‹ Traite des etudes. -- (volume 3)Chapitre 47 sur 75 · PREMIER ÉTABLISSEMENT · texte numérisé non relu

PREMIER ÉTABLISSEMENT

Sénat.

De tous les nouveaux établissements de Lycurgue , le plus grand et le plus considérable fut celui du sénat, lequel, comme dit Platon, tempérant la puissance trop absolue des rois par une autorité égale à la leur , fut la principale cause du salut de cet État. Car, au lieu qu'auparavant il était toujours chancelant, et qu'il penchait tantôt vers la tyrannie par la violence des rois, tantôt vers la démocratie par le pouvoir trop absolu du peuple , ce sénat lui servit comme d'un contre-poids qui le maintint dans l'équilibre et qui lui donna une assiette ferme et assurée; les vingthuit' sénateurs qui le composaient se rangeant du côté des rois quand le peuple voulait se rendre trop puissant, et fortifiant au

' r.e conseil était compo8<> de trente personnes, en *y comprenant les deux

36r> TRAITE DÏÏS ETri)ES.

contraire le parti du peuple quand les rois voulaient porter tro(i loin leur autorité.

Lycurgue ayant ainsi tempéré le gouvernement , ceux qui vinrent après lui trouvèrent la puissance des trente qui composaient le sénat encore trop forte et trop absolue ; c'est pourquoi ils lui donnèrent un frein en lui opposant l'autorité des éphores ' , environ cent trente ans après Lycurgue. Les éphores étaient aunombredecinq,et ne demeuraient qu'un an en charge. Ils avaient droit de faire arrêter les rois et de les faire mener en prison, comme cela arriva à l'égard de Pausanias. Ce fut sous le roi Théopompe que commencèrent les éphores. Sa femme lui ayant reproché qu'il laisserait à ses enfants la royauté beaucoup moindre qu'il ne Pavait reçue, il lui répondit : Au contraire, je la leur laisserai plus grande, parce qu'ej^ sera plus durable '.

Page 1