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l'Albert,
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Nombre de blancs embarqués
est
Id., attaqués de la fièvre. ... •
Id. . morts
Nombre de marins noirs recrutés en Angleterre
Id., attaqués de la fièvre
Nombre de marins noirs recrutés sur la côte d'Afrique. .
Id., attaqués de la fièvre
(1) Laveran, article Antagonisme du Dictionnaire enq/clopédique des sciences médicales. Paris, 1807.
(2) Médical History of the Expédition to the Niger during the years^ 1841-42. LondoOy 1843.
Ce tableau indique évidemment une énorme différence entre les dangers courus et les pertes subies, dans un milieu identique, par les soldats blancs d'une part, de l'autre par les soldats de couleur ; mais une vérité non moins évidente qui ressort de ce même tableau, c'est que, malgré leur identité de race, les marins noirs amenés d'Angleterre ont souffert infiniment plus que ceux qu'on avait recrutés sur les lieux mêmes, comme si le nègre perdait en partie l'influence préservatrice de son origine, quand il se retrouvait exposé aux émanations palustres de son propre pays après avoir vécu un temps plus ou moins long dans des climats plus salubres.
Comme l'établit M. Laveran, ce n'est donc pas à leur condition de race que, dans cette expédition, les hommes de couleur ont dû leur préserv^ation relative; le nombre et la gravité des manifestations aiguës ont été proportionnels au degré d'assuétude aux conditions locales du sol ; les moins habitués ont été le plus cruellement frappés, conformément à la maxime déjà citée de Lancisi : « Qui puro è cœlo ad palustre se conferunt, eô deterius afficiuntur quô feliciori assueverint » (voir page 121).
On aurait donc tort de croire que la race noire pourrait, sans nul danger pour elle-même, épargner aux blancs les périls des opérations initiales de leur installation dans les régions à fièvres. Si les nègres jouissent parfois d'une immunité relative très-prononcée, dans leur propre pays, ce n'est pas en raison d'un bénéfice spécial à leur race, c'est au même titre que tous les indigènes, que les créoles mêmes, qui sont plus exposés aux formes chroniques qu'aux manifestations aiguës de l'intoxication; comme nous l'avons dit déjà, les observateurs, qui ont habité au voisinage des peuplades nègres de l'Afrique, leur ont reconnu les principaux attributs de la cachexie palustre, d'une part la fréquence du type quarte, d'autre part l'engorgement splé-
nîque (1). En résumé, l'on ne peut baser sur une croyance trop absolue à la préservation des n^res un système prophylactique analogue, par exemple, à celui qu'on a établi avec tant de raisons contre la fièvre jaune, dont incontestablement les régiments noirs affronteront sans péril les foyers et préserveront ainsi les troupes blanches (2). Au point de vue des fièvres, le n^re de la côte occidentale d'Afrique a surtout sur l'Européen le bénéfice de son origine plus méridionale; c'est pour la même raison qu'en Algérie l'Espagnol résiste mieux que le Français aux dangers de la culture du soL
B. mFLUEKCE PEOPBTLACTIQVK BC Là »ATE D'iBBITéc »!» LCfPATi WttWnWOL.
La connaissance des limites saisonnières dans lesquelles s'accomplit habituellement l'endémo-épid^nie annuelle des paysà fièvres est de la plus haute importance poor la détermination des époques auxquelles les étrangers pourront s'y rendre avec le moins de risques dlntoxieatiim immédiale* Nous avons établi {dus haut, d'après des bitê lUMobTtm (3)^ l'assujettissement de cette période é^^&koAqpe à eertaiMf conditions météorologiques régulières, et partieulièremeiit au retour des saisons. Les limites de la durée do résilie des fièvres que nous avons établies yMtr les té^M» de la zone médilaraiiéaine, \lilermé les avait <f^paleiiieiiit indiquées pour ks foyers marécageux de U Frajoiee el de la Hollande; il avait eoostaté, d'après la nyutitkm fM* mum
(I) Pvmâ ks wiiiluffeii ^sién^f^^ €^'. Tiei*3u^n, '09t yuCjçssi^ak. Mm: «s^^mé» comme ks i£iacK ux le»?» 21 .»rmr^»*ar.^ : «m «^'m >f'e«!»Gf!ns tfKirtfii^ fois le tjpeçrarîer.
