir métalloïde , transparentes dans les éclats même.

(A) Scories provenant de la fusion du minerai d^étain au fourneau à manche à St-Austle en Gornouailles ; boursouflées , d'un noîr-grisâtre. Quand on traite les minerais au fourneau à réverbère il reste sur la sole une petite quantité de scories qui sont compactes, à cassure unie, raboteuse ou légèrement cristalline, et d*un noir-brunâtre on peo mélalloîde. Les plus riches donnent à Tessai 0,45 d*alliage de fer et d'étain, et les plus pauvres 0,31 • Un de ces alliages a été trouvé composé de :

Fer

Étain. . . .

Tungstène , etc.

(ô) (6) Scories provenant du traitement des minerais d'éiain au fourneau à manche à Altenberg en Saxe. — (5) Scories résultant de la fusion des minerais au fourneau à manche élevée dit Haut-fourneau ; noires , magnétiques , semblables à des scories de forge. Elles sont mélangées d*une multitude de

grennîlles d*étaÎD. — (6) Scories résultant de ta fusion au petit fourneau à manche , dit bas-fourneau ^ des scories prén cédentes mélangées avec les loups; d*un brua-foocé , parsemées de très-petites grepailles d'étain : on les rejette après qiron en a séparé ces grenailles par le lavage. Dans Téchanlitlon qai a été analyse il est resté 0,04 de ces grenailles sur le tamis. Les culots que toutes les scories d'ctain donnent à I essai sont des alliages d*étaio et de fer qui presque toujours contiennent aussi du tungstène. Ces alliages sont d*un blanc-grisàtre , cristallins , magnétiques et très-cassants. Le traitement des minerais d'étain présente quelques difficnltést Ces minerais sont essentiellement composés d'oxide d*clain , d*oxide de fer et de silice, Létain et le fer ont beaucoup de tendance à s'allier ; muis comme leurs oxides ne sont pas tout-à-fait aussi facilement réductibles Tun que Tautre , on parvient à les séparer, du moins en grande partie , en tenant le minerai au contact du charbon , à une certaine température, pendant un temps suffisant seulement pour qu'une grande portion de Tétain se désoxide. Ces scories sont des silicates de protoxide de fer et de protoxide d'étain dans lesquels le fer domine : en les faisant repasser dans le même fourneau qui a servi à fondre le minerai, mais à une température un peu plus élevée , on leur donne plus de liquidité , et Tétain en grenailles qu'ils contenaient s'en sépore. Pour retirer ensuite une nouvelle dose d'étain des nouvelles scories , on les refond lentement dans un petit fourneau, par eon.séquentà une température plus basse que le minerai : par l'effet de leur long contact avec le charbon une certaine quantité d'oxide d'étain se réduit : la plus grande partie de Toxide de fer est retenue dans la scorie par son afiinité pour la silice ; mais il s'en réduit aussi une portion notable; en sorte que la matière métallique qu'on obtient est toujours un alliage. Si l'on chauffait plus fortement on aurait une plus grande quantité d'alliage ; mais cet alliage contiendrait une proportion beaucoup plus con* •idérable de fer, et il pourrait même arriver qu'on ne pût eo extraire que fort peu d'étain par la tiquation. Les dernières scories contiennent encore beaucoup d'oxide d'étain; maison ne peut pas en tirer parti par les moyens ordinaires, parce que l'oxide de fer y étant devenu très-prédominant , il s'en réduirait une proportion plus grande que d*oxide d'étain , et qu'on ne saurait que faire des alliages qu'on obtiendrait. Si ces alliages deviennent un jour de quelque QtiUté , on tirera facilement parti des scories , qui sont actuellement rejetées en les fondant avec de la castine , dans des hauts -fourneaux , de la même manière que des milierais de fer.

On voit que ce n'est pas , comme on aurait pu le croire . par une élévation successive de la température qu'on parvient à extraire la plus grande proportion possible d'étain des scories ; mais que celles-ci , chauffées au milieu du charbon ^ à une chaleur à peu près constante , abandonnent à chaque instant une portion des oxidesqu*elles contiennent: elles changent donc ainsi à chaque instant de composition ; de sorte que ce n*est que par hasard quand leurs éléments s'y trouvent dans un rapport atomique.

Le tungstène , amené à Fétat de protoxide par l'acte de la fusion , reste dans les scories , combiné avec la silice, etc. Il se comporte comme Foxidede fer, et il parait être un peu moins réductible que cet oxide.

