BÉGAIEMENT
Le bégaiement est une névrose de coordination se traduisant par un trouble particulier de la parole. Ce trouble, caractérisé par la répétition convulsive et laborieuse de certaines lettres ou syllabes, semble tenir au premier abord à une malformation de la langue, à la brièveté du frein, mais en réalité le bégaiement est d'origine cérébrale. C'est un stigmate héréditaire de dégénérescence. Il débute, dans la première enfance, chez les sujets prédisposés par l'hérédité, souvent à la suite d'émotions vives ou par imitation. Quand l'enfant est ému, quand il se voit ou se sent observé, son trouble augmente, la respiration devient gênée, saccadée, la phonation s'altère ; les spasmes involontaires peuvent atteindre plusieurs fonctions simultanément.
Le bégaiement est intermittent et variable suivant les circonstances comme les tics dont il se rapproche et qui peuvent le compliquer.
Le bégaiement peut être acquis par imitation ; j'ai vu une fillette de sept ans qui bégayait d'une façon atroce chez elle, en présence de son père bègue lui-même. Je l'ai prise à l'hôpital ; par l'isolement et la suggestion, son bégaiement a disparu en quelques jours.
La durée, la curabilité, le pronostic sont variables suivant les cas et suivant le traitement. Pris de bonne heure, le bégaiement est curable. Toute intervention chirurgicale est à rejeter ; ce n'est pas la section du frein de la langue, la cautérisation de la muqueuse nasale, l'extirpation des végétations adénoïdes qui guérissent le bégaiement.
On agira contre lui par la gymnastique respiratoire, on apprendra à l'enfant à se rendre maître de sa respiration et à rétablir l'équilibre de sa phonation. Il restera alors à redresser l'articulation par une éducation attentive et par un appel répété à la volonté du sujet (suggestion).