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d'un chiffre considérable de décès, cent quatre- vingt mille, que dans ces dernières localités le maximum de la mortalité ne se produisait pas aux mêmes époques que dans les régions salubres des climats tempérés, et que ce maximum correspondait surtout aux mois de juillet, août, septembre et octobre (1).
Il est donc essentiel, dans les pays à fièvres de la zone tempérée, d'utiliser cette période d'intervalle des épidémies pour les visiter ou les habiter avec le moins de danger possible ; les six premiers mois de l'année seront les plus favorables sous ce rapport. Si l'on se rappelle en outre qu'en général l'individu, qui n'a pas eu antérieurement la fièvre, a grande chance d'échapper à l'influence du miasme, quand il arrive après l'époque du règne des formes initiales de l'intoxication,de la fièvre rémittente en particulier (2), on comprendra qu'il puisse devancer la fin de la période épidémique, et se rendre soit à Rome, soit en Algérie avant la fin de septembre, à l'époque oîi beaucoup de résidents subissent encore par de nombreuses récidives l'influence de leur séjour antérieur et d'une première atteinte qui les a frappés durant la saison chaude. C'est une des raisons qui ont contribué à donner au mois d'octobre à Rome sa réputation de salubrité (3).
J'ai cité plus haut des exemples des dangers courus par ceux qui arrivent au début de la période épidémique avec la chance d'en subir ainsi toutes les épreuves (p. 122); tandis que, venant pendant la saison favorable, ayant devant lui
(1) Villermé, de V influence des marais sur la vie (Annaies d'hygiène^ 1834, t. XI).
(2) Voir p. 123.
(3) tt Octobre est le mois favori des Romains ; il se montre comme un port après la traversée de la saison néfaste, offrant de longues chances de santé et de vie. Des pluies abondantes pénètrent la terre, raniment les racines des plantes, en développent les germes ; un second printemps commence. » (Dt Tournon, loc, cit., 1. 1, p. 228.)
plusieurs mois pour s'habituer à l'influence des lieux, et acquérir en somme quelques-unes des conditions d'immunité relative de l'indigène, l'étranger se trouvera, au moment de l'explosion des fièvres, bien moins sujet à en subir les formes les plus graves.
L'application de ces règles est bien autrement importante encore dans les pays chauds, oîi les dangers de l'intoxication sont plus immédiats pour les nouveaux venus. Thévenot déjà conseillait de tenir grand compte de cette importance de la date d'arrivée des troupes au Sénégal, et de n'y envoyer les nouveaux régiments que pendant l'hiver. Ces conseils, tant de fois répétés depuis, sont aujourd'hui mis en pratique, et maintenant les postes du haut Sénégal ne reçoivent plus le contingent européen de la garnison qu'en octobre, époque de déclin de l'hivernage; ces troupes ne subissent donc plus en arrivant l'impaludation aiguë (1).
C. KATOKE DES MOYENS PBOPHTLACTIQUES A EMPLOYER PENDANT LA BéSiDEHCE
DES ÉTRANGERS DANS LES PATS FIÉVREOX.
Ce n'est pas seulement pour le choix de l'époque d'arrivée dans les pays malsains qu'il sera utile de profiter de cette périodicité des épidémies annuelles ; une fois établis dans ces régions, les colons comme les soldats ne devront être, autant que possible, exposés aux conditions qui augmenteront pour eux les dangers du sol, défrichements, expéditions militaires, que pendant la bonne saison, et 1 on s'efforcera de les soustraire à ces dangers durant la période endémo-épidémique.
