‹ Traité des machines a vapeur ouvrage divisé en deux grandes sections ... E. M. Bataille, C. E. Jullien De la machine a vapeur en general ... texteChapitre 189 sur 223 · MACHINES A ROTATION ET A BALANCIER · texte numérisé non relu

MACHINES A ROTATION ET A BALANCIER

II existe un préjugé, parmi les constructeurs du Cornouailles , contre l’emploi des garnitures métalliques pour les pistons; aussi, les garnitures de chanvre dont ils continuent à se servir les obligent à des réparations continuelles , surtout lorsque la vapeur est à haute pression. Il parait cependant que l’on commence, même dans le Cornouailles, à revenir de celte erreur, et que l'emploi des garnitures métalliques tend à se généraliser.

Les soupapes des pompes aspirantes, lorsqu’elles ont une charge d’eau considérable a supporter, retombent avec force sur leurs sièges au moment où commence leur course ascendante. C’est là une cause continuelle d’ébranlements nuisibles à la stabilité des diverses pièces, et l’on a proposé de nombreux expédients pour y remédier. De tous ces expédients le meilleur est, suivant nous, l’emploi de la soupape connue sous le nom de soupape de Harvey, qui n’est autre chose, d’ailleurs, dans ses principaux détails, que la soupape d’équilibre dont nous avons déjà parlé, et qui est représentée planche 5.

, Cette soupape retombe avec peu de force, et l’on dispose assez fréquemment, sur le piston de la pompe, une cannelure annulaire dans laquelle vient se loger le bord de la soupape. Le fond de cette cannelure est garni de bois de bout sur lequel porte le bord de la soupape en retombant. Une excellente disposition consisterait à munir le bord même de la soupape d’une cannelure qui se remplirait naturellement d'eau, et qui, en retombaut, recevrait une saillie correspondante ménagée à cet effet sur le pistou de la pompe. La saillie, pour se loger dans la cannelure, serait obligée de refouler l’eau qui s’y trouve, et la résistance qui en résulterait suffirait pour amortir le choc.

Dans quelques machines américaines on emploie des soupapes de chanvre, même p:nir les pompes à air. Le piston se compose d’un disque percé d’un grand nombre de petits trous, qui tous sont bouchés par un disque de chauvre, qui s’élève et retombe comme la soupape ordinaire à chapeau. Ou a essayé de remplacer le chanvre par le caoutchouc ; mais cette dernière substance pénètre trop avant dans les trous, lorsque le disque supérieur retombe, et ne remplit pas si bien le but qu'on se propose. Des flls de chanvre reliés entre eux par du caoutchouc seraient , selon toute probabilité, la substance qui se prêterait le mieux à la composition de ce genre de soupape.

MACHINES A DOTATION BT A BALAXC1BB.

Nous avons donné, dans une de nos planches (pl. 1), le dessin d’une machine à balancier et à rotation de Mandslay. Cette machine n’a qu’une force de 16 chevaux, et elle peut être indiquée comme un excellent modèle à suivre. Cependant , nous pensons fermement que les machines fixes ordinaires a balancier ne doivent point continuer à être employées pour produire les mouvements rotatoires. Les machines à action directe, c’est-à-dire les machines à rotation sans balancier, qui ont été établies dans ces derniers temps, sont beaucoup plus simples dans leurs dispositions générales, et exigent un emplacement moins considérable que les machines à balancier. Il n’est point douteux que, dans un avenir plus ou moins éloigné, on n’emploie plus que de ces nouvelles machines , surtout lorsque leur puissance ne dépassera pas certaines limites. Aussi nous ne nous arrêterons point à la description générale des muchines à balancier, qui seront suffisamment élucidées par les planches et les détails que nous avons donnés et que nous donnerons encore plus loin.

On observera que la chemise du cylindre de la machine de Maudslav est fondue d’uue seule pièce avec le cylindre. La botte du tiroir est munie de garnitures de chunvre en haut et en bas du tiroir. Le condenseur est situé dans la bâche d’eau froide au dessous du cylindre.

