NATURE DE LA SYPHILIS HÉRÉDITAIRE
Pour certains auteurs la syphilis par conception est une impossibilité embryologique. — Divisions de la syphilis infantile héréditaire : la syphilis infantile est : ou une maladie congénitale par contagion spécifique utéro-ovarienne, ou bien une maladie héréditaire par transmission d'une infection spécifique. — La syphilis congénitale est ou embryonnaire ou fœtale. — La syphilis héréditaire est ou précoce ou tardive.
Doctrine de M. le professeur Foumier. — La syphilis peut agir comme maladie spécifique : accidents syphilitiques, ou comme maladie infectieuse : accidents para-syphilitiques. — On a dit depuis longtemps que la syphilis transmise au fœtus, sans contamination préalable de la mère, était impossible; que, si l'on n'avait pas vu l'accident initial, c'est qu'on l'avait mal cherché. Cependant Mil. A. Fournier, Diday ont démontré la réalité de la syphilis conceptionnelle. M. Boulengier déclare la syphilis conceptionnelle une impossibilité embryologique. Il se fonde pour cela sur les expériences de Francotte qui démontrent que les maladies microbiennes ne peuvent se transmettre par l'ovule. Si, en effet, on introduit des microbes dans un œuf, suivant les circonstances on voit que : 1° L'ovule détruit les microbes et continue son évolution normale. 2° L'ovule rejette les microbes, continue son développement, mais il en résulte des troubles dans l'évolution embryoï-énique et quelquefois des arrêts de développement. 5° L'ovule est tué. Il me semble au contraire que l'on peut invoquer ces expériences pour expliquer : 1° La possibilité de naissance d'enfants sains issus de syphilitiques : le bacille de la syphilis serait phagocyté par les cellules de l'ovule.
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2° L'existence de malformations et d'arrêts de développement chez les hérédosyphilitiques : troubles dans l'évolution embryogénique provoqués par les toxines syphilitiques. 3° La mort rapide du produit de la conception : (avortementdù à l'intoxication par la toxine syphilitique). Mieux encore ces expériences prouvent la possibilité de la transmission directe de la syphilis du père à l'enfant par la contagion spermato-ovulaire.
La contamination in utero est prouvée d'autre part par la transmission de la mère au fœtus de maladies infectieuses spécifiques : tels le charbon, la tuberculose. De ces constatations découle la compréhension suivante de la syphilis héréditaire :
D'une part, l'infection syphilitique congénitale, venant du père ou de la mère, ayant son action sur l'embryon, in utero, soit dès les premiers moments de la grossesse, et tuant alors l'embryon, syphilis congénitale embryonnaire, contagion spermato-ovulaire, ou contagion directe du père à l'enfant ; soit plus tard entre la viabilité et le terme normal de la grossesse, 1 syphilis congénitale fœtale, transmission de la syphilis de la mère à l'enfant par contagion utéro-placentaire.
D'autre part, la transmission héréditaire de la syphilis qui n'agit plus par contagion, par inoculation intra-utérine, congénitale, mais se manifeste par la transmission d'une hérédité soit directe (reproduisant la même maladie, accidents syphilitiques), soit indirecte (accidents para-syphilitiques). C'est alors la syphilis héréditaire qui peut être : précoce, survenir chez le nouveau-né et l'enfant, ou tardive, se montrer dans l'adolescence, dans l'âge adulte. D'où la division suivante de la syphilis infantile :
z o UI. • -, i [ S. embryonnaire.
Syphilis congénitale j § ^^
Syphilis infantile , (S. des nouveau-nés.
! (S. hér. précoce. < S. infantile proprement
[ Syphilis héréditaire j ( dite.
' S. hér. tardive.
Telles sont les grandes divisions de la syphilis infantile dont l'étude est dominée par la nouvelle conception que M. le professeur Fournier a récemment développée. Cette conception constitue une véritable doctrine, dans laquelle mon Maître a montré que la syphilis n'agit pas seulement comme maladie spécifique déterminant des lésions syphilitiques, mais encore comme maladie infectieuse en créant toute une vaste série de troubles morbides, non de nature, mais d'origine syphilitique, c'est-à-dire : les affections parasyphilitiques.