Ces mesures seront spécialement appliquées à ceux qu'une première atteinte aura éprouvés, et plus particuliè-
(I) ThaljT^ Estm de topographie médicale du haut Sénégal {Àrchitei de médecine navale, 1867, t. VU, p. ICI}.
rement prédisposés dès lors aux récidives pendant la saison dangereuse. Elles seront importantes surtout dans les régions de la zone intertropicale dont l'éloignement ne permet pas le rapatriement immédiat des malades comme dans nos possessions du nord de TAfrique, et dans notre armée des Etats PontiGcaux.
i^ Séjour sur les altitudes*
c( Cet asile pour la santé, ditLind, se trouve dans presque toutes les parties du monde (1). » Et, en eflfet, à côté delà plupart des localités malsaines des climats chauds, des altitudes s'élèvent sur lesquelles l'homme trouvera un abri momentané contre les exhalaisons des plaines voisines ; «les villes les plus insalubres des Indes occidentales, Batavia, Bombay, Calcutta, sont avoisinées par des sites montagneiiy, oîï conduisent aujourd'hui des routes très-commodes, et où les Européens peuvent échapper, pendant les mois les plus dangereux, aux atteintes de la malaria. Les Anglais donnent le nom de sanatorium à ces stations salubres, qui sont au nombre de six pour la seule présidence de Calcutta : la plus remarquable est celle de Sîmla, située à7, 000 pieds au-dessus delà mer, et reliée, malgré sa distance de Calcutta (700 lieues), par une route carrossable taillée dans les flancs de l'Himalaya (2). » Il en est de même dans plusieurs de nos colonies : à la Guadeloupe, où nos troupes trouvent dans la résidence élevée du camp Jacob un asile contre l'insalubrité du littoral, à Madagascar d'où l'on envoie les fiévreux sur les- hauteurs volcaniques de l'île de la Réunion (3) qui, jusqu'à ces derniers temps, semblait à l'abri des endémies de fièvre.
(1) Lind, loc, cit., p. 279.
(2) Leroy de Méricourt, article Altitude in Dictionnaire encyciopédique des sciences médicales. T. 111, p. 484.
(3) Dutroulau, loc. cit.^ p. 255, et Leroy de Méricourt, loc. cit.
« Dans les pays où la chaleur et l'humidité impriment un funeste essor au dégagement miasmatique, on ne saurait trop rappeler aux chefe de l'armée, aux chefs des émigrations, les influences préservatives de la climatologie verticale (i). »
Drake (2) avait essayé de formuler mathématiquement la hauteur absolue à laquelle les altitudes conféreraient l'immunité contre les atteintes du miasme. Comme nous l'avons dit plus haut (3), l'altitude préservatrice ne doit être déterminée que relativement à l'altitude même du foyer de la fièvre. Sur les hauts plateauxdu Mexique, à plus de 2,200 mètres de hauteur absolue, nos collègues de l'expédition, et en particulier MM. Léon Coindet (4) et Libermann (S) ont observé toutes les formes de la fièvre à cause du voisinage, à la même hauteur, des conditions palustres, et nous avons dit que des faits du même genre avaient été observés dans les pays les plus différents par Tschudi, Frank, Balfour, etc.
La limite minimum à laquelle il faudra s'élever, non pas d'une manière absolue, mais relativement au foyer de la malaria, varie elle-même suivant les climats, c'est-à-dire suivant l'intensité de la cause toxique dont la chaleur augmente la puissance. Si, en Italie, une altitude de trois à quatre cents mètres (Albano, Frascati) est suffisante contre les exhalaisons de la Campagne romaine, il faudra aux Indes orientales, sur la côte occidentale d'Afrique, aux Antilles, s'éloigner beaucoup plus de la source du miasme,
(1) Michel Levy, loc, cit.^ p. 641.
(2) Drake^ Systematic treatise on the principal Diseases of ihe inierior valley of North- America. Philadelphie, 1854.
(3) Voir ÉTiOLOGiE, p. 49.