Lorsqu'on chauffe les scories rejetées, avec une quantité de charbon insujQisante pour les réduire complètement , on obtient un alliage qui contient beaucoup de fer et de tungstène, et de i'étain , mais duquel on ne peut pas séparer la plus petite quantité de ce métal par liquation.

Mais nous avons constaté par expérience que le fer a la propriété de séparer des scories une prOf>ortion assez considérable d*étain absolument pur. Les scories qui proviennent des fours à réverbère , en Cornouailles , et qui sont rejetées parce qu'elles sont sulfureuses et ne contiennent que 0,13 d'oxide d'étain, chauffées avec un dixième de leur poids de petits fils de fer donnent 0,07 d'étain pur, et une nouvelle scorie bien fusible d'un rouge-brun. Il est probable qu'on pourrait employer ce moyen en grand en opérant au four à réverbère, et qu'il serait avantageux, surtout si l'on pouvait , comme cela est probable , substituer la foute ou l'alliage stannifère ferreux au fer malléable.

SECTION IV

Moyens dessai.

Les matières stannifères qu'on peut avoir à essayer par la voie sèche renferment toutes Tctain à l'état d'oxide : ce sont les minerais crus ou prêts à fondre et les scories de toutes sortes. Mais nous croyons à propos de faire connaître en outre les moyens d'essayer et d'analyser les alliages les plus communs.

ARTicLB PREBrEft. — Matières oxidées.

Quoique l'oxide d'étain soit complètement réductible par le charbon à la chaleur blanche ^ il a une telle affinité pour la silice, que lorsqu'il est en présence de cette substance on ne peut le réduire, du moins en totalité, qu'à la plus haute

température de» fourneaux à vent : de là la nécessité de faire tous les essais d'étain , comme les essais de fer, à la chaleur d'environ 150^.

Ba$se température,— Lorsqu'on chauffe une matière stannifère aveo un flux réductif , à la température de 50 à 60'' p., on en retire une certaine quantité d*étnin si la matière est riche; mais il en reste dans les scories une proportion d'autant plus grande que la matière est plus pauvre, et qu'on emploie plus de flux ; en sorte qu'il pourrait arriver que des minerais qui seraient assez riches pour être traités en grand avec bénéfice no donnassent point d'étain en petit si Ton en faisait l'essai de cette manière. Cétait cependant le procédé qu'employaient la plupart des anciens docimasistes : Schlutter fondait à la température d'un essai de plomb avec 6 p. de flux cru ou 4 p. de flux noir et \ p. de résine ; Grammer se servait du flux noir ; Bergmann employait 2 p. de tartre , 1 p. de flux noir et \ p. de résine; d'autres mêlaient 2 p. de flux noir avec \ p. de borax et | p. de résine , ou 1 p. de borax à 1 p. de poix.

Nous avons fait à ce sujet quelques expériences précises dont nous allons faire connaître les résultats.

LWide d*élain pur donne 0,72 de métal avec 4 p. de flux noir ordinaire dans un creuset nu, et 0.76 avec f p. de carbonate de soude dans un creuset brasqué. On obtient moins dans les creusets nus que dans les creusets brasqués, probablement parce que l'alcali du flux attaquant l'argile du creuset , il se forme un silicate qui retient en combinaison une certaine quantité d'oxide d'étain.

Un minerai contenant 0,70 d'étain métallique en a donné 0,62 avec \ p. de carbonate de soude dans un creuset brasqué , 0,51 avec \ p. de borax vitreux également dans un creuset brasqué, 0,57 avec 4 à 8 p. de flux noir, 0,60 avec 8 p. de tartre ou \ p. de carbonate de soude et ^ de charbon dans un creuset nu. Il y a , comme on voit, avantage à employer un excès de charbon , et au contraire la moindre proportion possible de fondant.

Les mélanges suivants du même minerai , et de quarz en poudre,

Minerai.

Quarz. .

chauffés avec quatre fois leur poids de flux noir, ont produit : — le premier 0,52 d'étain , — le second 0,43, — le troisième 0,28, — le quatrième 0,10, — et le cinquième n'a rien donné. Les scories devaient retenir de un quarantième à un seizième d'oxide d'étain, et d'autant plus qu'elles étaient plus siliceuses.

486 ÉTAirr.

