AVANT-PROPOS
Les travaux retentissants du grand savant français, Alexis Carrel, sur Ja greffe des vaisseaux, des membres et des organes ont donné une vigoureuse impulsion à cette nouvelle branche de la chirurgie et des tentatives de greffe de toute sorte ont été faites par des chirurgiens de tous les pays.
Depuis une vingtaine d'années les publications médicales contiennent un grand nombre d'observations ayant trait à la grelfe de la peau, des os, des articulations, des vaisseaux, des nerfs et même des organes. Mais, en dehors de quelques articles de journaux et de thèses consacrés à l’étude des questions se rapportant aux greffes, aucun travail d'ensemble n’est venu coordonner les faits, les grouper, les analyser, de façon à en déduire la meilleure conduite à tenir dans chaque éventualité. L'absence d’un pareil ouvrage, d'un traité qui trace la voie à suivre, qui précise les indications, enseigne la lechnique, donne des renseignements exacts sur ce qu'il faut faire et ce qu'il faut éviter, sur ce qui assure le succès et ce qui conduit à l'échec, l'absence d’un pareil guide a paralysé jusqu à ce jour beaucoup de bonnes volontés et a retardé la large pratique de la greffe.
Personne ne conteste plus l'utilité d’une greffe dans certaines circonstances, lorsque la maladie, ou l'intervention chirurgicale qu'elle a nécessitée, a privé l'organisme d'une partie essentielle pour la vitalité d’un organe, la fonction d’un membre, ou l'équilibre des échanges, mais peu de chirurgiens y recourent encore, dans l'incertitude qui règne sur la valeur réelle de cette méthode et dans l'appréhension de difficultés techniques parfois réelles, mais non insurmontables. Pourtant, tous y sont enclins par la tendance de la chirurgie actuelle qui, bien qu’étant très audacieuse, devient de plus en plus conservatrice.
Rendre à l'organisme ce dont la maladie ou le bistouri l’a privé,