Nous avons représenté, planches 3 et 4, une autre machine à balancier et à rotation de GO chevaux. Cette machine, établie par M. Fairbairn, présente la particularité d’uu volant sous forme de roue d’eiigreoage dentée. Les autres dispositions sont d’ailleurs les mêmes que pour toutes les machines de qe genre.

Prmiirt letton. 63

VARIETES DES MACHINES A VAPEUR

UaiiH certaines circonstances le» machines A double cylindre sont employée» pour les manufactures , et plusieurs de ces dernières machines, établies par MM. Rennie, Hall de Dartford et Hick de Rolton, peuvent être considérées comme d’excellents modèles. Cette variété des machines A rotation et a balancier peut être appliquée avec avantage dans les filatures de coton , ou In régularité des mouvements est de la plus haute importance. Mal», dans les cas ordinnires, nous pensons qu’il est préférable d'employer deux petites machines , agissant à angle droit sur l'arbre, ou bien une seule machine avec un volant plus lourd et doué d’une vitesse plus grande que les volants ordinaires.

MACHINES A VACÏI'H POLE LA NAVIGATION

Les machines A vapeur appliquées A la propulsion des navires sont , de toutes les variétés des machines mues par la vapeur, celles qui, de nos jours, excitent le plus grand Intérêt, tant A cause des résultats importants qu'elles ont réalisés que de ceux , plus grands encore, que l’on peut raisonnablement espérer de leur avenir, loi machine pour la navigation l'emporte, sans contredit, sur la machine ordinaire de terre. Nous croyons donc qu'il est nécessaire de la décrire dans tous ses détails, et notre description pourra, le plus souveut, s'appliquer en même temps aux autres variétés de machines A vapeur, qu'elles serv iront ainsi A faire connaître.

Comme exemple de machine A balancier pour la navigation, on peut prendre celui du steamer Ciitjof-London, construit par M. Robert Napler, et dont un dessin est donné A la planche I de cet ouvrage, sous ce titre : Coup e et el/vatiun de l'une tirs machines tlu bateau à tapeur la Ville -de - Londres. Celte machine nous servira de type pour développer les observations que nous avons A faire sur les machines A vapeur A balancier destinées A la propulsion des navires.

Ainsi qu’on peut le reconnaître, en examinant In figure, toutes les picce* du bAti sont en fer forgé. C’est IA une heureuse iuiiovnlion, car il y a toujours A craindre qu'un bAti en fonte, quelque fortes que soient ses dimensions, ne soit brisé par les chocs que la mer fait éprouver bu navire; et, d'un autre rété, ce bAti en fer, tout en présentant plus de sécurité, est beaucoup plus léger qu'un bAti eu fonte. Tout en approuvant cette heureuse application du fer aux bâtis des machines pour la navigation, nous reprocherons au constructeur des machines de la T ille-tle- Londres de u'avoir point prolongé les entretoises latérales Jusqu’au cylindre, ce qui aurait prAsenté une [Au* gronde stabilité. Les porte-guides du parallélogramme et l'arbre du tiroir auraient été supportés par udc colonne reliée A lYntrctoisc inférieure au moyeo d'une tige partant de sou sommet et allant s'assembler avec l'entremise au point de jonction de cette entremise avec la colonne de support de l'arbre A manivelles qui avoisine la pompe A air.

La tige du piston est assujettie dans la traverse par un ccrou qui se visse au - dessus de la traverse A l'extrémite de la Uge, de lu méinc manière qu'on le fait quelquefois pour une clavette dont ou veut maintenir ou augmenter A volonté le serrage, il existe trop peu de eouicHe dans la partie de la tige qui pénétre dans la traverse, de sorte qu’il y a une assez, forte compression A vaincre pour séparer ces deux pièces, ce qui est un inconvénient , puisqu'un est quelquefois obligé de faire cette séparation. U y a aussi trop peu de conicité dans la partie de la Uge qui traverse le piston, quoiqu'il y ait a la partie inférieure de la tige un rebord en forme de bourrelet qui supporte les efforts trop violents , et empêche la tige d'étre arrachée du piston. La conicité, telle qu'elle existe dans cette partie, serait loin de garantir contre un arrachement qui pourrait être amené par un choc violent, s'il n'y avait point une saillie quelconque pour supporter cet effort. Cette séparation u eu lieu A plusieurs reprises dans certaines machines de M. R. Napicr, ou l’on n'avait point (iris la précaution indiquée tout A l’heure et suivie dans les machines de la Ville-tle-Londres.

