‹ Traité des maladies de l'estomac (volume 2)Chapitre 130 sur 176 · PARASITES DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

PARASITES DE L'ESTOMAC

L'estomac reçoit incessamment des germes de toutes sortes. Nous avons traité précédemment du sort et du rôle des microbes introduits dans le viscère : il nous reste à parler des parasites.

Ceux-ci appartiennent soit à la catégorie des vers, soit à celle des champignons.

Vers. — Ascarides lombricoïdes. — Les ascarides lombricoïdes nés dans l'intestin peuvent remonter dans l'estomac, d'où un vomissement peut les expulser. Ils peuvent, surtout s'ils sont peu nombreux, ne provoquer aucun trouble. Mais souvent ils sont le point de départ de troubles locaux, douleurs, pesanteurs, crampes, ou de phénomènes réflexes à distance. ls n'amènent pas de troubles sérieux au niveau de la paroi stomacale, Cependant, dans un cas récent, nous avons observé, chez une femme souffrant depuis plusieurs semaines de troubles dyspeptiques analogues à ceux de la dyspepsie nervomotrice, des petites hématémèses se produisant par régurgitations plusieurs fois par jour.

L'expulsion d'un ascaride lombricoïde vint donner l'explication de ce raptus hémorragique à allures un peu bizarres.

Oxyures.— Les oxyures, dont l'habitat normal est le gros intestin, remontent rarement dans l'estomac. Il existe pourtant quelques observations d'oxyures expulsés par vomissements, en particulier un cas de Bouveret et Cusset.

TRAUMATISMES DE L'ESTOMAC. es

« A l'examen microscopique, on voyait dans les veines et les artérioles des mycéliums et des spores. Autour des vaisseaux s'était faite une accumulation de cellules polyédriques par pression réciproque, à gros noyaux, très voisines des cellules sarcomaleuses. Par places, les vaisseaux élaient nombreux, les amas cellulaires se touchaient et formaient de larges nappes; par places, ils étaient isolés et l'on avait de véritables nodules, composés d'une lumière centrale contenant des débris de mycélium et de spores el d'une zone périphérique constituée par des rangées de cellules néoplasiques. Dans l'intervalle, le tissu cellulaire était œdématié el inlltré d'une fine poussière qui était vraisemblablement composée de spores. » (Hayem et Lion.)

TRAUMATISMES DE L'ESTOMAC

Les effets des lraumatismes de l'estomae sont peu connus, tant au point de vue des accidents immédiats que des accidents consécutifs.

Ils sont de causes variées et ne peuvent être étudiés d'ensemble. Aussi, pour la clarté de l'exposition, croyons-nous nr de les classer en différents paragraphes.

DIVISION ET ÉTIOLOGIE

Traumatismes. — Traumatismes internes. — Nous passons très rapidement sur les traumatismes de cause interne. Nous avons déjà vu l’'innocuité des corps étrangers et la tolérance extraordinaire de l'estomac à leur égard. Une plaie de l'estomac faite par un objet rugueux où piquant est toujours superficielle et se cicatrise vite. Différents expérimentateurs (Schiff, Quincke, Rilter, Favy), qui ont lésé ou excisé la muqueuse, n'ont vu aucun accident se produire et lu perte de substance s’est réparée très facilement.

Contusions externes. — Le traumalisme peut atteindre la région épigastrique directement, l'agent vulnérant étant venu presser sur la région épigastrique plus ou moins brusquement et longuement, ou bien, par suile d'une chute, l'épigastre étant venu heurter un objet résistant,

Dans une autre catégorie de faits, le traumatisme a porté sur l’estomac indirectement, par suite d'une commotion de tout le corps. L'estomac peut èlre atteint dans ces conditions comme tout autre viscère.

Certaines causes favorisent les contusions de l'estomac. Quand l'estomac est vide, il esl moins vulnérable, car il est en contact moins

Sourausr. — Mal, de l'estomac. 40

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La lésion produite par un traumatisme peu violent consiste en une simple plaque violûtre, due à un épanchement sanguin inlerstitiel, siégeant souvent dans la sous-muqueuse et parfois au sein des différentes tuniques,

