‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 55 sur 103 · OBSERVATION XLVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLVIII

FlftVRB tNTBRUITTBNTB QU0TID1BNM8. DYSBNTSaiB. CACHBXIB PALUSTRB. HICROBBSPlt PALUDISKB

Galir.., Ki'ndarme, Affé de trente-trois ans, entre t>rhApltal militaire de Conittantlne le T novembre iBBJ.Gabr... a quinseansde wrvice, Il esi eu Algérie depuis le mois de mars ISBi. Pas ds nsladies graves antérieures à l'arrivie en Algérie. Gabr... a prli la

0B8EBVATI0NS 335

ûèyre mtermittente pour la première fois le 16 septembre 1892 à AïD MHla ; la fièvre a persisté sans rémission notable du 16 au 24 septembre 1882 et a cédé au sul&te de quinine. Rechute de fiè?re le 27 septembre, accès quotidiens sans frisson initial; la fièvre cède encore au sulfate de quinine, mais reparait au bout de quelques jours.

Le 12 octobre première entrée à l'hôpital militaire de Constantine pour fièvre intermittente. La lièvre cède facilement au sulfate de quinine, mais le malade contracte àThôpital une dysenterie aiguë» qui est traitée par les purgatifs salins et le calomel.

Le malade sort de Thôpltal le 4 novembre ; la ûèvro reparsdt le 5, et Gabr... rentre dans mon service le 7 novembre. Accès quotidiens les

, Set 7 novembre.

7 novembre. A trois heures du soir la température axiUaire est de 39*. Anémie profonde, amaigrissement, faiblesse générale. (Sulfate de quinine 0<s80.)

S novembre. 37M le matin, 38* le soir. (Potages. Sulfate de quinine û<%80 matin et soir.)

9 novembre, 37* le matin; le soir Tapyrexie persiste. Rechute de dysenterie : selles muqueuses et sanguinolentes très fréquentes, coliques, ténesme. (Potages, lait. Sulfate de quinine 0<%80.)

10 novembre. L'apyrexie persiste. Le sulfate de quinine est continuée la dose de (M%60 Jusqu'au 16 novembre. Je prescris les purgatifs salins et le calomel du lO au 12 novembre. Le 13 novembre la dysenterie a disparu presque complètement.

19 novembre. Rechute de fièvre; à midi 38* ,9, & trois heures trente . du soir 38*,3. (Sulfate de quinine 1 gramme le soir.)

Examen du sang fait le 19 novembre à une heure trente du soir (pendant raccès) ; corps nM en grand nombre, corps ovalaires intermédiaires aux corps n* 1 et n* 2, corps n* 2 immobiles ou munis de filaments mobiles, filaments mobiles libres, leucocytes méianifères.

Sû.novembre. 37«,3iemaUn. Le soir Tapyrexie persiste. Aspect cachectique, anémie profonde, teinte terreuse de la face, muqueuses décolorées, amaigrissement très marqué, faiblesse générale, essoufûement au moindre effort ; tremblement très marqué des extrémi-

336 FORMES CLINIOUES

tés supérieures. Langue assez belle, anorexie, selles normales, h dysenlerie na pas reparu. La maUté splénique mesure ts'cenlimètres de haut sur 16 de large, la rate déborde notablement les fausses côtes. (Une demi- portion. Sulfate de quinine l gramme. Vin de quinquina.)

2t novembre. L*apjrexie persiste. L'appétit revient. (Une portion.) Sulfate de quinine 1 gramme. Vin de quinquina. Café.) Examen du sang fait le 21 au matin : corps n* 1 et n* 2 moins nombreux que le 19, je trouve encore quelques corps n* 2 munis de filaments mobiles, leucocytes mélanifères.

22-27 novembre. Pas de rechute de fièvre ; le sulfate de quinloe est continué à la dose de 0^,60 par jour jusqu'au 27 novembre.

Examen du sang fait le 26 novembre au matin : Corps n* 1 et n* 2 eA petit nombre, pas de filaments mobiles.

29 novembre. Rechute de fièvre ; accès vers trois heures du soir sans frisson initial ; à quatre heures du soir,39*,4.