Le tiroir est de la variété des tiroirs A garnitures avant la forme d un I) m section. Nous n'appruuvons guère ce genre de tiroir pour les muchincs de grande puissance. I.n manière dont la garniture

MACHINES POUR LA NAVIGATION

est disposée dans le ras présent nous parait présenter de graves inconvénients. Les deu.x petites boites, à la partie supérieure et inférieure du tiroir, ipii reçoivent la garniture, ne sont pas situées A l'arrière de la boite du tiroir, de manière a ce qu'on puisse « introduire la garniture extérieurement. Il faut donc, chaque fois qu’il y a à retoucher A la garniture, enlever le tiroir pour faire cette, réparation intérieurement A la boite. Nous considérons encore comme une disposition vicieuse d’avoir établi la communication du tuyau de décharge avec le condenseur a un niveau aussi bns que relui qui est indiqué sur la ligure.

Le piston de la pompe A air n'est point muni d'un écrou servant A presser convenablement ta garniture du piston ; l'absence de cette pièce est un defaut capital dans les machines de grandes dimensions. La soupape de ce piston est de l’espèce ordinaire, dite A recouvrement, et elle retombe avec choc sur son siège dès que commence la course ascendante du piston. Il y a deux valves de décharge, l'une directement au-dessus de In pompe, l'autre à l'extrémité du tuyau qui conduit A la bâche d'eau chaude. Nous ne comprenons pus l'avantage de cette disposition multiple, surtout quand nous voyons des pompes fonctionnant fort bien sans l'adjonction d’une soupape de détrntc A la valve ordinaire.

Ce que nous avons dit plus haut, relativement A la ronicité insuffisante des extrémités de In tige du cylindre, s’applique également A la lige de la pompe A air. La bielle principale est fort lourde, ce qui nous parait être sans utilité. Cette pièce, aux endroits de plus faible diamètre, n'a pas besoin d’étre aussi grosse que la tige du piston ; et , cependant , nous v oyons qu'elle est considérablement pins forte que cette tige, dans ses points de diamètre minimum.

Malgré les imperfections de détail que nous venons de signaler, les machines du steamer Cihj-of- London sont, sous presque tous les rapports, d'un excellent service, et elles présentent une grande stabilité. Nous ne faisons point de doute que l’entretien de ces moteurs ne soit facile et |>eu coûteux.

Les machiues des paquebots des Indes occidentales, C/yrfe, Tweed, Tay et Teriut, construites par MM. Caird et comp., sont exemptes d'une grande partie des défauts que présentent les machines dont nous venons de parler ; mais, d’un autre cAté, elles offrent des inconvénients qui leur sont propres et qui ne sont pas moins graves. L'un des défauts de ces machines le plus palpable , et qu’on a peine A comprendre de la part de mécaniciens aussi distingués, est l'obstacle que présente le tiroir lui-méme A l'entrée de la vapeur dans l'intérieur de In boite, lorsque le tiroir est A la Un de son coup. Il résulte de cette fausse disposition que , durant la course ascendante du piston, le passage de la vapeur est obstrué d'une manière nuisible. Cette faute n'est, évidemment, que le résultat d’une inadvertance, mais il n'en est pas moins v rni qu'elle affecte sérieusement le travail des machiues.

