HYPOTHÈSES
Je ne puis proposer que des hypothèses concernant la théorie physiologique de l’indigestion duodénale.
Le chyme donc, comme je l’ai dit tout à l’heure, franchissant le pylore, vient impressionner la muqueuse du duodénum, demeurée à nu, et l’affecte péniblement par sa trop grande acidité. La sensation d’ardeur à l’épigastre, etc., serait la conséquence immédiate de cette agression. Il y a ici quelque chose d’analogue à ce qui se passe le long de l’œsophage et du pharynx lors des régurgitations d’une humeur acide.
Mais bientôt, la présence du chyme provoque la sécrétion et l’excrétion du sucduodénal que je suppose encore possible. Or, ce suc formé dans de telles conditions, a-t-il les caractères du suc normal; de celui qui, par exemple, afflue pendant la digestion stomacale? — Nullement, sans doute! C’est un suc duodénal de seconde main : produit d’une sécrétion tardive et forcée, il présente certainement des modifications dans sa quantité et des altérations dans la proportion relative de ses éléments constituants.
On conçoit d’ailleurs des degrés de celte anomalie, d’où l’on pourrait tirer la raison suffisante des variations qu’on observe dans les phénomènes de l’indigestion duodénale, etc. Ne nous attardons pas davantage aux suppositions.