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DU TRAITEMENT DE LA CONSTIPATION

Le jeu des organes digestifs qui produit la déjection varie, dans chaque personne, à l’état normal; et cette variation a fait distinguer deux situations, suivant que les résidus delà digestion sont rejetés plus fréquemment et sous une forme plus molle, ou moins fréquemment, avec plus d’efforts et sous une forme plus dure que dans l’état considéré comme régulier.

Dans le premier cas, on dit que le ventre est relâché , dans le second, qu’il est resserré.

Lorsque le ventre est resserré, le nettoiement naturel des voies digestives s’exécute avec plus ou moins de difficulté. Examinons donc les conditions de l’exonération provoquée applicables à cet état.

Les pathologistes qui s’occupent de séméiologie donnent le nom de constipation à la rareté, à la difficulté, à la suppression passagère ou persistante des évacuations alvines.

Ils divisent ensuite la constipation en autant d’espèces qu’elle a de causes différentes plus ou moins déterminées et profitent de l’occasion pour refaire, à propos d’un symptôme, la pathologie touL entière.

Mais, en vérité, est-il bien utile de ranger ainsi côte à côte, sous prétexte de rareté et de suppression des selles, F inanition , et Y étranglement intestinal, la méningite, la péritonite, et Y intoxication saturnine, la vieillesse, le cancer de l'utérus, la fièvre et quantité d’autres états normaux et contre nature?

Evidemment, les médecins n’ont que faire de la constipation des pathologistes ; et il me paraît que la rareté, la difficulté, la suppression passagère ou persistante des évacuations alvines ne doivent prendre ce nom que si, les voies digestives étant libres, il y a dans l’intestin des matières qui le souillent, l’encombrent et qu’il faut évacuer.

La constipation se rattache à deux circonstances étiologiques :

1° Elle est liée à la constitution du sujet : c’estlacowsfipation habituelle que, dans lalangue vulgaire, on nomme simplement la constipation;

2° Elle est liée à des circonstances passagères fortuites, ou bien elle est l’effet d’un état morbide : c’est la constipation accidentelle et symptomatique.

La constipation accidentelle et passagère exige simplementl’éloignement des causes occasionnelles qui l’ont produite et qui l’entretiennent, et le retour à un régime de vie régulier.

La constipation symptomatique ne disparaît que lorsque l’état morbide dont elle procède a cessé.

Le traitement de la constipation habituelle ou constitutionnelle a pour objet de débarrasser les voies digestives des matières fécales qui les souillent et les obstruent, et de prévenir la rétention de ces matières en

rétablissant l’habitude d’une exonération périodique.

Nous débarrassons les voies digestives, nous les nettoyons par divers moyens, et d’abord par l’emploi des drogues laxatives.

Les laxatifs excitent les sécrétions et les mouvements de l’intestin; et, par cette double action, ils débarrassent et nettoient les premières voies.

Viennent ensuite les lavements qui dilatent l’ampoule rectale, isolent, fragmentent le bol fécal, et qui, provoquantun effort d’expulsion irrésistible, font rejeter pèlemèle les matières excrémentitielles et l’eau injectée.

Dans certain cas, chez les vieillards et les paralytiques, purgatifs et lavements ne suffisent plus : il faut curer le rectum.

Nous prévenons la constipation en introduisant dans le régime alimentaire les fruits laxatifs, le miel, les légumes qui laissent beaucoup de résidus, les pains de seigle et de son, le lait et le beurre suivant les personnes (car ces derniers aliments ne relâchent pas toujours), les bouillons aux herbes, le petit-lait, les corps gras, etc.

Nous rétablissons l’habitude d’une exonération périodique quotidienne en engageant les sujets, d’après le conseil de Locke, à se présenter très régulièrement chaque jour, à la même heure, à la garde-robe.

Ce conseil s’adresse surtout à ces personnes qui sont assez paresseuses pour ne pas même vider leur rectum lorsque le besoin s’en fait sentir.

Il me semble que l’homme soigneux de sa personne doit faire tous les jours, et plus particulièrement le matin, en se levant, non seulement la toilette de sa peau et de sa bouche, mais aussi la toilette de ses intesLins.

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