‹ Traité des kystes congénitauxChapitre 39 sur 99 · CONSIDÉRATIONS THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS THÉRAPEUTIQUES

contre ces productions et d'en débarrasser coraplfetement Torg'anisme à Tégard de qui elles constituent, pour ainsi dire, des corps étrangers vivants. Cette intervention, le plus souvent, a tout avantage à n'être pas tardive ; à la tête même où les Icystes dermoïdes entraînent rarement des troubles sérieux, il est encore préférable d'agir promptement : car la tumeur, par son accroissement, peut entraver le développement des os du oràne et donner lieu à ces dépressions et pertes de substance du squelette dont nous avons parlé à diverses reprises €ît qui paraissent s'observer principalement dans les cas anc^iens.

Nous ne pouvons, bien entendu, exposer ici dans ses détails le traitement des kystes dermoïdes dans les différentes parties ciu corps. Les conditions opératoires variant dans chaque ^•égion pour ces kystes comme pour toutes les tumeurs en général, nous devons nous borner à des indications très séminaires. Aussi bien ces détails opératoires n'ont-ils souvent ^qu'un intérêt secondaire, et il n'entre nullement dans notre ^adre de discuter, par exemple, s'il faut, pour extirper les Iwystes du sourcil, faire, suivant la pratique générale , une Sncision parallèle aux fibres de l'orbiculaire , ou si Ton doit «vec Jobert (de Lamballe) préférer une incision perpendiculaire dans le but de ménager les filets nerveux. Ce qui importe avant tout, c'est de faire une extirpation complète, en raison de la facilité avec laquelle se reproduisent ces tuïneurs lorsqu'on laisse une portion m(*^me très minime de la paroi. Les cas abondent dans lesquels l'ablation incom- 'jlhie a été suivie de récidive ou de la persistance d'une fistule intarissable ; c'est là un fait observé déjà depuis longtemps.

Or, cette extirpation n'est pas toujours aisée, lorsqu'il y a des adhérences au squelette, des dépressions et des perforations osseuses, et la minceur des parois concourt avec la fluidité du contenu à rendre difficile la dissection des petits kystes sous-

152 KYSTES DERMOIDES

culanés. Aussi a-i-on proposé, pour faciliter à cette opération, de fixer la poche au moyen d'une sorte de fourche *, d'un ténaculum^ etc.

Pour les kystes du cou et les fistules auxquelles ils donnent lieu, Nélaton recommandait de s'assurer, au moyen d'un stylet introduit dans la poche, que celle-ci ne présentait aucune ouverture capable de livrer passage à Textrémité du stylet et que, par conséquent, la paroi avait été extirpée dans sa totalité. Lorsque la dissection complète est impossible, on devra gratter et rugincr la portion restante ou chercher à la détruire par les caustiques (nitrate d'argent, chlorure de zinc). Quant aux injections pratiquées dans la poche, après évacuation complète du contenu, avec des liquides plus ou moins caustiques et notamment la teinture d'iode, ce sont des procédés beaucoup moins efficaces, bien qu'ils aient donné quelques succès, notamment au cou.

Les tumeurs dermoïdes de l'abdomen et de l'ovaire en particulier sont pour la plupart justiciables de la gastrotomie, et nous n'avons nullement ici à en exposer ou à en discuter le» indications. Nous remarquerons seulement que, parmi les kystes du petit bassin, il en est, ainsi que nous l'avons déjàdit, qui ne sont pas accessibles par la voie abdominale, mais qui doivent être ouverts par le vagin ^

Les tumeurs semblables des bourses réclament l'extirpation qui peut, dans certains cas, être limitée à la tumeur et respecter le testicule; cette pratique, recommandée par Ver-; neuil, a été suivie avec succès par Geinitz et Berger. Enfin dans certains cas on tentera l'ablation des tumeurs du siège. Le point capital dans la discussion des indications opératoires est de constater l'existence ou l'absence d'une communication

1. Duplouy, Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie, t. IV , 20 mors 1878, p. 233.

2. V., sur la suppuration et l'évacuation des kystes dermoïdes pelviens, Hermau, Obstetr, Soc. of London, nov. i, 1885 : The Brit. med, Journ, nov. 21, 1885, vol. 11.

CONSIDÉRATIONS THÉRAPEUTIQUES lo3

de la tumeur avec le canal raehidien, et ce point n'est pas toujours facile à déterminer. On peut, h cet égard, utiliser la remarque suivante développée par Bergmaijn: les tumeurs développées en avant du sacrum et du coccyx ne communiquent jamais avec la cavité rachidienne.

Page 1