FAVUS. - TEIGNE F AVEU SE
inconnu dans certains pays (Allemagne, Angleterre), il est très commun en France. De plus, ce n'est pas une maladie propre à l'enfance, elle se rencontre chez les adultes et les vieillards. Elle est contagieuse, mais à un moindre degré que la tricophytie : c'est la maladie des paysans, des ruraux pauvres. Des cheveux, où elle prend naissance, la maladie se propage au corps, aux ongles, par grattage et inoculation directe ; elle peut se transmettre aussi des animaux à l'homme. Les ongles peuvent, receler Icfavus longtemps après la guérison de la tête.
Anatomie pathologique. — Le champignon se présente sous forme de spores qui peuvent atteindre un diamètre de 10 ^ et de mycélium. Les spores sont isolés ou en chaînettes ; les tubes de mycélium son^, ramifiés et présentent des étranglements de distance en distance. Le parasite siège autour du poil, formant un poinl jaune sous-épidermique, qui s'accroît pour devenir un disque ombihqué, traversé par le cheveu. Quand on enlève ce disque, on constate la présence d'une cupule ou godet lavijue. Bientôt le poil est entouré de tous les € Jtés par la matière jaune, le derme est irrité, des pustules apparaissent ; cependant le cheveu est moins profondément envahi que dans la tricophytie, et le bull)e pileux est respecté.
Symptômes. — La maladie débute par une légère irritation du cuir chevelu, avec rougeur, squames ou pustules ; puis le point jaune traversé par un poil vient caractériser le favus. Bientôt des godets disséminés ou cohérents apparaissent autour des cheveux, les poils s'altèrent et tombent. Les godets, se développant à la périphérie, forment des gradins (nid d'hirondelle), l'épiderme se rompt, la matière jaune est à nu, elle se mêle aux débris épidermiques, aux poussières et donne alors des croates épaisses, irrégulières, qui exhalent une odeur repoussante, dite de souris. Au-dessous de ces croûtes, le derme est enflammé, ulcéré par les grattages, les cheveux se détachent, des poils minces, frisés, leur succèdent : enfin la maladie aboutit à la guérison, au prix de cicatrices et d'alopécies définitives, sans compter les lymphangites, les adénites, les abcès, qui viennent compliquer si souvent le favus.
Le pronostic est donc plus grave que dans la teigne tondante. Quant au favus des ongles et des parties glabres, tronc et membres, il est moins funeste et peut être détruit aisément par le savon noir, la teinture d'iode. On est conduit cependant parfois à la nécessité d'arracher les ongles pour mettre un terme à Voiyjcomifcose favique. .
Diagnostic. — Le diagnostic est ordinairement facile et se fait par les yeux et par le nez. Toutefois il faut songer à la possibilité de confondre certains eczémas impétigineux avec le favus. J'ai vu quelque? enfants, venus de la campagne, avec une calotte épaisse de croûtes jaunâtres et fétides, chez lesquels, au premier abord, il était impossible de faire un diagnostic. On s'aidera du microscope en pareil cas.
Traitement. — La prophylaxie sera la môme que pour la tricophytie, Le traitement sera général et local : les enfants sont souvent lymphatiques, scrofuleux, anémiques ; on leur donnera l'huile de morue, le fer, une bonne nourriture. On coupera les cheveux ras, on appliquera des cataplasmes de fécule boriques pour ramollir et faire tomber les croûtes, ou la calotte de caout-
chouc. On épilera autour des principaux foyers et on appliquera la pommade au turbith à 1 p. 30. La durée du traitement est longue (plusieurs années). Elle pourrait être raccourcie par la méthode de Quinquaud ou la radiothérapie.