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164 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE Il, CHAPITRE X.
d'elle, et qu'enfin elle était à peu de chose près, complétement sourde de l'oreille droite.
XCE"® oRSERVATION. — Un jeune homme devenu par la suite père d’un de nos sourds-muets, voulant dégager une de ses oreilles d'un peu de cérunien qui sy était accumulé et épaissi, ce qui lui arrivait très-fréquemment, se servait pour cela de l'extrémité mousse d’un peut carrelet courbe; pendant qu'il était occupé à faire cette extraction , une femme de chambre qui était à côté de lui, et avec laquelle il vivait familièrement, lui poussa légèrement le coude pour plaisanter. Dès l'instant il sentit une douleur fort vive, et un bruit semblable à celui d'un morceau de parchemin qu'on eût déchiré dans son oreille. Il s’écoula un peu de sang, et de suite il survint un bourdonnement incommode et douloureux, qui né permit pas à M...
de savoir au juste s’il était sourd de cette oreille ; car toutes les fois qu'en fermant l’autre, il voulait essayer d'écouter de celle qui avait été blessée, le bourdonnement augmeniait, et les sons confus qui arrivaient à l'organe y excitaient des douleurs insupportables. Ce ne fut qu'au bout de trois semaines 7. ce bourdonnement ayant cessé, M... s'aperçut à n’en pouvoir douter qu’il était complétement sourd de cette oreille. Dix-huit à vingt ans se sont écoulés depuis cet accident; la membrane s'est parfaitement refermée , Ainsi que je m'en suis assuré, et cepen-
dant M... est resté dans le même état; il lui attribue le malheur d’avoir un fils sourd-muet, regret assurément peu fondé, mais que je n’ai eu garde de combattre, parce. que ce malheureux père y trouvait, je ne sais pourquoi, une sorte de consola-
tion.
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De la surdité avec disjonction et perte des osselets.
Ox doit confondre cette espèce avec la précédente, puisqu'elle ne peut exister sans la perforation de la membrane, et qu’elle est comme la cophose qui dépend de cette dernière lésion, également incurable. Elle appartient encore à l’otorrhée purulente, dont elle est la terminaison ou une complication assez ordinaire. Dans tous ces cas, la perte de l'audition est plus ou moins complète , et de même que dans espèce précédente, toute tentative de guérison est à coup sûr infructueuse, Toutefois il ne faut porter
ce pronostic qu'après avoir débarrassé le conduit audiuf et l'oreille interne, du mucus épaissi dont les longues suppurations laissent cet organe engorgé. Souvent après les injections on voit renaître
un rêste d'audition, au-delà duquel cependant tout progrès ultérieur devient impossible.
XCI"* OBSERVATION. — Madame Desmoulins était restée complétement sourde d’une oreille, à la suite d’une otorrhée. compliquée de carie, qui avait détruit la membrane du tambour, èt entraîné au dehors les osselets et plusieurs fragments osseux; Ce qui fit croire avec raison aux gens de l’art que la carie avait porté profondément ses ravages dans Poreille inièrne, et que l’ouie était perdue sans ressource. Cette dame s'était depuis deux ans résignée à cette infirmité, quand il lui survint un violent corysa accompagné d’une légère angine, et d’un tel embarras dans les narines et dans l’arrièrebouche, que par moments elle perdait la faculté d’entendre de sa bonne oreille. Elle ne pouvait dissiper ce surcroit ou plutôt ce complément de surdité, qu'en faisant une forte et subite expiration pendant laquelle elle tenait fermées, avec sa main, sa bouche et ses narines. Il arriva que, par un de ces efforts, l'air chassé avec violence à travers la trompe d'Eustachi, dans la bonne comme dans la: mauvaise oreille, fit sortir tout-à-coup de celle-ci une espèce de bouchon d'une matière semblable à du fromage desséché, dans lequel on trouva en l'examinant quelques granulations osseuses. Aussitôt après la sortie de ce corps étranger, il sembla à madame D... quelle entendait parfaitement de cetie oreille. Eu