Ne hasarder jamais sa personne sans nécessité
Polybe ' établit , comme une maxime essentielle et capitale pour un commandant, que jamais il ne doit exposer sa personne quand l'action n'est point générale et décisive, et qu'alors mêmeil doits'éloigner du dangerle plus qu'il lui est possible. 11 fortifie cette maxime par l'exemple contraire de Marcellus, dont la bravoure téméraire, peu convenableàun chefdesonâgeetdeson expérience , lui coûta la vie et pensa ruiner l'empire. C'est à cettu occasion qu'il remarque qu'Annibal , qu'on ne soupçonnera pas sans doute de timidité et d'un trop grand amour de la vie , dans tous les combats qu'il donna eut toujours soin de mettre sa personne en sûreté. Et il fait la même remarque au sujet de Scipion », qui , dans le siège de Carthagène , fut obligé de payer de sa personne et de s'exposer au danger, mais qui le fit avec sagesse et circonspection.
Plutarque , dans la comparaison qu'il fait de Pélopidas et de Marcellus , dit que la blessure ou la mort d'un général ne doit pas être simplement un accident, mais un moyen qui contribue au succès , et qui influe dans la victoire et le salut de l'armée : Où iràôoç, àCKkk irpàçiç, et il regrette que les deux grands hommes dont il parle aient sacrifié à leur valeur toutes leurs autres vertus en prodiguant sans nécessité leur sang et leur vie, et qu'ils soient morts pour eux-mêmes et non pour la patrie, à laquelle les généraux sont comptables de leur mort aussi bien que de leur vie.