‹ Traité des fièvres palustresChapitre 151 sur 166 · CACHEXIE LL · texte numérisé non relu

CACHEXIE LL

potassium, qui, selon lui, diminue la gravité des accidents du paludisme, en agissant sur la sensibilité réflexe de la moelle. (E. Vallin, De l'emploi du bromure de potassium comme adjuvant dans le traitement des fièvres inter mittentes. Bulletin de thérapeutique, 1873.)

Lorsqu'il existe des vomissements, les boissons gazeuses, le vin de Champagne, la glace sont indiqués ; une injection hypodermique de chlorhydrate de morphine (un centigramme) pratiquée à l’épigastre, réussit souvent à calmer les vomissements ; on prescrira l'opium à l'intérieur, s'il existe en même temps une diarrhée abondante ; enfin si les vomissements persistent, on pourra appliquer à l'épigastre un vésicatoire qui sera pansé ensuile à l'aide de la morphine.

Dans la fièvre bilieuse palustre, l'ipéca et le calomel rendent de grands services, mais ici encore la première indication est de faire prendre de la quinine. Dans la bilieuse hématurique, on a recommandé le tannin, le perchlorure de fer, les venlouses scarifiées à la région lombaire.

Lorsque les paludiques sont arrivés à la période de cachexie, le médecin a une double indication à remplir: 1° il doit s’opposer, autant que possible, à l’aide de la médication spécifique, à la repullulation des microbes dans le sang ; il doit s’efforcer de combattre l’anémie et la faiblesse générale. J'ai insisté à plusieurs reprises sur la facilité avec laquelle les parasites se développent dans des organismes débilités, dont la force de résistance et la vitalité sont diminuées, il importe donc, pour chasser du sang les microbes du paludisme, de mettre l'organisme en état de lutter et de se défendre lui-même, si j'ose

ainsi dire.

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Le quinquina remplit très bien ces deux indications, aussi la plupart des auteurs sont-ils d'accord pour dire que dans le traitement de la cachexie palustre, il doit être préféré au sulfate de quinine lui-même. Le quinquina, s’il a des propriétés fé-

brifuges moins énergiques que le sulfate de quinine, jouit en effet

de propriétés toniques que ne possède pas au même degré le sulfate de quinine.

On prescrira par exemple le vin de quinquina additionné d’ex-

trait de quinquina.

Il est d'usage de faire prendre le vin de quinquina

avant les repass et en général cette méthode n'a pas d’inconvénients ; chez les sujets très affaiblis, dyspeptiques ou chez lesquels le quinquina provoque des aigreurs d'estomac, on peut, comme l’a conseillé M. Vallin, faire prendre le qninquina au milieu des repas; le quinquina se mélange aux aliments et par suite il irrite moins la muqueuse, mais dans ces conditions l'absorption des principes actifs paraît être beaucoup moins complète que lorsque le quinquina est ingéré à jeun, et puis le quinquina ne joue plus que très incomplètement son rôle d’apéritif, qui est important. (Griesinger, op. cit., p. 104. Note de M. Vallin.)

Le fer et l’arsenic sont très utiles dans le traitement de la cachexie palustre. L'acide arsénieux doit être prescrit à petite dose (5 à 15 milligrammes par jour), et pendant longtemps; on peut utiliser les solutions de Fowler et de Pearson.

L'hydrothérapie rend ici de très grands services ; la douche froide peut, ilest vrai, provoquer une rechute de fièvre; aussi faut-ilavoir soin de ne prescrire les douches qu'après avoir fait prendre quelques doses de sulfate de quinine.

On prescrira d’abord des douches générales en pluie et si

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