IV. — Forav
Le forage a pour but de percer un trou cylindrique dans une pièce, quand ce trou n'a pas été préparé à l’avance, soit A la forge, soit A la fonderie. Le travail du forage s'exécute au moyen de la machine A percer. On en a ordinairement une pour chaque métal : fonte, fer et cuivre , parce que la vitesse de l'outil pour chacun de ces métaux varie.
Une machine A percer se compose : 1° d'une plate-forme en fonte, moblie de haut en bas et dreuioirement autour d’une colonne disposée de façon A lui servir de bâti et recevoir les appareils de transmission ; c’est sur cette plate-forme qu'on fixe les pièces A percer; — 2° d’un arbre vertical en fer, maintenu dans sa hautenr, animé d’un mouvement de rotation autour de son axe , et d'un mouvement de translation verticale. Cet arbre porte dans sa partie inférieure un outil appelé foret qui , A l'aide des deux mouvements donnés à l'arbre auquel il est lié, sert A percer les trous dans toutes les pièces soumises A son action.
Avec ces machines on ne perce pas de trous de plus de 50 millimètres, au-delA il y a avantage A les préparer A la forge ou A la fonderie, alors l'opération A faire devient un alésage.
AJUSTAGE
On peut aussi disposer les raachtues à percer de Taron à ce qu'eiies puissent servir a aiéser des trous de 1 à ceDtimètres, et cela eu maintenant ia partie inférieure de l'arbre dans un trou ménagé de la plateforme, et situé parfiiltement dans le prolongement de son axe. L'outil qui alèse se place alors dans une fente qui traverse l'arbre vertical; la pièce est centrée sur la plate-forme comme elle le serait si , au lieu d'aléser, on voulait percer un trou.
S V. — TarMStage.
Le taraudage a pour but d'imprimer dans une tige ou dans un trou ronds un IHct de vis ; de là deux opiHrations , dont la première se nomme filetage, et la seconde taraudage.
Ces deux opérations marchent toujours ensemble, parce qu’elles se font pour deux pièces destinées à entrer l'une dans l'autre, et appelées , la première la vis, et la seconde rCcrou.
Le filetage se fait avec une filière, et s’applique à la vis; le taraudage se fait avec un taraud, et s'applique à l'écrou.
Les filets faits avec ces instruments sont triangulaires ; les filets carrés ou demi-cylindriques se font à la machine avec des burins.
Les deux opérations du filetage et du taraudage se font à la main ou avec une machine.
Ln atelier de construction , et tout atelier en général, ne doit avoir qu'un nombre très restreint de boulons de diamètres différents. Mous donnons ci-dessous la série des boulons adoptés aujourd'hui dans les premiers ateliers, avec instance de les adopter, afin que, le plnstét possible, elle soit répandue et fasse, pour ainsi dire, loi. On comprend farllement les ennuis , les embarras sans nombre, les retards apportés dans une exploltatioo lors des réparations , quand on a dans son atelier autant de séries qu'on a de machines différentes.
Le pas d'une vis est Técartement d'axe en axe de deux filets ; cet écartement est toujours proportionncl au diamètre de la tige sur laquelle il est imprimé, et en est, en moyenne, le huitième.
Filetage. — Ayant adopté la série de pas qu’on doit avoir lorsqu'on veut fileter un boulon, mi le place entre les mâchoires d'un étau, puis, à l'aide d’une filière. Instrument dans lequel sont fixés les roussinels (pièces en acier taraudées chacune sur une demi -circonférence) de la tige, et avec le pas convenable, on introduit l’extrémité de la tige à fileter, et en tournant de droite à gauche et de gauche a droite, on imprime dans le boulon le pas de v is en question. Voilà pour le filetage à la main.
Le filetage à la mécanlcpie se fait avec une machine dans lacjuellc le boulon est fixé à un arbre animé d'un mouvement continu de rotation’dans les deux sens , et qu'on change à volonté ; la filière est maintenue et glisse entre deux coulisses parallèles , horizontales, et parallèles à l'axe de l’arbre auquel est lié le boulon. Dans ce cas , le travail de l'ouvrier consiste à changer le sens de rotation du boulon , et chresserrer les coussinets à mesure de l’avancement du travail.
Taraudage. — Le taraudage a pour but d’imprimer un filet au pas de vis dans un trou cylindrique ou conique ; pour cela on commence par percer le trou d'un diamètre égal à celui du boulon qu’il doit recevoir, moins une detni-profondeur du filet ; puis, à l'oidc de tarauds auxquels on donne un mouvement de rotation à droite et à gauche avec un instrument appelé tourne-à-gauefae, on imprime dans le trou le filet correspondant au taraud employé. Le taraud est une espèce de boulon conique fileté, de façon que son plus grand diamètre soit égal à celui de la tige; ce boulon étant fileté, on enlève à la surface quatre enta i ll es de la profondeur du filet , de manière à préwnter en coupe horizontale un octogone dont quatre cdtés circulaires sont l'extérieur de la partie filetée restée intacte, et dont les quatre autres sont droits, et présentent en quelque sorte la figure d’une scie dreniaire. Ces entailles ne sont faites que pour enlever de la matière, et faire pénétrer l'outil à roesnre de l’avancement du travail.
