DU TRAITEMENT DE L’INDIGESTION
II a pour bul de favoriser le nettoiement spontané des organes digestifs, de le provoquer s’il tarde à se faire, et finalement de rétablir la digestion.
L’indigestion bénigne, extrêmement légère et comme avortée, n’exige aucun soin particulier : tout au plus le grand air et quelques cuillerées d’eau-de-vie de Cognac, de rhum de la Jamaïque ou de toute autre liqueur. La glace aromatisée et sucrée est admirable dans ces sortes d’indispositions qui sont dues à un excès d’aliments et de boissons. Prise à la fin d’un repas succulent et chargé de vins, elle facilite la digestion et prévient l’agitation, le coma vigil et l’insomnie même qui suivent habituellement de tels repas.
Lorsqu’il y a lieu de croire que l’indigestion se terminera sans évacuations immédiates, le mieux est de faire coucher le patient s’il n’est pas au lit, de le réchauffer, de lui présenter enfin un verre d’eau fraîche légèrement sucrée et aromatisée avec de l’eau distillée de fleurs d’oranger. Il boira cette potion par petites gorgées et non tout d’un trait.
En même temps, on activera les mouvements de l’es-
tomac et des intestins par des frictions faites sur la paroi abdominale avec la main fortement chauffée et enduite de • baume tranquille, d’huile de camomille camphrée ou d’huile d’olive même. Les serviettes chaudes appliquées sur l’épigastre sont encore fort utiles; elles ne valent pas cependant un doux massage des organes digestifs.
On favorisera, à l’aide de quelques infusions aromatiques tièdes, le vomissement spontané.
Si le patient, tourmenté par les nausées et les efforts pour vomir, ne vomissait pas, il faudrait provoquer l’expulsion des matières contenues dans l’estomac, soit en portant le doigt sur la luette et les amygdales, soit en donnant un vomitif. Pour remplir cet objet, on peut se servir d’eau tiède hue par petites gorgées, ou des compositions d’ipéca; le tartre stibié, cependant, à cause de son administration facile et de sa plus grande énergie, paraît mériter la préférence.
Les désordres intestinaux ayant paru, s’il survient des évacuations faciles et copieuses, on se contentera de lotionner l’anus avec de l’eau fraîche et de donner finalement des lavements d’eau pure tiède. On évitera ainsi le ténesme et les cuissons.
Mais, lorsque les coliques sont fortes, le ventre tendu et les évacuations tardives et peu abondantes, il convient d’administrer une composition purgative qu’on donnera, suivant les circonstances, soit par la bouche, soit par l’anus.
Les voies digestives ayant été nettoyées à fond, il ne reste plus qu’à supprimer, s’il est possible, les causes qui ont provoqué la dyspepsie et à recommander la sobriété.