INDICATEUR CONTINU
O» instrument ne sert pas seulement à Indiquer la quantité de force développée A chaque coup de piston, U fait aussi connaître la nature des defauts qui peuvent nuire au développement du travail. La comparaison des diverses courbes d« l'indicateur apprend lorsque les lumières d'entree du cylindre sent trop étroites; Il faut alors prollter de l’Indication et les agrandir. SI le tiroir est mal ajusté, l'indicateur fait savoir d’où vient l'imperfection, et l’on peut alors y remédier.
Enlin, on peut, grâce à l'indicateur, déterminer la quantité de force qu'absorbent, Mans une manufacture, les différentes pièces du mécanisme, de même que constater la qualité relative des huiles employées pour lubrifier les arbres. Ainsi, par exemple, si l'on veut savoir la quantité de force absorbée par un ventilateur ou par une scie circulaire mus par une machine à vapeur, fl n’y a qu’à mettre en rapport avec la machine l’une o« l'autre de ces parties du mécanisme considérée Isolément, en les séparant pour un Instant des autres parties que la machine fait mouvoir; et en faisant alors fonctionner l’Indicateur, on détermine la quantité de force qui est absorbée par la partie que l’on considère. Puis, en observant les indications de l’Instrument, lorsque toutes les parties du mécanisme sont en jeu, on reconnaît aisément quelle proportion de la force totale est dépensée pour le travail de cette partie. La qualité plus on moins bonne des huiles, qui servent à graisser les rouages, se détermine également d'après le plus ou moins de force nécessaire au mouvement des arbres.
La maniéré de lire les indications est des plus simples. II suffit dé projeter par des verticales les différents points de la courbe que le cray on a tracée sur la surface convexe du rouleau. La longueur de ces ordonnées, terminées à la ligne neutre de pression atmosphérique, se mesure sur l'échelle qui est à cété, et leur longueur moyenue représente la puissance de la machine.
L'Indicateur est une invention de Watt, mais l'on ne sait trop à qui l'on est redevable de l'Idée du curvo-trace. Néanmoins, la première-application de cette disposition a été faite A Soho, probablement par M. Southern ou par IL Lreighton. Le docteur Lnrdm r réclame le mérite de la priorité en faveur de M. Kleld, mais c’est la, nous le croyons, une erreur radicale, qu’il faut ajouter à toutes celles qui ont fait attribuer a MM. Mandatas et Fidd une bonne part des découvertes qui ne sont ducs, en réalité, qu'au génie de Jumcs Watt.
ivnicxTtiia coxnsu.
Il resterait à trouver un instrument qui non seulement fit connaître, mais eucore enregistrât, pour ainsi dire, le travail effectue par une machine donnée durant une période de temps quelconque, afln que le travail d’une machine pût être valablement comparé a celui d’une autre, dans le but d'en déduire l’économie relative du combustible pour chacune d’elles. C’est là, du reste, un problème qui a été, jusqu’à un certain point, résolu dans-te Cornouailles, au moyen d’un compteur qui enregistre seulement le nombre de coups de piston accomplis par une machine. Mais cet appareil ne peu! fournir d’indications utiles qu 'autant que la résistance, que la machin» est appelée ù vaincre, est constante et aisémenfmesurable ; Il n’est plus que d'uu bien faible secours peur un navire A vapeur, par exemple, dans lequel la résistance A surmonter varie sans cesse d'Intensilé. b invention d'un instrument, simple par lui-même, qui pût enregistrer les diverses quantités de forces développées par si ne machine, qnel» que puissent être, d'ailleurs, les changements de vitesse et d’expansion, n'est donc point un objet d'une médiocre Importance, aujourd’hui , surtout , qu’il est démontré que la constatation bien précise de travail des machines est indispensable au succès que l’on attend de ces moteurs. Il lions suffira, pour donner une preuve concluante de ce fait , de rappeler l’énorme augmentation de force, comparntivenient a la dépense de combustible, déveh^pée par -les machines du Cornouailles dont le travail a été enregistré. Les tables publiées par MM. I<ean nous font savoir qUble travail moyen des machines, dans le Cornouailles, qui aurait été, en 1816, représenté par t, s'est eievé, en 1848, a tin nombre trots fols plus considérable pour la même quantité de combustible. - - « -
VARIÉTÉS DES MACHINES A VAPEUR
U est donc inutile d’insister davantage sur les services que pourrait rendre au propres des machines à vapeur un indicateur continu. Cet instrument serait surtout utile aux nombreuses machines pour la navigation que l’on construit chaque jour sans plan bien arrête, et dont le travail est souvent loin de répondre a l’espérance qu’on s’en était formée. Noos terminerons en disant qu’un instrument de ce genre, mais d’une application trop difficile à cause de sa complication, a été dernièrement inventé par M. le professeur Mosetey.