‹ Traité des machines a vapeur ouvrage divisé en deux grandes sections ... E. M. Bataille, C. E. Jullien De la machine a vapeur en general ... texteChapitre 67 sur 223 · REMARQUES SUR LA PRODUCTION DE LA VAPEUR · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LA PRODUCTION DE LA VAPEUR

La première colonne , à gauche , donne les principaux détails et les résultats du travail de la machine atmosphérique de Smeaton, établie à Long Benton.

La seconde colonne est relative ans effets de la machine à rotation , avec condenseur, d'Albion Mills, de Boultoo et Watt.

Les deux colonnes suivantes donnent les mêmes résultats : la première , pour la machine du Cornouailles , de Holtnbush ; la seconde pour une machine a haute pression et sans condenseur. Les effets de cette dernière machine ont été observés par M. Wicksteed.

Enfin, les deux dernières colonnes sont relatives à deux machines des établissements hydrauliques de la partie Est de Londres ( East London). La première de ors machines est une machine ordinaire du Cornouailles à détente ; la seconde est une machine d'épuisement aussi a détente , de Bouiton et Watt.

Cette table prouve sans réplique les avantages économiques de l'expansion de la vapeur. Les effets dynamiques des différentes machines sont mentionnés A la ligne cinquième (comptée par les lignes de chiffres) , et les différents degrés d’expansion , A la dernière ligne.

On remarquera que l’ordre suivant lequel se rangent les différentes machines, sous le rapport de la supériorité de leur travail , est précisément le même que celui du degré d’expansion avec lequel elles fonctionnent. Ainsi , la machine A’Uolmbush, qui produit un travail de plus de 38 mille tonnes élevées A 1 mètre par 100 kilogrammes de charbon, agit par expansion pendant les 8 j dixièmes de la course du piston ; tandis que la machine du Cornouailles , employée aux établissements hydrauliques d 'East London, qui produit un travail au-dessous de 29 mille tonnes , n’agit par expansion que pendant un peu moins des 7 dixièmes de la course du piston. De même , si l’on compare entre elles les deux machines de Bouiton et Watt, on volt que celle d’.l/fiion Mills, qui fouctioone sans expansion, produit un travail d’environ 7 mille tonnes, tandis que l’autre, celle des établissements hydrauliques à' East London, qui fonctionne par expansion durant la moitié de la course du piston , produit un travail de plus de 1 2 mille tonnes.

D’autres raisons peuvent, sans nul doute, avoir quelque influence sur c*s puissances relatives. Ainsi, dans le dernier exemple que nous venons de citer, l’une des deux machines est a rotation et à double effet, tandis que l’autre est une machine d’épuisement A simple effet. Il est clair que le travail de ces machines doit être affecté par des différences aussi sensibles ; mais il n’en est pas moins certain que le système d'expansion , d’après lequel la dernière machine travaille , est la principale cause de l'économie comparative qu’elle réalise.

M. Parkes , dont nous avons tout à l’heure mentionné les travaux , a étendu scs recherches jusqu'aux machines locomotives. Mais alors il est tombé dans d’étranges erreurs. Après avoir réuni toutes les expériences de Wood, Pambour et Lardncr, et en avoir préseuté le résumé sous forme de tableau, de la même manière qu’il l’avait déjA fait pour d’autres espèces de macbiucs, M. Parkes conclut de son examen qu’il faut rejeter tous les résultats de ces expériences , comme ne méritant aucune espèce de confiance. Cette sentence sans appel est basée sur deux motifs principaux , que M. Parkes énonce ainsi : en premier lieu, les expériences, bien que faites par la même personne, sont en contradiction complète les unes avec les autres ; en secood lieu , elles tendent A prouver qu'un mètre cube d’eau , réduit en vapeur, produit un effet utile plus considérable dans nne locomotive que dans toute autre espèce de machine.

Malheureusement pour les conclusions sévères de M. Parkes , tandis qu'il cherche , avec un 7.èle digne d'éloges, A mettre en évidence les erreurs des autres , il tombe lui-même dans la faute si commune de ne point voir les siennes propres. C’est A peine si, dans son Mémoire, il discute une expérience sans en changer le sens et la portée ; puis II se jette bientAt dans un tel tissu d'erreurs , qu'il ht! est impossible de s'en tirer.