Les flasques latérales du bâti deviennent trop faibles lorsqu'elles approchent du cylindre. C'est nussi une mauvaise disposition que de faire passer l'axe principal du balancier A travers le condenseur, attendu qu'il est difficile de maintenir le joint bien étanche; et si, pour éviter les fuites , on fait passer l’nxe dans l'Intérieur d'uu tube foudu avec le corps du condenseur, l'on s'expose à ce que l'inégale dilatation du métal fasse éclater les parois du condenseur, a cause des alternatives de chauffe et de refroidissement déterminées par la vapeur et par l'eau froide d'injection. C'est A ce motif qu'il faut attribuer la rupture d’un grand nombre de condenseurs construits par MM. Caird et comp. Il nous (tarait préférable d'établir les condenseurs en forme de forts tuyaux cylindriques d'une grande hauteur, et de faire porter l’axe principal du balancier sur des supports disposes convcuablement.

En raison de l'importance des machines des paquebots transatlantiques que nous venons de citer, et sur lesquelles nous aurons A revenir, nous avons consacré plusieurs planches A l'élucidation complète de l'ensemble et des détails de ces puissants moteurs.

MACUIXE A BALAXCIEB COHUE DITS HACHIS! A CLOCHE DE SAMI'DA.

Cette machine est représentée planche 8, en plan et en élévation. Les cylindres, comme on le volt sur

VARIÉTÉS DES MACHINES A VAPEUR

la figure, sont renversés , c’est-à-dire que les tiges de pistons sorteut par le couvercle du bas. A est le bâti ; C, le cylindre; D, le condenseur; E, In pompe ù air; A, la traverse de la pompe à air; P, la tige du piston; J, la bielle principale; K, l’arbre des roues; S, le tiroir, et T , le levier ou balancier. On voit que les deux bielles pouvant venir agir à peu près au même point sur l'arbre à pales, une seule manivelle suffit à ces deux machines.

La disposition de cette machine a In plus grande analogie avec celte adoptée sur le bateau A vapeur Gtjpsey-Queen. Dans cette dernière, cependant, les cylindres ne sont pas renversés. Nous croyons reconnaître dans l’heureuse combinaison des pièces de ccttc machine, la main de M. Clcgg, et certes l’idée n’est point indigne de son esprit judicieux. Il faut dire, pourtant, que cette disposition exige une longueur considérable dans l’espace réservé à la machine, en raison de l’écartement forcé des deux cylindres; et bien qu’il y ait économie de place en largeur, on doit remarquer que ce n’est pas dans ce sens que les dimensions des machines pour la uavigation ont besoin d'être restreintes. L'espace laissé libre de chaque côté de la machine dans le sens de la largeur du navire ne peut servir à rien, à moins qu’on ne l'utilise en y pinçant les chaudières; mais, alors, leur contact contre les flancs du navire présenterait quelques dangers, surtout dans le cas où le navire serait construit en bois. D’ailleurs , l’une des conditions tes plus essentielles à observer dons les appareils de vaporisation consiste a rendre leurs parois accessibles de tous points. Or, cette condition ne saurait être réalisée dans la disposition précédente.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUE LES MACHINES A ACTION DIRECTE OU SANS BALANCIER EMPLOYÉES EN ANGLETERRE.

L’emploi des machines à action directe, pour les navires à vapeur, a reçu dans ces dernières années une extension considérable, et ccttc révolution dans le mode de construction des machines de la navigation tend, selon toute apparence, à devenir universelle. Les machines sans balancier ont l’avantage d’étre moins pesantes et plus compactes que les machines à balancier. C’est ccttc raison surtout qui les met en grande faveur aujourd'hui parmi la plupurt des constructeurs, malgré la résistance que leur adoption a rencontrée chez un assez grand nombre de mécaniciens. Les premiers projets qui furent présentés étaient incomplets et peu satisfaisants, mais bientôt l’excellent service des machines oscillantes et à double traverse rappela du jugement désavantageux que les premiers essais avaient fait porter sur l’ensemble de ces machines.

Nous avons donné, planches A et B, les dessins comparatifs des principales machines à action directe employées aujourd'hui dans la uavigation à vapeur de la Grande-Bretagne. Cette représentation simultanée d'un si grand nombre de machines sans balancier permet de comparer entre elles et d’un seul coup d'œil les dispositions particulières relatives au système.

L’ensemble des machines à action directe ou sans balancier peut être considéré comme comprenant cinq variétés principales, que nous distinguerons de la manière suivante :

Première variété. — Machines dans lesquelles la bielle est placée au-dessus de la tige du piston entre cette tige et la manivelle, quelles que soieut d’ailleurs les particularités de construction que cette disposition nécessite.

