‹ Traité des maladies de l'enfanceChapitre 217 sur 342 · CORPS ÉTRANGERS DE L'OREILLE · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS DE L'OREILLE

Les enfants ont trop souvent la manie d'introduire dans leurs cavités naturelles les menus objets qui leur tombent sous la main ; le conduit auditif n'échappe pas plus que les autres orifices aux conséquences de cette fâcheuse habitude. Il reçoit des cailloux, des perles, des boutons, des graines, des pépins de fruits. Le corps étranger se loge au fond du conduit, adhère au cérumen et ne sort qu'avec les plus grandes difficultés. Souvent il est bien toléré ; quelquefois il détermine des accidents inflammatoires, des hémorragies, des abcès ou bien des troubles nerveux réflexes : toux, vertiges, lipothymies. Le D^ L. Cerf {Anjou Médicnl^ janv. 1898) a rapporté un bel exemple de vertige auriculaire par corps étranger. Il s'agissait d'un garçon de huit ans qui écartait les jambes en marchant, se tenait raide en courant et tombait sans motif. On constate, de plus, qu'il a de la gêne pour ouvrir la bouche, pour mastiquer et pour articuler (contracture des masséters). Petites quintes de toux. Dès qu'on le fait asseoir sur son lit, il se raidit, se cambre et tombe en arrière. Levé, il ne peut marcher seul, titube, tombe en arrière sans pousser un cri, sans perdre connaissance, sans vomir. Ouïe intacte. A droite, le miroir frontal a à peine lancé de la lumière dans le conduit que l'enfant se met à tousser. On aperçoit un point brillant au milieu du cérumen. Après une injection vigoureuse, trois graviers tombent dans la cuvette. Il y avait trente-

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sept mois que l'enfant les portait sans en avoir souffert. Guérison immédiate.

Il faut procéder avec une extrême prudence à l'extraction de? corps étrangers de l'oreille, ne pas employer de pinces, d'instruments métalliques qui refoulent les objets, crèvent le tympan, aggravent le mal. Les injections tièdes, abondantes, avec l'eau savonneuse, un bâtonnet enduit de baume du Pérou, une injection d'huile aseptisée, seront employés tout d'abord. Si le tympan est perforé, si la caisse est envahie, s'ily a de la suppuration, on sera autorisé à décoller le pavillon et à pénétrer dans la caisse, comme fît le D^ Raoult pour une fillette de douze ans qui s'était introduit un bouton de 7 millimètres.

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