CORPS ÉTRANGERS
tition de leurs cheveux une sensation agréable tout comme d’autres le font en introduisant des corps étrangers dans l’urètre, l’utérus, le rectum. Zuber vient d’en publier une intéressante observation chez un jeune enfant de cinq ans.
L’intervention chirurgicale peut introduire des corps étrangers dans la cavité de l’estomac. On connaît la méthode d’anastomose qui consiste à réunir les organes en contact avec deüx pièces métalliques qui s’emboîtent l'une dans l’autre. La réunion de ces deux pièces est connue sous le nom de bouton de Murphy. Ce corps étranger reste plus ou moins longtemps dans l’estomac et finit par être expulsé dans l’intestin.
Certains corps étrangers peuvent se former dans l’estomac aux dépens de substances ingérées, par stratifications successives.
Dans certaines observations, on a trouvé dans l’estomac de volumineux calculs biliaires qui avaient pénétré à la faveur d’une fistule établie entre la vésicule biliaire d’une part, le duodénum ou l’estomac d’autre part.
SÉMIOLOGIE
Les objets déglutis peuvent séjourner dans l’estomac un temps extrêmement long, sans y déterminer de lésions ni de symptômes bruyants . Un grand nombre d’observations font foi de cette tolérance extraordinaire de l’estomac pour les corps étrangers. Ceux-ci subissent à la longue des modifications diverses, qui les altèrent plus ou moins selon leur nature et leur composition.
Cependant, dans bien des cas, la présence des corps étrangers détermine des troubles digestifs. Un bon nombre des objets avalés provoquent immédiatement des vomissements qui expulsent surtout les objets ronds sans aspérité. D’autre part, ceux-ci peuvent être expulsés par les voies naturelles, sans déterminer de coliques et de diarrhée, ou bien en s’accompagnant d’assez vives douleurs avec catarrhe intestinal. La traversée du tube digestif est plus ou moins longue.
On note souvent des troubles digestifs qui éclatent plus ou moins tard après la déglutition des corps étrangers. Ces troubles tiennent à différentes causes. Parfois par leur siège ils gênent le transit alimentaire.
En s’engageant dans le pylore et le duodénum, les corps étrangers peuvent, par leur nombre, leurs dimensions et leurs aspérités, y être arrêtés et déterminer des phénomènes d’intolérance gastrique qui surviennent plus ou moins rapidement et avec des allures aiguës.
Dans une observation intéressante, des phénomènes de dilatation avec sténose pyloricjue et rétention alimentaire à évolution subaiguë étaient déterminés par la présence au niveau du pylore d’un anneau métallique. Dans la plupart des cas, les phénomènes sont plus aigus et consistent en des douleurs accompagnées de vomissements violents qui expulsent tout ou partie des corps étrangers.
Le plus souvent les accidents se produisent par un autre mécanisme. Les corps étrangers pointus ou rugueux ulcèrent la muqueuse et provoquent soit immédiatement, soit après un séjour plus ou moins long, des phénomènes gastriques violents, parfois très graves. Les gastrorragies ne sont pas rares. Citons comme complications la gastrite phlegmoneuse, les ulcérations de Festomac, la péritonite par perforation, la péritonite enkystée avec collections purulentes péristomacales, plus ou moins vastes et de siège variable.
Dans certains cas, l’accumulation des corps étrangers a provoqué des phénomènes tétaniformes ou épileptoïdes.
L’examen de la région épigastrique est parfois négatif. Mais souvent on constate des anomalies. La percussion montre quelquefois l’estomac fortement dilaté et atone. Il n’est pas rare que la pression en soit douloureuse. La perception du corps étranger est parfois possible à travers la paroi abdominale, ou on sent une tumeur plus ou moins considérable et assez mobile.
Au cas où les corps étrangers sont des objets de métal, la radioscopie est d’un grand secours, car elle permet de délimiter leur position exacte et leur volume.
DIAGNOSTIC
Le diagnostic des accidents causés par les corps étrangers de l’estomac est très facile lorsque des accidents gastriques intenses ont succédé à l’ingestion d’un corps étranger ou que les explications des malades viennent révéler le fait. Mais il est souvent fort difficile quand les commémoratifs manquent, chez les enfants, par exemple, ou chez les aliénés.
Certains cas sont fort difficiles à élucider. Ce sont ceux où les phéno mènes stomacaux résultent de l’accumulation d’objets déglutis successivement. Il en est ainsi pour les tumeurs formées par des accumulations de fibres végétales, de poils, de noyaux de fruits, etc.
Le pronostic est en général bénin. Sur 163 cas relevés par Mignon, iln’y’- a eu que 16 morts.