Deuxième variété. — ■ Machines dans lesquelles la bielle se trouve placée au-dessus de la manivelle.

Troisième variété. — Machines dites à double cylindre ou à cylindres accouplés, employées principalement par MM. Maudslay et Field, et MM. Forrester, de Llverpool.

Quatrième variété. — Machines dites à double traverse, employées par MM. Bury et compagnie , MM. Fawoett et compagnie, et différents autres constructeurs.

MACHINES POUR IA NAVIGATION

Cinquième variéU. — Machines oscillantes, employées avec succès, d’abord par MM. Penn, et ensuite par une foule d'autres mécaniciens.

Nous dirons quelques mots sur chacun de ces différents genres de machines à action directe.

PREMIÈRE VARIÉTÉ — Machines dam lesquelles la bielic est placée au-dessus de la tige du piston , entre cette tige et la manivelle.

Les objections qu’on peut adresser à cette variété de machines sont nombreuses et d'un grand poids. La déllnition même de cette variété exige un cylindre très court et une bielle peu allongée, sans quoi il faudrait élever outre mesure l'arbre des roues. Ces machines ne présentent donc qu'une longueur de course fort limitée. Bien que nous n'admettions pas, comme le font un grand nombre de personnes, que la détente de la vapeur ne puisse avoir toute son efficacité que dans un long cylindre, nous croyons cependant qu’une machine doit présenter une longueur de course raisonnable |>our fonctionner dans de lionnes conditions de détente. Lue autre conséquence fâcheuse d’une longueur de course trop restreinte, est d'attribuer au piston un mouvement rapide de va-et-vient. Il existe, en outre, aux extrémités du cylindre, pour chaque coup de piston, une perte de vapeur comparativement plus grande, lorsque In course est trop limitée, que dans le cas contraire. Cette perte de vapeur, quoique peu importante, mérite cependant d'étre prise en considération.

Relativement au peu de longueur de la bielle, nous ne pensons pas, comme certains mécaniciens, que le dérangement, que pourrait causer nu tiroir une bielle de faible longueur, soit bien a craindre, mais ce qui nous parait fort important, c’est l'augmentation de frottement que détermine l'action de la bielle sur la manivelle lorsque son angle d'inclinaison devient considérable. Ce frottement a pour effet, non seulement d'absorber de la puissance, mais, ce qui est plus grave, de déterminer un dégagement de chaleur suffisant quelquefois pour briller les coussinets. Ce n’est point répondre d'une manière satisfaisante il cette objection que de dire que le froltement, développé par une machine à action directe, est tout au plus égal à relui qu’engendre le travail d'une machine à balancier. Ici, le vice provient de ce que ce frottement n'est pas com diablement reparti ; qu'il est produit, an contraire, en peu de points, mais avec assez d'énergie pour exposer ces parties à être mises hors de sers ice.

Mais le reproche le plus sérieux que l’on puisse* faire à cette variété de machines est, sans contredit, l'exagération du diamètre des roues g pales. Iji disposition de ces machines exige qu'on élève le plus possible l'arbre des roues ù pales pour atténuer, par cela même, les défauts de trop faible longueur que nous venons de signaler dans le cylindre et daus In bielle. Cette élévation de l'arbre implique la nécessité de donner un grand diamètre aux roues; et II resuite de IA une vitesse trop considérable imprimée aux pales des roues, ce qui absorbe en pure perte une grande quantité de puissance. En effet, l'on comprend aisément que , dans tous les cas ou il existe une grande différence entre lu vitesse des pales et celle du navire, une quantité considérable de force est dépensée inutilement A chasser l'eau A l'arriere des roues, au Ueu de servir A pousser le navire en avant.