Les scories qui provrennent du Irailenlenl knëtâtliirgique des minerais ne produisent rien non plus avec lé fluk nuir. Il suit de là que ce mode d'essai est (oui à fait déTeOluenx et qu*il ne faut jamais remployer lorsqu*on veut difSer Tétain ; mais il peut servir utilement quand on se propose seulement d*exlrairè d*un minerai la plus grande proportion d'étain pur. Si l'on opère sur une grande quantité, voici comment on doit procéder. On réduit le minerai en poudre fine , on le mêle avec environ un diiLÎème de son poids de charbon, et on le chauffe pendant une heoreon deux, d^na un creuset brasqué ^ à nne forte chaleur blaYiehe ; il se change en une masse métallique grenue et sablonneuse. On broie cette masse , et on la fond dans un creuset nu avec moitié de son poids de carbonate de soude ou de potasse. On obtient ainsi un culot d'étaîn pur , et les métaux étrangers, tels que le fer, le tungstène, etc., restent dans les scories avec une 'rertainc quantité d*oiide d'étain. Un minerai contenant 0,70 de ce métal en a facilement donné 0,55 par ce moyen.

Haute température, ^ Crammer et après lui Ktaproth ont essayé des minerais d'étain à une haute température ; mai» la manièredontiisfaisoient ces essais est longue et embarras* santé. Ils creusaient dans deux morceaux de ch«irbon d« tilleul ou de coudrier, et qui pouvaient s'appliquer exactement l'un contre l'autre , une cavité ayant la ^mie de la moitié du \ide d'un creuset, ils réunissaient ces deux morceaux, et ils les liaient ensemble au moyen d'un fil de fer ; ils plaçaient dans la cavité le minerai h essayer réduit en fioudre, et mêlé avec de la résine, lis bouchaient l'ouverture avec un morceau de charbon , et ils plaçaient le tout dans un creuset de terre, etc. Les creusets brasqués ordinaires sont préférables, à tous égards, aux creusets façonnés , ainsi qu'il vient d'être dit , avec des morceaux de charbon.

Avant de soumettre un minerai d'étain a Tessai l'on est dans l'usage de lui faire subir une préparation mécanique comme on le fait en grand. La plupart des dociniasistes prescrivent de le griller en y ajoutant le cinquième de son poids de charbon et de le laver ensuite par décantation, en l'agitant dans un vase haut et étroit, tel qu'une éprouvette, décantant Peau après quelques instants de repos, et réitérant cette manœuvre jusqu'à ce que le liquide cesse de se trotibler. Cette opération a pour objet de séparer les matières pyriteuses qui s'uniraient à l'étain pendant la fonle, en augmenteraient le poids et en altcreraienl la qualité ; mais on peut atteindre le même but d'une manière à la fois plus simple, plus expédilive ol beaucoup plus exacte. En effet

toutes les matières pyritenses et nrseiviciiles étant alséioent solubles dans Teau régale , il suffit ponr s'eo débarrasser de faire bouillir le minerai , réduit en poudre , avec un petit excès de cet acide pendant quelques instants , d'étendre d*eou , de jeter le résidu sur on filtre , et de le laver exactement. On fait ensuite sécher ce filtre , on en détache la matière , on brûle le papier , et Ton calcine le tout pour expnlser une petite quantité de soufre devenue libre par l'action de l'eau régale dont il peut être mélangé. Par ce moyen le minerai se trouve complètement purifié, sans qu'il ait pu se perdre la plus petite trace d'étain ; tandis que quand on emploie le lavage il est presque impossible d'éviter que quelques particules fines d'oxide d'étain ne soient entraînées avec les matières légères que l'eau retient en suspension.

Quand le minerai a été préparé soit par le grillage et le lavage, soit par l'ébullilion avec l'eau régule, on le fond dans un creuset brasqué , avec addition d'un flux convenable, h la température de 150®, absolument comme une matière ferrugineuse* Le choix du flux dépend de la nature des gangues. Il en est deux cependant qui peuvent servir dans tons les cas : ce sont le borax et le carbonate de sonde employés dans la proportion de 0,30 à 0^40 tout au plus. On conçoit pourquoi l'on peut employer le borax dans tous les cas, puisqu'on sait que ce sel a la faculté de faire fondre les matières terreuses de toute nature. Quant au carbonate de soude , quoiqu'il n'ait pas la même propriété , il peut toujours servir de fondant pour les minerais d'étain, parce que la gangue de ces minerais est toujours très-siliceuse.