L'évolution de ces lésions est variable : tantôt il se produit consécutivement du sphacèle, Les escarres qui en résullent ont une élendue variable ; elles sont arrondies ou ovalaires, de couleur feuillemorte. La séreuse à leur niveau est dépolie, parfois recouverte de fausses membranes. L'escarre se mortifiant peut être éliminée en bloc : selon son étendue, elle donne lieu à une perforation ou à uñe ulcération, Celle-ci, quand elle se produit, peut guérir trèsrapidement. D'autres fois, elle peut durer longtemps et aboutir aux lésions de l'ulcère vrai. Potain, Leube, Vanni, Richardière, Stern ont rapporté des faits indubitables. Nous avons observé nous-mème un cas très net d'ulcère d'origine traumatique dans le service de Fernet à l'hôpital Beaujon, chez un valet de chambre ayant fait en tombant d'une échelle une chute violente sur la région épigastrique. Cet homme, jusque-là très bien portant et n'ayant jamais soullert de l'estomac, vit se développer une gastropathie grave pour laquelle il demanda son admission à l'hôpital. Nous le vimes trois mois après l'accident el nous pûmes constater chez lui lous les symptômes typiques d'une sténose pylorique avec dilatation importante, gastrosuccorrhée et rétention alimentaire à jeun. L'acidité totale après repas d'épreuve était élevée et accusail une valeur de 3,10 p. 1000. Le malade, à qui j'avais proposé une intervention, quitta le service, de sorte que la lésion ne put étre vérifiée de visu. Mais il nous semble que les symptômes et les signes physiques révélés par l'examen clinique étaient assez nets pour pouvoir affirmer la présence d'un ulcère chronique.

Quant à la pathogénie de l'ulcère traumalique, nous ne voulons pas répéter ici une discussion qui a élé longuement faite au chapitre consacré à l'ulcère chronique de l'estomac.

Plaies par armes à feu. — Selon leur force de pénétration, les balles déterminent des perforations, des éraflures ou des contusions.

Les perforations sont d'ordinaire doubles, correspondant aux orifices d'entrée et de sortie de la balle; mais quelquefois elles sont simples. Le siège des deux orifices dépend du trajet de la balle. La perforation, à l'entrée comme à la sortie, a le diamètre du projectile. Les bords de la plaie sont taillés irrégulièrement. C'est une plaie contuse avec des bords circulaires ou ovalaires, souvent déchiquetés.

La perforation de l'estomac engendre d'ordinaire des hémorragies

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une première hématémèse, les phénomènes semblent se calmer, quand une seconde hématémèse survient (due sans doute à la chute d'une escarre formée au niveau de la plaie primitive).

Le melæna accompagne souvent l'hémalémèse.

L'alimentation est presque impossible, car l'estomac douloureux rejette absolument tout ce qu'on y introduit. Aussi il survient rapidement des phénomènes d'inanition el de cachexie. La fièvre manque habituellement.

Les lésions traumatiques de l'estomac ont une évolution différente que nous pouvons ramener aux types suivants : la guérison rapide, le passage à l'état chronique, les complications.

Dans le premier cas, le malade est abattu ; pendant quelques jours il souffre de douleurs slomacales, de vomissements, d'hémalémèses, Puis peu à peu tous ces phänomènes s'amendent. Ce sont les hématémèses qui sont les plus tenaces, Une fois la guérison survenue, elle est absolue : la lésion ne laisse aucune Lrace.

Mais parfois l'ulcération passe à la chronicité et on voitse développer les phénomènes de l'uleère de l'estomac. Les observations de ce genre sont rares.

La perforation de l'estomac n'est pas très rare. Elle peut survenir peu après l'accident, Mais souvent elle se produit beaucoup plus tard.

Le pronostic est très variable et difficile à établir de suite.

Plaies par armes à feu. — 11 est bien difficile de donner une description symptomatique de ces accidents qui dépendent du nombre des plaies, de leurs dimensions et des lésions des autres organes.

L'état de shock traumatique avec päleur, sueurs froides, état semi-syncopal, pouls rapideel très petit, hypothermie, puis les douleurs, les vomissements de sang, le mélæna, le hoquet conslituent les principaux symptômes des plaies de l'estomac.

Le pronostic est toujours très grave,

TRAITEMENT

Traitement médical. — Dans Lous les traumatismes de l'estomac, le traitement médical à adopter est le même. Il fâut un repos absolu, l'immobilisation, la diète avec des injections de sérum et des lavements désaltérants. La morphine et l'héroïne données prudemment sont d'un précieux secours, àcondilion qu'elles ne provoquent pasle vomissement,

L'alimentation, dans les cas heureux qui paraissent évoluer vers la £uérison, ne sera reprise que très lentement.

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