A MAXIME
« Ces jours passés, la maladie d'un de mes amis me fit laire « cette réflexion , que nous sommes fort gens de bien quand nous <i sommes malades. Car quel est le malade que l'avarice ou l'am a bition tourmente? Il n'est plus enivré d'amour, entêté d'hon- « neurs. Il néglige le bien , et compte toujours avoir assez du a peu qu'il se voit sur le point de quitter. Il croit des dieux , et « il se souvient qu'il est homme. Il n'envie, il n'admiré, il ne « méprise la fortune de personne. Les médisances ne lui font ni « impression ni plaisir. Toute son imagination n'est occupée que « de bains et de fontaines. Tout ce qu'il se propose, s'il en peut « échapper, c'est de mener à l'avenir une vie douce et tranquille, « une vie innocente et heureuse. Je puis donc nous faire ici à a tots deux en peu de mots une leçon dont les philosophes font « des volumes entiers. Persévérons à être tels pendant la santé « que nous nous proposons de devenir quand nous sommes ma- « lades. Adieu. »
Au lieu de réflexions sur cette lettre , j'en ajouterai une autre qui m'a paru fort belle et fort intéressante : elle terminera ce petit recueil.