Mais ces deux flux , étant volatils , ont l'inconvénient de ne pas permettre de vérifier l'exactitude des essais , et par conséquent d'obliger a les faire en double, afin qti*on puisse contrèler l'un par l'autre. Lorsqu'on tient à une grande précision il vaut donc mieux employer des fondants fixes comme pour les essais de fer. Ces fondants peuvent être , 1® les verres terreux très-calcaires, 2° le carbonate de chaux, et 3** un mélange de carbonate de chaux et de dolomie , selon les circonstances. Quant a la meilleure proportion à employer pour chacun de ces fondants , on n'a pas pour la déterminer les mêmes moyens que pour les minerais de fer, puisque l'oxide d'étain est, ainsi que ses gangues, inattaquable par les acides -, on ne peut donc l'apprécier que par approximation , d'après la p. s., et l'examen du minerai avec une forte loupe pour recoii naître la nature et l'abondance des snbstances pierreuses dont îl est mélangé ; et enfin en faisant un essai préliminaire avec du borax. Quelques schlichs d'étain , tels que ceux qp'on a recueillis à Pi-

riac, fondent sans addition, parce qu'ils renferment des pierres qui contiennent de la chaux et du manganèse.

Les scories qui proviennent du traitement des minerais soit au four a réverbère, soit au fourneau à manche^ fondent presque toutes aussi sans addition ; mais alors elles retiennent une assez grande proportion de fer et peut-être de roxided'étain. Pour doser exactement les métaux qu'elles contiennent il faut y ajouter de 0^15 à 0,30 de leur poids de carbonate de chaux . selon qu'elles sont riches ou pauvres,

10^ scories, n*» 1 10^,00

fondus sans addition , donnent :

Oxigène. 0,64

L'alliage est cassant, et contient les deux tiers de son poids de fer. La scorie est vitreuse et d'un vert bouteille.

lOi' même scorie 10^,00

2 carbonate de chaux = chaux. . . 1,12

donnent. . AIHa^^e. . . 2M0 j ,„^, ,,^„

Oxigène. 0,80

L'alliage est cassant ^ etc. La scorie est vitreuse et d*un vert pâle.

Les scories n** 3 , essayées sans addition , donnent 0,05 d'alliage en grenailles et une scorie vitreuse , transparente, d'un vert pâle.

10^ scories, n«» 6 10^^,00

fondus sans addition , donnent :

L'alliage est gris-blanc , grenu , très-cassant , et contient parties égales de fer et d'clain , et du tungstène. La scorie est vitreuse et brune.

10^ de la scorie , n* 6 10^,00

fondus sans addition , ont donné :

Alliage. . . 3^75 ) «, . , -., ^- Scorie. . . 5,12 j ^^^^'- ^J^

Oxigène. ""l,13

L'alliage est très-cassant , et contient 0,15 d'ctain et 0,09

RIOYEIVS D ESSAI. 480

lie tungstène. La scorie est vitreuse , d'un vert bouteille , et retient 0,15 d*oxide de fer.

Outre le culot métallique qu'on obtient dans nn essai , il y a toujours nne certaine quantité de grenailles à la surface de la scorie. Pour les recueillir on pile et l'on passe la poussière au tamis de soie : si le métal est malléable il reste en petites lames sur le tamis; s'il est cassant* il passe à travers avec la poussière de la scorie, mais dans ce cas, quand il est magnétique^ ce qui arrive assez souvent, on l'enlève à l'aide du barreau aimanté, et quand on ne peut employer ce moyen on lave avec grande précaution à l'augette à main , sous le courant d'un très-mince filet d'eau.

Qand on veut rechercher combien une scorie pourrait produire en grand d'étain pur ou susceptible d'être purifié par la liquation, on en fond une certaine quantité, 20 à 30^ par exemple , avec 0,10 à 0,13 de son poids de fer métallique en limailles ou en fil très-fin , dans un creuset nu , et Ton analyse le culot. On est certain d'ailleurs que l'étain est à peu près pur lorsqu'il n'est pas magnétique , et l'on sait qu'il peut èlre purifié par liquation toutes les fois qu'il est malléable. Gomme la scorie qui se produit dans l'essai est très-ferrugineuse ^ elle corrode fortement les creusets et les pénètre même souvent dans toute leur épaisseur* Pour /*vîter les accidents on met le mélange dans un très-petit creuset qu'on bouche^ et l'on place ce creuset dans un autre plus grand qu'on ferme exactement avec un couvercle; puis on chauffe à 1 50<> comme pour un essai de fer. Le culot métallique reste au fond du petit creuset.