(4) Léon CoîDdet n'a cependant pas rencontré à cette hauteur des fièvres pernicieuses, et il a constaté de plus le peu de retentissement de Tintoxication sur le loie et la rate. (Coindet, le Mexique, t. II, p. 261 .) L'intensité du poison avait diminué par conséquent sous l'influence de Taltitude, comme il diminue sous rinfluence d'une latitude plus septentrionale.
(6) Libermann, loc, cit»
et s*élever de six à huit cents mètres au-dessus d'elle (1). Quand ce sont des individus déjà malades que l'on déplace ainsi, et quand ce déplacement a lieu pendant la saison des fièvres, il est essentiel que l'évacuation se fosse avec rapidité sans temps d'arrêt au milieu des plaines insalubres qu'il faut souvent traverser. En 1866, un convoi de convalescents fut envoyé de Rome dans une localité voisine, la Tolfa, située au sommet d'un dôme trachytique, à 500 mètres environ d*altitude au-dessus de la campagne. Pendant le trajet, fait au commencement de septembre, au moment où cette campagne était à son maximum d'insalubrité, l'état des malades s'aggrava, et plusieurs d'entre eux éprouvèrent de sérieuses rechutes en arrivant à la Tolfa.
2^ Sf|o«r em ater.
Lorsqu'en raison de la configuration plane du pays, et du manque d'altitudes suffisantes, il faut chercher quelque autre moyen de protection, il en est un qui de tous est le plus efficace comme le plus naturel, mais dont malheureusement l'application est loin d'être toujours possible, c'est le séjour en mer, à une certaine distance des côtes, sur des vaisseaux ou hôpitaux flottants ; nulle résidence ne peut en effet soustraire plus complètement le fiévreux à l'influence du sol dont relève toute son affection ; aussi cette mesure a-t-elle été vivement recommandée par deux éminents observateurs des maladies des pays chauds, Lind (2), et Thévenot (3). Aujourd'hui les Anglais obtiennent les meilleurs résultats de l'établissement d'hospices flottants dans la rade de Bombay. <c Tous les chirurgiens majors
(i) Aitkeii, loc. cil,
(V) Lind, Essai, etc. p. 225 et 253.
{''^i TliéNcnot, Traitéy etc., p. 37G.
qui se sont succédé dans la direction du service de santé de la division navale de la côte occidentale d'Afrique, MM. Raoul, Lamaud, Fonssagrives, etc., ont fait cette remarque importante sur Timmunilé que confère au Gabon le séjour à bord des navires de la station contre l'invasion de la fièvre bilieuse ; on ne l'observe que sur des hommes habitant à terre, ou ayant contracté la maladie à terre (1). » Évidemment il faudra que les navires, ainsi transformés en lieu de refuge, ne restent pas mouillés dans l'intérieur des ports étroits et insalubres (2). Plus la distance de la côte sera considérable, plus la protection sera évidemment assurée. M. Worms a vu des matelots ancrés près de Boneêtre atteints de la fièvre, et des navires situés à uAe portée de fusil plus loin être complètement indemnes. Dans l'enceinte même du port, les matelots séjournant à bord jouiront d'une immunité relative comparativement aux habitants qui résident à terre. « Les équipages du commerce à Saint-Louis donnent, terme moyen, un cinquième ou peut-être un huitième seulement de leurs hommes à l'hôpital de cette ville, tandis que la garnison blanche donne un nombre trois fois plus fort que l'effectif (3). »
C'est par l'établissement de comptoirs flottants que le commerce du littoral de la Guinée peut se continuer durant la redoutable période de l'hivernage, et, grâce à cet abri, un grand nombre d'individus parviennent à vivre au voisinage d'un sol meurtrier.
Certaines îles offriront des asïles analogues dont il faut savoir profiter durant la période épidémique ; telles sont les îles du littoral delà Guyane, telle est surtout Tllede Corée, rocher complètement aride, qui n'a ni terre végétale ni eau, et dont la masse pierreuse, n'offrant aucune des
(1) Barthélémy- Benott, Archives de médecine navale, t. IV, p. 225.
(2) Dutroulan, loc. cit.^ p. *IhA,
(3) Thévenot, loc. cit., p. tG3.