REMARQUES SLR LA PRODUCTION DE LA VAPEUR. IBS
On voit, en se reportant à ia sixième ligne de ce tableau (en comptant suivant les lignes horizontales des chiffres) , que la puissance de vaporisation des chaudières du Cornouailles est à peu près la même que celle des chaudières de Warwick ; mais si l’on en excepte les chaudières des établissements hydrauliques de la ville de Londres, on reconnaîtra une supériorité manifeste des chaudières du Cornouailles sur tontes les autres.
Il ressort de l’examen des lignes cinquième et huitième de la table, deux des principales particularités que présentent les proportions des chaudières du Cornouailles. Ainsi, on remarque que l'étendue de leur surface exposée à la chaleur, pour chaque mètre cube d'eau vaporisée, est environ sept fols plus considérable que celle des autres. Ou remarque en outre que la combustion est conduite avec une grande lenteur dans ces machines, puisqu’elles ne consomment pas même 1 7 kilogrammes de houille par mètre carré de surface de grille, et par heure, comme on le volt à la quatrième ligne. La seule chaudière qui puisse se rapprocher des chaudières du Cornouailles, pour la lenteur de la combustion, est celle de Warwick.
M. Parkes est un grand partisan de ia combustion lente ; et ii appuie son opinion principalement sur les effets qui résultent de cette lenteur, dans les chaudières de Warwick. C'est, du moins, d’après les expériences qu’il fit sur ces chaudières, qu’il demeura convaincu que ce principe devait être appliqué avec tout le degré d'extension qu’il recevait dans la circonstance actuelle. Nous croyons que, dans ce cas, H n'a pas eu égard à une circonstance importants. On voit, dans le tableau, que la surface de chauffe, comparativement a l'eau vaporisée, est, A très peu de chose près, la même dans ces chaudières que dans les chaudières en chariot. Mais, avant le changement qne M. Parkes Ht subir aux fourneaux de ces chaudières, la production de vapeur était beaucoup plus grande ; et, par conséquent, la surface de chauffe était nécessairement très petite, comparativement n la quantité d’eau réduite en vapeur. Nous sommes doue porté à attribuer l'amélioration, dans l'effet utile des combustibles, plutôt à l’accroissement de ia surface de chauffe de la chaudière, qu'à la diminution dans la rapidité de la combustion. Cependant, les autres expériences de M. Parkes nous feraient assez croire que, pour l’économie du combustible, la combustion , dans presque tous les foyers des chaudières en chariot, est un peu trop rapide.
La très grande proportion de surface de chauffe des chaudières du Cornouailles, par rapport au poids de l'eau vaporisée, est, sans aucun doute, nécessitée en grande partie par l'épaisseur des plaques que la chaleur est obligée de traverser, ainsi que par la haute température de l'eau que ces chaudières renferment, circonstances qui tendent à retarda: la transmission de la chaleur. Nous ajouterons que cette extension considérable de surface de chauffe est, autant que nous avons pu nous en assurer, en grande faveur dans le Cornouailles. Cependant, nous sommes intimement convaincu qu'une légère diminution, dons l’étendue de cette surface, ne produirait aucun effet désavantageux sur les propriétés économiques des chaudières , tout en permettant de réaliser une économie dans la dépense première d'établissement.
On voit, d’après ce que nous venons de dire, qu'il ue faut point attribuer une bien forte part des avantages que présentent les machines du Cornouailles à la nature de leurs chaudières. Nous allons chercher a établir rapidement tes principales causes de la supériorité de ces machines. On peut tes énoncer sommairement ainsi :
I ’ L’emploi de la vapeur à hante pression , et fonctionnant par expansion , dans ta plus grande partie de la course du piston.
î» Le soin avec lequel sont entourées de substances non conductrices toutes le* parties de la machine susceptibles de laisser échapperla chaleur. Le cylindre est ordinairement encaissé dans un revêtement ou chemise à vapeur ; et cette chemise elle-même, ainsi qne tous tes conduits de vapeur, la partie supérieure de ia chaudière , etc. , sont préservés du contact de l’air froid au moyen d’une couche de 7 à 10 centimètres d’épaisseur, formée avec des cendres , de la sciure de bols , ou tout autre corps mauvais conducteur du calorique. Toutes ces précautions doivent produire , on te conçoit , une diminution considérable dans la perte de la chaleur. Nous n'avons pas eu l’occasion de nous assurer, par expérience , de la valeur totale de l’économie réalisée au moyen du revêtement complet des différentes pièces d’une machine ; mais
Prtmièrt Stclton. JJ
170 CHAUDIERES. <7
M. Wtcksieed a trouvé que le revêtement seul (lu dessus de la chaudière produisait une économie de 10 J pour ceut dans la consommation du combustible.
3" EuUu , le troisième molir du bon service des machines du Cornouailles doit être attribué à l'excellent système , adopté depuis plusieurs années dans ce pays, qui consiste A enregistrer et A publier exactement le travail de chaque machine. Cette considération a rendu les propriétaires et les ingénieurs plus soigneux, qu'ils ne l’eusseut été autrement, d'apporter toutes les corrections possibles aux moindres détails.
Ou oublie trop aisément que de légères imperfections , tontes minutieuses qu'elles sont lorsqu’on les considère séparément, ne laissent pas que d’être, dans leur ensemble, d'une importance majeure.
Nous dirons, pour nous résumer, que le grand secret de l'économie des machines du Cornouailles résulte de l'application, sur une large échelle, du principe de l'expansion, tes résultats qu'on a obtenus avec ces machines n'ont été que bien faiblement Influences par la disposition particulière des chaudières. Ions n 'avons point l'intention de développer ici toutes les conséquences de l’application du principe de la détente au travail de la vapeur, et de rechercher le degré auquel on peut porter avantageusement ce principe dans les différents eas. >ous nous cou tenterons de donner la table suivante ( table II) , qui permet d'apprécier l'efflcocité relative de différentes machines travaillant A des degrés plus ou moins élevés d'expansion.