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BRONCHITE PSEUDO-MEMBRANEUSE

Cette maladie, rare à tous les âges, l'est surtout dans l'enfance, qui rc fournit qu'un très petit nombre d'observations ; aussi ne m'arrêtera-t-ellc pas longtemps.

Étiologie. — Lucas-Ghampionnière n'a pas trouvé un seul cas au-dessous de huit ans (1) ; sur un total de 44 observations, 8 ont trait à de^ enfants de huit à quinze ans ; la maladie serait donc inconnue dans la première enfance. Cependant le D^ Ménétrier [Soc. Méd.des Hop. , 9 déc. 1904) en a cité un beau cas chez un garçon de vingt-six mois, qui rendait depuis deux mois, après des crises de toux et de suffocation, des fausses membranes ramifiées. Guérison en deux mois. Les ramifications membraneuses ressemblaient à du macaroni cuit. Le frottis montra des pneumocoques encapsulés, et une souris blanche inoculée succomba à la pneumococcie' généralisée. Dans quelques cas, la bronchite pseudo-membraneuse survient chez des sujets atteints de phtisie pulmonaire ; Picot et D'Espine l'ont vue coïncider avec l'emphysème et l'asthme chez un enfant de douze ans. Ailleurs, on ne trouve aucune cause particulière à invoquer.

Ânatomie pathologique. — Les bronches de moyen et de petit cahbre sont tapissées par un revêtement blanchâtre, pseudo-membraneux, dont la structure est importante à étudier pour le diagnostic. Les cylindres sont plus souvent pleins que canaliculés; ils sont très ramifiés et se terminent en faisceaux chevelus. Grancher a vu, au microscope, que ces lambeaux ramifiés, qui simulent les arborisations de la diphtérie, en diffèrent par l'absence de stroma fibrineux. Ils sont constitués par une substance grenue, demi-transparente, tantôt en gouttelettes, tantôt en petits tractus enserrant quelques leucocytes ; cette substance est de la mucine. Dans la diphtérie, les membranes sont plus résistantes, plus tenaces, car elles sont constituées par une substance fibrino-albumineuse. Enfin on trouvera, dans ces dernières membranes, le bacille de Klebs-LôfQer, qui manque dans les autres. La bronchite pseudo-membraneuse peut dépendre de microbes divers, du pneumobacille de Friedlânder (Thèse de Magniaux, 1895), du streptocoque (Claisse, Soc. de Biologie, 1896), du bacille de Koch, du pneumocoque.

Symptômes. — La bronchite pseudo-membraneuse est une maladie chronique, qui se manifeste par la toux, la dyspnée, la diminution du murmure respiratoire ou même l'apnée complète dans une partie plus ou moins étendue

(1) Thèse de Paris, IS76.

du poumon. La toux est quinteuse et sonore. On entend parfois un bruit de drapeau, mais seulement dans les cas où un fragment membraneux détaché des bronches est mobile dans la trachée. A la suite des quintes de toux, on peut voir les malades rendre des lambeaux plus ou moins longs ou des moules complets et ramifiés de l'arbre bronchique. Ce symptôme est pathognomonique. Les hémoptysies ont été observées quelquefois. Il n'est pas rare de voir les malades présenter de la fièvre, des sueurs nocturnes et succomber par la suite à la tuberculose pulmonaire.

La durée de la maladie est toujours longue ; elle se chiffre par mois ou par années. La gucrison est possible, si la maladie est simple, si elle n'est pas comphquée de tuberculose.

Diagnostic. — Le diagnostic ne peut être assuré que si le malade a expectoré des fausses membranes, et encore faut-il distinguer ces fausses membranes de la diphtérie bronchique.

Outre les caractères anatomiques indiqués plus haut, il faut se rappeler que la bronchite diphtérique est une bronchite aiguë, qui succède à des accidents angineux auxquels on a pu assister ou qu'on peut reconstituer par les commémoratifs. Celle-ci est d'ailleurs plus grave et rapidement mortelle dans la plupart des cas. Cependant il faut se rappeler que Cadet de Gassicourt a décrit une forme de diphtérie prolongée qui pourrait simuler, par sa, durée et par sa bénignité relative, la bronchite pseudo-membraneuse simple.

Traitement. — Outre le traitement général tonique et reconstituant : sirop d'iodure de fer, 1 uile de foie de morue, séjour à la campagne ou dans le Midi, on cherchera à agir directement sur la bronchite. L'ipéca sera donné de temps à autre pour provoquer l'expulsion des fausses membranes ; les balsamiques (tolu, térébenthine, cubèbe) seront prescrits dans le but de favoriser le détachement de ces fausses membranes. Les eaux minérales sulfureuses seront essayé.es.

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