M. Parkes ne parait pas avoir eu complètement conscience du terrain glissant sur lequel il se trouvait. Entièrement préoccupé de l’idée d'avoir détruit toute confiance dans les expériences et les théories de

CHAUDIERES

trois auteurs qui, jusqu'à ce jour, avaient été considérés comme des autorités en cette matière, M. Parke* n’hésite pas à élever une théorie toute nouvelle sur des bases inconnues jusqu'alors.

C'est ainsi qu’il énonce le principe fondamental de sa nouvelle théorie : la quantité de mouvement, communiquée à la masse entière d’un train lancé sur la voie d'un chemin de fer, représente l'effet mécanique utile exercé par la vapeur. Voilà donc qui lève toute la difficulté. Mais, si l’on se rappelle que l'expression , quantité de mouiement , appliquée Ici dans son sens ordinaire , signifie le poids du corps mis en mouvement , multiplié par sa vitesse , on voit immédiatement que cette mesure de la puissance d’une machine ne tient pas compte de la résistance de frottement du train sur les rails. Il résulterait de ce nouveau principe de M. Parkes , que la force nécessaire pour tirer un convoi sur un plan Incliné et dans le sens de la rampe , à la vitesse de dix kilomètres à l'heure , serait précisément la même que celle qui est nécessaire pour faire descendre le convoi , suivant la même pente , avec une vitesse égalo à la première. Cependant , M. Parkes ne s'aperçoit pas des Inconséquences qui naissent de la fausse route où il s'est engagé , et il poursuit, jusqu'au bout , l'application de sa théorie nouvelle. Il prend toutes les expériences qu’il a pu réunir sur les machines locomotives , et mnltlplle le poids do convoi , en tonnes , par sa vitesse en mètres par seconde. Ce sont ces différents produits qu'il place dans ses tables , et qu'il appelle quantités de mouvement, c'cst-à-dirc, mesures, de la puissance de la machine. Il procède alors, avec la plus grande assurance, à la rectification des erreurs auxquelles toutes les autres expériences ont donné lieu. Il établit comme principe que, chaque fois que le poids d'un convoi est augmenté, sa vitesse est nécessairement diminuée, (oubliant naturellement que le convoi le moins chargé peot gravir une rampe, et le pins lourd, la descendre), et que cette diminution a lien dansnno proportion plus grande que l'augmentation de la charge. Ainsi, plus la vitesse est considérable, plus la quantité de mouvement doit être faible, toute proportion gardée, pour un même poids ; on bien, plus le poids est eousidérable, plus la quantité de mouvement doit être grande. M. Parkes n’hésite pas à rejeter tous les résultats d'expériences qui viennent contredire ccs lois. Si on prend, pour exemple, les expériences faites avec la locomotive t'ury, on reconnaît que rette machine a produit plus de travail en parcourant 40 | kilomètres par heure, qu’en ne parcourant que 35 kilométrés dans le même temps. On doit donc conclure, avec certitude, d'après M. Parkes, que l'une ou l’autre de ces expériences est entachée d'erreur. L'excellence de la nouvelle méthode parait Ici dans tout son éclat. Au reste, le lecteur peut voir, dans l'Introduction de la seconde édition du traité de M. de Pambour, sur les machines locomotives, combien sont erronées , en fait et en logique , toutes les idées contenues dans le Mémoire de M. Parkes.

Nous ne nous arrêterons pas davantage à ces discussions, et nous terminerons ici tout ce que nous voulions dire sur l’efficacité plus ou moins grande des différents systèmes de chaudières. Nous croyons avoir suffisamment développé ce sujet, et nous nous contenterons de donner une table do la puissance de vaporisation relative des diverses espèces de houille. Cette table est déduite des expé riences de M. Wicksteed. Elle est surfont utile en ce qu'elle fournit des documents pour comparer entr'elles les expériences faites sur diverses chaudières, lorsqu’on emploie de la houille d'espèces différentes. Sans les moyens de recUIlcatlnn qu'offre cette table, les expériences ne sont point susceptibles de comparaison, à moins que le combustible employé, dans chacune d'elles, ne soit d'une puissance de vaporisation constamment la même, ce qui n'existe presque jamais. Lorsqu'on connaîtra, au contraire, l’efficacité relative des différentes espèces de bouille, il sera facile de rectifier les résultats des expériences, de manière a les rendre comparables entr’eux.

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