‹ Traité des greffes humainesChapitre 175 sur 188 · OBSERVATION CLXXXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION CLXXXI

LexER. — Résection d'un genou pour ankylose, greffe d'un fragment analogue prélevé sur un membre amputé. Deuxième opération pour transplantation sur l’article d’un lambeau de vaginale. Troisième opération pour réfection de l'appareil d'extension. (Centralblatt für Chirurgie, 1910, n° 31, p. 18 à 21.)

Jeune fille de dix-neuf ans ; ankylose à angle droit du genou gauche pour arthrite ostéomyélitique ancienne.

Opération : grand lambeau antérieur, portant sur sa face profonde la rotule ef le reliquat du ligament rotulien. Résection cunéiforme de l’article ankylosé. Brèche de 5 à 6 centimètres.

On greffe un genou prélevé au moment même sur un membre amputé pour gangrène sénile, la capsule et les ménisques sont enlevés, on laisse les ligaments croisés. Le transplant est encloué sur les extrémités osseuses. Le ligament rotulien du porteur suturé au périoste du greffon. Appareil plâtré.

Guérison sans incident. Dès la cinquième semaine la radiographie indique la présence d'un cal, on mobilise prudemment. Malheureusement peu à peu la rotule se soude à l'article.

Deuxième intervention trois mois après la greffe, on extirpe la rotule. Les épiphyses du greffon sont fixées ; les surfaces articulaires lisses et normales ; il n’existe dans l’article qu'un léger exsudat fibrineux.

Excision d’un petit fragment. Les cellules cartilagineuses sont en grande partie conservées, les espaces médullaires remplis de vaisseaux sanguins ; les mailles du tissu spongieux en partie nécrosées, mais il s’est formé des portions d’os nouveau. Les ligaments croisés incisés saignérent.

En quatre mois on obtint une mobilité passive de 45° sans mouvements anormaux ; cette mobilité n'augmentant pas, on greffe un lambeau de membrane d'hydrocèle au-devant de l’article. Au cours de l’opération on constate que les surfaces articulaires sont lisses et traversées par des vaisseaux visibles. Les ligaments croisés saignent à l’incision. Les fortes masses cicatricielles remplacent les ligaments latéraux.

Les suites opératoires sont bonnes, la flexion passible devient possible jusqu’à l’angle droit.

Douze semaines plus tard on pratique une greffe musculaire autoplastique ; on rabat un fragment du droit antérieur que l’on suture à un lambeau du jambier antérieur. Au cours de l'opération on constate que la vaginale greffée est remplacée par une callosité dure ei blanche ayant l'épaisseur du pouce.

La malade après ces diverses opérations put marcher sans canne mais avec une légère boilerie ; elle monte les escaliers sans s'appuyer, pour descendre la démarche est un peu hésitante. Les figures montrent la mobilité actuelle. Le degré minime d'extension qui n’a pu être obtenu que par une plastique musculaire étant encore insuffisant, on essaiera une nouvelle opération.

Page 1