ARTICLE II. — Elain du commerce ei divers alliages.

Il n'y a aucun moyen de doser par voie sèche Vétain contenu dans un alliage , il faut nécessairement recourir pour cela à h voie humide, Nous allons décrire succinctement les procédés qu'il faut suivre pour analyser les alliages les plus importants.

jélliages ferreux. — Le fer, le tungstène , etc., se réduisant en même temps que l'étain, les culots produits par les essais sont presque toujours des alliages qu'il faut analyser si l'on veut connaître la proportion exacte de l'étain. L'ana-*^ lyse de ces alliages est assez difficile : voici comment elle peut être faite. On réduit l'alliage en feuilles aussi minces que possible quand il a de la ductilité ^ ou bien on le pulvérise et on le broie quand il est cassant ; puis on le fait bouillir avec de l'acide murialique pur et concentré , jusqu'à ce que cet acide cesse d'agir sur le résidu. La dissolution contient l'étain et le fer ; on en précipite l'étain par le

490 ÉTAIW.

moyen du gaz hydrogène sulfuré, on recueille le dé})At, on le traite par Pacide nitrique, on évapore à sec , et l'on calcine le résiduy qui par là se trouve transformé en deutoxide d*étain pur. On fait bouillir la liqueur muriatîque, qui con* tient le fer y avec de Tacide nitrique, pour suroxider ce métal , et Ton en précipite Toxide par r«inmoniaqiie. La portion de Talliage non dissoute dans racide muriatiqtie est, du tungstène qui contient quelquefois un peu de fer : ou peut déterminer la proportion de celui-ci en chauffant le dép6t avec deux fois son poids de nitre dans un creuset d'argent , et lavant avec de Teau : le tungstène , amené à létal d'acide tungstique, se dissout, et Toxide de fer reste pur.

Quand Talliage contient beaucoup de fer il est moins facilement attaquable par Tacide muriatique que quand l'étain domine ; il devient nécessaire, pour le dissoudre, de prolonger Faction de Tacide muriatique pendant plusieurs heures , et alors une portion du tungstène s*oxide et colore la liqueur en bleu-foncé. Dans ce cas il convient de fondre Talliage avec son poids d'étain et une certaine quantité de borax, pour le défendre de l'action de l'air, et d'analyser ensuite le nouvel alliage comme il a été dit.

Les alliages d'élain contiennent quelquefois, outre le fer et le tungstène, de l'arsenicet du soufre ; le soufre se dégage en totalité à l'état d'hydrogène sulfuré , dans le traitement par l'acide muriatique , et l'arsenic en partie seulement à rélat d'hydrogène arsénié ; le surplus reste dans le résidu insoluble avec le tungstène. Pour doser ces substances il faut faire passer les gaz dans une liqueur contenant du sulfate de cuivre sur-saturé d'ammoniaque, recueillir le dépôt de sulfure et darséniure de cuivre qui se forme, et l'analyser. Dans ce cas l'opération est compliquée et ne peut guère être exécutée que dans des laboratoires où l'on s'occupe spécialement de recherches scientifiques.

É tains du commerce. — Les ètains du commerce peuvent «onlenir du cuivre , du plomb ^ du fer et de l'arsenic. Pour doser le cuivre et le plomb, on lamine l'étain^ et on le traite par l'acide nitrique pur à chaud , jusqu'à ce qu'il soit complètement oxidé ; oa rapproche jusqu'à sec , on reprend par l'eau , et l'on caloine le résidu. Si ce résidu est blanc , c'est de l'oxide d'étain pur ; pour peu qu'il contienne de fer il a une teinte jaunâtre décidée. On évapore ensuite les liqueurs ottriqties à siccité , et l'on calcine le résidu dans une capsule de platine dont le poids est connu ;on redtssout ce résidu dans l'acide nitrique pur, on précipite le plomb de la dissolution par l'acide sulfurique,et après cela le cuivre par uoe lame de fer ou par un carbonate alcalin. Pour doser le fer et l'arsenic on dissout une autre portion de l'étain dans

HOYERS D ESSAI. 401

racide muriatiqu» y et Ton se comporte oomoie nous Tavens d*éjà cNt.

