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ÉLECTROTHÉRAPIE DANS LES AFFECTIONS DE L'ESTOMAC

contractions de l'organe. Einhorn, dans plusieurs mémoires, a montré que la faradisation pariéto-intrastomacale produisait des contractions péristaltiques ; nous-mème, avec les ballons de Morat, avons pu voir que la faradisation avec une bobine à fl fin avait une action manifeste sur la contraction des fibres stomacales, et que cette action était plus marquée qu'avec le courant galvanique.

On doit donc admettre, quand on place un pôle dans l'estomac et un pôle sur un point quelconque du corps, que l'on provoque ainsi des contractions de l'organe, soit avec le courant galvanique, soit avec le courant faradique.

Quelle conclusion pratique peut-on tirer de ces faits physiologiques? C'est qu'on peut intervenir duns la dyspepsie grave, par des applications extragastriques et des applications intragastropariétales ; mais comme l'électrisation extragastrique est plus facile à appliquer, c'est à elle qu'il faut d'abord avoir recours.

Méthodes percutanées. — Des procédés multiples ont été utilisés par les différents auteurs, il serait trop long de les énumérer, aussi allons-nous nous borner à en esquisser quelques-uns.

Duchenne faradisail au pinceau la région épigastrique. Von Ziemssen galvanisait l'estomac avec une intensité de 10 à 15 milliampères, en plaçant une électrode au dos et une autre sur l'abdomen; il terminait la séance par quelques inversions de courant, de façon à provoquer des secousses musculaires. À la fin de la séance, il faisait de la faradisation au pinceau comme Duchenne.

Beard et Rockwell plaçaient sur l'épigasire une électrode de 100 centimètres carrés, reliée au négalif d'une batterie galvanique, et un tampon relié au positif sur les points d'excitation du pneumogastrique, avec une intensité de 8 à 10 milliampères.

Glatz alternait Ia galvanisation de l'estomac avec la galvanisation du grand sympathique et la faradisalion généralisée,

A. Weill, Bordier, Larat, Castex conseillent le courant de Morton où franklinisation hertzienne.

D'autres préférent la voltaïsation sinusoïdale, où la galvanisation des pneumogastriques au niveau du cou avec 5 à 10 milliampères pendant dix minutes.

Nous donnons, avec Erb, la préférence à la galvano-faradisation et en voici les raisons.

Le courant faradique agit sur la musculature abdominale, amène des modifications de tension intragastrique, active la sécrétion, produit un massage énergique de l'estomac.

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DYSPEPSIE NERVEUSE. sai

Le courant galvanique pénètre profondément et agit lui aussi sur la sécrétion, sur les phénomènes douloureux et enfin sur la motricité, en excitant le plexus solaire, centre régulateur du fonctionnement de l'estomac. L'application doit être faite au moment de la digestion,

On place deux très larges électrodes de 300 centimètres carrés chacune, une au dos, et l'autre sur l'estomac. On relie l'électrode abdominale au pôle positif et l'électrode dorsale au pôle négatif de la source galvano-faradique, qui est constituée par un appareil galvanique quelconque, et une bobine faradique à fil moyen. On commence d'abord par débiter le courant galvanique, mais alors qu'Erb le portait seulement à 15 ou 20 milliampères, nous n'hésitons pas à arriver rapidement à 40, 50, 100 milliampères. On engaine ensuite immédiatement la bobine faradique dans l'inducteur, jusqu'à ce que le patient perçoive une sensation de vibralion assez énergique, qu'on gradue selon l'intensité qu'on veut obtenir. La durée de la séance doit être de dix, vingt et même trente minutes, si on le juge nécessaire.

En général, immédiatement après la séance, les malades éprouvent une sensation très manifeste de soulagement, et cette sensation persiste même bientôt dans l'intervalle des séances, comme nous avons pu le constater bien des fois. Peu à peu, les sensalions de lourdeur, de gonflement, de tension s’atténuent, et nous avons vu souvent des guérisons qui ont résisté à l'épreuve du temps.

Méthode intragastropariétale. — Ce procédé, utilisé déjà par Kussmaul, Rosenheim, Bardet, Ewald, etc., est surtout préconisé aetuellement par Max Einhorn. Il est moins commode à appliquer que le précédent, aussi doit-il être réservé aux cas exceptionnels. Il faut avoir recours, d'après Einhorn, à la gastro-faradisation qui augmente la sécrétion gastrique et active la motricité stomacale.

Elle se pratique avec une électrode particulière, dite électrode déglutissable, qu'on introduit dans l'estomac, qu'on a au préalable distendu par un léger déjeuner ou un verre d'eau. Une autre électrode large ést placée cinq minutes à l'épigastre et cinq minutes au dos. Lecourant doit être assez fort, mais il ne doit pas être douloureux. La bobine doit être actionnée par un lrembleur rapide,

2° Prédominance des viciations de la sensibilité. — Méthodes pereutanées. — Lorsque les phénomènes sensitifs prédominent, ils s'actompagnent pourtant presque toujours des troubles qui traduisent insuffisance de la motricité stomacale. Nous utilisons contre eux la Salvano-faradisation, mais nous essayons d'élever l'intensité galvanique au-dessus de 100 milliampères. Nous agissons, en somme, commenous

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Loi

| STÉNOSE INCOMPLÈTE DU PYLORE. HYPERSÉGRÉTION. #i3

croyons en outre qu'il est possible de calmer les douléurs tardives qui accompagnent cet état pathologique de l'estomac, en agissant sur le pylore, la muqueuse et le plexus solaire par les hautes intensités galvaniques (action analgésique du courant (Voy. page 828).