30 novembre. 37%4 le matin, 3S*,2 le soir. (Sulfate de quinine 1 gramme malin et soir.^

Examen du sang fait le 30 novembre : corps n* 1 et n* 2 en petit nombre. Corps n* 3. Leucocytes mélanifères.

t*' décembre. 38*.5 le matin. Apyrexie complète le soir. (Sulfate de quinine 1 gramme.)

2 décembre. 36%8 le matin. Le soir Tapyrexie persiste. L*appétit revient. (Une portion. Sulfate de quinine 0^80. Vin de quinquina. Café.)

Les jours suivants Tapyrexie persiste. Le sulfate de quinine est continué à la dose deO^'.SO par jour. Le malade, qui a obtenu un congé de convalescence, sort le 7 décembre 1882.

Pendant le congé, qu'il passe dans la province deConstantine, le malade a quelques accès légers de fièvre pour lesquels il ne fait aucun traitement.

Au bout d'un mois, Gab .. rentre à son poste d*AînMlila. Laflêrrc reparaît tous les dix jours environ ; accès légers ; aucun traitement.

Le 15 mars 1883 rechute grave de fièvre intermittente. I^ malade vomit tout ce qu*il prend, il rentre dans mon service à Thôpital militaire de Constantine le 20 mars 1$S3.

20 mars Apyrexie, anémie profor.de, teinte terreuse très mar-

quée à la face. Amaigrissement. Aspect cachectique. Anorexie. Nausées. Céphalalgie. Point splénique assez douloureux. La zone de matité splénique mesure 9 centimètres de haut sur 11 centimètres de large. Pas de diarrhée. Bronchite légère. (Potages. Limonade.)

21 mars. Apyrexie matin et soir. Le malade se trouve un peu mieux, il n'a pas vomi hier et les nausées ont disparu ce matin.

Examen du sang fait le 21 mars à deux heures du soir : corps n* 2 libres ou accolés à des hématies, corps n* 2 de petit volume libres ou accolés à des hématies, corps n* 2 renfermant des grains pigmentés mobiles, leucocytes mélanifères. (Une demi-portion. Sulfate de quinine 1 gramme le 21 au soir.)

22 mars.. Apjrexie le matin. Sulfate de quinine l gramme le matin. Malgré le sulfate de quinine qui a été pris le 21 au soir et le 22 au matin, le malade a un accès de fièvre le 22 dans la journée, à quatre heures du soir la température axillaire est de 40*,6. (Sulfate de quinine O^^tâO le 22 au soir.)

23 mars. 37%3 le matin. Le soir Ta^yrexie persiste. Examen du sang fait le 23 mars à trois heures du soir : corps n* 2 beaucoup plus rares que le2l, quelques-uns de ces corps renferment des grains pigmentés mobiles, leucocytes mélanifères plus nombreux que dans Texamen fait le 21. (Une demi-portion. Sulfate de quinine 0<%80 matin et soir. Vin de quinquina.)

24 mars. L'apyrexie persiste. Le malade se trouve beaucoup mieux. L*appétit et les forces reviennent, il n'y a plus ni vomissements ni nausées. (Une demi-portion. Sulfate de quinine 0«^0. Vin de quinquina. Café noir.)

2Ô-26 mars. L'apyrexie persiste. L'amélioration continue. Examen du sang Cait le 26 mars au matin : je ne trouve plus aucun élément parasitaire, ni même de leucocytes mélanifères. (Une portion. Vin de quinquina. Café noir. Sulfate de quinine 0<%60.)

Le sulfate de quinine est continué à la dose deO<^60par jour jusqu'au 29 mars.

Pas de rechute de fièvre.

2 avril. L'apyrexie persiste. Le malade demande à reprendre son service. Je prescris encore le 2 avril 0«%S0 de sulfate de quinine.

Sortant le 3 avril 1883.