Lorsque TéUiD ne contient pas de plomb on peut encore le (ratler par Tacide rourîatiqiie concentré ^ pour dissoudre 1 etain et le fer ; mais il faut arrêter Faction de Tacide avant que la totalité de Tétain ne soit dissoute^ sans quoi le cuivre se dissoudrait en même temps. On lave bien le résidu, on le traite par l'acide nitrique pur, etc. De cette manière on peut doser dans une même opération le cuivre et le fer.

Les marchands d'étain jugent de la pureté de ce métal de trois manières :

1® Au cri qu'il fait entendre, et qui est d'autant plus fort que Tétain est plus pur ; 2** en le coulant en balles dans un même moule, et en comparant entre eux les poids des balles de différents étains : ils regardent \e$ plus légères comme les plus pures ; mais ce moyen ne donne que des résultats très-incertains, et il est presque généralement aban- <lonné ; Z** par l'aspect que présente la surface de l'étain au moment où il se solidiGe : pour cela ils en fondent une certaine quantité qu'ils coulent, à une température convena* ble , très-basse et toujours à peg près la même , dans une cavité hémisphérique de 1 à S centimètres de diamètre ; et, lorsqu'il est solidifié , ils jugent de sa pureté à sa couleur et à l'état plus ou moins cristallin de sa surface : le plus pur est le plus blanc et celui qui présente le moins d'indices de cristallisation. Ce moyen d'épreuve est très-bon, et pent faire bien juger les qualités respectives de divers étains ^ lorsqu'on a un peu d'habitude. M. Caulhion, préparateur des feuilles d'étain à la manufacture des glaces de Paris , a reconnu que , lorsque l'on coule de l'étain pur en lingots ou en feuilles, il présente, après qu'il s'est solidifié, une surface parfaitement lisse, et sur laquelle on n'aperçoit pas le moindre indice de cristallisation ^ tandis qu'au contraire l'étain allié, quelque petite que soit la proportion des métaux étrangers qu'il renferme, se couvre çà et là de ramiii<^'itions aiguillées ou étoilées, et que ces apparences cristallines sont d'autant plus étendues que l'étain est moins pur.

Éiain et sine, — On analyse facilement les alliages d'étain et de Mtnc en les traitant par l'acide nitrique pur , qui ne dissont que le zinc. On dose le métal en évaporant la dissolution à sircité , et calcinant le résidu à la chaleur rouge pour changer le nitrate de zinc en oxide.

Éiain et antimoine, — Il est assez difficile de séparer exactement félain et Vantimoine l'un de l'autre. On connaît deux procédés, l'un dà à N. Chaudet , et l'autre à H. Gay- Lussac. — D*après M. Chaudet, on commence par déterminer approximativement la proportion de l'antimoine ; pour

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cela OD fond l'alliage avec son poids d'él«in , en ayant soin de le couvrir de charbon , pour éviter Foxidation ; on le lamine^ on le traite à chaud par 1*acide muriatique concentré, et Ton a , par le poids de la partie insoluble, la pro* portion approximative de Tanlinioine. Cette donnée obtenue, on prend 100 p. de Tallinge , et on le fond sous le charbon avec une quantité d*étain telle que le nouvel alliage ne renferme que 0,04 à 0,05 d*anlimoine au plus; on lamine ce nouvel alliage , on le coupe en petits morceaux qu'on introduit dans un matras ^ on verse dessus de Tacide muriatique à ^V^** , qu'on entretient en ébiillition pendant deux heures , et on lave le résidu , qui est Tantimoine pur. Si Talliage contient du plomb il faut le laminer avec soin, parce qu'il est alors peu ductile, et il suffît de le faire bouillir avec l'acide pendant une heure pour dissoudre tout l'étuin ; le plomb se dissout en même temps, et on le dose en le précipitant par l'acide sulfurique. — M. Gay-Lussac dissout l'alliage dans l'acide muriatique en excès , aiguisé de petites doses successives d'acide nitrique ; il plonge dans la liqueur un barreau d'étain ^ qui . à l'aide de la chaleur , précipite prompteraent la totalité de l'antimoine sous forme d'une poudre noire ; il lave bien le précipité^ le dessèche à la température de l'eau bouillante, et le pèse.

Etain et plomb, — Pour analyser les alliages d'é/am et de plomb on les traite par l'acide nitrique pur , qui ne dissout que le plomb ; on rapproche presqu'à sec pour chasser l'excès d'acide , on reprend par l'eau, et en versant de l'acide sulfurique dans la liqueur on en précipite le plomb à l'état de sulfate.

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