Une déperdition de force sensible, prov enant de cette dernière cause, a donc lieu, d’une manière permanente, dans tous les steamers ayant des machines établies d'après le système que nous examinons. Il faudrait, pour éviter cette perte, que les machines fonctionnassent A un degré de vitesse et de force constamment inférieures A leur puissance réelle. Au reste, ces objections sont applicables A toutes les machines A courte bielle, dont la course est de peu de longueur et dont l'arbre est élevé. Elles sont, A nos yeux, d’un caractère assez grave pour faire abandonner complètement ce système.

Voici, du reste, pour les personnes qui ne seraient pas de cette opinion, quelques remarques relatives A différentes machines qui peuvent être considérées comme comprenant, dans leur ensemble, les diverses variétés de ce système. Le lecteur nous suivra dans nos descriptions sur les planches A et B .

4iî VARIÉTÉS DES MACHINES A VAPEUR.

1* Machine île B< ult.-n et Wett. — Cieieer. — (PI. A .

Dans cette machine de Roulton et Watt, les condenseurs sont plan» entre les cylindres, et à l'extrémité de chacun des condenseurs se trouve la pompe A air qui lui correspond. Les pompes A air üont mises en jeu simultanément par un levier ou balancier, dont le centre est flxé au haut des condenseurs, et qui reçoit son mouvement oscillatoire d’une manivelle disposée sur l'arbre intermediaire. A cette manivelle est reliée une espèce de tige-bielle (quelquefois c'est un cadre triangulaire) qui vieut s’articuler sur un bouton placé A l'une des extrémités du balancier. La purtie supérieure de la tige du piston est maintenue dans sa position verticale au moyen de guides.

Cette disposition du jeu des pompes A air est fort ingénieuse, et l'emploi d'un balancier permet de donner a la course des pompes une longueur toujours parfaitement égale, sans être obligé d'attribuer a la manivelle, placée sur l'arbre intermediaire, une longueur démesurée. Mais un inconvénient qui frappe tout d'abord, c’est que si le balancier vient a être brisé, les deux machines se trouvent, d'un seul coup, réduites A l’impuissance. Noos devons dire, cependant, que le balancier est en fer forgé dans le steamer que nous examinons, ce qui est une garantie.

MM. Boulton et Watt ont tout dernièrement adopté la variété des machines oscillantes, dont Watt est, nous Je croyons, le premier inventeur pour les machines destinées A la propulsion des navires.

ï* Machine de MM. Miller et Rsreidnit. - (PI. U).

Cette machine, qui est celle du navire l'Éclair , présente sur In précédente l'avantage d'occuper dans l'intérieur du vaisseau un espace moins considérable. On doit même reconnaître qu'aucune autre machine n'est susceptible d'étre plus heureusement disposée soub ce rapport que la machine de ce steamer, car sa dimension en longueur n’est que de peu de chose plus considérable que le diamètre du cylindre. Les condenseurs s’étendent d’un cylindre A l'autre, et les pompes A air sont situées dans leur intérieur, de telle sorte que toutes les parties ou pièces en fonte qui composent lu machine sont réunies én une masse compacte offrant ainsi une plus grande solidité. Les pistons de la pompe A air sont mis en jeu par des manivelles platées sur l’arbre intermédiaire.

Cette machine est, sans nul doute, l'une de celles de la variété que nous examinons, dont les dispositions paraissent les plus heureuses. Elle occupe un espace aussi limité que possible, et présente l'avantage d’avoir deux pompes A air indépendantes , ce qui permet de ne poiut suspendre le travail de la machine, si l'une d'elles vient A être mise hors de service.

Nous devons cependant relever quelques defauts qu'entraîne ce mode de construction. En premier lieu, nous ferons remarquer qu’il y a toujours un grand désavantage a couder un arbre en plusieurs endroits. Or, ici, uous voyons que l'arbre intermédiaire reçoit deux manivelles pour les pompes A air au lieu d’une seule comme dans l'exemple précédent. Il est certain que l'établissement d'un tel arbre présente d’assez grandes difficultés. MM. Miller et Rnvenhill ont cherché A éviter cette double manivelle dans quelques-unes de leurs dernières machines. Ils disposent leurs pompes a air en les inclinant l’une vers l'autre de manière A ce que leurs axes soient dans un même plan vertical, et qu'une seule manivelle puisse communiquer le mouvement de va-et-vient à leurs tiges.