LAV£RÂX, FÙVBES PALUSTRES. Slâ

FOHUES CLINIQUES

l'IBVHB INTllHUtTTBNTH gUOTIDlBNNNB, PLIS TIBRCB. CACHBXIK PALUSTRE. UICBOBBSOU PJlLUDISUB

Uuer..., âgé deviDgt-deux ans. soldat au 3* louaTes, entre * l'hdpll&l mllilalre ds Conslantine le 16 décembre lasz. Gner..., qui est engagé voloDlaire.est au service militaire et en Algérie dapuli troi*

Guer... a eu la fièvre typhoïde au mois d'octobre IMI à Tôbesu. a la suite ds cette maladie, il a èli: envaj<i en congé de convales>:eDce de trois mois en t'raoce ; il est rentré â Constantlne dans les dernier» jours du mois de mara iari'2. Le malade a pris la Révre intermittente pour la première fois au mois d'août ISSI à Aïn e1 Bev, llêvrc intermittente quotidienne. Guer... a été soigné d'abord A llnlirmerie puis il est entré a rtiôpitai de Constantine au mois de septembre 1832 pour flèvre intermittente, et il a été envojré de douvuauen congé de conralescence -, 11 est rentré en Algâiie le 9 dëcuiQbrc; pendantson congé, qu'il a passée Paria, 11 a eu plusieurs rcctiiiles de fièvre el il est entré à l'hôpital militaire Saint-Usrtio, uù il a passé trois semaines.

Hcchute de lièvre le lï décembre, d'après les renieignemeois to:irnis par le maiaJe, la Uëvre aurait pris cette fois le (jpe tierce. Dernier accùs le 16 décembre ê 6 heures du malia-

17 décembre. Apyrexie. Anémie proronde, teinte tcrieute de la bco. mutiueusHs décolorées, amaigrissementi faiblesse générale, vertiget, tremblement deii extrémilés supérieures. Langue asaei txM», peu d'appétit, pas de diarrhée ni de constipation. La roalité splènique mesure H centimètres de haut sur iB de large.

Exami'u du sang f.iil le 17 décembre, à deux heures du loir : corps n- 2 lit^res ou accolés à des hématies ; corps n* î de poiU volujne souvent réunis par groupes de 3, 4 ou S; leucoc;l«ainélanlferus. (Une demi-portion. Vin de quinquina.)

18 décembre. Accès de fièvre, jicinq heures trentedu matin frisKDi a six hvures trente la lemiùrature axiilaire est de U',4; & quatre

beure9, du soir 38*. tueurs. (Sulfate de quinine i grasune le 18 au soir.)

Examen du sang fait le 18 décembre, à huit heures du matin : corps n- 2 libres ou accolés à des hématies, corps n* 2 renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de filaments mobiles, corps n* 2 de petit volume.

19 décembre. 36% 5 le matin; le soir l'apyrezie persiste.(Une demiportion. Sulfate de quinine 1 gramme le matin, 0(*',80 le soir.)

Les jours suivants Tapyrexie persiste, le sulfate de quinine est continué à la dose de C^SO d'abord puis de 0'%60 jusqu'au 26 décembre. L'appétit et les forces reviennent, le malade mange une portion à partir du 21 décembre, deux portions à partir du 25.

Rechute deflèvre le 2 janvier 1883; à trois heures du soir 39*,1, à quatre heures 39*. Examen du sang fait le 2 janvier à trois heures du soir : corps n* 2 très rares, leucocytes mélaniféres. (Sulfate de quinine 1 gramme le 2 au soir.)

3 Janvier. 36*,9la matin, le soir Tapyrexie persiste. (Sulfate de quinine 1 gr. le matin. 0*%80ie soir.)

I^s jours suivants i*apyrexie persiste, le sulfate de quinine est continué à la dose de OCfSO jusqu'au 10 janvier.

Le 19 janvier rechute de fièvre, 39* à huit heures du soir.

20 janvier. 40*,2 le matin, 38% 4 le soir. Céphalalgie très forte, vomissements dans la Journée. (Sulfate de quinine 0(',80 matin et soir).

Examen du sang fait le 20 à 2 heures du soir: corps n* 1 (rares), leucocytes mélaniféres (rares).

21 Janvier. 37%4le matin. Le soir l'apyrexle persiste. (Une portion. Sulfate de quinine Q^fiO. Vin de quinquina. Café noir.)

Les Jours suivants le sulfate de quinine est continué à la dose de o^seo jusqu*au 28 janvier. L'apyrexie persiste.

3 février. Rechute de fièvre & dix heures du matin ; à onze heures du matin 40*,l. Examen du sang fait le 3 février à deux heures du soir : corps n* 1 (rares) ; leucocytes mélaniféres (rares), & quatre heures du soir 38*. (Sulfote do quinine l gr.le 3 au soir.)

