ROLE DE L'HYDROTHÉRAPIE DANS LES GASTROPATRIES
On a recours fréquemment à l'hydrothérapie dans le traitement des gastropathies chroniques, soitque l'on veuille agir sur l'état général, soit que l’on désire obtenir des modifications locales.
L'emploi de l'hydrothérapie dans le traitement des affections aiguës de l'estomac es au contraire plus restreint.
Dans le traitement des gustropathies chroniques, il est rare que l'effort thérapeutique porte uniquement sur les troubles fonctionnels ou sur les diverses lésions organiques de l'estomae, et il importe presque toujours d'agir profondément sur l'état général des malades. On doit donc considérer que le traitement des gastroputhies par la méthode hydrothérapique nécessite le plus souvent l'emploi de procédés généraux et locaux, variables suivant l'état général et suivant l'affection locale. Les applications générales et les applications locales peuvent différer absolument les unes des autres chez un même malade.
En effet il est fréquent que l'état général réclame une médication tonique et l'état local une médication sédative ou inversement, Enfin, il est fréquent de n'avoir recours qu'aux applications générales ou aux applications locales : l'action générale ou encore l'action locale paraissant suffisante à l'exelusion de l'autre.
On aura pour but de tonifier l'organisme, en augmentant les ôxydations, de stimuler où de calmer l'influx nerveux, de régulariser la circulation sanguine, en abaissant où en relevant la tension artérielle, de favoriser plus ou moins la diurèse, de stimuler les fonctions cutanées.
L'hydrothérapie interviendra alors, et, par la facilité et par l'énnocuité de ses applications répétées, elle permettra de prolonger une médication efficace, tout en épargnant les voies digestives, si souvent offensées par des médications chimiques trop prolongées.
Quel que soit le procédé hydrothérapique utilisé pour agir sur l'état général, on distingue deux actions que l'on pourrait croire opposées l'une à l'autre : une action excitante et une action calmante, soit encore une action tonique el une action sédative, En réalité, l'une et l’autre sont loujours ou presque toujours associées, mais l’une d'entre
Souracur, — Mal, de l'estomac. 50
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On recherche les effets antipblogistiques dans les yastrites, dans T'uleus et dans les hémorragies.
Les effets congestifs, assez rarement utilisés, peuvent trouver leur indication dans quelques cas de dermatoses chroniques, afin de ramener le sang à la surface cutanée insuffisamment irriguée.
Les effets révulsifs et dérivatifs peuvent être employés pour combattre la congestion et l'inflammation locales de l'estomac, dans quelques affections aiguës ou chroniques.
En terminant ce court paragraphe, nous devons insistersur ce qu’on ne saurait se contenter de vagues prescriptions lorsqu'il s'agit d'hydrothérapie.
L'examen du malade permet de s'orienter vers les procédés qui paraissent s'adapter le mieux à sa susceptibilité individuelle et à sa maladie. On formule alors, à côté du procédé choisi, des indications précises sur la température, sur la durée, et sur la percussion, La façon dont le malade fait sa réaction après la première épreuve pérmet d'apporter les modifications nécessaires aux premières prescriplions.
Malgré ces difficultés réelles, on ne doit pas craindre d'avoir recours fréquemment à l'hydrothérapie qui viendra renforcer puissamment les médications principales et qui très souvent aussi jouera à son Lour le rôle de médication principale.
Lorsqu'on aura la fücilité d'adresser les malades à un médecin spécialiste hydropathe, tout sera simplifié. Il suffira alors d'ajouter à côté du diagnostic certaines indications sur l'état du malade et de Jaisser toute liberté au médecin pour le choix et pour l'application des procédés.
Douches. — Par la variëlé infinie de ses ellels, la douche peut être considérée comme résumant à elle seule toute la méthode hydrothérapique, parfois si compliquée. Elle suflit à peu près à tout, et c'est à l'étude de la douche que devrait uniquement s'attacher le praticien qui ne peut avoir le temps d'approfondir les divers procédés usités en hydrothérapie. C'est par elle que nous commençons el c'est à elle que nous consacrons principalement nos elorts.
Nous ne ferons que signaler certaines douches peu usitées et Lombées en désuélude.
La douche froide en pluie verticale est la plus excitante de toutes les douches, elle est très rarement employée, car peu de malades peuvent la supporter,
mal supportées et elles ont l'inconvénient de congestionner les centres nerveux et d'être dangereuses. Leur indication est donc des plus restreintes el elles ne constituent pas le procédé de choix pour obtenir des elfets sédatifs. Au contraire l'usage des douches froides courtes, essentiellement loniques, est excessivement répandu. Hâtons-nous d'ajouter qu'il n'y a rien d'absolu et que les elles varieront d'un malade à un autre de telle sorte qu'une douche modérément excitante pour celui-ci ne pourra jamais être supportée par celui-là.
