ECTHYMA
Cette maladie, très voisine de l'impétigo, est caractérisée par des pustules rondes, isolées, reposant sur une base rouge inflammatoire, et laissant, après dessiccation, des croûtes brunâtres plus ou moins épaisses. L'echtyma est inoculable d'enfant à enfant et auto-inoculable.
Étiologie. — Les enfants malpropres, couverts de poux et de crasse, mal soignés, mal nourris, atteints de diarrhée ou d'une maladie grave quelconque, y sont prédisposés. L'ecthyma, qui n'est qu'une pyodermite, complique souvent l'eczéma, l'impétigo, les plaies abcédées, les vésicatoires, la gale. La contagion n'est pas douteuse, chez les enfants qui jouent ensemble, qui partagent le même lit. L'auto-inoculation est fréquente, elle sert à propager les pustules chez le même individu. Après inoculation accidentelle ou expérimentale, on voit d'abord une maCjule(premierjour), puis une papule (deuxième jour), une vésicule (troisième jour) et enfin une pustule (quatrième jour), qui s'élargit pendant trois ou quatre jours, se dessèche ensuite et se recouvre d'une croûte noirâtre qui tombera du quinzième au vingtième jour, laissant une cicatrice pigmentée. Le derme sous-jacent est enflammé, œdématié, gorgé de leucocytes. Parfois l'ecthyma est suivi d'une ulcération nrofonde , cratériforme, gangreneuse, qui laissera une cicatrice permanente {eclhyma ulcéreux de A. Fournier). On trouve, dans le pus, des staphylocoques et des streptocoques. Thibierge et Bezançon, Balzer et Griffon ont trouvé surtout le streptocoque.
Symptômes. — L'ecthyma est une dermopathie secondaire le plus souvent, plus commune chez les enfants cachectiques que chez les sujets vigoureux. Il s'observe chez le même enfant, à différentes phases de son évolution, car toutes les pustules n'ont pas le même âge, les inoculations étant sériées et successives.
Parfois, dans la gale, la phtiriase, les pustules, au Heu d'être arrondies, sont allongées, linéaires, diffuses, par suite des grattages. Dans quelques cas, les croûtes sont très épaisses, ostréacées [rupia).
L'echtyma siège surtout aux membres inférieurs (fesses, cuisses, jambes) ; mais ses localisations varient suivant la cause. Dans la gale, l'ecthyma occupe les mains, les poignets, les cous-de-pied ; dans la pédiculose, il se voit au cou, entre les épaules. L'ecthyma cachectique envahit les fesses, les jambes.
Vidal et Leloir distinguent Vedhyma simple de Vedhiima cachectique ou térébrant, qui s'observerait chez les enfants épuisés par une maladie antérieure. Ce dernier peut se compliquer de gangrène, d'abcès profonds, de lymphangite, d'adénite. Le pronostic est alors sérieux.
Diagnostic. — Uimpéiigo est superficiel, n'a pas de base inflammatoire, ne laisse pas de cicatrices. Le furoncle est saillant, acuminé, phlegmoneux "L'acné est également acuminée. Le pemphigus est huileux, large, phlycténoïde. Le prurigo, le slrophulus, V eczéma n'ont pas de pustules.
De rimpétigo et de l'ecthyma, on pourrait rapprocher la dermatile Dégelante de W.-Th. Corlett (Bril. Med. Journal, 6 oct. 1906). Il s'agissait d'un garçon de sept mois nourri au sein par sa mère, qui ne prenait pas de bromure et qui, de trois mois à quinze mois, soit pendant un an, a présenté des pyodermites végétantes rappelant les bromides.
Traitement. — Le traitement sera antiseptique : bains de sublimé à 1 p. 10.000, isoler chaque pustule avec l'emplâtre rouge ou de Vigo ; s'il y a des croûtes épaisses, les faire tomber avec des compresses boriquées ou des cataplasmes, et panser ensuite avec des poudres iodoformées, aristolées, boriquées. Quand il y a des parasites, il faut les faire disparaître.