Discours impie et lettre blasphématoire de Sentiachérib
Le discours et la lettre de Sennachérib ' nous paraissent avec raison impies, insensés, détestables, dans k bouche d'un ver de terre contre la majesté divine. Ce roi , aveuglé par ses heureux succès , dont il ignorait la véritable cause , pensait du Dieu de Juda ce qu'il croyait de tous les autres dieux , dont la puissance, selon lui , était boipaée à certaines régions et à certains effets particuliers , et qu'on ne laissait pas de bien battre, malgré leur divinité. Il ne voyait rien , dans le Dieu disrael , qui le distinguât de la foule des dieux vaincus. Son empire était lenfermé dans les bornes étroites d'un petit pays , et relégué dans des montagnes ; son nom n*étaît guère connu que parmi les peuples voisins. Ce Dieu avait déjà laissé enlever dix tribus par les rois de Kinive. Il venait de perdre toutes les villes fortes de la tribu de Juda, qui srale lui restait; et toute sa domination , tout son peuple, tous ses adorateurs et toute sa religion étaient réduits à une seule ville sur la terre, sans qu'il parût qu'il eût la pensée ou le pouvoir de la garantir d'une ruine que Sennachérib regardait comme assurée.
Il est beau de voir comment Dieu s'applique à confondre l'or* gueil insolent de ce prince, qui se faisait appeler le grand roi, le roi par excellence; qui se considérait comme un conquérant invincible , comme le maître de la terre , comme le vainqueur des hommes et des dieux. Ce prince si fier et si orgueilleux , le Dieu dlsraël le traitera comme une béte féroce, et, en lui mettant un cercle au nez et un mors à la bouche, il le remènera couvert de honte et d'infamie par le même chemin par lequel il était venu plein de gloire et triomphant. Voilà où se termine l'orgueil des hommes.