COaNSTRUCTION dks machinas a vapkur.
Le travail du taraudage le Mt à la mécanique A peu près comme A la main ; la piece a tarauder est Axe, et l’outil, animé d’un mouvement de rotation dans les deux sens, pénètre successivement en imprimant les illels, A nMsure qu’il Avance.
La plus grande difficulté, dans ces deux opérations, le taraudage et le filetage, eat d’obtenir les tarauds et filières qui servent A tarauder et A fileter. Ce travail se fait A la main avec un Instrument qu'on nomme peiÿHt. Ce peigne, comme l’indique son nom, est une lame d'acier A l’un des bords de laquelle on a fait des dents exactement égales au pas de vis qu’on veut obtenir j avec cette lame on fait sur le tour un premier taraud , qu’on nomme taraud-tnère, qui sert alors A fabriquer les coussinets des filières par le procédé de taraudage que nous avons Indiqué.
Les coussinets sont ensuite formés en coupant, suivant le diamètre, cette partie de cjlindre filetée et lui enlevant une épaisseur égale au dixième du diamètre réel, ce qui convertit le trou, quand on rapproche les deux portées, en une espèce d'ellipse, dont le petit diamètre est le diamètre inférieur des tarauds, qu'ils servent alors A coufectionner. Tous ces outils doivent être en acier fondu de bonne qualité.
Ainsi, en nous résumant, pour pouvoir tarauder et fileter il faut commencer par faire un peigne correspondant aux pas des filets , avec ce pelgue foire un laraud-mére , et avec ce taraud-mere des coussinets de filière.
Toute l’exactitude du travail dépend donc du soin apporté A la première opération, la confection du peigne.
Voici maintenant la nomenclature des pas pour filets correspondants aux boulons et écrous dont on a besoin dans les constructions.
Diâmf ir«* de* rtr. LonKoeur* ijc* fxM corrcfipoBdtnu
10 millimétrés, l t mlllim.
13 id. 1 t
16 id. 3
18 id. 3
SU id. 3 1
33 Id. 3 i
28 id. 3
30 Id. 3
36 Id. 3 1
SO Id. 4
On donne aussi habituellement A l’écrou une haoteur égale au diamètre du boulon auquel 11 correspond, et , pour les écrous A 6 pans , le diamètre extérieur est égal au double du diamètre du même boulon.
S VI. — Parafe et aiortalsaire.
Le parage on mortaisage, comme nous l’avons vu, peut aussi être considéré comme une extension de la machine A raboter, on l’outil et la pièce sont mobiles.
La machine A mortaiser se compose d’une plate-forme circulaire horizontale, A laquelle on peut donner un mouvement de rotation sur elle-même, et deux mouvements de translatloa perpendiculaires; c’est sur cette plate-forme que te fixe la pièce A travailler. Au-dessus se trouve le porte-outil glissant entre des glissières, et animé d'un mouvement vertical rectiligne alternatif, mouvement qui lui est donné par l’intermédiaire d’une manivelle A rayon variable , montée sur un axe horizontal. On donne A l’outil en acier solidement fixé sur le porte-ontil, la forme qu’exige le travail A confectionner. Il ne faut faire mordre A l’outil que peu
AJUSTAGE
d« matière a la foU; autrement on erveralt une trop grande réaistance, qui ferait oauer quelque partie de la machine. Pour le cas ou cette dreonatance arrive, on fait que ce mit la bielle qui cède, et, a cet effet , on la fait usez légère pour que ce soit aur die que porte le dégèt.
Le mouvement de rotation que la plate-forme peut prendre sur elle-même est pour façonner les pièces cylindriques. Ce mouvement est donné i la main ou par la machine Hle-memc. I.es deux mouvements rectilignes sont pour la confection des mortaises ou travaux analogues.
Quelles que soient les modiflcations qu'on fosse subir aux dispositions d'ensemble de cette machine le principe reste toujours le même; que l’outil se meuve horizontalement ou verticalement, que la plateforme soit verticale ou horizontale, la nature du travail ne change pas, la disposition ne fait qu'en faciliter l’execution.
Résumant tout ce que nous avons dit sur les outils, nous voyons que, quelles que soient leurs dispositions, ils tiennent tous a cet ensemble de machines ;
Machine à tourner ;
Id. a aléser;
Id. a raboter;
Id. a forer;
Id. a tarauder ;
Id. a parer.
Qui sont la base de tout atelUT d'ajustage.