CHAPITRE XVI
DES DÉSORDRES PROVOQUÉS PAR LA CONSTIPATION OPINIATRE ET DES MOYENS D’Y REMÉDIER
La constipation opiniâtre accumule les matières fécales, d’une façon en quelque sorte permanente, dans le rectum, PS iliaque et les colons. Cette accumulation d’excréments formant des masses plus ou moins volumineuses, que l’on sent, par la palpation, sous la paroi de l’abdomen, déforme l’organe, irrite la muqueuse, comprime les vaisseaux hémorrhoïdaux, trouble les mouvements des organes digestifs, oblitère le canal intestinal, affecte enfin par sympathie le genre nerveux.
L’homme constipé vaque à ses affaires et s’occupe avec autant d’asssiduité que l’homme dont les déjections sont aisées; mais il est toujours en souci, préoccupé, malheureux, et le malaise perpétuel qu’il éprouve s’accroît à proportion de la masse des matières accumulées dans l’intestin.
Chez les femmes nerveuses, la constipation entretient et aggrave l’état vaporeux; elle provoque même des attaques de maux de nerfs. Les deux principaux repas se faisant pour l’ordinaire «à onze heures du matin et à sept
heures du soir, les résidus de la digestion s’amassent vers la fin de la nuit dans les dernières portions du gros intestin. A peine levée, la femme éprouve le besoin d’aller à la garde-robe. Elle fait des efforts sans résultat ; et c’est justement alors qu’apparaissent les désordres vaporeux occasionnés par l’accumulation des matières fécales. Les désordres vont s’accroissant jusqu’à ce qu’enfin la femme, poussée à bout, évacue spontanément le contenu du rectum, dans un effort extraordinaire et douloureux, ou bien artificiellement et avec moins de douleur.
Mais la constipation opiniâtre trouble encore l’organisme d’une autre façon. Elle porte atteinte à l’activité altérante par l’encombrement des voies digestives, qui ralentit et restreint l’absorption en troublant la digestion, et par l’amoindrissement et, pour ainsi dire, la suppression de l’excrétion intestinale : ce qui introduit un défaut de proportion dans le jeu des organes excréteurs.
De tels désordres ne cèdent évidemment que lorsque la cause qui les produit et les entretient a disparu.
Mais, pour détruire cette cause, qui consiste dans une paresse singulière du gros intestin, joint au défaut des sécrétions; nos moyens ordinaires hygiéniques et pharmaceutiques ne suffisent plus, et l’on ne peut vaincre ces constipations opiniâtres et graves qu’au moyen de l’excitation soutenue que provoquent dans les organes digestifs la douche rectale et certaines eaux minérales naturelles laxatives, entendant par là les eaux qu’on va boire aux sources mêmes, et non point les eaux minérales purgatives transportées, seraient-elles naturelles comme on l’affirme peut-être témérairement.