PAR IRRIGATION
Dans les états morbides qui nécessitent le lavage de l’estomac, on ne doit donner la nourriture qu’après nettoiement complet de l’organe : cette règle ne souffre aucune exception. Ainsi l’opération terminée, et après quelques instants de repos, le malade prendra son repas.
A une époque plus avancée du traitement, le malade digérant mieux et l’estomac se nettoyant lui- même en partie, un seul lavage suffit pour deux ou plusieurs repas, surtout lorsqu’on boit dans l’intervalle une dose modérée d’eau alcaline gazeuse.
Lorsque le patient, quoique non guéri encore, est revenu au genre de vie ordinaire, il peut lui être déplaisant de passer immédiatement de l’irrigation à la table : je donne alors, aussitôt après le lavage, une tasse de lait ou de bouillon en attendant le déjeuner.
L’alimentation sera éminemment réparatrice et les aliments de petit volume. Ici conviennent admirablement l’eau albumineuse aromatisée, la purée de bœuf et autres préparations culinaires de même genre, surtout dans la première période du traitement.
Les aliments contiendront le plus possible de matières chymifîables et le moins possible de sucre, de fécules et de corps gras, qui, n’étant digérés que dans l’intestin, ne sont pour l’estomac affecté que des substances inertes, entravant son action et le surchargeant inutilement. La diète animale sera donc le genre d’alimentation le plus convenable aux malades soumis au lavage de l’estomac.
Ne négligez pas, cependant, l’usage des fruits de la saison et des raisins parfaitement mûrs : ils corrigent ce qu’il y a de trop échauffant dans la diète animale.
Vous donnerez, enfin, des doses modérées d’une composition laxative, dans les cas où la constipation prenant un caractère essentiel, ne céderait pas, comme c’est la règle, à l’application assidue du lavage de l’estomac et des lavements d’eau tiède.