Cette idée d'incliner les pompes A air a été adoptée depuis par MM. Penn et autres, et son application réalise un perfectionnement réel. L'eau s'élève graduellement et avec une grande facilité jusqu’A la hauteur des soupapes de décharge en raison de l'inclinaison des pompes, et le jeu des soupapes sc fait par cela même avec plus d'aisance que lorsque les pompes sont verticales.

MM. Miller ont abandonné plus tard cette première variété de machines A action directe pour adopter la variété des machines oscillantes; mais ils ont conservé l'inclinaison de leurs pompes A air et ont apporté encore quelques nouveaux perfectionnements de détail. Parmi ces perfectionnements, se trouve

MACHINES POUR LA NAVIGATION

l’introduction des doubles tiroir» cylindriques, qui sont disposés de chaque côté de l'arbre qui les commande. Ces tiroirs se font mutuellement équilibre et évitent la nécessité d'un contre-poids.

3* Machine de MM. Fairhairn. — (Min. (PI. B).

La disposition générale des machines du steamer l’Odin est judicieuse, et le bitl, qui est en fer forgé dans toutes ses parties principales, est solide et bien ajusté. Nous approuvons beaucoup l'emploi d’un parallélogramme, pour guider la tête de la tige du piston, au lieu des glissières qui sont beaucoup plus exposées à s'échauffer par le frottement. Un autre perfectionnement très heureux, que M. Fairbalrn a apporté dans les détails des machines de l’Odin , consiste à avoir donné une grande portée aux coussinets des bielles du parallélngramme. Il y a un tel frottement A supporter par ces coussinets, dans la variété de machines qui nous occupe, en raison de la faible longueur des bielles, que l'usure en est fort rapide.

4* Machines de MM. Rennlc. — Snmnm. — (PI. B ; ,

Ce que nous venons de dire de la machine de MM. Falrbalm s'applique, A peu de chose près, à la machine de MM. Rennie. Ces derniers constructeurs ont introduit dans leur machine le mouvement des locomotives de Stephenson, afin de pouvoir arrêter ou renverser rapidement le jeu de la machine. Le succès le plus complet a suivi cette introduction, et l’cn peut, dans les machines du Sn/nson, changer instantanément en pleine vitesse d'arrière le mouvement de pleine vitesse en avant. Aucune autre combinaison ne permettrait au mécanicien de régler avec la même instantanéité la marche de la machine.

5* Machine de MM. üeaward. — Cyrbpt. — (Pi. B }.

C'est A MM. Seaward, nous le pensons, qu'on doit la première application de variété de machines A action directe qui nous occupe. Mais ce mérite n’est pas très grand en raison des vices nombreux de ce genre de machines. L'avantage qu'elles présentent sur les machines ordinaires A balancier consiste principalement dans l'économie de longueur qu’elles réalisent. Mais, outre que cette économie est de bien peu de chose, elle est rachetée par tous les inconvénients et les pertes qu’entraînent le peu de longueur de la bielle, l'élévation de l'arbre des roues A pales et, ce qui en est la conséquence, l'exagération du diamètre des roues. Les Inconvénients qui résultent d'une trop grande élévation de l’arbre moteur ont été signalés avec sévérité par les commandants de navires où se trouvaient des machines de MM. Seaward, et ils se sont manifestés avec un tel caractère de gravité sur le steamer Prometheus , que l'on a été obligé d'abaisser considérablement cet arbre, aux dépens de la longueur de la bielle, qui déjà était trop courtf. La trop grande élévation de l'arbre des roues n'est point, d’ailleurs, un vice de construction appartenant spécialement aux machines de MM. Seaward. C'est un vice qui concerne d'une manière générale toutes les machines A action directe de la première variété, c'est-à-dire les machines dans lesquelles la bielle principale est au-dessous de la manivelle, entre cette pièce et la tige du piston. Le seul reproche que l’on puisse faire spécialement à MM. Seaward est d’avoir porté ce défaut beaucoup plus loin que les autres constructeurs.

Page 1