Doucxes rièpes. — Les douches tièdes, appelées à lort douches indifférentes, ont des ellets essentiellement sédatifs. Ces effets sont d'autant plus accentués que la température de l'eau est plus voisine decelledu corps, que la percussion est plus faible et que la durée est plus prolongée.
Pour diminuer l'importance de l’action sédalive, on peut augmenter la percussion etobtenir, à côté des ellets précédents, des effets toniques plus où moins importants, mais non comparables à ceux des douches très froides et des douches très chaudes. La durée des douches tièdes est deune, deux, trois et cinq minutes. .
Doucues caves. — Les douches chaudes ont lantôt des effets essentiellement sédatifs et tantôt des effets essentiellement toniques, suivant le degré de température de l'eau, la force de percussion et la durée. Plus la température se rapproche de 3%, plus les effets sédatifs sont importants; plus elle s'en écarte, plus ils s'atténuent, etils finissent par eéder la première place aux effets toniques, La douche très chaude, au-dessus de 40°, est essentiellement tonique. Les douches chaudes sédatives sont données avec faible percussion et leur durée peut être de une, deux, trois et cinq minutes.
On peut donner des douches chaudes progressives (de 36° à 29° ou 40°), prolongées. Ces douches toni-sédatives donnent de bons résultats chez les pyloriques,
Les douches chaudes toniques seront courtes ainsi que les douches froides, et la percussion sera plus considérable que pour les précédentes. Les douches chaudes prolongées sont mal supportées et elles ne peuvent être utilisées qu'exceptionnellement.
Nous avons déjà indiqué que l'action toni-sédative de l'hydrothérapie est toujours obtenue duns les diverses applications que nous venons d'étudier. Cependant le plus souvent l'un des facteurs de cette action complexe l'emporte sur l'autre. Or il se présente très souvent des cas duns lesquels il s'agit à la fois de calmer et de tonifier également; et il est toujours désirable de pouvoir donner dans la même
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vigoureusement dans le but d'augmenter la réaction et de stimuler l'action tonique.
Inversement, après les douches tièdes ou après tout autre procédé ayant pour but d'obtenir des effets sédatifs prépondérants, Le malade sera essuyé délicatement avec un linge fin ; on évitera la plus légère friction.
L'exercice, toujours modéré, est utile après les douches toniques, le repos est nécessaire après les douches sédalives.
Nous n'avons pas à décrire l'installation de la douche, mais nous devons signaler l'importance de l'appareil Aydro-mélangeur, car les résultats dépendent en grande partie de cet appareil.
Un bon mélangeur doit réunir les conditions suivantes : permettre Je passage brusque de l'eau très chaude à l'eau très froide, ou progressivement d'une température à une autre, ètre constant dans ses résultats.
La façon d'administrer une douche varie non seulement d'un malade à l'autre, mais encore suivant les saisons, suivant l'état atmosphérique et enfin suivant les dispositions présentes du malade.
On recherchera pour les gastropathes les effets stimulants et toniques de la douche générale (en particulier de la douche froide courte) lorsqu'il s'agira soit de relever la tonicité musculaire dans les cas d'atonie générale congénitale où acquise, soit de stimuler l'influx nerveux dans les cas d'asthénie générale, soit enfin d'augmenter la richesse du sang en globules rouges dans les cas d'anénie.
On utilisera les effets sédatifs de la douche générale (en particulier de la douche tiède prolongée) pour combattre la prédisposition et la facilité qu'ont certains malades à faire des spasmes musculaires divers (spasme de l'estomac, spasme de l'intestin, ete,), On aura recours à ces mêmes effets dans le but de calmer l'hyperexeitabilité du système nerveux que présentent un grand nombre de névropathes.
Les effets sédatifs de la douche générale trouveront encore leur emploi dans un grand nombre de dyspepsies secondaires, dues à des crises aiguës ou subaiguës, ou encore à un état d'irrilation permanent, provoqué par des troubles divers (lithiase biliaire, Lithiase rénale, néphroptose, hépuloplose, ete.)
Entre ces deux procédés extrêmes : la douche froide courte el la douche tiède prolongée, que nous prenons pour types, il y à place pour une variété infinie de douches, nous permettant de passer, par des degrés insensibles, des effets les plus toniques aux effets les plus sédatifs, Il y a là des ressources inépuisables permettant d'appliquer
pr
Douce ABDOMINALE. — Outre la douche épigastrique, on peut avoir recours à différentes douches locales, notamment lorsqu'il s'agit, dans les nombreux cas de dyspepsies secondaires, de stimuler certains organes de l'abdomen, Citon: la douche abdominale, la douche hépatique, a douche splénique, la douche lombaire, a douche périnéale, la douche ascendante, le lavage intestinal, la douche vaginale, la douche utérine, ete.
