‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 140 sur 175 · INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS DU MASSAGE ABDOMINAL · texte numérisé non relu

INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS DU MASSAGE ABDOMINAL

précédera un massag-e profond, les vomissements, le hoquet, etc...

Le massage superficiel excitant s’emploie dans tous les cas d’atonie g-astro-intestinale, dans les hyposténies, chaque fois qu’il faut, en un mot, réveiller la fonction musculo-g-landulaire endormie. Il peut être fait, soit de suite après: le repas : il achève alors la digestion en provoquant une abondante sécrétion du suc g’astrique et en activant les contractions péristaltiques ; soit longtemps après les repas, devenant ainsi, un adjuvant du massage profond tonique et

évacuateur.

Tl est contre-indiqué chaque fois qu’il y . a hyperesthésie du tube digestif, dans l’hyperchlorhydrie, dans l’ulcère et le cancer de l’estomac, dans les gastrites aiguës ou subaiguës, dans l’entérite muco-membranèuse avec spasmes.

Le massage profond trouvera ses indications générales dans les troubles circulatoires et moteurs de l’appareil digestif, dans l’atonie gastro-intestinale avec ou sans constipation , ou diarrhée, dans la pléthore des hypertendus quel que soit le chimisme stomacal. Il s’agit de malades dont la muqueuse gastro-intestinale est en état de congestion anormale et chez lesquels le massage profond, grâce à la diurèse abondante qu’il provoque, permet aux phénomènes osmotiques de se faire normalement et facilite le fonctionnement hépatopancréatique.

Chez les asthéniques sans hypertension, le massage n’agit qu’à la longue, en réveillant les glandes et la musculature endormies, excitant l’appétit et facilitant l’assimilation des aliments, qui amène en quelques mois une augmentation du poids et de la résistance des sujets. Il faut, chez les affaiblis, être prudent dans les manœuvres de massage. On les masse toujours trop longtemps et trop fort. Si une séance de massage chez un sujet fort, hypertendu, pléthorique, peut durer quinze à vingt minutes, chez un hyposthénique elle ne doit pas dépasser cinq à six minutes et doit être suivie d’un repos plus ou moins prolongé.

Tout le monde est d’accord pour admettre l’efficacité du massage profond dans la constipation simple, mais les avis sont partagés lorsque celle-ci est compliquée d’entérite muco-membraneuse avec ou sans fausse diarrhée. Nous pensons, en nous basant sur un g'rand nombre d’observations, que le massage peut rendre de grands services, pourvu qu’il soit bien appliqué. Tout d’abord on devra ne l’employer que dans la forme chronique,en dehors des phases aiguës ou subaïgues. Comme cette affection reconnaît la plupart du temps pour cause

une alîection gastrique, la constipation ou un fonctionnement insuffisant du foie, le massage guérira l’effet en faisant disparaître la cause. De plus, cette maladie est fréquente chez les arthritiques congestifs où elle coïncide et alterne souvent avec d’autres manifestations de la même diathèse, telles que : migraines, hémorroïdes, dyspepsie congestive, congestions hépatique, rénale, appendiculaire (appendicite médicale) (1), etc... Or le massage abdominal, régulateur de la circulation locale et générale, est particulièrement indiqué dans ces cas-là. Seulement on devra être prudent et commencer la séance par un massage vibratoire, calmant, antispasmodique, avant les manœuvres plus fortes du massage profond.

Nous nous sommes permis de dire quelques mots du massage dans les troubles intestinaux, bien que ce livre ne traite que des affections de l’estomac, mais ces différentes maladies du tube digestif ont de telles relations entre elles qu’il est impossible d’en séparer les traitements. Combien de fois la constipation chronique, ou au contraire la diarrhée, l’entérite muco-membraneuse ne sont-elles pas la cause ou les conséquences d’une dyspepsie gastrique, latente ou accusée, avec ou sans fermentations anormales ?

En terminant, nous tenons, en effet, à répéter que le massage de l’estomac, surtout en tant que massage du ventre, est un régulateur de l’économie tout entière par l’intermédiaire des nerfs et des vaisseaux de l’abdomen, nerfs et vaisseaux qui sont les mêmes pour tous les organes de la digestion.

(1) Société de thérapeutique, séance du 25 janvier 1905.

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