‹ Traité des fièvres, ou, Irritations cérébrospinales intermittentes d'après des observations recueillies France, en corse et en AfriqueChapitre 4 sur 94 · X AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

X AVERTISSEMENT

les premiers accès , elles s'accompagnent de signes de phleginasie ou d'irritation seulement ; c'estainsi encore que je détermine , de la même manière , après combien d'accès surviennent le plus souvent, suivant les types, les accideiis pernicieux. On verra également quelle est la moyenne de la mortalité que fournissent les fièvres pernicieuses; et ici Ton trouvera que je suis loin de partager l'opinion généralement admise sur l'issue ordinaire de ces terribles affections.

Si jene m'abuse , je crois qu'on ne lira pas sans intérêt ce que je rapporte sur une variété de ces lièvres pernicieuses qu'on a rarement occasion de voir en France ; je veux parler de X\ fièvre algide , qui a tant d'analogie avec le choléra, et dont l'étude aidera un jour, je n en doute pas, à soulever le voile qui nous dérobe encore la nature de cette cruelle maladie.

La thérapeutique des fièvres pernicieuses , telle que nous l'a laisée Torti , telle que nous l'ont transmise ses successeurs, semble mal s'accorder avec les opinions généralement reçues aujourd'hui. A l'aurore de l'immense révolution qui s'est opérée en médecine , il y a quelques années , on a pensé que l'on devait surtout s'attacher à combattre les phlegmasies viscérales liées aux accès, et n'administrer les fébrifuges qu'après avoir détruit tous les points d'irritation. Mais ces tentatives ont

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échoué dans les pays chauds et marécageux : il a fallu, comme le praticien deModène, donner le quinquina à très-haute dose pendant les paroxysmes, alors que la langue révélait la vive surexcitation de l'estomac ; et, comme lui, on a réussi, on a arrêté la fièvre. Bien plus, on a été plus heureux que lui, et on devait l'être, parce que Ton combattait par des moyens largement antiphlogistiques les irritations gastro-intestinales qu'il traitait par des purgatifs. Cet essai de la méthode de Torti modifiée par les idées de la doctrine du Val-de- Grâce a été fait , avec le plus grand succès, dans les armées françaises , en Morée et en Afrique. Le cri de la réforme était parti du sein des camps : c'était dans les camps que devait se décider la question. Déjà M. Faure a fait connaître le résultat de ses observations. D'autres médecins ne tarderont pas sans doute à suivre son exemple. Possesseur de matériaux propres à jeter quelque jour sur ce point important de médecine pratique, j'ai cru qu'il était de mon devoir de les publier. Si je n'ai pas tiré des documens que j'ai été à même de recueillir tout le parti qu'on pouvait en attendre , j'ose espérer qu'on me tiendra compte de nia position errante de médecin militaire et des difficultés immenses dont nous sommes entourés aux armées. Qu'il me soit permis de donner ici un témoignage public de ma reconnaissance aux jeunes colla-

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