Piscine. — Avec la pisrine, on oblient des effets Loni-sédalifs absolument analogues à ceux de la douche, mais beaucoup plus alténués, puisque l'élément percussion fait défaut,
Il y a des piscines h eau dormante et des piscines à eau courante. On utilise soit l'eau ordinaire, soit une eau minéralisée.
Il y a des piscines froides, tièdes et chaudes.
Avec ln piseine froide (de 9 à 34°), on obtient surtout des effets toniques, d'autant plus accentués que l'immersion est plus courte et que l'eau est plus froide.
La durée de l'immersion sera toujours très courte, de deux secondes à une minute. Il conviendra de plonger résolument duns l'eau de la piscine.
Pendant toute la durée du bain, le malade devra agiter les bras et les jambes, ou mieux encore nager.
La rénetion se faisant plus difficilement qu'avec la douche, il conviendra de préparer avee plus de soin le malade. Dans ce but, on a recours aux bains de vapeur, aux étuves séches où humides, aux exercices déterminant la sudation. Pour nous, le procédé de choix doit être la douche chaude progressive de 36 à 40°, ou 45°, qui permet de préparer le malade sans danger et sans fatigue à l'immersion dans la piscine froide. Au sortir de la piscine, le sujet sera frictionné vigoureusement avec des linges chauds. Il devra ensuite faire un exercice modéré ou s'envelopper de couvertures chaudes.
La piscine froide convient dans les cas que nous avons indiqués pour la douche froide. Elle trouve son application utile lorsqu'il s'agit de malades trop sensibles à l’action de la douche froide.
La piscine froide peut être à eau dormante ou à eau courante. Le refroidissement est plus intense dans l'eau courante, et les ellets toniques sont plus considérables aussi.
Les piscines tempérées (84 à 36°), où modérément chaudes (36 à 38e) sont destinées à obtenir surtout des effets sédatifs el décongestifs. La durée de l'immersion est prolongée : vingt minutes, trente minutes, une heure, une heure et demie et plus.
Immédiatement après ces baïs, il convient de placer les différents bains minéraux naturels, qui ontencore des ef'ets toniques importants, à côté de leurs efets sédatifs plus ou moins accentués el parfois prépondérants.
IL est facile de donner plus d'importance, soit aux uns, soit aux autres de ces effets, en faisant varier la température, la durée el la composition du bain, Bien plus, si l'on peut user de bains minéraux à eau courante, les effets toniques deviennent plus importants qu'avec les mêmes bains à eau dormante.
Les bains de baignoire simples conviennent surtout pour l'hydrothérapie à domicile. Si leurs effets toniques sont presque sans impor tance, il n'en est pas de même de leurs effets sédatifs qui sont parfois trop manifestes. Pour accentuer les effets de ces bains, on ajoute souvent à l'eau quelque substance permettant d'obtenir des bains médicamenteur. Les bains de son, de tilleul, de gélatine sont excessivement sédatifs. Les bains de sel, les bains sulfureux, les bains iodés, ete,, sont essentiellement toniques.
D'une façon générale, le bain a une action plus importante que ln douche sur la diurèse. Le bain froid ou frais la facilite plus que le bain chaud.
Les indications des bains généraux dans le traitement des gastropathies sont excessivement variées ; le praticien se guidera dans son choix d'après les effets qu'il conviendra d'obtenir dans les différents cas que nous avons exposés à propos de la douche. Cependant certains dyspeptiques, atteints de dermatoses, seront soumis de préférence à certains bains minéraux où médicamenteux : bains sulfureux, bains alcalins, bains arsenicaux, ete.
Demi-bains. — Les demi-bains conviennent à ins malades, notamment lorsqu'il s'agit de décongestionner la partie supérieure du corps. Ils permeltent d'appliquer l'hydrothérapie à des congestifs, à des cardiaques, à des pulmonaires, pour lesquels toute autre pratique serait contre-indiquée. Les demi-bains peuvent être donnés froids, tièdes ou chauds. Les demi-bains froids ont une action révulsive et stimulante. Leur durée est de une à cinq minutes, leur température de9 à 34. Le malade doit s'agiter dans le bain. Ils ont pour but de combattre l'atonie des divers organes de l'abdomen et en particulier de l'estomac. Les demi-bains tièdes (34 à 36°) prolongés vingt à trente minutes sont sédatifs et conviennent aux gastropathes hyperséeréteurs el spasmodiques.
Les demi-bains chauds (36 à 38°) sont décongestifs et dérivatifs, ils
Avee le tub, on peut pratiquer soit des «fusions, soit des ations.