Dans cebut, nous avons utilisé les larges électrodes (300 centimètres carrés) de terre glaise d'Apostoli; nous les avons appliquées une sur l'estomac et une autre au dos, et nous avons fait passer pendant une demi-heure et même une heure, des intensités qui n'ont jamuis èté inférieures à 100 milliampères et que nous avons parfois portées à 200 et 250 milliampères.

A l'aïde de l'esthésiomètre de Roux, nous avons mesuré la pression nécessaire pour provoquer la douleur avant et après l'opération, et mous avons trouvé qu'il était nécessaire, après l'application, d'exercer une pression plus forte de 500 à 1000 grammes; il y avaitdonc anesthésie plus ou moins marquéede l'irritabilité da plexus. Chez quelques malades, soumis à un trailement suivi, nous avons pu étudier de près la régression de la douleur pendant une certaine période de temps. Un de nos malades notamment éprouvait au début du traîtement la sensation douloureuse avec une pression de quelques cenis grammes, et après la vinglième séance, il fallait, pour la produire, 2500 grammes, c'est-à-dire que la douleur n'existait pour ainsi dire plus.

Au point de vue pralique, nous avons presque loujours remarqué que les sujetssouffraient moins après la séance, et que cette analgéësie persistuil après les premièresséances pendant huit, dix, quinze heures. Notamment certains malades qui étaient réveillés vers les deux heures du malin par leur douleur, n'en étaient plus incommodés la nuit qui suivait la séance, Ultérieurement du reste les (roubles ont disparu complètement, comme nous l'avons vu duns une dizaine de cas.

Nous ne pouvons tirer de là que l'électrisation doit absolument être Subsüiluce aux alealins, mais nous pensons que, lorsqu'ils sont mal tolérés, quand ils provoqueront de la constipation, et dans les crises trés douloureuses, elle peut rendre des services très appréciables.

Nous avons employé le mème traitement dans les gastrites douloureuses.

Dans deux cas decrises gastriques tabétiques, la même mélhode a Calmé complètement la crise chez l'un, etle second n'a plus eu de crise depuis l'application du traitement, il y a un an, alors que les crises étaient mensuelles,

Nous donnons ces deux faits à titre d'indication, sans vouloir en tirer (dé Conelusions, étant donné le pelit nombre de eas observés, On à

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sn ÉLECTROTHÉBAPIE DANS LES AFFECTIONS DE L'ESTOMAC.

également essayé la radiothérapie. Personnellement nous avons eu deux malades eaimés par ce procédé,

On a dans ces derniers lemps essayé de traiter le cancer de l'esto= mac à l'aide dés rayons X. :

Le travail le plus complet sur cette question est dû à Doumer et Lemoine (de Lille) qui ont pu soigner vingt malades environ atteints de cette affection.

Trois de leurs sujets ont guéri, etdans un cas la guérison s'est maintenue depuis un an ; un quatrième malade est en voie de guérison : un cinquième, dont l'amélioration avaitété très rapide, a fait une rechute.

Dans les autres cas, la maladie a suivi son cours; pourtant les douleurs ont très souvent été calmées et ont même disparu parfois ; les vomissements se sont espacés; l'alimentation a pu se faire, et les malades ont eu de ce chef des augmentations de poids, el une amélioration temporaire, Doumer et Lemoine répondent par avance à l'objection que leurs malades guéris étaient atteints de linite plastique, que cette affection est considérée maintenant comme un cancer épithélial et qu'elle amène toujours la mort à sa suite. Ils font remarquer en outre que, même s'il s'agissait de tumeurs fibreuses développées autour d'anciens ulcères, le résultat obtenu n'en serait pas moins appréciable ; etils concluent que, si les effets obtenus à l'aide des rayons X ne sont pas aussi constants qu'on l'aurait désiré, ils ne sont pourtant pas nègligeubles. Avec Laquerrière, nous avons Lraité environ une dizaine de cancéreux, el nous devons avouer que nous n'avons eu à enregistrer aucun cas de guérison.

Dans quelques eus, nous avons obtenu pour un lemps les améliorations symplomaliques très nettes (douleur, vomissements) que signalent Doumer et Lemoine. Un de nos malades à même eu une augmentation de dix kilos en trois mois. Le cas est trop récent du reste pour que nous puissions conclure à la guérison.

Nous pensons que s'il est aetuellement quelque peu chanceux d'escompter la guérison du cancer de l'estomac, à l'aide desrayons X, on doit pourtant en attendre des améliorations symplomatiques dans bien des cas, ce qui suffit amplement à justifier leur emploi.

Peut-être pourra-t-on espérer mieux quand on sera en possession de générateurs et d'ampoules plus puissantes, el qu'on sera arrivé à insensibiliser la peau à l'action des rayons X.

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