‹ Traité des hérétiquesChapitre 1 sur 5 · CHEZ A. JULLIEN, LIBRAIRE-ÉDITEUR · texte numérisé non relu

CHEZ A. JULLIEN, LIBRAIRE-ÉDITEUR

au Bourg-de-Four.

Kir e

// a été tiré de cet ouvrage

Dix exemplaires sur papier surfin du Japon

numérotés i à lo.

Cinquante exemplaires sur papier de Hollande

van Gelder

numérotés 1 1 à 60.

Préface.

[ébastien Castellion {son vrai nom était Chatillon ou Chateillon) est né en 1515 à Saint- Martin de Fresne, dans le Bugey, au sudouest de Nantua. Son père, paysan honnête et travailleur, l'éleva dans l'horreur du vol et du mensonge. En 1535, Castellion étudia les lettres avec ardeur à Lyon, au Collège de la Trinité. Ayant été témoin du supplice de plusieurs « luthériens >>, il en reçut une impression profonde et passa par une crise spirituelle intense. La lecture de /'Institution chrétienne de Calvin exerça sur lui une influence décisive et le décida à se vouer au service de Dieu et de l'Evangile. Au printemps de 1540 il rejoint Calvin à Strasbourg, loge chez lui et soigne avec dévouement son domestique. En 1541, sur la proposition de Farel et la recommandation de Calvin, il est nommé directeur du Collège de Genève et {en avril 1542) chargé de faire les prêches dans le village de Vandœuvres. Il se marie et publie des « Dialogues sacrés » destinés à faire progresser les élèves à la fois dans la connaissance du français et dans celle du latin. Il aurait voulu publier une traduction nouvelle du Nouveau Testament, mais Calvin l'en dissuada, alléguant que son travail avait besoin de « nombreuses corrections. » Dans l'hiver 1342-43, il s'offre courageusement à visiter les pestiférés et fait les cultes à l'hôpital pestilentiel. On songeait à lui donner dans l'Eglise

une situation régulière, comme ministre de la parole de Dieu, car on l'estimait « fort propre à servir en V Eglise. »

Mais Calvin, chargé de faire rapport sur cette candidature, estima que tout « savant homme » qu'était Casiellion, il était préférable de l'écarter du ministère, à cause de certaines « opinions » qu'il mettait en avant. Ces « opinions » étaient des doutes sur l'inspiration du « livre de Salomon » {Cantique des Cantiques) et sur l'article du Symbole des apôtres, relatif à la descente du Christ aux Enfers.

Calvin craignait que Castellion n'ébranlât par ses « opinions » l'autorité des saintes Ecritures, que les Ordonnances ecclésiastiques proclamaient la règle de la vie religieuse, politique et sociale de la Cité. Castellion demanda et reçut, de la Compagnie des ministres une attestation honorable pour lui, indiquant quels motifs avaient empêché son admission au ministère de la Parole.

Calvin, qti' inquiétaient l'esprit d'indépendance et les fantaisies individuelles de Castellion, éprouvait cependant pour lui une vive compassion et le recommandait à Viret, à Lausanne. Mais une malheureuse et malencontreuse sortie de Castellion au service dit de la « congrégation, » le 30 mai 1544, vint gâter les choses. Sans tenir aucun compte des efforts énergiques de Calvin pour réorganiser l'Eglise de Genève et recruter un ministère ecclésiastique composé d'hommes croyants et moraux, Castellion, généralisant certains faits regrettables, dénonça publiquement les ministres de Genève dans leur ensemble comme des hommes indignes et d'une inconduite

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