4 février. 36*,7 le matin. Le soir Tapyrexie persiste. (Sulfate de quinine 1 gramme. Une portion. Vin de quinquina.)

s février. L*apyrexie persiste. Sulfate de quinine 0,80. Le sulfiate

i ."u.r.ii.u. nJiiain ic 3i=â."a ^ H auT^amr- •■(-». llittaedhabit'! u^Mf :vusst te '.iiiAi^a. 1 ÛL v~ ir jr-ji iL J«ttï =^?=:îMnKil y i ti-.iti ina 3<.iir Ji ?r;2i:i;r- .oia itaïus m. u » ii=i il existe une - ipv-ir pm^ ."J.7^■.^:allli^^ çioi^at;. la T>.<i-"-> :'i j-^— j'* pris de

;,i-i.,iruî iiK* :ajL.:r-sii;(:iii '^la^riTT-înas «cîiT^f.on spleniquf,

iH iTi^'îiE^r»- ij;.j-m^. j; 3i.l.ijw L-; ii^C' e« ho kc» de flèvre ^ 7 taivj. jOiijr* so'ir la -ifir^t^r^ "J:ii . les ico^ teTienDeol donc

Eo 'Ir'tO'iTTiîif. l*t -'J '■'■<- 13a coosiile ï presu^f* Tue qu'il flxisW n.-jïdîr-jraiArjîti iris <:a.-a.rt.rr.=l;'tiit! lie riL.i>=i«a. la moiliégai»rrift >> lalriotn-îD est tr^ *i.;iAaie, UfliiU que la moiUi- drotU e^t iii'î^t'r.H tiicanjt a t'tu.t nonridl :Lisimpte iiuf*^rLioa de l'abdomen, 1>: maUde é)..uit co iiTh-è, moa^re qu'il eiific une lameur lolaniirii^>L<t« (KTiipaxit taate la moiU*' g^ucbe de TaMamen; cequeconiirn.'-u'. lu reaie toua les autres proc>.Tle3 d'eiploration.

A'i |. '^i'ron sent a gau' he une tumeur dure résistante, facile a liaiiier : '(<ii (><:cu|« toute ta muiti>^ ^■auche de l'abdomen; par sa partie mp-n'-'iire la tumeur a enfonce sous les fausses côtes du eûk (■Tiche, MLilis que son eitrémilf inféneure descend jusqu'à IVpine

iliaque antéro-supérieure,le bord antérieur delà tumeur correspond exactement, lorsque le malade est couché sur le dos, à la ligne blanche; il existe vers la partie moyenne du bord antérieur une encoche assez profonde. La tumeur, qui est constituée évidemment par une hypertrophie énormede la rate,n'est pas douloureuse à la pression. Lorsque le malade est couché sur le côté droit, la tumeur se déplace, elle déborde alors de deux travers de doigt au moins la ligne blanche à droite. La matité splénique mesure 28 centimètres de haut sur 18 de large.

Le malade éprouve quelquefois des douleurs et des tiraillements dans la région splénique ; il ne peut pas se coucher du côté droit.

Lorsque le malade est debout la déformation du yenlre est moins marquée que lorsquUl est couché à cause de la tension des muscles abdominaux.

Les autres organes abdominaux, et les organes thoraciques paraissent être à l'état sain.

L^examen du sang montre que le nombre des hématies est diminué, le chiffre des leucocytes n'est pas sensiblement augmenté ; pas de leucocytes mélanifères.

Je prescris quelques doses de sulfate de quinine et du vin de quinquina. Le 15 décembre le malade sort sur sa demande; la tumeur splénique n'a que fort peu diminué de volume, mais le malade ne souffre pas, et il se préoccupe fort peu de sa tumeur splénique, qui ne Tempêche pas de reprendre ses occupations et de vivre d'une vie très active à sa sortie de Thôpital

Ci>MPUCATIn:i.S CT M.VUDIES [?(TEHCi:UJlE3Tt>

RcFTCitss M u ratb. — \a££i H u tuTt vr BO na. - CrBRROi^F-s ne FOIE. — ^ÈPRHiTEa. — Pifmawi. — Cavuit- TI0S3 m: cflrï or «tïtèsi idivbci : rtviLiLcres. riuLnn:-

A^PHTlrS UCME Oea BITBâlTES. — CaSGRCIB PAlUfTU. — Rt-

Ti.To-CHOBnïorrs. — ltiuTio:<3 dc PiLCDtaa atkc u &tjc<-

TBRIt, LA rtEVBE TTrWÛDC, U VlftlOLS. U TCUBCCUOL U Mjlktn, u SCMBCT.

