‹ Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les paiens contreChapitre 43 sur 93 · RS · texte numérisé non relu

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Martyrs écrasés sous une pierre

manières. Quelquefois, nous entendons dire qu'ils étaient écrasés sous de gros quartiers de roche; ainsi dans les Actes des saints Martyrs, saint Theopompus, il est écrit : « Alors le saint homme fut retiré de sa prison et étendu, le visage tourné vers le ciel, sur la terre et fortement attaché à des poteaux, puis un énorme roc, que huit hommes pouvaient à peine porter, fut placé sur son ventre; mais le gros rocher fut ôté d’au-dessus de lui par l'intervention divine... » Dans les Actes du Martyr saint Victor, on trouve : « Etant sorti de la prison après trois jours, il donna un coup de pied à une statue de Jupiter qui lui fut présentée pour qu'il lui offrit de l’encens. Le pied qui avait commis l’offense fut immédiatement coupé et le saint homme couché sous une pierre meulière sous laquelle il fut cruellement écrasé. Mais oh! après quelque temps, la pierre se brisa d’elle-même en morceaux alors que le Martyr du Seigneur ne respirait déjà plus que faiblement. » Et encore, dans les Actes du très saint Martyr saint Artemius, on peut lire ce récit : « Entendant ces mots et étant rempli de colère, Julien appela à lui des maçons et leur dit, désignant un bloc qui s'était détaché du fronton de l’amphithéâtre : « Voyez là-bas ce bloc de pierre, partagez-le en deux moitiés. Puis, couchant à plat l’une des moitiés sur la terre, étendez dessus ce malfaiteur et laissez retomber lourdement l’autre moitié sur lui afin que, pris entre les deux, il puisse avoir la chair et les os écrasés et n'ait plus aucune forme. Par ce moyen il apprendra quel est celui à qui il essaie de résister et quel secours il peut attendre de son Dieu. Aussitôt dit que fait, et le saint homme emprisonné entre les deux pierres ; le poids sur son corps était si lourd et si pressant que tandis que ses os se broyaient un son de craquement et de déchirement fut entendu de plusieurs; car, tout son intérieur fut mis en pièces, ses os et ses articulations brisés, tandis que ses yeux sortaient de leurs orbites. Pourtant, quoiqu'il fût réduit à un si triste état, il ne négligeait pas de

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Lortures ct Éourments des Martprs cPrétiens

chanter les louanges du Seigneur, car il chantait, étant couché entre les pierres, disant : « Tu m'as élevé et exalté, car tu es mon espérance et tu es une tour inaccessible à la face de mon ennemi, tu as établi mes pieds sur la terre ferme et guidé mes pas. Reçois donc mon esprit, Fils unique aimé de Dieu, et ne melivre pas aux mains de mes ennemis ! » Enfin, lorsqu'il fut resté un jour et une nuit à l’intérieur des pierres, le cruel Julien commanda que les deux blocs fussent séparés, pensant que le saint avait sûrement péri et qu'aucun vestige de vie n’était plus en son corps, qui avait subi la pression si douloureuse d’un tel poids. Mais, oh ! à peine était-il délivré des pierres, qu’il se leva, marchant sur ses pieds, véritable miracle, digne de l’étonnement et de l’admiration! Un homme nu et sans appui, dont les yeux étaient sortis de la tête, dont les os avaient été broyés et la chair, ainsi que tous les membres, écrasée et réduite en une seule masse sous le poids de la pierre, de sorte que ses entrailles s'étaient misérablement répandues au dehors, cet homme, Ô spectacle étrange et sans exemple ! cet homme parlait et marchait et prononçait des mots de blâme contre le Tyran, de sorte que celui-ci même était dans l’'étonnement... » Un autre récit d’un martyre semblable accompli au moyen de grosses pierres, se trouve dans l’Hisloire de saint Joseph dans les termes suivants : « Alors, après avoir emmené l'homme à quelque distance, et lui avoir lié les mains derrière le dos, ils creusèrent une fosse pour lui et l’y enterrèrent jusqu’au milieu du corps; puis ils mirent autour de lui les chrétiens qu'ils avaient arrêtés et leur ordonnèrent d’assaillir à coups de pierres la noble victime. Mais, lorsqu'ils voulurent forcer la sainte et bénie Isdandul à faire de même, elle dit : « Jamais auparavant, dans l’histoire du mon:le, a-t-on entendu semblable chose qu’une femme soit contrainte de lever la main contre de saints hommes, comme vous voudriez maintenant me le faire faire ? Ce n’est pas contre vos ennemis que vous vous battez, mais c’est contre nous, vos

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Martyrs fapidés

amis, que vous prenez les armes, et vous remplissez de sang et de carnage votre terre natale qui était dans le calme et la paix. » Alors ils attachèrent un fer à l’extrémité d’un long roseau et lui ordonnèrent d’en piquer le saint homme. Mais elle cria : «Loin de moi la pensée de faire cette chose, j'aimerais mieux transpercer mon propre cœur de cet instrument que de faire la plus petite égratignure à son saint corps! » Elle manifesta ainsi une constance virile et se montra plus forte que ses meurtriers ne l'avaient cru possible.

Mais alors ils accablèrent le saint sous une telle avalanche de pierres que sa tête seulement demeura visible, tout le reste de son corps étant enterré sous un monceau de pavés. Et, quand l’un des bandits vit que la tête seule remuaïit, il ordonna à l’un des licteurs de prendre la plus grosse pierre qu'il pourrait porter et de la jeter sur lui : Et lorsque ce fut fait et que sa tête fut écrasée sous le poids de la pierre, il rendit au Christ son âme précieuse. »

Tout cela dit étant en rapport avec ce que disent à ce sujet les Actes des Saints.

Il ne nous reste plus maintenant, après avoir dûment exposé les sortes de tortures des saints martyrs dont il a été traité dans le quatrième chapitre, qu’à procéder au cinquième, avec la bénédiction de Dieu.

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