Pour l'affusion, le malade étant placé dans le tub, vaste cuvette en zine, recoit sur tout le corps l'eau /roide, tiède où chaude, que lui lance avec un broc un aide. C'est une réduelion de la douche. Les elfets sont de même nature que ceux des douches de même température.
La lotion se pratique avec une éponge imbibée d'eau froide, tiède ou chaude que l'on exprime sur toute la surface du corps. On débute par la nuque, puis on mouille la poitrine et les membres. Pour les membres, an commence aux extrémités.
Les indications du tub sont les mêmes que celles de la douche générale, que nous avons déjà données.
Drap mouillé. — Les divers procédés qui nous restent à étudier sont un peu spéciaux et différent de ceux dont nous nous sommes occupés jusqu'ici.
Le drap mouillé s'applique rordu ou non tordu.
Drap mouillé tordu. — Le drap mouillé tordu a des elfets sédatifs. Pour appliquer ce procédé, le malade déshabillé se place sur un lit spécial recouvert de toiles imperméables. Un drap ordinaire est plongé dans de l'eau à la température de la chambre, puis tordu et exprimé avec soin. On glisse rapidement ce drap sous le malade et on ramène les extrémités au-devant de son corps, de façon à l'envelopper complètement, sauf la tête. On pratique avec le drap de légères frictions sur tout le corps. Le malade est enveloppé de couvertures de laine. La pénible sensation de froid du début ne tarde pas à être remplacée par une sensation de chaud et de calme. On laisse ensuite ce drap quelques minutes (deux à trois), puis on le retire pour essuyer le malade légèrement et le vétir chaudement.
Le drap mouillé tordu peut convenir aux gastropathes nerveux excités, spasmodiques qui ne peuvent supporter les autres procédés.
Drap mouillé non tordu. — Pour le drap non tordu où ruisselant, le procédé est le même, sauf que le drap n'est pas exprimé au sortir de l'eau et qu'on le glisse ruisselant sous le malade. On obtient par ce procédé des effets antithermiques et toni-sédatifs. On l'emploie dans certaines pyrexies pour abaisser la température centrale. On l'utilise aussi pour remplacer l'action tonique de la douehe ou dé la piscine, lorsque ces dernières ne peuvent pas être administrées.
Maillots. — On utilise le maillot see et le maillot humide.
Maillot sec. — Le maillot sec est un procédé de sudation pour préparer les malades à l'action de la douche ou de la piscine froides. IL
thermiques locaux, utilisables dans certaines affections inflammatoires de l'estomac.
Irrigation continue. — L'irrigation continue peut se faire avec de l'eau froide ou avec de l'eau chaude,
L'irrigalion froide continue estapplicable dans quelquescas d'inflammation aiguë de l'estomac comme antiphlogistique et anlithermique local. Un vase rempli d'eau froide est placé au-dessus du lit du malade, une compresse esl placée sur la région épigastrique, lesautres régions étant préservées. L'eau s'écoule goutte à goulté par un siphon ou par une simple mèche de gaze plongeant dans l'eau.
Appareils à circulation d'eau. — On peut employer dans quelques cas le thermophore, appareil à cireulalion d'eau continue.
L'eau très chaude (au-dessus de 40°) stimule les fonctions de l'estomac et convient aux hypochlorhydriques.
L'eau tiède convient aux hyperchlorhydriques et aux pyloriques.
Sac à glace, — Le sac à glace est employé pour combattre les hémorragies, les vomissements, les gastrites aiguës.
La glace, placée dans une vessie cnoutchoutée, est appliquée sur la région épigastrique et laissée à demeure.
Il faut placer entre les téguments et le suc à glace un morceau de flanelle pour éviter la mortification des tissus par le froid. Malgré cette précaution, une grande surveillance est nécessaire si l'on veut éviter les escarres. Le sac à glace de Chapmann appliqué dans la région dorsale influence les fonctions de l'estomac en les stimulant lorsqu'il reste longtemps en place.
Douche sous-marine, — La douche sous-marine est un procédé spécial, obtenu par l'administration de la douche à travers l'eau du bain. Le malade plongé dans l'eau recoit, par un conduit placé au fond de la baignoire, une douehe dont la percussion est très atlénuée par l'eau du bain. L'eau de la baignoire s’échappant au fur et à mesure, on réalise de plusle bain à eau courante, La douche sous-marine peut être froide, tempérée ou chaude.
La douche sous-marine froide a des effets surtout stimulants et toniques.
La douche sous-marine lempérée ou modérément chaude, très employée, a pour but de combattre Ja douleur ou le spasme. Elle a des effets surtout sédatifs etantiphlogistiques, La percussion de l'eau étant très atténuée, on obtient des ellets comparables à ceux d'un massage abdominal léger par eflleurages, frictions et vibrations.