L« paiDdismp pst noe des maladies tes plus répandues i ti surface du glohe ; sans parler de^ populalioas qui habilenl ifS contrées palustres, beaocoupde malades i)dî oiiI cootraclé li fièvre intermiltenle dans des localités oà ils d'oqI séjoarné que pen de temps, restent sujets, pendant de longues années, ii» accidents du paladisme.

Cette grande fréqaence des accidents palnstres a été encore exagérée': qnelqoes obserratenrs en sont arrivés à attribuer ta paindisme des complications sans nombre, et à ne pins TOir, pour ainsi dire, dans les maladies des pays cbands que à^

formes variées de Fendémie palustre. On a été jusqu'à décrire une ophthalmie et une uréthrite palustres, un rhumatisme palustre, etc..

Toutes les maladies peuvent venir se greffer sur le paludisme, l'état d'anémie et la faiblesse qu'il détermine rapidement, créent même une véritable prédisposition pour certaines affections, comme la pneumonie et la dysenterie. Que dirait^on d'un médecin qui ferait rentrer dans l'histoire de la gale toutes les maladies qui peuvent survenir chez les galeux? La supposition paraît invraisemblable, parce que nous connaissons bien la nature de la gale ; mais avant la découverte des sarcoptes, on mettait sur le compte de cette maladie, considérée comme une diathëse, bien des complications qui lui sont absolument étrangères. L'erreur de ceux qui attribuent au paludisme toutes les maladies qui viennent le compliquer, ou même la plupart de celles qu'on observe en pays palustre, n'est certainement pas moindre.

Les doctrines médicales ont d'autant plus de chances de succès qu'elles sont plus simples et qu'elles conduisent k une médication plus systématique, et par là même d'une application plus facile.

Rasori avec les évacuants, Broussais avec la méthode anliphlogistique, Raspail avec le camphre me fourniraient des exemples à l'appui de cette proposition. Quoi de plus simple que la doctrine de Tirritation ? Un malade souffre de la tête : cépbalite, du ventre : entérite ou gastrite ; le diagnostic est vite fait, ou plutôt il n'y a plus de diagnostic à faire, et le traitement n'est pas plus difficile à formuler, il se réduit à fixer le nombre des saignées à faire, ou des sangsues à appliquer îoeo dolenti. Gomment une doctrine qui simplifiait d'une manière

344 COMPUCMIOSS

aussi remariiuable la médecine n'aurait-elle pas s6duiL une grande partie du public médical?

La doctrine qui allribuait au paludisme la plupart des maladies observées en Algérie, et qui l'Ievait le sulfate de quinine au rang de panacée universelle, a séduit aussi beaucoup d'esprits par sa simplitilé ; mais comme la doctrine de Broussais, elle n'a eu qu'un temps ; tous les praticiens sérieux l'ont abandonnée aujourd'hui, et le but qu'ils poursuivent est, au contraire, de recliei'cher les limites du paludisme et d'établir rigoureusement la part qui lui revient dans la pathologie exotique.

Je m'occuperai d'abord dans ce cliapitre, des complicatioDS qui relèvent plus ou moins directement du paludisme et qui ne rentreol pas dans le cadre des accès pernicieux ; j'étudierai ensuite les rapports du paludisme avec quelques-unes des maladies qui peuvent venir le compliquer : dysenterie, lièvre typhoïde, elc...

Dans le chapitre ii, j'ai déjà eu l'occasion de signaler quelques-unes des complications les plus fréquentes des nèvres et de la cachexie palustres, en décrivant les alléraliODs que l'on rencontre le plus souvent chez les paludiques. Comme on pouvait s'y attendre, ces complications ont pour siège principal les viscères, qui, comme la rate et le foie, sont l'babitat de prédilection des microbes du paludisme.

L'hypei-splénie mérite véritablement le nom de complication quand elle prend des proportions nussi colossales que dans l'observation L. La tumeur splénli|ue par son volume et par son poids, par la compression ou par les tiraillements qu'elle i>\fii;(' sur les viscères voisins, est une cause de gène coati-

Page 1